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Les Confédérés vérolés

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Les confédérés vérolés, 1873 - Bandeau - d-015.png

NOTICE

SUR

LES CONFÉDÉRÉS VÉROLÉS

ET AUTRES FACÉTIES RÉVOLUTIONNAIRES



La première des pièces reproduites dans ce volume est fort rare comme la plupart de ces pièces révolutionnaires que l’on était honteux de conserver. Elle a 32 pages d’impression. On n’en saurait rien dire. La plupart des noms qui y sont cités sont tombés aujourd’hui dans le plus complet oubli.

La seconde pièce, intitulée la Calotte renversée est un des pamphlets publiés sous le nom de Jean-Bart, pamphlets qui paraissaient en même temps que les numéros de Je m’en fouts, et qui se joignent, autant que possible, à la collection de ce journal.

La fin de notre volume est consacrée à la reproduction d’un petit in-12 de 71 pages en tout, intitulé : les Enfans de Sodome. Ce livret, qui est devenu très-rare, est orné de trois figures obscènes. La première est en frontispice, et l’on lit au bas :

Ce trio masculin, dans ses goûts ingénieux,
Vous retrace, ô lecteur, des vrais bougres les jeux.

La deuxième est à la page 10 ; c’est la meilleure des trois ; mais comme elle a été assez exactement reproduite afin de servir de frontispice à la Description de la forêt noire[ws 1], nos lecteurs nous excuseront de ne pas la reproduire de nouveau ici. Au bas ces vers :

Ci gît le plus beau cul que forma la Nature,
Vrais enfants de Sodome, admires la peinture.

Dans ce petit in-12, les Fredaines lubriques de J.-F. Maury, occupent les pages 45 à 71. Le frontispice des Fredaines représente l’abbé Maury attaché tout un à nu poteau et fouetté d’importance par plusieurs personnes :

Cet éloquent Maury, en désertant l’autel,
Se fait, en vrai paillard, fustiger au bordel.

Ce cardinal Maury, qui réunit tant d’animosités révolutionnaires sur sa tête, était fils d’un simple cordonnier ; il était né à Valréas (Vaucluse) en 1746, et avait fait de bonnes études à Avignon. Venu à Paris de bonne heure, il y obtint de nombreux succès dans la littérature, dans la chaire et à l’Académie française. Il fut nommé membre de l’Académie en 1784, après la publication de son ouvrage sur l’éloquence de la chaire ; puis député du clergé du bailliage de Péronne aux États-généraux en 1789. Il fut ensuite de l’Assemblée Nationale. Il défendit constamment l’église, le clergé et la royauté ; il protesta contre les décrets qui constituaient prisonniers le roi et la famille royale après leur fuite de Paris, et lutta quelquefois avec avantage contre Mirabeau. Sacré archevêque de Nicée par Pie VI en 1792, puis cardinal, il se retira en Italie. Il rentra en France en 1806 et devint archevêque de Paris, en remplacement du cardinal Fesch de 1810 à 1814, époque où il se retira de nouveau en Italie. Il y mourut dans la retraite en 1817. Étant jeune, il passait pour avoir des mœurs peu édifiantes, mais il faut bien se garder de toutes les exagérations des folliculaires, lesquels pour gagner quelque argent, ne craignent pas de faire circuler les calomnies les plus atroces sur les individus quelquefois les plus irréprochables.


Les confédérés vérolés, 1873 - Vignette - d-018.png

LES

CONFÉDÉRÉS VÉROLÉS

ET PLAINTES DE LEURS FEMMES

AUX PUTAINS DE PARIS

RÉPONSE DE Mlle SOPHIE

Présidente des bordels

Liste des Bourgeoises qui ont gâté les Députés provinciaux



LES DAMES DE PROVINCE

La révolution, loin de nous procurer quel qu’avantage, n’a, au contraire, fait qu’aggraver nos maux. Nous nous flattions que les ennemis du bien public, lorsqu’ils verraient nos maris armés, cesseraient de nous désoler, et de nous faire craindre pour leurs jours ; nos espérances ont été trompées, nous n’avons pas été un instant sans alarmes ; les intrigues qu’ils entretenaient dans nos provinces, dans nos villes, parmi les soldats en garnison chez nous, ne nous permettaient pas de goûter un seul instant de repos.

À la nouvelle du pacte fédératif, nous avons eu quelques espérances de tranquillité. Nous avons dit dans nos cœurs : « Le serment que vont prêter nos maris de ne faire plus qu’un avec les militaires de toute la France, intimidera les aristocrates ; ils cesseront leurs manœuvres, et le bonheur et la joie vont renaître parmi nous. » Mais, hélas ! que nous nous sommes trompées ! Ils ont usé d’un autre stratagème ; ils ont payé des scélérats pour se transporter dans les bordels de Paris, y baiser les femmes qui y font le vil métier de courtisanes, ils leur ont communiqué la vérole à toutes, et ces filles ainsi gâtées, se sont portées dans tous les lieux publics, dans toutes les promenades, dans tous les endroits que l’on avait préparés pour leur donner des fêtes. Là, par leurs minauderies, leurs voix de syrènes, ils les ont entraînés dans le crime ; en leur enlevant leur or, elles leur ont fait oublier leurs femmes, et dans leurs débats infâmes, elles ont fait circuler dans leurs veines le poison dont elles étaient atteintes.

