Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Vendidad/Fargard 6

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


VENDIDAD
Fargard 6
6.
I (1-9). Combien de temps reste impure la terre souillée avec de la nasu.

II (10-25). Peines encourues par l’homme qui souille la terre en y déposant de la nasu.
III (26-41). Purification des diverses espèces d’eaux, souillées par la nasu.
IV (42-43). Purification du Haoma, souillé par la nasu.


FARGARD 6

I (1-9). Combien de temps reste impure la terre souillée avec de la matière morte (nasu).

II (10-25). Peines encourues par l’homme qui souille la terre en y déposant de la nasu.

111(26-41). Purification des diverses espèces d’eaux, souillées parla nasu.

IV (42-43). Purification du Haoma, souillé par la nasu V (44-51). Où doit-on déposer les cadavres ? Les Dakhmas. 1. Combien de temps restera inculte’ la pièce de terre sur laquelle sont morts chiens ou hommes ?

Ahura Mazda répondit :

Une année durant, ô saint Zarathushtra, restera inculte la pièce de terre sur laquelle sont morts chiens ou hommes. 2 (3). Dès lors les adorateurs de Mazda ne devront plus ensemencer ni arroser la pièce de terre sur laquelle chiens ou hommes sont morts, toute 1. anaidbya, traduit nndpUdn qui est probablement pour an-âpùtdn « inculte » ; glose : kàr là shàijal « on ne peut la cultiver ». — Le mol se retrouve dans les Fragments du I"n-anf/isfàn, traduit nizilr « maigre ». 86 ANNALES DU MUSÉE GUIMET

l’année durant. Ils pourront, s’ils le veulent, ensemencer le reste du terrain- ; ils pourront l’arroser s’ils le veulent. 3 (5). Si les adorateurs de Mazda ensemencent, s’ils arrosent dans le courant de l’année la pièce de terre sur laquelle chiens ou hommes sont morts, ils se rendent coupables envers les eaux, envers la terre, envers les plantes, du péché » d’inhumation des morts » ^ 4 (7). Créateur du monde des corps, saint ! Et si ces adorateurs de Mazda ensemencent, s’ils arrosent dans le courant de l’année la (erre sur laquelle sont morts chiens ou hommes, quelle sera la peine ?

5 (9). Àhura Mazda répondit :

C’est un cas de Peshrjtanu ; ils recevront deux cents coups d’Aspahêashtra, deux cents coups de Sraoshô-carana. 6 (10). Créateur du monde des corps, saint ! Et si ces adorateurs de Mazda veulent de nouveau faire produire à cette terre^, l’arroser, la labourer, l’ensemencer, que feront ces adorateurs de Mazda ?

7 (12). Ahura Mazda répondit :

Ils rechercheront sur cette terre tout ce qu’il peut y avoir d’os, de poils, d’excréments’, d’urine et de sang.

8 (13). Créateur du monde des corps, saint ! Et s’ils ne recherchent point ce qu’il peu ! y avoir sur elle d’os, de poils, d’excréments, d’urine et de sang, quelle sera la peine ? 2. « Le terrain alentour ». Ne doit rester inculte que la pièce de terre qu’occupe le cadavre.

3. Ils commettent le péché de nasuspaya « envers les eaux qu’ils versent, la terre qu’ils fouillent, les plantes qu’ils sèment ». Néanmoins le nasuspaya n’est ici que métaphorique, car il n’y a pas eu inhumation réelle : c’est pourquoi le péché n’est pas « inexpiable » anâperclLa, comme le nasuspaya réel (Vd. I, 13). — Sur àstàrayàoiilê, voir p. 66, n. 7.

4. Cf. p. 54, n. 15.

5. yasen zàm raodLayàin : litt. « s’ils désirent [que] celte terre [soit] faisant pousser » [drôyis/in-ômand).

