Les Excentricités du langage/Édition Dentu, 1865/S

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E. Dentu (p. 291-303).
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Sabot : Navire. — « Aller dans le sabot : S’embarquer. » — Vidocq. — V. Sapin. — Allusion de forme.

Sabot : Violon. — « Jeune homme ! emparez-vous de ce sabot. » — Dumersan et Varin.

Sabouler : Battre, cogner. — Vieux mot. V. Roquefort. — « Vous me saboulez la tête avec vos mains pesantes. » — Molière, Comtesse d’Escarbagnas. — Je te tanne le casaquin, je te saboule. » — Paillet.

Sabouler : Décrotter. — Sabouleur : Décrotteur (Vidocq).

Sabreur, Traîneur de sabre : Militaire bruyant, fanfaron. — « Vous me faites pitié, tout sabreur que vous êtes. » — P. Borel, 1833.

Sabre : Bâton. — Sabri : Forêt. — V. Rebâtir.

Sac (Avoir le) : Avoir de l’argent. — « A-t-elle le sac ? — Cela veut dire en langage des halles : A-t-elle de l’argent ? » — G. de Nerval.

Donner le sac : Mettre à la porte. — Mot à mot : Forcer quelqu’un à faire sa malle, son sac.
En avoir plein le sac : Être complètement ivre. — « Laissons-le reposer, il en a plein son sac. » — Chenu.
Mettre dans son sac : Dévorer un affront sans pouvoir le venger. « Le montreur de bêtes fut donc obligé de mettre les calottes dans son sac. » — E. Sue. — V. Raccourcir.
Sac-à-papier : « À l’ouvrage, messieurs ! Sac-à-papier ! on ne fait rien ici. » — Balzac.
Juron bon pour exprimer l’ennui d’être dans une situation embrouillée. Un sac-à-papier se disait autrefois de la réunion de toutes les pièces d’un procès : celles-ci se plaçaient dans un sac de toile.

Sacré chien : Eau-de-vie. — « Vous nous râperez le gosier avec le trois-six et le sacré chien dans toute sa pureté. » — Th. Gautier, 1833. — « Les voilà parties chez Caplaine où elles demandent un demi-septier de sacré chien. » — Vadé, 1788.

Avoir le sacré chien : Avoir le génie, l’esprit de son art. — Équivoque sur le mot précédent. — V. Chien.

Sacrement : Sacrement du mariage. — « Oscar m’offrit le sacrement. » — Festeau.

Sacristain : Mari de maquerelle (Vidocq). V. Marlou.

Safran (Accommoder au) : Faire une infidélité conjugale. Le safran est jaune et cette couleur passe pour celle du cocuage. — « Je ne suis pas fâché qu’elle ait accommodé au safran ce voltigeur de Louis XIV. » — E. Augier. — V. Rebâtir.

Salade : Réponse. — Calembour. — La réponse est une espèce de salade. — « Voilà notre dernier mot. Nous attendons ta salade. » — Vidocq.

Saler : Tancer vertement, faire payer trop cher.

Salières : Cavités pectorales. On dit d’une femme maigre trop décolletée qu’elle montre ses salières. — Usité dès 1808.

Sanglier : Prêtre. — Calembour. — C’est le sans-glier, le sans-diable (Glier représente le diable dans le vieil argot. V. Vidocq). Allusion à la mission divine du prêtre qui est de réconcilier les condamnés avec le ciel. V. Hariadan, Cuisinier.

Sans chasses : Aveugle. — Sans condé : Clandestinement, sans permission du condé. — Sans-cœur : Usurier.

Sans-culotte : Républicain de 1793, dont les jambes dédaignaient les culottes courtes pour se perdre dans un large pantalon. — « Allez-vous encore me traiter de sans-culotte ? » — H. Monnier. — « Vous voyez comme il méprise la sans-culotterie. » — C. Desmoulins, 1790.
Sans-dos : Tabouret. — Sans gêne : Indiscret. — « Malvina trouva d’abord que ce monsieur était un sans-gêne. » — L. Reybaud. — Sans-loches : Sourd. — Sans-le-sou : Pauvre. — « Farnèse fit un mouvement de rien, elle avait senti le sans-le-sou. » — Jaime.

