Le grand dictionnaire historique/éd. de 1759/Abdallah

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Texte établi par Goujet, Claude-Pierre; Drouet, Étienne François, Libraires associés (vol. 1p. 21-24).

ABDALLAH, pere de Mahomet, étoit, selon quelques auteurs, un esclave qui gagnoit sa vie à conduire les chameaux des marchands Arabes, sur la fin du VI siécle. Il n’est connu que pour avoir été le pere de ce fameux imposteur, auteur de la religion des Mahometans. Abdallah étoit païen : il épousa Emira, Juive. Les Mahometans ont inséré dans la vie de son fils quantité de fables ; savoir, qu’il avoit été recherché en mariage par une reine de Syrie, &c. * Paul diacre, Theophanes, Zonaras, Cedrenus, Baronius, A. C. 630. D’Herbelot.

ABDALLAH, fils de Moavie, petit-fils de Giafer, frere d’Ali. Il crut avoir droit au califat, à cause de la proximité de son sang avec la famille d’Ali : de sorte que dans le temps que les peuples commencerent à se dégoûter du gouvernement des Ommiades, & à jetter les yeux sur les Abbassides, pour les élever à la souveraine dignité du califat, fortifié d’un gros parri qui s’étoit formé dans la ville de Coufah, où la mémoire d’Ali étoit en grande vénération, il se fit proclamer calife ; mais ceux qui commandoient dans le pays au nom de Mervan, second du nom, l’en chasserent bientôt. Alors il fut obligé de s’enfuir dans la province de Khorasan, où Abou-Moslem, qui fomentoit le parti des Abbassides, le fit assassiner. Pendant son séjour en Khorasan on lui demanda comment il avoit joint dans sa personne les noms d’Abdallah & de Giafer, qui étoient héréditaires dans la famille d’Ali, avec celui de Moavie, leur ennemi. Il répondit que son grand-pere étant en la compagnie de Moavie, premier calife de la race des Ommiades, reçut nouvelle de la naissance d’un fils, & que Moavie lui dit alors : Je te ferai présent de mille dinars ou piéces d’or, si tu veux lui donner mon nom : mon aïeul pour lors consentit à ce marché, & je suis ainsi devenu le fils de Moavie. On lui dit alors : Vous vous êtes chargé d’un vilain nom pour fort peu d’argent, ce qui a passé depuis en proverbe. Ce nom de Moavie qu’Abdallah portoit, étant devenu odieux à tous ceux de la famille & parenté d’Ali, l’emporta sur le privilége de la naissance, & sur la principale cause de sa mort. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Zobeïr. Après la bataille de Kerbela, dans laquelle Houssain fils d’Ali fut tué, les habitans de la Mecque & de Médine voyant que Iesid II, calife de la race des Ommiades, employoit toutes ses forces pour exterminer la maison d’Ali, se souleverent contre lui, & proclamerent pour calife des Musulmans Abdallah fils de Zobeïr, l’an 62 de l’hégire, 681 de Jesus-Christ. Iesid ayant appris cette révolte, envoya un de ses prévôts à la Mecque avec un colier ou joug d’argent, pour dire de sa part à Abdallah, que s’il vouloit demeurer dans l’obéissance, on le laisseroit vivre paisiblement à la Mecque ; mais que s’il refusoit de le reconnoître pour calife, il lui mettroit le colier au cou, & le conduiroit dans cet état à Damas. Abdallah refusant ces offres, Iesid fut obligé d’envoyer en Arabie un grosse armée, qui pilla la ville de Médine, & vint assiéger la Mecque, où Abdallah s’étoit retiré & fortifié. Cette ville fut alors battue si rudement, que le temple même en fut ébranlé ; mais la mort de Iesid étant arrivée pendant ce siége, savoir l’an 64 de l’hégire, 683 de J.C. son armée retourna vers Damas, & Abdallah, délivré des attaques d’un si puissant ennemi, demeura paisible possesseur du califat. Il fut reconnu en cette qualité de toutes les provinces de l’empire, à la réserve de la Syrie & de la Palestine, qui rendirent hommage à Moavie, fils de Iesid. Abdallah jouit de cette dignité pendant neuf ans, jusqu’à l’année 73 de l’hégire, 692 de J.C. qui étoit la soixante-douziéme de son âge ; car il fut le premier qui naquit à Médine après l’arrivée de Mahomet en cette ville. Ce fut donc en cette année 73 que le calife Abdalmelek, fils de Marvan, successeur de Moavie II, qui régnoit en Syrie, envoya Hégiage, général de ses armées, pour former le siége de la Mecque, & pour forcer Abdallah qui s’y étoit renfermé. Abdallah la défendit pendant sept mois, & donna toutes les marques d’un grand courage tant à soutenir les assauts, qu’à endurer les dernieres extrémités de la faim & de la soif. Mais enfin ne pouvant tenir plus long-temps, après avoir pris un breuvage de musc, que sa mere âgée de 90 ans lui présenta elle-même pour l’encourager à la défense, il fit un dernier effort pour repousser les assiégeans : il en tua véritablement un grand nombre de sa propre main : enfin succombant sous la multitude de ses ennemis, il fut obligé de se retrancher dans le temple, où ayant été abattu par un coup de pierre, qui lui ôta la vie, sa tête fut aussitôt coupée & envoyée au calife Abdalmelek. Abdallah étoit très-vaillant, mais avare au dernier point, ce qui fit dire depuis aux Arabes en forme de proverbe, qu’il n’y a point eu de vaillant homme qui n’ait été libéral, jusqu’à Abdallah fils de Zobéir. Il fut aussi fort estimé pour sa piété, & l’on dit de lui qu’il demeuroit debout, & tellement immobile pendant sa priere, qu’un pigeon se posa sur sa tête, & y demeura long-temps sans qu’il s’en apperçût. La famille de Zobéir, pere de notre Abdallah, passoit parmi les Arabes pour être sujette à la folie. Cette famille n’étoit pas moins ennemie de celle d’Ali, que de celle d’Ommiah. * D’Herbelot, biblioth. orient.