7. spâmànica ; izx^ t-{i[ivii-t, dont l’équivalent pehlvi est corrompu ; FnÂMJi traduit ()âsht <i chair » ; mais le mot semble se retrouver, sous une forme corrompue, dans le shâma du Far/ianç) zend -pehlvi, Iraduit rldnn’ih « excrément » et c’est ainsi qu’il faut lire sans doute le mot qui suit mût (mùlliràm) dans la traduction pehlvie. 9 (14). Ahura Mazda rôpoiidit :

C’est ua cas de Peshôtanu : il recevra deux ceiils coups d’Aspahè-ashtra, deux cents coups de Sraoshô-carana.

II

10(16). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur la terre un os de chien mort ou d’homme mort, grand comme la grande phalange du petit doigt* et qu’il en tombe de la graisse ou de la moelle-’, quelle sera sa peine ? 1 1 (18). Ahura .Mazda répondit :

Trente coups d’Aspahè-ashtra, trente coups de Sraoshô-carana. 12 (20). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur la terre un os de chien mort ou d’homme mort, grand comme la grande phalange du doigt moyen, et qu’il en tombe de la graisse ou de la moelle, quelle sera la peine ? 1 3 (21). Ahura Mazda répondit :

Cinquante coups d’Aspahè-ashtra, cinquante coups de Sraoshô-carana. 14 (25). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur la terre un os de chien mort ou d’homme mort, grand comme la grande phalange du grand doigt, et qu’il en tombe de la graisse ou de la moelle, quelle sera la peine ? 13 (29). Ahura Mazda répondit :

Soixante-dix coups d’Aspahê-ashlra, soixante-dix coups de Sraoshô-carana.

16 (30). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur la terre un os de chien mort ou d’homme mort, 8. kasishtaliù erezvù fralemem tbishish : erezu, angûsl « doigt » ; — fralemem , friijlînii (c’est-à-dire mas, cf. supra p. 28, note 53) ; — tbisbish : le pehivi a bajak, Ijiinjak (division ?).

9. ùtbcm va ùtbô-tàs va : ùs (rarhi.shii), ùth ravislmih [mnzij) : ùlba est donc la matière jçrasse, ùtbù-tât est la moelle (considérée comme étant de la nature de la graisse). 88 ANNALES DU MUSEE GUIMET

de l’épaisseur d’un doigt ou de la grandeur d’une côte ’", et qu’il en tombe de la graisse ou de la moelle, quelle sera la peine ? 17 (34). Ahura Mazda répondit :

Quatre-vingt-dix coups d’Aspahê-ashIra, quatre-vingt-dix coups de Sraoshô-carana.

18 (35). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur la terre un os de chien mort ou d’homme mort, de l’épaisseur de deux doigts ou de la grandeur de deux côtes, et qu’il en tombe de la graisse ou de la moelle, quelle sera la peine ? 19 (39). Ahura Mazda répondit :

C’est un cas de Peshôtanu : il recevra deux ceuts coups d’Aspahê-ashtra, deux cents coups de Sraoshô-carana.

20 (40). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur la terre un os de chien mort ou d’homme mort, de l’épaisseur d’un bras ou delà grandeur d’une hanche", et qu’il en tombe de la graisse ou de la moelle, quelle sera la peine ? 21 (44). Ahura Mazda répondit :

Quatre cents coups d’Aspahê-ashtra, quatre cents coups de Sraoshô-carana.