sardines : Galons du grade de sous-officier. — Allusion de forme et d’éclat. — « L’un portait la sardine blanche, L’autre le jaune baudrier. » — Nadaud.

sapin : Fiacre. — Sa caisse est en bois. — Le mot n’est pas nouveau. Nous le trouvons dans un pamphlet légitimiste de la révolution de 89 (l’Apocalypse). — « M. Desmoulins, l’abbé Noël, MM. de Beaumont et Keralio avaient loué pour toute la soirée un sapin national pour se faire voir dans la promenade. »

Sapin, sap : Cercueil de sapin. — « Avant d’être mis dans le sap, Vous voulez, orné de lunettes, Me décalquer de pied en cap. » — Festeau.
Sentir le sapin : Faire pressentir une mort prochaine. On dit : Voilà une toux qui sent le sapin. — Usité dès 1808. — V. Claquer.

Sauter : Cacher un produit de vol à ses complices. — Sauter à la capahut : Assassiner un complice pour enlever sa part (Vidocq). V. Capahuter, Pas.

Sauterelle : Puce (id.). — Ses sauts sont connus.

Satisfait : Député conservateur, satisfait de l’ordre de choses.

Satou : Bois. — Satousier : Menuisier (Vidocq). Du vieux mot Satou : Bâton. V. Roquefort.

Saucé : Mouillé jusqu’aux os. — Donner une sauce : Gronder. — Connus dès 1808.

Sauteur : V. Paillasse. — Sauteuse : Danseuse de théâtre. — Pris en mauvaise part.

Sauvage : NU. — « Tu ne sais pas encore que s’habiller en sauvage, c’est vendre sa chemise. » — Vidal, 1833.

Savate : « La savate, que l’on appelle aujourd’hui chausson par euphémisme, est la boxe française, avec cette différence que la savate se travaille avec les pieds, et la boxe avec les poings. » — Th. Gautier, 1845. — V. Arsouille.

Savate : « Correction militaire appliquée par les soldats entre eux pour certains délits non justiciables d’un conseil. Le patient est étendu sur un banc, la chemise retroussée, et chaque soldat de la compagnie lui applique trois coups d’un soulier neuf et bien ferré. » La Caserne, par Vidal et Delmare, 1833.

Savoir lire : Connaître toutes les ruses (Vidocq).

Savon : Réprimande sévère. On dit de même laver la tête pour réprimander quelqu’un.

Savonné : blanc. — Ce qui est savonné est blanchi. — Pivois savonné : Vin blanc. V. Douille, Larton.

Savoyard : Rustre. — «En 1813, avec ces savoyards d’alliés. » — Ricard.

Savoyarde : Malle (Vidocq). — Le commissionnaire chargé de la porter est ordinairement Savoyard.

Schnapps : Eau-de-vie. — Germanisme.

scie : Tourment, mystification répétée d’autant plus de fois qu’elle paraît agacer l’auditeur. — Allusion à la scie qui revient toujours en grinçant sur elle-même. — « Les femmes, c’est la scie pour les domestiques. » — Ricard. — « Les scies les plus farouches l’avaient trouvé inébranlable. » — Murger.

Scier, Scier le dos : Tourmenter. — « Pourquoi boire ? — Pour s’étourdir, pour oublier ce qui vous scie. » — E. Sue. — « Laisse-moi, Cadet, tu me scies. » — Rousseliana, 1805.

Scionneur. V. Escarpe.

Sécot : Maigre. — « L’une est grasse, L’autre est secot. » — Pecquet, Chansons.

Seigneurs (Jeunes) : « Aujourd’hui, 1er mars 1840, c’est le titre de bon goût qui a remplacé ceux de petit-maître, beaux fils, muscadins, etc., qui se sont succédé rapidement dans les fastes de la belle jeunesse française. » — E. Foa.

Sentinelle : Excrément isolé aux abords d’un édifice. V. Factionnaire.

Sentir : Aimer (Vidocq). — Ne pas sentir : Détester. — On dit de même : Avoir dans le nez (quelqu’un qu’on ne peut sentir).

Ser : signal (Vidocq). — De serpent qui signifie crachat en argot. V. Arçon.

Sergole : Ceinture (id.). — Mot à mot : serre gole. — Du vieux mot gole : ouverture de tunique. — V. Roquefort.