Moréri-icône.png ABDALLAH, fils d’Abbas, & oncle des deux premiers califes de la maison des Abbassides, travailla efficacement à établir sa maison sur les ruines de celle des Ommiades, & affermit son neveu Aboul-Abbas dans le califat qu’il lui avoit procuré. Le voyant mort, il prétendit lui succéder ; il prit les armes, & se fit proclamer calife. Mais ayant été défait par le général qui commandoit les troupes d’Abou-Giaffar, son concurrent, & aussi son neveu, il s’enfuit à Basrah, & y resta caché pendant plusieurs mois. Abou-Giaffar, pour le faire sortir de sa retraite, feignit d’avoir oublié tout le passé, & ne souhaiter qu’une réconciliation sincere avec Abdallah. Celui-ci se laissa enfin séduire par ses artifices, & se rendit à la cour du calife, où il fut reçu avec les démonstrations de l’amitié la plus sincere. Mais peu de temps après, le plancher de la chambre où Abdallah étoit, s’écroula tout à coup, & le fit périr avec ses amis qui étoient auprès de lui. On prétend que cet événement avoit cté concerté par le calife ; & que c’étoit lui qui avoit fait disposer son appartement de façon, qu’au premier ordre on étoit sûr de le faire enfoncer sans beaucoup de peine. Sa mort est marquée à l’an 136 de l’hégire, de J.C. 754. Ses troupes avoient défait en bataille rangée le dernier calife des Ommiades, & il avoit exercé des cruautés inouïes contre tous ceux de cette maison qui étoient tombés entre ses mains. * D’Herbelot, biblioth. orient. Hist. des Arabes, tomes II & III.

ABDALLAH-MOHAMMED. Nom du premier calife de la maison des Abbassides, plus connu sous celui d’ABOUL-ABBAS-SAFFAH, cherchez ce mot.