22 (45). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur la terre un os de chien mort ou d’homme mort, gros comme un crâne d’homme, et iviA en tombe de la graisse ou de la moelle, quelle sera la peine ?

iO. erezu-stavaôlieiii va parcsii-iuasanhem va : ici et dans le paragraplie parallèle, § 18, le mol stavah « épaisseur » et le mot masali « grandeur » sont réservés, l’un au doigt, l’autre à la côte, comme ils le sont au § 20, l’un au bras, l’autre à la cuisse. La glose pehlvie ne voit pas d’ailleurs de différence entre ces deux termes (zahd et tnasàî), qu’elle rend l’un et l’autre par dirdnâ « longueur ». 11. sraoni-niasanlicm ; le pehlvi a slnak masdi, comme si sraoni signifiait « la poitrine » ; mais le sens de sraoni est donné avec évidence parle Vd. Vlll, 56, où le pehlvi traduit d’ailleurs correctement, et par le farltang zend-pehlvi, qui oppose sraoni à Jiâzu comme appartenant à la partie de derrière des animaux, liàzu appartenant à favant (p. 39) : le Farliang tiaduit snihuilt (p. 10), qui en est le dérivé petilvi et répond au persan C^jj^, Jx-"" fesse » (sraoni est le sanscrit çroni, le latin dunes). 23 (40). Ahura Mazda répondit :

Six cents coups d’Aspahê-ashtra, six cents coups de Sraoshô-carana. 24 ôO). Créateur du monde des corps, saint ! Si un homme jette sur ta terre tout un cadavre de chien ou tout un cadavre d’homme, et qu’il en tombe de la paraisse ou de la moelle, quelle sera la peine ?

25 (53’. Ahura .Mazda répondit :

Mille coups d’Aspahê-ashIra, mille cou()s de Sraoshô-carana. III

26 (55). Créateur du monde des corps, saint ! Si des adorateurs de Mazda, en marche ou en course, achevai ou en voiture, rencontrent un cadavre dans une eau courante, que feront-ils ? 27 (56^. Ahura Mazda répondit :

Chaussures ôtées’-, vêtements mis bas. tandis que les autres attendent, ô Zaralhushtra. un d’entre eux entrera dans la rivière et retirera de l’eau le cadavre. 11 entrera dans l’eau jusqu’à la cheville ’ jusqu’aux genoux, jusqu’à la ceinture, de toute la laille, jusqu’à ce cpiil puisse atteindre le cadavre.

28 ’61). Créateur du monde des corps, saint ! Et si le cadavre est déjà en décomposition el en pourriture ’ ', que feront ces adorateurs de .Mazda ?

l’2. aotliraiij’im friiiiuililili ; ;iottira i>l Iradiiit ini’il ;. i(iii est resli’ dans le Talmiul [sp" : mùqfi ;, le persan a mûzn, de mue. qui est resté dans |i :iilisli-iiiiiklila < cliaussé » et ici dans l’ra-mukhti » action de se rléchausscr ». 13. upa-mànavcn, aa pluriel, les autres verbes étant au singulier. La traduction littérale est : " chaussures ôtées, vêtements mis bas, //«attendraient, //entrera »..• Un des hommes entre dans la rivière, tandis que les autres attendent, prêts à le secourir en cas de besoin.

14. à-zan{faèil>yasoit ; le sens du mot est donné parli’ conlexle, el par le Vd. VIII. 65 : c’est le point où le pied joint la jambe. i’i. frilhM-itica ; traduit par conjecture ; le pehlvi a tintlak ou rnxtnl. :on tmnve souvent tvixhtngih ou vaahtarjili comme une des désignalions de la corrupti-m. T II. 1-- : .90 ANNALES DU MUSEE (.UIMET

29(63). Ahura Miizda répomlit :

Ils retireront de l’eau tout co qu’ils peiiveiil saisir avec les mains et le déposeront sur la terre sèche. >'i os, ni poils, ni excréments, ni urine, ni sang qu’ils pourraient laisser retomber dans l’eau ne les mettent en état de péché.

30 (65). Créateur du monde des corps, saint ! Quelle partie d’une eau stagnante"’ la Druj .asu atteint-elle de son mal. de sa pollution, de son impureté  ?

