Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Introduction/Chapitre II-2

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


INTRODUCTION
Chapitre II-2
I.
L’épopée iranienne d’après les Yashts. — L'épopée royale. — L’épopée féodale et locale..


CHAPITRE II


SIROZAS ET YASHTS


I. Rapports du Siroza et des Yashts. — Les 16 Y’ashts authentiques. — Identité des Yashts avec le 14e Nask ou Nask Bakân Yasht. II. L’épopée iranienne d’après les Yashts. — L’épopée royale. — Débris de l’épopée féodale et locale.

I

Le mol yasht ^ zend yêshti, ne diffère pas, quant au sens propre, de yasna : c’est l’adoration, le culte, comme le yasna. Mais, appliqué au culte spécial des divers Izeds, il en est venu à désigner les textes dont la récitation est l’élément essentiel dece culte, et les mois «Yasht deBabrâm», par exemple, après avoir désigné le culte rendu a Balirâm, ont désigné le texte récité eu l’honneur de Bahràm.

Chacun des trente jours du mois, comme on sait, est sous le contrôle d’un certain Ized, dont il porte le nom et dont le nom est invoqué chaque jour dans une formule spéciale. L’ensemble de ces trente formules forme le Simza, qui est parfois récité tout ensemble, en l’honneur, non pas des trente jours du mois, mais des trente principales divinités’. Dix-huit des divinités du Sîrôza ont encore aujourd’hui les honneurs 1. Sur la didérence des deux Sirôzas, voir plus bas, p. 294. T. II. d d’un Yasht spécial. Le tableau suivant montrera la correspondance du Sîrôza avec les Yashts.

1 . Ormazd. . . . Yt. I. 1 1 • Khorshed . . Yl. VI. 21 . Rclrn Yt. XV. 2. Bahman. ■±.Mâh ..... Yt. VU. 22. Bàd.

3 rdibahisht . Yt. lit. 13. Tir Yt. VllI. 23. Dai pa Dîn. 4 Shahrîvar. 14. Gôsh Yt. IX. 24. Dîn Yt. XVI. 5. Spandàrmat . 15. DaipaMihir. 25. Ard Yt. XVII. 6. Khorddd . . . Yt. IV. 16. iMi/iir Yt. X. 26. Ashtdd . . . Yt. XVllI 7.Murdàd. il.Srôsk Yt. XI. 27. Asmàn.

8. Dai pa Adar . iS. Bas/m .... Yt. XII. 28. Zamydd. . . . Yt. XIX. 9_Adar. 19.Fam/rf///«. . Yl. XIII. 29. Mahraspand. 10. Abdn Yl. V. 20. Bahrdm . . . Yt. XIV. 30. Anêràn. Pour avoir la liste complète des textes qui portent le nom de Yasht, il faut ajouter : le Yt. II, ou Yasht des sept Amshaspands, qui est constitué essentiellement par la collection des formules du Sîrôza consacrées aux sept Amshaspands ; le Yasht de Vanand ; le Yasht de Hôm ; le Vishtdsp Yasht et le Srôsh Yasht si-shaba. Ce dernier est un doublet du Srôsh Yasht Hâdhôkht ; le Vishtdsp Yt. (Yt. XXIV) ne prend que par abus le titre de Yasht : car il n’a point pour objet l’adoration d’un Ized ; c’est ua fragment d’un iXask consacré en partie à l’histoire de Vîshtàsp et il n’a pris le titre de Yashl, que parce qu’il a été inséré dans le sacrifice, dans une forme d’office où il remplace le Vendidad ’. Le Vanand Yasht et le Hôm Yasht sont formés sur l’anologie des Yashts, par la simple application à Vanand et à llôm des formules initiales et finales des Yashts. Il est assez naturel de supposer que primitivement chacune des divinités du mois avait son Yasht et Anquetil rapporte une tradition selon laquelle chaque Amshaspand et chaque Ized en avait un-. D’autre part l’exemple du Vananl et du liôm Yasht indique que le genre n’était pas nécessairement hmité aux divinités qui président en maîtres aux trente jours du mois. Nous trouverons même un véritable Yasht de Thraêtaona ’. Tels quels, avec une réserve que l’on dira plus lard, nos Yashts représentent 1. Voir plus haut, p. ix-x.