ABDALLAH, fils d’Ibrahim, & petit-fils de Tamerian, est ordinairement qualifié, comme tous les autres descendans de ce conquérant, du titre de Mirza, c’est-à-dire, fils de prince. Ibrahim son pere étant mort, il posséda en souveraineté la province de Fars, ou Perse proprement dite, dont Schiraz est la capitale ; mais il en fut dépouillé quatre ans après par Mohammed Mirza son cousin germain, l’an de l’hégire 854, de J.C. 1450. Cet accident l’obligea de se réfugier auprès d’Ulug-Beig son oncle, qui lui donna sa fille en mariage. Ulug-Beig ayant été tué dans la bataille qu’il donna contre Abdallathif son fils, avec un autre de ses enfans ; & Abdallathif n’ayant joui que six mois de son parricide, Abdallah, fils d’Ibrahim, gendre d’Ulug-Beig, prit possession de la Transoxane, où regnoit ce dernier ; mais il n’en jouit qu’une seule année, car Abu-Saïde Mirza, son cousin germain, qui regnoit dans le Khorasan, lui déclara la guerre, & le défit dans une bataille rangée, où il périt l’an 855 de l’hégire, 1451 de J.C. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils d’Omar, est un des plus savans Arabes entre les contemporains de Mahomet, qui sont qualifiés du titre de Sahabah, c’est-à-dire compagnons du prophéte. Il se rendit aussi très-célébre par fa libéralité ; car il donnoit jusqu’à trente mille drachmes en une feule fois, & il mit en liberté plus de mille de ses esclaves. Il mourut l’an 73 de l’hégire, 692 de J.C. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Mobarek, est en grande vénération chez les Musulmans. Il est enterré dans la ville de Hit, située dans l’Iraque Babylonienne, où l’on visite son sépulcre. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Saba, porta le respect qu’il avoit pour Ali jusqu’à l’adoration. Il fut néanmoins suspect de judaïsme, ensorte qu’il est également l’horreur des Sunnites & des Schites, c’est-à-dire, des orthodoxes & des hérétiques parmi les Musulmans. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Salam, auteur des Questions faites à Mahomet, sur le sujet de sa prophétie, est aussi auteur d’un ouvrage tiré d’un livre apocryphe du prophéte Daniel, dans lequel sont cités les livres d’Adam sur l’histoire de la création du monde. Cet ouvrage se trouve dans la bibliothéque du roi, num. 410. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, surnommé Alhafdh, à cause de son excellente mémoire, étoit très-savant dans les traditions mahométanes : il les citoit à point nommé, & attribuoit ce don, quoique naturel, à l’eau du puits de la Mecque appelle Zenzem, dont il avoit bu avec une grande dévotion. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Ravend, est l’auteur d’une secte d’impies parmi les Arabes, qui furent nommés du nom de son pere, les Ravendites. * D’Herbelot, biblioth. orient.

Sarasins d’Espagne.

ABDALLAH, fils de Lope, roi de Tolede, vers l’an 870 de Jesus-Christ, & de l’hégire 257, ayant été obligé de suivre son pere, que Mahomet avoit chassé de ses états, reprit Saragoce sur l’usurpateur de son trône, où il regna avec sa postérité, malgré les efforts du même Mahomet & d’Alfonse III, roi d’Oviedo. Il fit même des conquêtes sur les Chrétiens. * Mariana, hist. Hisp.

ABDALLAH, fils de Mahomet, & frere de Mondir ou Al-Mondir, est le septiéme calife de la race des Ommiades en Espagne ; il fut proclamé dans Cordoue l’an 267 de l’hégire, de J.C. 880, & il y regna 25 ans jusqu’à la 73 année de son âge. Il soumit à son obéissance la ville de Seville, qui s’en étoit soustraite pendant les troubles de la guerre civile, allumée par Omar. Toute sa vie fut un cours de guerres continuelles contre les princes chrétiens. Abdallah mourut l’an de J.C. 905, & de l’hégire 293. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Mondir ou Al-Mondir, huitiéme calife d’Espagne, commença à régner l’an 295 de l’hégire, de Jésus-Christ 907, & mourut l’an 300. Son frere nommé Abdalrahman ou Abderam troisiéme du nom, lui succéda. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, général des Sarasins, qui s’empara du royaume de Tolede vers l’an de Jésus-Christ 1009, & de l’hégire 400, épousa Therese, princesse catholique, & sœur d’Alfonse V, roi de Leon. Cette princesse n’entra que malgré elle dans cette alliance si disproportionnée, & Abdallah n’en put jouir que par force : de sorte qu’il fut contraint de la renvoyer à Leon, où elle se retira dans un monastere pour y passer le reste de ses jours dans la pratique d’une vertu exemplaire. Abdallah, peu de temps après cette retraite, eut guerre avec Hissem, & y perdit la bataille avec la couronne & la liberté. Il ne survécut guères à cette disgrace. * Marmol, l. 2, c. 28.