Ces filles, pour la plupart, sorties de nos provinces, n’ont pas de honte de nous les renvoyer dans l’état le plus pitoyable. Il faut que ceux qui sont à la tête de la police de cette ville soient tous aristocrates, pour n’avoir pas mis ordre à un pareil abus, ou il faut qu’ils soient bien sots et bien ennemis de leurs semblables.

Comment veulent-ils que des hommes rongés de vérole puissent avoir assez de force, assez de courage, pour en cas d’insurrection de la part de nos ennemis, pouvoir les repousser et les vaincre ; comment veulent-ils qu’ils travaillent à la propagation de l’espèce si leurs parties génitales sont gangrenées ; comment veulent-ils que nous fassions pour satisfaire nos sens ? Sera-ce en nous livrant au premier venu, comme ces infâmes qui nous les ont renvoyés pourris ?

Ces messieurs, que nous ne connaissons pas, ces messieurs les gens de police, qui ont souffert un pareille infamie, devraient être condamnés à passer leurs jours avec ces malheureuses.


Réponse de mademoiselle Sophie, orateur-putain du Palais-Royal, et l’une des plus jolies toupies de ce quartier.

Nous avons, mesdames les provinciales, lu, mes compagnes et moi, les reproches que vous nous faites d’avoir envérolé vos maris. Vous accusez les aristocrates d’avoir payé des gredins pour nous gâter, afin que foutant avec nous ils fussent punis de leur patriotisme. Vous vous êtes trompées jusqu’à un certain point. Si quelques-unes d’entre nous ont la vérole, elles la doivent aux patriotes, et non à des gens payés par l’aristocratie ; rien de ce qui approche des hommes entachés de ce vice, n’est digne de partager nos faveurs.

Si, mesdames, vous étiez plus au fait de notre manière de vivre, vous ne nous auriez pas fait cette injure. D’abord, nul de ceux qui nous payent ne foutent avec nous que nous ne les ayons visités, et il faut qu’ils soient bien aimables, pour avoir cet avantage. Il est vrai, et voilà notre malheur, c’est que comme bonnes patriotes, nous nous attachons trop facilement aux défenseurs de la patrie. Lors de la révolution, les vainqueurs de la Bastille, les anciens gardes-françoises, les amis de la liberté, qui quittèrent leurs régiments pour se joindre à eux, nous inspirèrent un tel enthousiasme, que chacune de nous voulut, semblable aux femmes de Lacédémone, récompenser leur valeur, en partageant avec eux et les bourgeois, les appas que la nature nous a dispensés.

Ces généreux guerriers n’étaient malheureusement pas exempts du virus dont vous nous accusez d’avoir fait part à vos maris, ils nous le communiquèrent ; mais, par les soins de La Fayette, ils en furent bientôt quittes, et nous eûmes soin de nous en débarrasser aussi. Il y en a très-peu d’entre nous qui en soient incommodées.

Mais à notre exemple, les bourgeoises de Paris en ont fait autant, et sous les dehors de l’honnêteté, elles poivrent quiconque s’avise d’en approcher. Notre justification n’est point équivoque, et vous verrez par la liste que nous allons vous en donner, et par les anecdotes connues que nous allons citer, que nous ne sommes pas si coupables que vous le croyez. Elles le sont envers nous, parce qu’elles nous enlèvent journellement la moitié de nos meilleures pratiques. Combien d’entre vos maris nous auraient laissé des louis d’or, que nos dames élégantes ont accaparés. Nous aurions eu l’espoir de les voir revenir dans nos bras sacrifier à l’amour. Mais hélas ! il ne nous reste que la douleur de les avoir vus partir sans avoir le reste de leur or, et d’endurer vos reproches.

Quant à ceux que vous faites aux personnes qui sont à la tête de la police, nous ne disconviendrons pas qu’ils sont aristocrates, mais non pas dans le genre que vous l’entendez : c’est à notre égard, en permettant à leurs femmes, à leurs filles d’empiéter sur nos droits.

Si un petit bonhomme, que nous nommons Mitouflet de Beauvois, procureur-syndic de la Commune, au lieu de s’amuser à faire de plats réquisitoires contre les journalistes, et en faveur du bourreau, parce que l’un le paie, et que les autres le démasquent, portait ses regards sur les abus dont nous nous plaignons, vos maris se seraient retirés sains et saufs de Paris : mais nous ne le payons pas, et il laisse foutre et gagner la vérole à tout le monde.

Si un Bailly, maire de Paris, grand comme une perche, qui nous envoie à l’hôpital impitoyablement, y renvoyait aussi les femmes qui font leurs maris cocus, vous ne nous auriez pas fait des reproches que nous ne méritons pas. Messieurs vos maris l’ont vu ce maire Bailly, ils peuvent vous en donner des nouvelles ; ils peuvent vous faire voir sa figure, car il n’y a pas de confédéré qui n’en ait acheté un exemplaire pour en orner sa chambre.

