Le grand dictionnaire historique/éd. de 1759/Abdalmalek

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Texte établi par Goujet, Claude-Pierre; Drouet, Étienne François, Libraires associés (vol. 1p. 24-25).

ABDALMALEK, fils de Saleh, fils d’Abdallah, fils d’Abbas, étoit petit-cousin du faux prophéte Mahomet. Le calife Aaron lui donna le gouvernement d’Egypte, & lui dit en l’envoyant pour exercer cet emploi : Regardez-vous dans cette charge comme un homme qui négocie avec Dieu pour ses serviteurs. Un sage négociant, lorsqu’il n’apperçoit point de profit dans son commerce, se retire avec son capital. Lorsque vous serez à la tête des troupes, ne leur permettez jamais le pillage, que vous ne les ayez mises en sureté ; & défiez-vous toujours plus de vos propres ruses, que de celles de vos ennemis.

Ce gouverneur demeura en Egypte jusqu’en l’an 178 de l’hégire, & de J.C. 794, qu’il fut dépossédé par le même calife, parcequ’il le soupçonna de briguer l’empire, & d’être du parti des Barmecides. Il fut fait ensuite prisonnier, & donné à la garde de Fadhel visir de Aaron, jusqu’à ce qu’Amin ayant succédé à son pere, le délivra, & lui donna le gouvernement de Syrie, où il mourut. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALMALEK ou ABDELMELIK, fils de Marvan, cinquiéme calife de la race des Ommiades, commença son regne l’an 65 de l’hégire, 684 de J.C, & le finit l’an 86 – 705. On lui donna pour sobriquet le surnom de Rasch-al-hegiarat, c’est-à-dire, la sueur de la pierre, à cause de son extrême avarice, & celui d’Aboulzebbab, à cause de son haleine si puante, que l’on prétend qu’elle faisoit mourir toutes les mouches qui s’arrêtoient sur ses levres. Il surpassa en puissance les califes qui l’avoient précédé ; car ce fut sous son regne que les Indes furent conquises en orient, & ses armées pénétrerent jusque dans l’Espagne en occident.

Ce fut dans cette province qu’il fit chercher un château, que l’on disoit avoir été bâti par les Fées dans les montagnes les plus reculées du pays. La fable porte que ce château fut découvert, & que l’on y trouva ces vers écrits sur la porte en caracteres fort anciens.

Ce n’est pas une entreprise facile d’ouvrir la porte de ce château,
La dent de fer que tu y vois, passant téméraire, n’est pas celle de la serrure mais bien celle d’un vieux dragon :
Sache donc qu’aucun ne sera en état de rompre ce charme,
Si le destin ne met la clef à la main de celui qui entreprendra de l’ouvrir.

Ce calife étendit aussi son empire vers le midi, en se rendant maître de la Mecque, où Abdallah, fils de Zobeir, s’étoit cantonné. Il étoit dans le château de Coufah quand on lui apporta la tête de Mossab, qui avoit été défait & tué par ses troupes, & un de ceux qui étoient près de sa personne lui dit : Je fais maintenant réflexion à une aventure qui me paroít fort singuliere, c’est que j’ai vu apporter dans ce même château la tête de Houssain, fils d’Ali, à Obeidallah qui l’avoit défait, celle d’Obeidallah à Mokhtar son vainqueur, celle de Mokhtar à Mossab, & celle de Mossab que l’on vous présente maintenant. Abdalmalek fut troublé de ce discours, & commanda à l’heure même qu’on démolît ce château pour en détourner le mauvais augure.

