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Le mystère des Mille-Îles/Partie III, Chapitre 6

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Éditions Édouard Garand (p. 36).

— VI —


— Mais pourquoi voulait-il m’épouser ?

« Je n’eus pas à réfléchir longtemps pour démasquer ses projets.

« Comme le testament de son oncle ne lui accordait la fortune qu’à ma mort, il songea avec terreur que sa jeunesse se passerait dans l’attente, car je n’étais pas vieille !

« Il n’était pas d’humeur à attendre ainsi : cet argent, il le lui fallait immédiatement.

« Mais comment s’en emparer ? Comme je le possédais, il n’y avait qu’une chose à faire : m’épouser. De cette façon, devait-il s’être dit, il lui serait facile de mettre la main sur la plus grande partie du revenu et même du principal, car il me croyait faible, ignorante de toute question financière et facile à berner.

« Pour réussir dans son entreprise, il s’était assuré les bons offices de l’administrateur de mes biens.

« Par quel moyen ? Il n’était pas difficile de le deviner : Edward avait promis à Jarvis une appréciable part du gâteau. Les deux bons apôtres se seraient partagé ce qui m’appartenait.

« La rebuffade que provoqua leur première tentative ne les découragea pas.

« Ils revinrent avec insistance à la charge et Edward entreprit de me faire une cour assidue, pressante.

« J’en étais extrêmement ennuyée et ma vie en devenait intenable. Aussi, je me fâchai un beau jour et lui signifiai son congé en des termes tels qu’il se le tient pour dit. J’eus la paix pour quelques semaines.