Ici, quand les mères veulent faire taire leurs enfants, lorsqu’ils sont méchants, elles leur disent : Je vais le dire au maire Bailly, puis elles leur font voir sa figure, et leurs enfants se taisent de peur. Il devrait bien, ce maire Bailly, faire une ordonnance, de par M. le maire, dans laquelle il serait porté, que toute femme mariée, qui ferait son mari cocu, ne pourrait s’exempter de l’hôpital, qu’en payant au bordel le plus voisin, une somme quelconque, pour indemniser les putains de la perte qu’elle leur font éprouver par cette tolérance impardonnable ; et qu’elles seront tenues de déclarer si elles veulent, ou non, faire le métier. Alors elles auraient la liberté de tirer à leur aise, la clandestinité ne devant pas être permise.

La confédération nous a un peu dédommagées des mortifications que nous éprouvions chaque jour. Nous avons été admises à toutes les fêtes, dans tous les bals, avec les bourgeoises les plus huppées, avec les capitaines, sergents, soldats, tambours et valets de l’armée parisienne. C’est dans ces fêtes que nous avons été témoins de toutes les parties de cul qui se sont faites avec toutes ces dédaigneuses bourgeoises, qui se sont livrées au plaisir de foutre, d’enculer, de gamahucher, etc., etc.

Vous cesserez, mesdames les confédérées, d’avoir pour nous l’opinion que vous en avez prise, quand vous saurez toutes les fredaines de ces dames qui nous méprisent, et qui nous enlèvent notre bien ; quand vous saurez que nous avons maintenant beaucoup de peine à vivre, par la rareté du numéraire, et par leur libertinage ; nous n’en serions pas jalouses, s’il n’en résultait pour nous un déficit, à cause de la liberté. Mais cette liberté, qui fait les délices de ces dames, comme elle fait l’esclavage de leurs maris, n’est qu’une licence intolérable, qui dégénérerait bientôt en un désordre affreux, si l’on n’y remédiait pas.

L’Assemblée Nationale, qui se pique de vouloir détruire tous les abus, n’a pas encore descendu ses regards jusqu’à nous, qui nous sommes vouées, par tempérament autant que par patriotisme, au soulagement des passions des étrangers, pour arracher l’or de leurs mains et le faire circuler ensuite dans la France ; car nous n’en faisons point d’amas ; aussitôt qu’il nous est parvenu, nous le répandons dans le public ; nous sommes donc plus utiles que ne l’est le ministre des finances, qui, au lieu de ménager l’or pour les besoins de l’État, le fait passer à l’étranger, pour satisfaire les vues ambitieuses d’une femme qui ne veut que le malheur de la France, d’une femme dont l’unique talent est de foutre avec qui lui plaît. Ce Necker est un monstre qu’il faudrait pendre ; car il a plus fait de mal à notre pays que tous les aristocrates ensemble. Il nous a fait mourir de faim en faisant accaparer nos grains ; il a créé un papier-monnaie, sous le nom d’assignats, pour envahir nos espèces ; enfin il est l’âme des complots désastreux de nos ennemis.

Sa femme fout avec tous les Genevois qui font le commerce de l’argent, afin que son mari passe dans le pays d’où il est né, pour un parfait honnête homme. Cette femme s’est montrée d’abord sous les dehors hypocrites de la dévotion ; mais c’était pour mieux nous attraper, et nous aveugler sur sa conduite. C’est en vain qu’elle a voulu nous tromper, nous l’avons découverte, et à présent nous, femmes du monde, nous putains, nous nous croyons autant qu’elle, et nous nous estimons mieux.

Les femmes des députés à l’Assemblée Nationale, ne sont pas exemptes des vices que vous nous reprochez ; il en est plus d’une qui ont la vérole ; c’est pourquoi la partie des aristocrates qui les foutaient, se sont retirés d’avec elles et se sont jetés dans le vice opposé à la nature ; c’est-à-dire dans l’enculage, vice infâme et qui joint aux usurpations des femmes bourgeoises de Paris, nous plonge de plus en plus dans la misère[1].

Toutes les femmes des électeurs de Paris ne s’épargnent pas non plus. Depuis la dame Bailly, jusqu’à celle du dernier commis des bureaux de l’hôtel-de-ville, foutent et donnent la vérole. Celles des officiers de district ne sont pas plus délicates ; leurs maris, que la révolution a mis en place, pour se procurer de l’argent, et pour entretenir leur costume militaire, jouent divers stratagèmes. Les soldats du district de Saint-Roch, montent la garde au Palais-Royal. Le commandant de cette maison, où nous trouvions jadis des hommes qui nous payaient bien, le sieur Le Brun, afin que les femmes de ses soldats et la sienne, puissent entretenir leur luxe et trouver des chalands, nous pourchassent, nous arrêtent, et nous mettent entre les mains de son comité de police, qui nous envoye aussitôt en prison.