Sérieux (Être) : Pour les artistes et les lettres, c’est s’être acquis une valeur personnelle. — Pour les bourgeois, c’est avoir une position dans le monde. — Pour les lorettes, c’est être capable de leur donner de l’argent.

serin : Naïf comme un serin. — « Tu ne sais pas ce que c’est que d’être l’amant d’une femme… Es-tu serin à ton âge ! » — E. Sue.

Seriner : Loger dans la mémoire certaine chose à force de la répéter. — Allusion à l’influence quotidienne de la serinette sur l’éducation du canari. — « Nucingen avait seriné Rastignac. » — Balzac.
Serinette : Enfant ayant plus de mémoire que d’intelligence. — Cet exemple donne un dernier sens.
« On appelle serinette les infâmes qui font contribuer un passant en le menaçant de divulguer (seriner) au public ou même à l’autorité de coupables dépravations. » — Paillet.

Seringue (Chanter comme une) : « Avoir la voix fausse et discordante. » — 1808, Dhautel.

serrante : Serrure (Vidocq).

Serré : Avare, peu fortuné. — « Il paraît même qu’il est très-serré. » — H. Monnier.

Serrer : Mettre en prison. — On n’y est pas au large. — « La plus cruelle injure qu’une fille puisse jeter à une autre fille, c’est de l’accuser d’infidélité envers un amant serré. » — Balzac.

Servir : Prendre, arrêter. — Mot à mot : asservir. — La personne servie n’a plus sa liberté. — « Frangin et frangine, je pesigue le pivot pour vous bonnir que mezigue viens d’être servi maron à la lègre de Canelle (Caen). » — Vidocq. — Servir de belle : Dénoncer à faux. — Servir le trèpe : Faire ranger la foule. V. Curieux.

Sévère : Digne de réflexions sérieuses et sévères. » — « Ah ! je vous raconterai ma vie. Je vous en dirai des sévères, mon bon ami. » — Ricard. — « Ouvrez ou j’enfonce la porte. — En voilà une sévère. » — L. Reybaud.

Sic nomen : Argent. — Latinisme dont la traduction libre est : C’est ainsi que je m’appelle. C’est-à-dire : Je n’ai pas besoin de nom, il me suffit de paraître pour être reconnu par tous.

Siffler : Boire. — « Il a sifflé pour dire : il a bu, parce que les lèvres ont à peu près le même mouvement. » — Le Duchat, 1738. — « Tiens, vieux chéri, siffle-moi ça, ça va te remettre. » — E. Sue.

sifflet : Gosier. — Comparaison facile à deviner. Vidocq donne aussi siffle pour voix. — « Qu’en te coupant le sifflet, quelqu’un délivre le royaume. » — La Nouvelle Mazarinade, 1652.

Se rincer, s’affuter le sifflet : Boire. — « Là, plus d’un buveur bon apôtre, Venait se rincer le sifflet. » — Colmance, Ch. — « Faut pas aller chez Paul Niquet Six fois l’jour s’affuter le sifflet. » — P. Durand, Ch., 1836.

Sigue, Sigle : Pièce d’or (Vidocq). Abrév. de cigale.

Simon : « La maison où les vidangeurs travaillent est appelée par eux atelier et le propriétaire de cette maison est appelé par eux Simon. » — Berthaud.

Sine qua non : La chose indispensable. — Sine quâ non possumus s’entend ordinairement de l’argent. — « L’entretien est le sine quâ non de l’élégance. » Balzac.

Singe : « En revanche, les ours ont nommé les compositeurs des singes à cause du continuel exercice qu’ils font pour attraper les lettres dans les cinquante-deux petites cases où elles sont contenues. » — Balzac.

Monnaie de singe : Grimace. — « Il la payait, comme dit le peuple en son langage énergique, en monnaie de singe. » — Balzac. — V. Roupie.

Sinve : Dupe. — Corruption du mot simple. — V. Affranchir, Rifle.

Siroter : Boire — « Son bonheur était d’aller siroter le vin à dix de la Courtille. » — Ricard.

Six : Chandelle de six à la livre. « Voyons que j’allume ce bout… Tiens, vous usez des six, Plumet, c’est comme moi. » — Ricard.