31 (66). Ahura Mazda répondit :

Six pas ’* des quatre côtés. Toute cette eau restera impure et imbuvable tant que le cadavre n’aura pas été retiré. On retirera donc le cadavre de cette eau et on le déposera sur la terre sèche. 32 (69). Puis on rejettera de cette eau la moitié, ou le tiers, ou le quart, ou le cinquième, selon qu’on le peut ou qu’on ne le peut ’^ Quand on aura retiré le cadavre, quand on aura rejeté cette eau, le reste de l’eau sera pure, et bestiaux et hommes pourront eu boire comme auparavant. 33 (72). Créateur du monde des corps, saint I Quelle partie de l’eau d’un puits d’eau jaillissante-" la Druj Nasu atteint-elle de son mal, de sa pollution, de son impureté ? 34 i72i. Ahura Alazda répondit :

Cette eau sera impure et imbuvable tant que le cadavre n’aura pas été retiré -’. On retirera donc le cadavre et on le déposera sur la terre sèche. 3.t(73). Puis on rejettera de cette eau la moitié, ou le tiers, ouïe quart, ou le cinquième, selon qu’on le peut ou qu’on ne le peut. Quand on aura K). l 11 Ijassin, un réservoir. — arinaèshla, voir Farg, V, noie iH. 17. alihti, pivali, àliiti : cf. Vd. V, 27 et noir 18. Ou di.K-liuit pieds (cf. Vd. 1, 8).

•J9. yèzi lùlava navàt tùtava, a((uvàn>k ual In luvàn’il ; : le pehlvi semble entendre « selon qu’il est riche ou non », qu’il a les moyens ou non de faire la dépense. 20. àpo yat càtayùo iizùilhyàosca, mià i càliâm Idlà ùzhlin-ômand. 21. La réponse ne donne pas la proportion demandée dans la question : le Commentaire suppose (|u’il faut répéter les proportions données à propos de l’eau stagnante et ((ue l’eau est impure à six pas du l’oiid. retiré le cadavre, quand on aura rejeté cette eau, le reste de l’eau sera pure, et bestiaux et hommes pourront en boire comme auparavant. 36 ("i). Créateur du monde des corps, saint ! Quelle partie d’une couche de neige ou de grêle la Druj Nasu atteint-elle de son mal, de sa pollution, de son impureté ? 37 (75). Ahura Mazda répondit :

Trois pas des quatre côtés--. Cette eau sera impure et imbuvable tant que le cadavre n’aura pas été retiré. On retirera donc le cadavre et on le déposera sur la terre sèche.

38 i"S). Oiiand on aura retiré le cadavre et que la neige ou la grêle se seront tondues, l’eau sera pure, et bestiaux et hommes pourront en boire comme auparavant

39 (79). Créateur du monde des corps, saint ! Quelle partie d’une eau courante la Druj .Nasu atteint-elle de son mal, de sa pollution, de son impureté ?

40 (80). Ahura Mazda répondit :

Trois pas en aval, neuf pas en amont, six pas en travers-’. L’eau sera impure et imbuvable tant que le cadavre n’aura pas été retiré On retirera donc le cadavre de l’eau et on le déposera sur la terre sèche. 41 (>^3). Quand on aura retiré le cadavre et que le courant aura passé trois fois "’, l’eau sera pure, et bestiaux et hommes pourront en boire comme auparavant.

IV

42 (84). Créateur du monde des corps, saint ! Peul-on purifier un Haoma, ô saint Ahura Ahizda, sur lc(pi(>| aura été portée de la .asu de cliien ou d’homme ■’ 2-2. .Niuil’ picils (les qiuiln ; i ;(Jl6s. 2 :5. Neuf pii’ils en aval, vini^t-sept pieds en amont, dix-huit pieds en travers. 24. :"itliritiin ;iiwi-vareli, ■'> /l’ir iiiadum Inirli^lmih ; [>fnhal)leni(’nl de trois fois la mesure d aval, c’esl-à-dire de rient’ pied<. 92 ANNALES DU MUSEE GUIMET