Ce n’est pas le tout, les marchands de nouveautés, les colporteurs, qui vendent les papiers patriotiques, dans lesquels certains amis de la liberté démasquent les mauvais sujets de notre Commune, de l’Assemblée Nationale et des districts, sont pillés, volés, arrêtés, emprisonnés ; ces gredins se partagent entre eux leurs dépouilles et les vendent à d’autres marchands, qui les payent, notamment au nommé Le Scène, qui n’en achète que d’eux, et qui les vend publiquement. La femme de ce particulier est une toupie avérée, qui fout avec tous les soldats de ce district. Dernièrement on l’a trouvée qui foutait avec le tambour de garde ; le mari en a été instruit ; mais loin d’en faire du bruit, il a donné à souper au fouteur de sa femme. Ce n’est pas la seule femme qui en fasse porter à son époux, tant au Palais-Royal qu’ailleurs. Paris est le séjour de la fouterie en tout genre ; nous avons des hommes, qui, comme nous, procurent du plaisir pour de l’argent. Les principaux de la couilles députés à l’Assemblée Nationale, ont des bardaches, comme autrefois ils avaient des filles d’opéra ; las, sans doute, d’avoir entassé véroles sur véroles, ils se sont exposés à la cristalline, maladie infâme que l’on ne devrait guérir qu’avec le feu.

Pardonnez-nous, mesdames, si nous vous entretenons de ces accidents que vous ne connaissiez pas ; malgré les reproches que vous nous avez faits d’avoir envérolé vos maris, nous voulons vous rendre encore quelques services, pour vous prouver que nous ne sommes pas vos ennemies ; c’est qu’il pourrait bien arriver, et nous en sommes presque sûres, que messieurs les confédérés provinciaux aient gagné la maladie dont nous avons parlé, et que le goût qu’ils ont pu prendre à cet exercice, pourrait bien les porter à vous enculer, ce qui nuirait encore plus à la propagation de l’espèce que la vérole dont vous vous plaignez.

Pour vous prouver que ce n’est pas nous qui avons gâté tout-à-fait vos messieurs, voici la liste d’une partie de celles qui ont donné lieu à vos justes plaintes.


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LISTE

DES BOURGEOISES QUI ONT COOPÉRÉ
À VÉROLER DES CONFÉDÉRÉS



AU PALAIS-ROYAL

Mesdames

Gênu, marchande orfèvre, à la justice, no 7. Cette dame est une très-jolie femme, aussi putain qu’elle est belle. Elle était jadis entretenue par un bijoutier ; son inconduite avec plusieurs compagnons lui procura la vérole, qu’elle communiqua bientôt à son ami, à qui elle persuada que c’était de lui qu’elle la tenait. Il l’a cru ; pour la dédommager de cet accident, voyant que la mort allait être la récompense de ses débauches, il lui fit don de tout ce qu’il possédait et mourut. Libre par cette mort, dont elle n’eut pas de peine à se consoler, elle se livra toute entière à la fouterie, jusqu’à ce qu’un autre libertin, nommé Gênu, l’épousât. Dans les fêtes fédératives, elle a été de toutes les parties. Plusieurs députés de Bretagne l’ont promenée et foutue tour à tour. Cette Messaline fait la fière avec les toupies du Palais-Royal, qui sont moins garces qu’elle.

Cussac, libraire. Son mari est un grand couillon, de Cussac, en Auvergne, qui est venu à Paris sans savoir quel état il prendrait ; un de ses cousins le plaça chez le libraire Mérigot, qui lui apprit un peu de librairie. Après quelque temps de domesticité, il rencontra une demoiselle fort laide, dont il fit sa femme. Elle trouva dans les amants qu’elle avait eus, quoique fort laide et fort bête, mais bonne fouteuse, des hommes qui lui prêtèrent des fonds, avec lesquels il s’établit, rue du Colombier, faubourg Saint-Germain, puis de là au Palais-Royal. Cette femme a le loisir de se faire baiser à son aise par les jeunes écrivailleurs qui viennent piquer sa table. Ces avortons du Parnasse ont eu des suppléants, dans la personne des gros lourdauts d’auvergnats, députés de la Limoge. Le plus grand d’entre eux, celui qui portait des épaulettes sur un habit de toile, s’est vengé d’elle pour quelques picotements à la verge, en lui donnant le fouet en présence de son mari, qui n’a pas osé se fâcher, dans la crainte, sans doute, d’être victime de la juste colère de ce brave défenseur de la patrie.

Gatté, aussi libraire. Oh ! pour celle-là elle mérite bien d’être vérolée et dénoncée. C’est la fouteuse des aristocrates, des archevêque d’Aix, des abbé Mauri, des Riquetti cadet, des Cazalès, et d’une partie des noirs de l’Assemblée Nationale, qui la foutent en cul, en con, en tétons. Ils partagent cet honneur avec MM. leurs valets qu’elle paie, afin de se dédommager avec eux du dégoût que lui causent les caresses de leurs maîtres. Plusieurs députés du régiment de Royal-Allemand ont remporté d’elle, pour récompense de s’être parjurés à l’hôtel de la Patrie, la vérole la plus complète qui se soit jamais donnée.