ABDALLAH-ABEN-ABO de Medina, fut élu roi de Grenade par les Maures d’Espagne, l’an 1570 de J.C. & de l’hégire 978. Ces peuples s’etoient révoltés contre Philippe II, & avoient élu Aben-Humeya sous le titre de roi de Grenade & d’Andalousie. Abdallah Aben-Abo de Medina fut mis en sa place. Il avoit du courage & de la conduite, ce qui fit qu’on espéra beaucoup de lui, & ce ne fut pas en vain ; car il commença par assiéger la ville d’Orgiva : & non-seulement il l’emporta en très-peu de temps, mais encore il repoussa les troupes espagnoles qui furent contraintes de se retirer avec beaucoup de perte. Ces premiers avantages lui acquirent tout le pays aux environs d’Almançora Filabre & le territoire de Baça. Il n’y avoit que les villes de Seros & de Tijola qui restassent au marquis de Villaine : & l’on croyoit que Tijola étoit imprenable par sa situation, mais elle manquoit d’eau. Seros se rendit à Abdallah, qui y trouva quarante piéces de canon, & Tijola suivit cet exemple : aussi-bien que la forteresse de Malaça. Ce furent presque là les dernieres conquêtes d’Abdallah, qui depuis perdit Guejar qui étoit sa place d’armes. Il fit enfin diverses entreprises sans succès, & périt misérablement. * Mariana, hist. Hisp. De Thou, hist. liv. 48.

ABDALLAH roi de Tremecen, vers l’an de J.C. 1529, & de l’hégire 936, regna après son frere Buhamu, que les Espagnols avoient remis sur le trône, à la charge de leur payer toute sa vie une reconnoissanca qu’il leur avoit promise. Mais ce successeur par les conseils de quelques alfaquis, & par celui de Barberousse, qui l’assuroit de la protection du grand-seigneur, rompit ce traité sans vouloir rien payer. * Marmol, l. 5, c. 11.

ABDALLAH, fils du précédent, eut le chagrin, après la mort de son pere, de voir mettre sur le trône Hamet son frere puîné. Abdallah eut recours à l’empereur Charles-Quint, & s’offrit d’être son vassal aux mêmes conditions que son pere. L’empereur manda au comte d’Alcaudete gouverneur d’Oran, de lui donner six cens soldats pour l’accompagner à Tremecen : mais ils furent tous tués, excepté vingt. Ensuite Charles-Quint ayant donné ordre à ce comte de remettre lui-même Abdallah sur le trône, il marcha avec plus de neuf mille hommes ; & ayant remporté une grande victoire, il la poussa jusqu’à Tremecen qui fut saccagée. Depuis Abdallah poursuivit les ennemis qui se cantonnoient dans les montagnes du royaume. Mais après que le comte fut retourné à Oran, un jour qu’Abdallah qui étoit sorti de la ville pour faire quelque course, voulut y rentrer, les habitans, indignés des désordres que les Espagnols avoient faits dans tout le pays, lui fermerent les portes. Il s’approcha vainement pour les appaiser ; & voyant que ses gens même l’abandonnoient, il prit la route des déserts avec soixante chevaux, pour soulever les Arabes de son parti, qui le tuerent depuis en trahison l’an 1546 de J.C. & de l’hégire 953. * Marmol, l. 5. c. 11.

Maures d’Afrique.

ABDALLAH, surnommé Muley, roi de Fez & de Maroc, qui vivoit dans le XVI siécle, succéda à son pere Mahomet scherif, prince admirable pour son courage & pour sa conduite, qui fut tué par la trahison des Turcs en 1557. Abdallah ne lui ressembla point. Après avoir perdu diverses batailles durant la vie de son pere, il voulut vivre sur le trône dans les plaisirs & dans l’oisiveté. Il s’y établit par la mort de ses proches, & par celle d’Ali Budcar, qui étoit celui des gouverneurs du royaume qui avoit le plus d’autorité. Les freres d’Abdallah avoient du courage & de l’esprit, mais ils furent malheureux. Ce roi n’avoit aucune de ces bonnes qualités ; cependant le bonheur l’accompagna toujours, & il se maintint paisiblement sur le trône presque jusqu’au dernier moment de sa vie : car depuis qu’il se fût mis en possession de l’état,il le partagea entre ses trois fils, leur assignant à chacun un gouvernement. Ensuite il songea à se défaire d’un de ses freres nommé Abul-Omen ou Abul-Omen, lequel ayant devant les yeux l’exemple de son oncle, qui dans un âge décrépit avoit été cruellement égorgé avec ses fils, & craignant qu’on ne lui en fît autant, s’étoit réfugié à Alger. Quelques-uns disent qu’un des fils d’Abdallah le fit tuer à Tremecen. C’est ce même roi de Fez & de Maroc qui attaqua & combattit l’armée d’Espagne à son retour du Pignon de Velez en 1564. Deux ans avant sa mort il entreprit témérairement la guerre contre Mazagan, à la persuasion d’un certain Corse renégat, qui au milieu des femmes & du vin, lui conseilla de ne pas laisser vieillir sa gloire plus long-temps, mais de la renouveller par quelque action digne d’un grand prince comme lui. Certe entreprise fut mémorable par quanrité de rencontres de part & d’autre ; mais Abdallah n’eut aucun succès ; il se repentit bientôt d’avoir suivi trop légérement un conseil donné à contre-temps. Il revint à Maroc, où il passa tranquillement le reste de ses jours, & il y mourut l’an 1574 de J.C. & de l’hégire 981, dans la dix-septiéme année de son regne. Paul Jove le confond avec son frere. Il eut pour successeur son fils Muley Mahomet, à qui auparavant il avoit donnné le gouvernement de Fez. * Diego de Torres, hist. des scherifs. De Thou, hist. liv. 20, 36 & 37.