43 («5). Ahura Mazda répondit :

Il peut être purifié, ô saint Zarathushtra. Pour leHaomapréparé-% il n’y a ni mal, ni mort, ni contact de Nasu ; non préparé, [il est impur] sur une longueur de quatre doigts’-" ; on le déposera à terre-’ à l’intérieur de la maison, jusqu’à ce qu’une année entière s’écoule. Lue année écoulée, les fidèles pourront en boire comme auparavant. 44(92). Créateur du monde des corps, saini ! Où porterons-nous le corps des morts, o Ahura .Miizila ? On le déposerons-nous ?


4b (93). Aburii Mazda répondit :

Sur les lieux les plus élevés, ô Spitama Zarathushtra, là oîi l’on sait que viennent toujours des chiens carnivores el des oiseaux carnivores-*. 46 (95). Là les adorateurs de Mazda fixeront le corps parles pieds et par les cheveux, avec du métal, des pierres, ou de l’argile : faute de quoi, les chiens carnivores et les oiseaux carnivores iraient porter les ossements aux eaux el aux plantes.

47 (98). S’ils ne fixent point le corps et qu’ainsi les chiens carnivores et les oiseaux carnivores aillent porter les ossements aux eaux et aux plantes-, quelle sera la peine ?

48 (100’. Ahura Mazda répondit :

C’est un cas de Peshôtann : le coupable recevra deux cents coups d’.spahè-ashtra, deux cents coups de Sraoshù-carana. 25. l^iéparù pour li- saciitice, c’esl-à-tlire « pilé avec Zohrel Bai soin « (peul-ëlrc : « pité dans les zôhrbnrân », tes coupes à zôhi-) : car préparé, c’est lui qui ctiassp la mort (vol. I, Lxv).

~G. Non préparé, it est souillé sur quatre doigts à partir de l’eudroit où a tmiclu’ la Nasu. — Selon Fhamji, on coupe ces quatre doigts. 27. Peut-être « on le déposera en terre » ; on y enterre un an ce qui rcsli’ quand la partie impure a été une fois enlevée.

28. 11 s’agit des localités où il n’y a pas de Uaktinias. Un porte le corps sur les hauteurs pour le faire dévorer par les oiseaux ou les cliiens (§§ 45-48) ; cf. Dàdistdn, .WIJ, 17 ; une l’ois décharnés, on recui’iile ci’s os dans nu dslAddii. 29. Cf. note . 49 (101). Créateur du inonde des corps, saiiil I

Où porterons-nous les os des morts’", ô Ahura Mazdu ? Où les déposerons-nous’

30 (1Û2). Ahura Mazda répondit :

On fera pour eux un réceptacle", hors de l’atteinle du chien, de l’atteinte du renard, de l’atteinte du loup, inaccessible aux eaux de pluie d’en haul^-.

51 ,105). Si les adorateurs de Mazda ont les moyens^’, ils le coustruiroiU en pierres, en plaire ou en terre ’.


30. Le squelette qui reste, quaud les oiseaux ont dévoré la ctiair. 3t. uz-dàncm, Idlà da/ûst, glosé aslôddn. Le mol astâddn signifie proprement un « ossuaire » : il parait, au sens de « tombeau », dans l’inscription gréco-araméenne de Limyra en Lycie qui date du iv" ou ’ siècle avant notre ère, c’est-à-dire du dernier siècle des Achéménides : [a]stôdanah zanah ... ithn bar Arzapi , « ceci est le tombeau (tîv -ios’i) d’[Â]rlim[as], flls d’Arzapî ». L’habitant de celte tombe était peul-èlre un fonctionnaire perse ; du moins les deux noms propres ont une apparence ii’anienne : Arzapi peut être le zend Erczifja et Artîm peut être un dérivé de Arta [Corpus Seiiùl. Inscripl., Il, 101-102 ; .1 Uar.mesteter. Journal afiaticjui’, 1888, II, 508).