Lallemand. Celle-là est une putain qui ne fait acception de personne. Tout le monde est bien venu chez elle, à quelques grossièretés près ; c’est une marchande de nouvelles du jour, et de nouvelles à la main. MM. les confédérés se sont bien trouvés de la diligence de sa main, et ils ont bien fait de se contenter de cela, car ils se seraient reconduits chez eux avec chacun une monture. Quoi qu’il en soit, elle a été payée plus qu’elle ne valait.

Lebrun, Petit et la Marchande drapière no 109, sont trois commères qui ne laissent pas jeûner leur cul ; les domestiques du ci-devant prince ou duc d’Orléans, les dédommagent souvent des mauvaises nuits qu’elles passent avec leurs maris, et le médecin de la maison a de l’occupation. Trois des plus beaux hommes des confédérés de Bordeaux ont emporté, en les quittant, les fruits de leurs épanchements amoureux.

Nous quittons ici les dames du Palais-Royal ; s’il fallait rendre compte de toutes celles qui foutent, et qui sont vérolées, il faudrait citer tout l’enclos ; nous nous bornerons à une vieille dinde qui demeure dans la premiere boutique à l’entrée du passage par la rue Saint-Honoré.

Cortay. Cette vieille femme, chagrine que ses appas n’excitaient plus l’ardeur des jeunes gens qui fréquentent ce lieu de délices et de plaisirs, et voulant encore jouir et participer à la régénération de la France, a payé, pendant huit jours, à quatre louis par jour, les six plus vigoureux Bretons de la confédération, pour la foutre nuit et jour. Elle a dépensé, tant en orgies qu’en présents, plus de mille écus. Comment les femmes du monde pourraient-elles vivre, si les vieilles libertines entretenaient les fouteurs ?

Lagrange, rue Saint-Honoré. Elle est femme d’un libraire, jadis garçon imprimeur. Elle partage sa couche avec quelques auteurs qui la paient mal. Elle est obligée, pour soutenir son luxe, de s’adresser au premier vieillard sur qui ses appas flétris font quelqu’impression. Les Confédérés Lyonnais, cherchant des nouveautés, ne l’ont pas trouvée nouvelle. Cependant ils l’ont louée pour tout le temps des fêtes. Elle s’en est donnée avec eux d’une manière à ne pas regretter son temps. Ils sont partis, ainsi que les autres, sans la regretter, mais bien en regrettant de l’avoir connue. Le pauvre Jeannot de mari a constamment gardé la boutique, et en se dédommageant avec Mlle Hortense, maîtresse ou putain d’un garde-national de la compagnie du centre, de l’Observatoire, qui n’a pu lui rien donner, parce qu’il est garni de tout ce qu’on peut avoir de mieux en vérole.

Dadure, marchande de modes. A chez elle une foule de jeunes filles qui lui font gagner beaucoup d’argent, et qu’elle élève au métier de putain, ce qui fait un tort irréparable aux filles du monde du quartier. Elle les instruit de manière qu’elles sont plus adroites dans l’art d’attraper les nigauds, qu’aucune de celles qui font le métier. Cette charmante dame inonde Paris tous les ans d’une foule de putains qui, en grossissant le nombre de ces dernières, est cause que le métier ne vaut presque plus rien. Elle entretient à gros frais un aide-de-camp du commandant général. Dans les fêtes qui ont eu lieu à l’Observatoire, elle a été fort maltraitée par deux députés qui avaient été rançonnés chez elle. Mais, fière d’appartenir à un officier de la garde parisienne, elle a voulu leur résister. Tous les assistants, indignés de son insolence, l’ont chassée du bal, et elle a été obligée de rentrer à minuit chez elle sans avoir pu tirer aucun parti de ses tristes appas. Elle s’en est plainte à son amant, qui a voulu s’en venger contre les députés, qui l’ont tellement berné, qu’il a été contraint de se retirer, et se cacher pendant trois jours, à la honte du corps respectable dans lequel il exerce les fonctions d’exécuteur d’ordres.

Millot est du même métier, mais elle est plus honnête ; elle ne tire aucun lucre de ses filles de journée. Pourvu qu’elles travaillent gratis pour elle, elle est contente. Son mari les baise toutes et ne les paye pas non plus. Sa femme n’en est pas fâchée, parce qu’elle est fort avare, et qu’elle n’aime pas son mari. Elle passe quelques moments avec un marchand de tableaux du passage du Saumon, qui la fout et la paye bien. Il n’y a pas de mal à cela ; ses enfants s’en trouveront mieux. Les confédérés n’ont pas à se plaindre d’elle, mais il n’en est pas de même de ses filles, qui sont toutes gâtées.

Féron, marchande de vins, à l’enseigne du Palais-Royal, place du Palais-Royal, a fait plus de tort aux putains que toutes les autres femmes de ce quartier. Il n’y a pas de Messaline comme elle. On ne la paye pas, et tous ceux qui la veulent baiser la baisent. Mais il faut faire de la dépense chez elle. Sa maison, par conséquent, n’en souffre pas. Plus de cent confédérés, de diverses provinces, lui ont passé sur le corps, sans compter les allants et venants. Aussi s’en ressouviendront-ils ; car elle est attaquée d’une maladie qu’aucun médecin ne peut guérir. Voilà les profits du vice.