ABDALLAH, prince mahométan, se rendit célébre par ses entreprises & par ses desseins durant la guerre des scherifs en Afrique. Il fit alliance avec Philippe III, roi d’Espagne, par le moyen de Janeti Mortara Genois, l’an de l’hégire 1016, & de J.C. 1607, & il fut assassiné deux années après par l’artifice d’un santon ou religieux mahométan nommé Sidri Hamet Ben Abdallah, magicien, que Muley Zidan, oncle & ennemi d’Abdallah, avoit aposté pour le faire mourir.

ABDALLAH Berebere, surnommé le Mouahedin, natif de Tenmellet en Barbarie, étoit un maître d’école. Il fut auteur de la secte des Mouahedins ou Almohades, qui dans le XII siécle suivoient en partie la doctrine d’Ali, gendre de Mahomet. Il fut estimé pour ses sermons, qui lui acquirent l’affection & l’estime des Africains de la tribu de Muçamuda dont il étoit. Après avoir assemblé grand nombre de peuple, il eut l’insolence de s’attaquer à Abraham, roi de Maroc en Afrique, lequel ayant négligé d’étouffer cette rebellion dans sa naissance, se vit arracher & la couronne & la vie par Abdul-Mumen, chef des troupes, qui avoit embrassé la créance de cet imposteur. Abdallah mourut peu de jours après avoir reçu la tête d’Abraham, que lui avoit envoyé Abdul-Mumen. Ce fut vers l’an de J.C. 1148, & de l’hégire 543. * Marmol, liv. 2, c. 33. De Thou, hist.

ABDALLAH, alfaqui, ou prédicateur mahométan, de la secte des Almohades , se souleva l’année de J.C. 1543, & de l’hégire 950 , contre le scherif Mahamet, qui étoit roi de Maroc, & assembla plusieurs barbares sur la montagne de Nefusa, qui est une branche du grand Atlas, qu’on nomme maintenant Derenderen, ou Adren. Le scherif envoya des troupes contre ce rebelle, qu’on croyoit un des plus fameux magiciens de l’Afrique. Les gens de guerre qui monterent sur le roc où il s’étoit retiré, trouverent sur le chemin des moutons égorgés, dont la laine étoit grillée, les piés coupés & enfoncés dans leurs yeux, avec d’autres marques semblables qu’ils prirent pour des sortiléges. Mais les Chrétiens qui etoient parmi ces troupes ne s’en étonnerent point, & les brulerent. Ce qui fit dire à Abdallah, lorsqu’il fut pris,.que ce n’étoient pas les Maures qui l’avoient vaincu, mais les Chrétiens, parcequ’il n’avoit pas eu la pensée de faire des enchantemens contr’eux. On lui promit de le renvoyer dans le royaume de Fez avec sa suite & ses enfans ; mais malgré cette promesse, le scherif lui fit couper la tête. * Marmol, l. 3, c. 43.

ABDALLAH, dit Mohtaseb Billah, chassa d’Afrique les Aglabites, & mit sur le trône Obeidallah, de la famille d’Ali, lequel étant bien établi, le fit mourir. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils d’Iassin, premier docteur des Almoravides ou Marabouths, étoit natif de Cairoan en Afrique. Ce fut lui qui condamna à la mort Giauhar Gedali, premier chef & prince des Marabouths, pour avoir contrevenu à la loi qu’il s’étoit imposée lui-même. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, prince des Tartares Uzbeks, voyez l’article d’ABBAS, fils de Mohammed Khodabendeh.

ABDALLAH al-Adib-al-Raimi, cherchez ABDUN.

ABDALLAH ben Houssain Bedr-al-Karob a écrit l’histoire des Abbassides, * D’Herbelot, biblioth. orient. article Akhbar Beni-al-Abbas.


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