Les Doïnas/XXIV

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le petit Oiseau (première édition 1853)
Traduction par J.-E. Voïnesco.
Les DoïnasJoël CherbuliezLittérature roumane (p. 84).




XXIV

LE PETIT OISEAU


Petit oiseau blanc, pourquoi restes-tu solitaire auprès de ton lit ? Le ciel n’est-il pas pur ? l’eau de la source ne coule-t-elle pas limpide ?

Pourquoi pleurer amèrement ? Vois comme tes frères s’égaient, comme ils voltigent et chantent joyeusement à l’ombre des bois !

Quelle douleur, dis-moi, quel regret tourmente ton pauvre cœur, pour que tu restes ainsi solitaire et que tu ne puisses plus chanter, cher petit oiseau ?

— L’eau est limpide, ô mon frère, la feuille frémit doucement dans le bois fleuri ; mais, hélas ! mon nid s’écroule, car depuis longtemps il est rongé par un serpent terrible.

— Frère, un immense vautour monte à l’horizon ; il fixe ses yeux, il allonge sa serre vers mon petit nid.