Péloux, à la Corbeille Galante. Oh ! pour celle-là, elle est connue de tous les ribauds. On peut entrer chez elle à toute heure, on est bien reçu en payant. Sa maison est un bordel. Elle est soutenue des bourgeois nationaux. Si les confédérés s’y sont frottés, comme il y a tout lieu de le croire, mesdames leurs épouses n’ont pas tort de se plaindre. Elle change d’amants tant de fois, qu’on ne saurait tous les nombrer.

Loupry, marchande fripière, a pour amant son garçon de boutique, qu’elle entretient assez bien ; aussi a-t-il le soin de tromper le public autant qu’il lui est possible. Son mari n’a pas l’honneur de la baiser. Un des députés de Lyon, qui est introduit chez elle, par le canal de son mari, avec lequel il s’était trouvé au Champ-de-Mars, l’a menée au bal et l’a baisée. Ce n’est pas elle qui lui a donné la vérole, mais c’est lui qui la lui a donnée. Il s’en est vanté en plein café.

Chenot, marchande orfèvre-bijoutière. Toutes les femmes qui vendent de l’or, ne sont pas celles qui en dépensent le moins. Elle est d’un tempérament si chaud, qu’elle paye des savoyards pour la baiser. Sept à huit Provençaux l’ont baisée tour-à-tour, dans un bal où elle a été invitée, et n’ont pu la satisfaire. Ils eussent bien mieux fait de payer des putains publiques, ils n’auraient pas tant risqué, car on assure qu’elle a le piam. Tant pis, car elle est assez jolie femme.

Dans cette rue Saint-Honoré, il y en a tant de ce genre, qu’il serait trop long de mettre au jour leurs turpitudes. Nous citerions bien la marchande lingère, au Duc de Bourgogne, près le Palais-Royal, la dame Baudel, à la Mère de famille ; la dame Giffard, pâtissière, au coin de la rue des Boucheries, et tant d’autres dont les anecdotes sont les mêmes, et à qui les confédérés doivent les galanteries qu’ils ont portées à leurs épouses ; mais nous aimons mieux les passer sous silence que d’en parler. Nous nous contenterons d’en citer quelques-unes des environs, à qui il est arrivé des aventures qui font époque, puis nous passerons à d’autres quartiers de Paris, et les dames de province cesseront, sans doute, d’en vouloir aux putains, qui ne sont pas si garces que celles que nous aurons citées.

L’épicière de la rue Fromenteau. Celle-là ne se contente pas de se faire foutre par les garçons limonadiers du voisinage, les tailleurs et les valets d’écurie, elle fout encore avec les soldats de la garde nationale de son quartier. Dernièrement, un de ces braves défenseurs de la patrie, transporté d’amour, s’était placé dans son comptoir. Il était alors neuf heures du soir ; il la fit asseoir sur ses genoux et l’enfilait par derrière, lorsque son mari arriva ; la trouvant dans cette attitude, il se mit à crier qu’il était cocu. Tout le monde accourut au bruit qu’il faisait. La femme s’était retirée ; le soldat, sans s’épouvanter, se présenta au public, sa culotte déboutonnée, et dans l’état le plus avantageux. Le pauvre mari fut hué, et toutes les femmes du voisinage applaudirent à l’acte valeureux que venait de commettre ce soldat.

Mademoiselle Mineau, rue des Fourreurs. Elle fait la prude, quoiqu’elle ait accueilli chez elle tous les confédérés qui étaient logés dans son voisinage. Un voisin la trouva deux jours après la fédération, qu’elle baisait avec un député de Bourgogne, sur les marches de son escalier. Elle offrit au particulier qui l’avait surprise, de l’argent pour se taire. Il le promit, mais il n’a rien eu de plus pressé que de le publier dans le quartier, ce qui l’a un peu mortifiée. Il en est plus d’une qui passent pour des vestales, et qui sont plus dangereuses pour les hommes que les dernières toupies.

Le Jay, libraire, rue d’Argenteuil. C’est la maîtresse en titre d’un de nos plus célèbres sénateurs. Elle n’est pas jolie, il s’en faut de beaucoup, mais elle est parfaitement putain. Mirabeau l’aîné, pour ne pas dépenser beaucoup d’argent avec elle, a fait acheter à son mari une imprimerie où il fait imprimer ses ouvrages. Elle les vend, et elle en partage le produit avec son amant. Elle ne lui en est pas plus fidèle, car elle se met souvent sur le ventre un grand coq-d’inde d’ouvrier, qui a la conduite de sa maison, nommé Comminge. Comme toutes les femmes galantes, et en outre attachée à un député de l’Assemblée Nationale, elle a voulu donner des preuves de son patriotisme aux confédérés, en donnant la chaude-pisse à quelques-uns d’entre eux, qui se sont trouvés honorés de l’avoir gagnée de la putain de Cicéron français.

