50%.png

Les Amours (1553)/Poème 207

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche




Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 232-233).

Si blond, si beau, comme est une toison
Qui mon dueil tüe, & mon plaisir renforce,
Ne fut onq l’or, que les toreaus par force,
Au champ de Mars donnerent à Jason.

De ceus qui Tyr ont éleu pour maison,
Si fine soïe en leurs mains ne fut torse:
Ni mousse encor ne revestit écorse
Si tendre qu’elle en la prime saison.

Poil folleton, ou nichent mes liesses,
Puis que pour moi tes compaignons tu laisses,
Je sen ramper l’esperance en mon coeur:

Courage, Amour, deja la vile est prise,
Lors qu’en deus parts, mutine, se devise,
Et qu’une part se vient rendre au vainqueur.