Les Femmes de la Révolution/18

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(tome 39p. 174-186).
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XVIII

MORT DE CHARLOTTE CORDAY (19 JUILLET 93)


La femme entre, un commissionnaire… Ils trouvent Charlotte, debout et comme pétrifiée, près de la fenêtre. L’homme lui lance un coup de chaise à la tête, barre la porte pour qu’elle ne sorte. Mais elle ne bougeait pas. Aux cris, les voisins accourent, le quartier, tous les passants. On appelle le chirurgien, qui ne trouve qu’un mort. Cependant la garde nationale avait empêché qu’on ne mît Charlotte en pièces ; on lui tenait les deux mains. Elle ne songeait guère à s’en servir. Immobile, elle regardait d’un œil terne et froid. Un perruquier du quartier qui avait pris le couteau, le brandissait en criant. Elle n’y prenait pas garde. La seule chose qui semblait l’étonner, et qui (elle l’a dit elle-même) la faisait souffrir, c’étaient les cris de Catherine Marat. Elle lui donnait la première et terrible idée « qu’après tout Marat était homme ». Elle avait l’air de se dire « Quoi donc ! il était aimé ! »

Le commissaire de police arriva, bientôt, à sept heures trois quarts, puis les administrateurs de police, Louvet et Marino, enfin les députés Maure, Chabot, Drouet et Legendre, accourus de la Convention pour voir le Monstre. Ils furent bien étonnés de trouver entre les soldats qui tenaient ses mains une belle jeune demoiselle, fort calme, qui répondait à tout avec fermeté et simplicité, sans timidité, sans emphase ; elle avouait même qu’elle eût échappé si elle eût pu. Telles sont les contradictions de la nature. Dans une adresse aux Français qu’elle avait écrite d’avance, et qu’elle avait sur elle, elle disait qu’elle voulait périr, pour que sa tête, portée dans Paris, servît de signe de ralliement aux amis des lois.

Autre contradiction. Elle dit et écrivit qu’elle espérait mourir inconnue. Et cependant on trouva sur elle son extrait de baptême et son passeport, qui devaient la faire reconnaître.

Les autres objets qu’on lui trouva faisaient connaître parfaitement toute sa tranquillité d’esprit ; c’étaient ceux qu’emporte une femme soigneuse, qui a des habitudes d’ordre. Outre sa clé et sa montre, son argent, elle avait un dé et du fil, pour réparer dans la prison le désordre assez probable qu’une arrestation violente pouvait faire dans ses habits.

Le trajet n’était pas long jusqu’à l’Abbaye, deux minutes à peine. Mais il était dangereux. La rue était pleine d’amis de Marat, des Cordeliers furieux, qui pleuraient, hurlaient qu’on leur livrât l’assassin. Charlotte avait prévu, accepté d’avance tous les genres de mort, excepté d’être déchirée. Elle faiblit dit-on, un instant, crut se trouver mal. On atteignit l’Abbaye.

Interrogée de nouveau, dans la nuit, par les membres du Comité de sûreté générale et par d’autres députés, elle montra non seulement de la fermeté, mais de l’enjouement. Legendre, tout gonflé de son importance, et se croyant tout naïvement digne du martyre, lui dit « N’était-ce pas vous qui étiez venue hier chez moi en habit de religieuse ? — Le citoyen se trompe ; dit-elle avec un sourire. Je n’estimais pas que sa vie ou sa mort importât au salut de la République. »

Chabot tenait toujours sa montre et ne s’en dessaisissait pas… « J’avais cru, dit-elle, que les capucins faisaient vœu de pauvreté. »

Le grand chagrin de Chabot et de ceux qui l’interrogèrent, c’était de ne trouver rien, ni sur elle, ni dans ses réponses, qui pût faire croire qu’elle était envoyée par les Girondins de Caen. Dans l’interrogatoire de nuit, cet imprudent Chabot soutint qu’elle avait encore un papier caché dans son sein, et, profitant lâchement de ce qu’elle avait les mains garrottées, il mettait la main sur elle ; il eût trouvé sans nul doute ce qui n’y était pas, le manifeste de la Gironde. Toute liée qu’elle était, elle le repoussa vivement ; elle se jeta en arrière avec tant de violence, que ses cordons en rompirent et qu’on put voir un moment ce chaste et héroïque sein. Tous furent attendris. On la délia pour qu’elle pût se rajuster. On lui permit aussi de rabattre ses manches et de mettre des gants sous ses chaînes.

Transférée, le 16 au matin, de l’Abbaye à la Conciergerie, elle y écrivit le soir une longue lettre à Barbaroux, lettre évidemment calculée pour montrer par son enjouement (qui attriste et qui fait mal), une parfaite tranquillité d’âme. Dans cette lettre qui ne pouvait manquer d’être lue, répandue dans Paris le lendemain, et qui, malgré sa forme familière, a la portée d’un manifeste, elle fait croire que les volontaires de Caen étaient ardents et nombreux. Elle ignorait encore la déroute de Vernon.