Niodot, près le Louvre. Cette dame se divertit comme un ange. Quand son commerce ne lui fournit pas assez d’argent, elle connaît des femmes qui tiennent des maisons de plaisir ; elle y va gagner quelques louis, et elle passe pour une femme vertueuse dans le monde ; mais la Confédération a fait une petite brêche à sa réputation. Un M. député de Champagne, qui était pressé de jouir de ses faveurs, la reconduisant chez elle, en sortant du bal du Louvre, où il l’avait rencontrée, la mène dans les pierres qui sont devant sa porte, la trousse et l’enfile sans formalités. Un soldat du corps-de-garde voisin, l’ayant aperçue, vint avec quelques autres se saisir d’elle et de son amant ; mais ils en furent quittes pour quelques écus.

La marchande de galons, à la Pomme-de-pin d’or, rue Saint-Denis, vient d’être reconnue pour une femme à partie. Son mari l’a trouvée dans un bordel, rue des Poulies, entre les bras d’un confédéré de Bretagne ; mais cette affaire a fait peu de bruit.

Les confiseuses de la rue des Lombards ne peuvent rien se reprocher ; jeunes et vieilles, ont chacune leurs amants avoués. Elles se sont permis de leur donner un suppléant provisoire dans les confédérés : leurs maris n’y ont fait aucune attention ; c’est pourquoi elles passent pour les plus sages de Paris. Quelle ville, grands dieux ! C’est autant de pratiques que les malheureuses filles de joie ont de moins.

Renaudin, dans la même rue, marchande de costumes, est une femme peu belle et peu jeune ; elle a un mari si dégoûtant, si rustique, qu’il lui serait pardonnable d’entretenir un amant. Mais en avoir plusieurs, cela fait tant de tort au commerce public, que l’on ne peut s’empêcher de s’en plaindre.

Carion, épicière, même rue, mérite bien qu’on la cite ici ; elle a trop enlevé de confédérés riches aux pauvres filles. Quoique sur le retour, elle en a pris sa part comme une jeune.

Les filles des rues Maubuée, du Poirier, de la Couroirie, Beaubourg, se plaignent que les dames de la rue Saint-Martin ne leur ont rien laissé. Elles ont tort. Elles doivent leur savoir gré de ce qu’elles ne leur enlèvent pas les ribauds de la troupe soldée, comme les dames font dans les autres quartiers.

Victoire, surnommée Marat. Cette petite coquine raccrochait vers la Comédie-Française, lorsque le prétendu Ami du peuple la prit avec lui pour distribuer la feuille qui porte ce titre. La vérole qu’elle a communiquée à ce gredin lui a donné tant de mauvaise humeur, qu’il est impossible de ne pas remarquer qu’il ne l’enfante que dans la douleur. Voilà pourquoi elle est si meurtrière, si incendiaire. Pour se venger de cette petite gueuse, qui l’a volé, et de désespoir, il s’est jeté dans la sodomie. Ne pouvant plus foutre, il se fait enculer par D’Anton, et lèche le cul et le con de tous les gredins et gredines qui s’amusent à ce sot plaisir, et il y gagne la crystalline pour achever de se pourrir. Il a déjà le cœur gangrené, et nous espérons qu’il n’existera pas longtemps. Cette petite toupie a gâté beaucoup de nos soldats de ligne, qui ont succédé au scélérat Marat.

D’Anton. Elle se venge de son mari, qui fout mademoiselle Théroigne, qui la gamahuche, et qui encule ce puant de Marat, se fait divertir le con par les gardes-nationaux du district des Cordeliers, et notamment par le saltimbanque Naudet, qui a tous les vices qu’ont les histrions en partage. Madame la présidente, pour se délasser de la monotonie que lui cause la conversation du ci-devant garde-française, et pour remplir le vide qu’elle éprouve souvent de la paralysie de sa verge usée, a accueilli avec transport les épanchements vigoureux des patriotes provinciaux. La nuit du 14 juillet elle a tant tiré avec ces messieurs, que le lendemain elle ne pouvait plus marcher, et qu’elle a gardé la chambre pendant deux jours. Pendant ce temps elle a reçu des députations de la part du comité militaire, pour s’informer de sa santé. Le vieux Knapen, imprimeur au bas du pont Saint-Michel, qui depuis longtemps ne bande plus, était à la tête des députés. À l’air de langueur qu’avait cette Messaline, il s’est fait une commotion si vive, que sa vieille pine en a tressailli. Les feux de la concupiscence se sont emparés de ses sens engourdis, de manière que, revenu chez lui, il s’est fait fouetter par sa cuisinière, et branler le vit par son garçon André.