Ce calife ayant songé une nuit qu’il urinoit dans le portique sacré de la Mecque, & ce songe lui étant arrivé quatre fois consécutivement, Saad qui se mêloit de vouloir expliquer les songes, lui prédit que quatre de ses enfans jouiroient du califat l’un après l’autre, ce qui arriva dans la suite. Ce prince étoit si grand ennemi de la maison d’Ali, qu’il ne put souffrir que Ferozdac, poëte illustre parmi les Arabes, l’eût loué en plusieurs endroits de ses ouvrages. Abdalmalek régna vingt & un ans, & eut pour successeur son fils Valid, qui fut l’aîné des seize enfans mâles qu’il laissa, dont trois autres, savoir Soliman, Iezid & Hescham régnerent aussi. Il fut enterré hors de la porte de Damas : & l’on remarque sa modération, en ce qu’il ne voulut pas ôter aux Chrétiens une église qu’il leur avoit demandée, & qu’ils lui refuserent. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALMALEK, fils de Nouh ou Noé, cinquiéme sultan de la dynastie des Samanides, succéda à son pere, & eut à soutenir de grandes guerres contre Rocneddoulah prince de la maison des Bouides. Après plusieurs combats, celui-ci fut obligé de lui payer enfin le tribut de deux cens mille drachmes d’or, qui avoit été autrefois stipulé avec Noé son pere. Sous le regne de ce prince Alpteghin ou Olupteghin, duquel les sultans Gaznevides tirent leur origine, parvint de simple soldat qu’il étoit d’aboid, jusqu’au généralat des armées, & obtint le gouvernement de la province de Khorasan. Abdalmalek regna sept ans, & mourut d’une chute qu’il fit en travaillant son cheval dans le manége, ou, selon quelques-uns, jouant au mail à cheval dans l’hippodrome, l’an 350 de l’hégire, de J.C. 961. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALMALEK, fils de Nouh, est le second du nom, & le neuviéme ou dernier prince des Samanides. Il succéda à son frere Mansor second du nom, après qu’il lui eut fait crever les yeux, & ôter la couronne par le crédit de deux capitaines Turcs nommés Faik & Tozon qui avoient toutes les forces de l’état entre leurs mains. Cependant Mahmoud fils de Sebekteghin sultan des Gaznevides, ayant appris ce qui s’étoit passé, s’avança avec une puissante armée jusqu’en la province de Khorasan. Faik & Tozon résolurent d’aller au-devant de lui, & de lui demander la paix. Ils menerent avec eux leur roi Abdalmalek, & se tinrent tous deux à ses étriers, marchant à pied pour lui faire honneur. Mahmoud les reçut fort bien, & leur accorda d’abord la paix qu’ils lui demanderent, mais elle ne fut pas de longue durée : car Mahmoud s’étant bientôt brouillé avec eux, il leur fit une si rude guerre, qu’il les obligea de se sauver, l’un dans la ville de Bokhara, & l’autre dans celle de Nischabour.

Abdalmalek, à qui Mahmoud n’en vouloir point, demeura paisible dans ses états sous la protection du sultan ; mais Ilkhan roi du Turquestan, étant entré, sous prétexte de le secourir contre Mahmoud, avec beaucoup de troupes dans ses états, & s’approchant de la ville de Bokhara, qui en étoit la capitale, fut cause de sa ruine entiere. Car Abdalmalek se voyant accablé plutôt que soulagé par un si puissant secours, & n’ayant pas de quoi se défendre contre de si grandes forces, prit la fuite, & alla se cacher dans un endroit retiré de la province. Ainsi Ilkhan se rendit facilement maître de la ville capitale ; & ayant découvert le lieu où Abdalmalek s’étoit retiré, il se saisit de sa personne, & l’envoya prisonnier au château de Dizghend, situé aux extrémités du Turquestan. Ceci arriva l’an 389 de l’hégire, de J.C. 999, année fatale à l’empire des Samanides ; car Mahmoud ayant chassé Ilkhan de la province dont il venoit de s’emparer, s’y établit lui-même & la soumit à sa domination. Abdalmalek n’avoit encore régné que six mois & dix-sept jours, lorsque Mahmoud, fils de Sebekteghin, fit passer ainsi la monarchie des Samanides, qui avoit donné à l’orient de très-puissans & de très-vaillans princes, en celle des Gaznevides, cette même année 389. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALMALEK ou ABDELMELIK, fils d’Abdallah, surnommé Aladbrami-Alsabri, natif de la ville de Ceuta en Afrique, est auteur d’un commentaire sur le poëme d’Ebn Abdoun. * D’Herbelot, bibliothéque orient.


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