Soiffer : Boire outre mesure comme si on avait grand’soif. — « Là, j’soiffons, Je n’sais comme, Chacun nos trois poissons. » — Les Amours de Jeannette, ch., 1813. — « T’as soiffé, malheureux, Que c’en est désastreux. » — Moineaux.

Soiffard, soiffeur : Grand buveur. — « Le franc soiffeur Offre son cœur, Avec un sou d’galette. — Dalès — « Soiffard de Nini Moulin. » — E. Sue.

Soignée : : « Oh ! en v’là une soignée ! » — La Bédollière. — Voilà un fait à noter soigneusement.

Soissoné : Haricot (Vidocq, 1837). — Soissons est la patrie des haricots.

Soldat du pape : V. Pape.

Soleil (Avoir un coup de) : S’enivrer. — Piquer un soleil : Rougir.

Solitaire : Spectateur qui, pour payer moins cher sa place, entre au théâtre dans les rangs de la claque. Son nom indique qu’il ne se croit pas obligé de faire chorus avec ses bruyants compagnons. — « Grâce à une pièce de cinquante centimes, j’entrai en qualité de solitaire. » — A. Second.

Solir : Vendre. — « J’ai rencontré marcandière qui du pivois solisait.» — Vidocq. — V. Fourgat, Roue. — Solliceur : Marchand. — Solliceur de lacets : Gendarme.

snoboye : Très-bien. V. Chocnoso.

Sœur : Maîtresse. — Terme ironique inventé pour railler ceux qui dissimulent leurs bonnes fortunes sous des liens de parenté fictifs. — « Au quinzième siècle, on disait d’une fille débauchée qu’elle était de nos cousines. » — Ducatiana, 1738. — Il règne entre ces termes de sœur et de cousine une analogie qui confirme notre étymologie. — « Sais-tu ce qu’il me répond ? « Et ta sœur ? » — Je l’aurais cogné. » — Monselet. — « J’n’ai pas de sœur, et voilà pourquoi J’trouve étonnant qu’chaq’jour on m’dise : Et ta sœur ? » — Ch. Blondelet, Chanson.

Smalah : Ménage, réunion de la femme, des enfants et du mobilier. Le mot vient d’Algérie.

Sonde : Médecin (Vidocq). — Il sonde l’état de votre santé.

Sondeur : Commis d’octroi (id.) — Il sonde les voitures qui passent.

sonnettes : Pièces d’argent. — Connu dès 1808. — « Et les sonnett’s en poche, J’accours à l’Opéra. » — Désaugiers. — Sonnette : Jeune sodomite (Vidocq.)

Sonnette de bois (Déménager à la) : Emporter ses effets sans avoir payé sa chambre, en tamponnant la sonnette d’éveil qui signale la sortie d’un hôtel garni. — « Car il était réduit à déménager à la sonnette de bois (sans bruit et clandestinement). » — Chenu.

Sophie (Faire sa) : Se donner des airs de sagesse. — Sophie et sagesse sont synonymes. — « À quoi ça m’aurait avancé de faire ma sophie ? » — Monselet.

Sorbonne : Cerveau. V. Dhautel, 1808. — « La sorbonne est la tête de l’homme vivant, son conseil, sa pensée. » — Balzac. — Date du temps où les décisions de la Sorbonne faisaient plus de bruit dans le monde intellectuel. — V. Paumer.

Sorgue : Soirée, nuit. — Roquefort donne sorne avec la même signification. V. Baïte, Chenu, Billon.

Sorguer : Passer la nuit. — « Content de sorguer sur la dure, va, de la bride (chaîne) je n’ai pas peur. » — Vidocq.

Sort (Il me) : Se dit de quelqu’un dont on ne peut supporter la vue.

Sortir les pieds devant : « Le bruit courut que la jolie fille était séquestrée dans un cabinet noir et qu’elle n’en sortirait que les pieds devant. » — About. — C’est-à-dire qu’elle n’en sortirait que morte, emboîtée dans un cercueil.

Soudrillard : Libertin (Vidocq, 1837). — Soufflant : Pistolet.

Soulographe : Homme qui a fait de l’ivrognerie un métier. — Soulographie : Ivrognerie (Vidocq, 1837). — « Ils feront de la soulographie, et adieu votre typographie, plus de journal ! » — Balzac.