Les trois sœurs, ses filles, l’une Madame Delaguette, rue de la Vieille Draperie, instruite que son papa avait recouvré pendant quelques instants sa virilité, a sur-le-champ envoyé chercher l’avocat Robin, fils d’un fabricant de papier, pour qu’il la foutît. L’avocat est venu sur-le-champ ; mais fatigué d’une motion qu’il venait de faire dans son district, il a eu beau faire, il n’a pu l’enconner. Désespérée que son fouteur ordinaire la ratait ainsi, elle a appelé son stupide et imbécile fils, lui a envoyé chercher un député de Lille, logé dans son voisinage, sous prétexte de lui donner à dîner. Étant arrivé, elle envoya son fils à Marie, sa cuisinière, qui a soin de lui branler la pine tous les matins, et à qui la dame Delaguette a doublé les gages, pour la récompenser de ce travail. Le vigoureux flamand vous a troussé ma particulière, et d’un membre roide et nerveux, il vous l’a foutue trois fois sans déconner. M. son fils, que la main de Marie ne satisfait pas assez, et qui est un petit damoiseau, s’est allé dédommager de son inactivité avec le jeune tambour du district dont il est sergent. Il l’encule souvent, lui fait des présents, et sa mère qui voulait lui épargner la vérole, l’expose à gagner la crystalline, que son oncle Knapen a eue et dont il a manqué mourir. Ses autres sœurs, femmes de procureurs, gens qui pensent plus à l’argent qu’à la fouterie, ont, comme elle, troqué leurs amants contre des députés de province. Au bal du terrain, on a trouvé la dame Desmoulins enfilée sur le parapet, avec un confédéré d’Arras, et son frère, la tête appuyée contre un arbre, qui se faisait enculer par Saint-Ange, mauvais poëte et traducteur des Métamorphoses d’Ovide en vers plats.

On le demande aux dames de province : sont-ce les putains de Paris qui ont gâté leurs époux ?

La femme du café de la Cité, au coin de la rue Saint-Christophe. Cette femme est une petite toupie, qui est entretenue par un vilain personnage nommé Stoupe, imprimeur rue de La Harpe, qui a pour épouse une femme charmante, qu’il rend très-malheureuse. La passion de ce brutal est de gamahucher. Comme cette femme respectable n’a pas voulu se prêter à son infâme goût, il l’abandonne à elle-même, pour aller se satisfaire avec sa petite limonadière, qu’il allonge comme il veut, parce qu’il la paye. Mais il n’a pas seul l’honneur de partager avec son mari ses livides appas, les carabins de l’Hôtel-Dieu ont d’elle tout ce qu’ils veulent. C’est Stoupe qui paye, et qui comme électeur, a eu l’honneur de régaler les confédérés provinciaux qui se sont adonnés dans cette maison, pendant leur séjour à Paris. La dame n’a pas fait avec eux usage de la poudre atténuante qui garantit de la vérole. Elle a voulu que les chirurgiens gagnassent quelque chose au voyage de ces Messieurs à Paris.

Elliot, limonadière, rue Saint-Sévérin, grosse vache, qui a un cul et des tétasses d’une grosseur énorme. Son mari était un pauvre garçon menuisier qui avait beaucoup de peine à vivre ; pour se procurer une meilleure existence, elle fut trouver le curé de sa paroisse, qui lui imposa le Docteur, et lui fournit des fonds pour faire le commerce de limonadière ; elle ouvrit une boutique, et le curé la baisa jusqu’à ce qu’ayant fait un enfant, son con étant devenu trop large, il la laissa à qui voudrait la foutre. Quoique son mari soit un magot, le caprice du curé s’est tourné vers lui, et il l’encule à la place de sa femme. Elle s’en dédommage avec un grand garçon que le curé paie, parce que, quoique aristocrate, il ne veut pas que cette femme ait à se plaindre de lui.

La dame Brocq, dont le mari est un garçon estimable, généreux, rempli de talents et de mérite, foutait jadis au coin des rues, et trahit en cet instant son mari : Avec qui… ? avec des vieux officiers invalides, et le concierge des Petites-Maisons.

Une dame Lamartinière, femme d’un commis à la capitation, d’un homme apathique et presqu’aveugle (il n’a qu’un œil, et c’en est trop pour dévorer ses outrages). Cet homme a trois enfants, reconnus et baptisés sous son nom. Il n’en est que le père putatif. Les deux frères Baron, garçons estimables, et d’une honorable famille, dont l’aîné est aujourd’hui concierge des Petites-Maisons, sont les pères réels de ces enfants, et ont tour-à-tour assouvi les feux et l’avidité de cette infâme Messaline, aussi glorieuse que prodigue.

La cabaretière du Port-Salut, à la Porte Saint-Jacques, en montant à l’Estrapade, femme luxurieuse, qui se fait grimper par les grenadiers du corps-de garde de l’Estrapade, à qui elle envoye chaque jour des brocs de vins ; son benêt de mari le sait et le souffre.

Mesdames les provinciales ne seront, sans doute, pas satisfaites de ce que nous ne leur donnons la liste que d’un petit nombre de femmes galantes. Comme la quantité de ces dames est innombrable, nous promettons de leur en donner incessamment la liste complète, par numéros, afin de ne les pas fatiguer.


FIN
  1. L’Assemblée Nationale, en privant le clergé de ses biens, a ôté aux putains la meilleure ressource qu’elles avaient pour vivre. Les ecclésiastiques ne fréquentent plus le bordel, faute de moyens ; ils sont réduits à la triste nécessité de s’enculer.
  1. voir le frontispice de la Description de la forêt noire