32. « Quand je partirai de ce vaste monde, dit Nùshirvàn, vous m’élèverez un bel et haut édifice, dans un lieu où ne passent pas les hommes et sur lequel ne volent pas les vautours aux ailes rapides » {.’^/ui/t .Xâtna, éd. de Téhéran’ : j. j^ u^f 3J_ ’J ;’ J^ -^>; J3-’ K^ •^^.

33. vè/.i tavàii, al liiriiiug Iiavd-and, « s’ils sont riches ». 34. jèzi asànaésliva, yèzi vicicaèsbva, yczi lùlutilishva ; tavàn est sous-entendu pour chaque yèzi : « en pierre, s’ils le peuvent ; [sinon], en plâtre, s’ils le peuvent ; [sinon], en terre, s’ils le peuvent », Vashiddn en terre étant le plus pauvre. La traduction pehlvie est très confuse, par le mélange du sens propre avec des fantaisies étymologiques : néanmoins on voit très clairement qu’au sens propre elle rend asànavshva ^av sanfj’in ’< en pierre » et vlcioaèsliva par rjaàn « en phUre » ; le sens propre de tùtutihsbva ne se retrouve pas dans le texte pehlvi tel que nous le posscdons : mais le passage parallèle du l-’argard Vlll, 10, semble donner zemôislilva comme synonyme de tùtukhshva : de h notre traduction. On voit par ce passage qu’il n’était point du tout interdit de recueillir les restes des morts, pourvu qu’ils fussent dégarnis de la chair. L’usage, aujourd’hui en désuétude, était encore recommandé au ix’ siècle par l’auteur du Dàdislàn (.WIll) : « Quand les oiseaux carnivores ont dévoré la graisse, cette graisse, qui, non dévorée, pourrit et devient puante et chargée de viMUiine, on recueille les os

S’ils n’ont pas les moyens, ils déposeront le mort sur la terre, sur son drap et son coussin, vêtu de la lumière du ciel et regardant le solei 35.

dans un ossuaire [aslôdàn], élevé au-dessus du sol, el couvert d’un toit de sorte que la pluie ne puisse tomber sur le débris mort, que l’eau ni l’humidité n’y puissent atteindre, que chien ni renard n’y puissent pénétrer. » On y fait des trous pour que la lumière y entre. Il est bon que Vastôdan soit d’une seule pierre et le couvercle aussi d’une seule pierre, percée de trous (cf. note ;^5). — M. Jivanji Modi {Bulletin dv l’Académie des inscriptions, lecture du 30 octobre 1889) pense que ce chapitre du Dàdistàn a en vue deux réceptacles différents ; le premier est un véritable monument, analogue peut-être aux caveaux achéménides de Naqshi-Rustam ; le second, fait de deux pierres, ne peut-être un monument et lui rappelle les ossuaires en terre du Louvre, rapportés de Suse par M. Dieulafoy. M. Malcolm, de Bushir, en a envoyé un à Bombay, qui répond exactement à la définition du Dàdistàn : il est à peu près carré et fait d’une seule pierre, le couvercle étant aussi d’une seule pierre : il est troué de quatre trous aux quatre côtés et de quatre trous sur le couvercle. Les ossuaires en terre du Louvre représentent le type inférieur l’yêzi tùtukbshva). Selon M. .Jivanji, on gardait les os en vue de la résurrection (Yt. XIX, 89 ; XIII, 129) : néanmoins, on voit, parle Bundakish, XXX, 5, qu’Ormazd. pour procéder à la résurrection, n’a pas besoin de ces commodités particulières. 35. Si on n’a pas le moyen de construire un aslôdàn pour les ossements, ou laisse le cadavre sur la hauteur, exposé au soleil. — Il faut que le mort voie toujours le soleil (cf. Farg. III, note 14) : de là aussi les trous percés dans ïa-itôd’iti.