Soupçon : Quantité si minime, qu’on se demande si elle existe. De là le terme de soupçon. — « Rien que de l’eau chaude avec un soupçon de thé et un nuage de lait. » — A. de Musset.

Soupe (Tremper une) : Battre. — Mot à mot : faire avaler une correction. — « Où qu’tu vas, Polite ? — Je vas tremper une soupe à ma femme. » — Gavarni.

Soupe au lait : Homme colère. — On sait que le lait bouillant déborde avec rapidité.

Soupeur, Soupeuse : Viveur passant les nuits à souper. — « Est-ce que les soupeurs savent jamais ce qu’ils boivent et ce qu’ils mangent. » — Frémy.

souricière : « Tout en ayant soin de placer ma giberne ou, comme on dit, ma souricière. » — Vidal, 1833. — Allusion de forme.

Souricière : Piége tendu par la police : « Tendre une souricière pour le faire pincer par la police. » — E. Sue.
Souricière : Lieu visité souvent par la police. — « C’est une vraie souricière que votre tapis-franc. Voilà trois assassins que j’y prends. » — Id.

Speech : Allocution. — Mot anglais. — « En terminant mon speech ministériel. » — E. Sue.

Sterling : Grand, considérable. — Allusion à la valeur relative de la livre anglaise qui est très-forte. — On parle des galanteries sterling d’un entreteneur dans un roman de Rutlidge (Vice et Faiblesse, 1786). — « Il y a là-dessus un tas de vieilles drogues qui font un sabbat sterling. » — Vidal, 1833. — On dit de même s’ennuyer à vingt cinq francs par tête.

suage : Assassinat. — « Nous voulons bien maquiller le suage de ton rochet, mais à la condition de tout connir. Il n’y a que les refroidis qui ne rapliquent nibergue. » — Vidocq.

Faire suer : Assassiner. — Mot à mot : Faire suer du sang. — V. Chêne.

Sublimer (Se) : Se raffiner. — « Les jeunes biches se sont sublimées au contact des anciennes. » — Lynol.

Sublimer : Travailler pendant la nuit. — « Afin de tromper la surveillance des adjudants (de l’École polytechnique), celui qui sublime place son lit renversé sur quatre tabourets, rabat la couverture par dessus, et étendu sous cet abri, rumine en paix les problèmes ardus des mathématiques transcendantes. » — La Bédollière.

Suçon : « Faire une consommation fanatique de croquets et de sucres d’orge, dits suçons. » — Rolland. — On les suce très-longtemps.

Suçon : Trace rouge laissée sur la peau par la succion des lèvres.

Suer (Faire) : Accabler d’ennui quelqu’un. — « J’ai beau m’évertuer, j’crains qu’après moi z’on n’répète : Ah ! comme ça fait suer. » — Francis, 1825. — V. Suage.

Suif (Donner un) : Réprimander.

Suifard, Suifé : Chic, élégant. V. Astiquer.

Suisse (Faire) : « Le soldat a le point d’honneur de ne jamais manger ou boire seul. Cette loi est tellement sacrée, que celui qui passerait pour la violer serait rejeté de la société militaire, et on dirait de lui : Il boit avec son suisse, et le mot est une proscription. » — Vidal, 1833. — « Un soldat français ne doit pas faire suisse, ne boit jamais seul. » — La Bédollière. — Le premier exemple donne la clé du mot. Le soldat, n’ayant pas de suisse, ne peut boire avec lui, donc il boit seul. Cette ironie a dû être inventée pour rappeler quelque engagé de bonne compagnie aux règles de la fraternité.

Suiveur : « Le suiveur est très-drôle à observer et à suivre. Une femme passe devant lui et réjouit sa vue par une tournure quelconque ; le suiveur accélère son pas, dépasse sa victime, et se retourne bientôt pour juger de la beauté de l’objet de sa poursuite. » — Roqueplan.

superlifico, coquentiel, coquentieux : Merveilleux. — De superlatif. — Rabelais a employé dans son livre III le mot Supercoquelicantieux.

Surbine : Surveillance (Vidocq).

Surgeber : Condamner en appel (Vidocq). — De gerber.

Surin : Couteau. — « Les artistes en surin commencent à s’expatrier. » — Delvau. V. Chemin.