’i. Zend Avesta, il, 143.

3. Voir aux Fragments, Frayiueiit 2 de Weslcrgaard. lin des Nasks légaux, le Buhùn Yasht Nask on « >fask du culte des dieux ». L’analyse de ce Nask dans le Din/iarf répond en effet exactement au contenu de nos Yashts : » Il a pour objet, dit le Dinkart, le culte [yasht) d’Auhrraazd, le premier des Dieux [baAdn) ; puis le culte des autres dirinités visibles et invisibles qui ont donné leur nom aux jours ; il traite de leur gloire, de leur force, de leur victoire, de leurs merveilles-. » Ce n’était point seulement ces trente divinités qui avaient un Yasbt : carie Dinl.art ajoute : «Des autres Izeds en grand nombre, invoqués par leur nom dans le sacrifice, du soin qu’on leur prête et des prières (ni/di/is/in) qu’on leur adresse »^ Nous pouvons conclure de cette ligne que les Yasbts comme ceux de Hùm et Vanant, c’est-à-dire d’Izeds autres que ceux du Sîrôza, ne manquaient pas dans le Xask des Yashts, et que les Yashts ont pu dépasser le nombre des trente jours du mois.

Mais la perte est plus grande encore qu’elle ne semble être, car sur nos dix-neuf Yashts il faut en supprimer trois qui ne sont pas authentiques. Ce sont les Yashts II, III, VI (Yasht des sept .4mshaspands, Yl. d’Ardibahisht, Yt. de Khordàd). Un Rivàyat de la Bibliothèque de Bombay^ attribue au Baf/hdn Nask seize Yashts dont il donne les noms : ce sont les Yashts que nous possédons, moins HuftAmshaspand, Ardibahisht et Khordàd. Je ne connais point l’âge de ce Rivàyat : mais son témoignage est confirmé indirectement par un des meilleurs et des plus anciens manuscrits des Yashts % le manuscrit F- (1591), qui donne au Yasht de Ràm et aux cinq qui suivent les titres de FargardsXl,XII, XIII, XIV, XV, XVI". Il ne donne point le numéro d’ordre des Yashts précédents, parce que sans doute pour ceuxci il ne reproduit pas le même manuscrit que dans les autres : mais le Ràm Yasht venant à présent au quinzième rang, on peut conclure que l’ori- 1. Btnkart, VIII, 15.

2. Baliàn Yast màlîgdn farlîtm mndam Anhrmazd ’jast, balcnn nprtrt ûin {z :z ha jrànâm in.ttliisbta des inscriptions) ; u-lanê npdrtk npadlàli u-padlàl ; stilinn-ic yiizdân ynxl, mnns/uin yômnn fiàj nâmàn-lc, gadà, amâvandîl), uphôzgariti, afditt-i ohh/iân. 3. Iidn-ic l ;aljad ijazddn-t dên zal ;- olds/idn ynsl ijùfl s/tam Itavd-nd ofslidn pdltréj nydyislm.

4. Cité par M. West, Pa/dnvi Tc.rts,], xiv, noie. 5. I.o plus ancien pour les Yashls XV-XX.

6. Kdilinn ficldiier. ou tète des variantes de chaque Yashl. ginal de la seconde partie de F- excluait trois des Yashls qui précèdent le Edm Yt. 11 est à remarquer que les trois Yashts exclus par le Rivàyat se distinguent par une barbarie de langue toute particulière et qui dépasse tout ce qu’on rencontre généralement dans l’Avesta.

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