Ce qui semblerait indiquer qu’elle était moins calme qu’elle n’affectait de l’être, c’est que par quatre fois elle revient sur ce qui motive et excuse son acte : la paix, le désir de la paix. La lettre est datée : Du second jour de la préparation de la paix. Et elle dit vers le milieu : « Puisse la paix s’établir aussitôt que je le désire !… Je jouis de la paix depuis deux jours. Le bonheur de mon pays fait le mien. »

Elle écrivit à son père pour lui demander pardon d’avoir disposé de sa vie, elle lui cita ce vers :
Le crime fait la honte, et non pas l’échafaud.

Elle avait écrit aussi à un jeune député, neveu de l’abbesse de Caen, Doulcet de Pontécoulant, un Girondin prudent qui, dit Charlotte Corday, siégeait sur la Montagne. Elle le prenait pour défenseur. Doulcet ne couchait pas chez lui, et la lettre ne le trouva pas.

Si j’en crois une note précieuse, transmise par la famille du peintre qui la peignit en prison, elle avait fait faire un bonnet exprès pour son jugement. C’est ce qui explique pourquoi elle dépensa trente-six francs dans sa captivité si courte.

Quel serait le système de l’accusation ? Les autorités de Paris, dans une proclamation, attribuaient le crime aux fédéralistes, et en même temps disaient : « Que cette furie était sortie de la maison du ci-devant comte Dorset. » Fouquier-Tinville écrivait au Comité de sûreté « qu’il venait d’être informé qu’elle était l’amie de Belzunce, qu’elle avait voulu venger Belzunce et son parent Biron, récemment dénoncé par Marat, que Barbaroux l’avait poussée », etc. Roman absurde, dont il n’osa pas même parler dans son réquisitoire.

Le public ne s’y trompait pas. Tout le monde comprit qu’elle était seule, qu’elle n’avait eu de conseils que celui de son courage, de son dévouement, de son fanatisme. Les prisonniers de l’Abbaye, de la Conciergerie, le peuple même des rues (sauf les cris du premier moment), tous la regardaient dans le silence d’une respectueuse admiration. « Quand elle apparut dans l’auditoire, dit son défenseur officieux, Chauveau-Lagarde, tous, juges, jurés et spectateurs, ils avaient l’air de la prendre pour un juge qui les aurait appelés au tribunal suprême… On a pu peindre ses traits, dit-il encore, reproduire ses paroles ; mais nul art n’eût peint sa grande âme, respirant tout entière dans sa physionomie… l’effet moral dés débats et de ces choses qu’on sent, mais qu’il est impossible d’exprimer. »

Il rectifie ensuite ses réponses, habilement défigurées, mutilées, pâlies dans le Moniteur. Il n’y en a pas qui ne soit frappée au coin des répliques qu’on lit dans les dialogues serrés de Corneille.

« Qui vous inspira tant de haine ? — Je n’avais pas besoin de la haine des autres, j’avais assez de la mienne.

« Cet acte a dû vous être suggéré ? – On exécute mal ce qu’on n’a pas conçu soi-même.

« Que haïssiez-vous en lui ? — Ses crimes.

« Qu’entendez-vous par là ? — Les ravages de la France.

« Qu’espériez-vous en le tuant ? — Rendre la paix à mon pays.

« Croyez-vous donc avoir tué tous les Marat ? — Celui-là mort, les autres auront peur, peut-être.

« Depuis quand aviez-vous formé ce dessein ? – Depuis le 31 mai, où l’on arrêta ici les représentants du peuple. »

Le président après une déposition qui la charge :

« Que répondez-vous à cela ? – Rien, sinon que j’ai réussi. »

Sa véracité ne se démentit qu’en un point. Elle soutint qu’à la revue de Caen il y avait trente mille hommes. Elle voulait faire peur à Paris.

Plusieurs réponses montrèrent que ce cœur si résolu n’était pourtant nullement étranger à la nature. Elle ne put entendre jusqu’au bout la déposition que la femme de Marat faisait à travers les sanglots ; elle se hâta de dire « Oui, c’est moi qui l’ai tué. »

Elle eut aussi un mouvement quand on lui montra le couteau. Elle détourna la vue, et, l’éloignant de la main, elle dit d’une voix entrecoupée « Oui, je le reconnais, je le reconnais… »

Fouquier-Tinville fit observer qu’elle avait frappé d’en haut, pour ne pas manquer son coup ; autrement elle eût pu rencontrer une côte et ne pas tuer ; et il ajouta : « Apparemment, vous vous étiez d’avance bien exercée ?… — Oh le monstre s’écria-t-elle. Il me prend pour un assassin ! »

Ce mot, dit Chauveau-Lagarde, fut comme un coup de foudre. Les débats furent clos. Ils avaient duré en tout une demi-heure.

Le président Montané aurait voulu la sauver. Il changea la question qu’il devait poser aux jurés, se contentant de demander « L’a-t-elle fait avec préméditation ? » et supprimant la seconde moitié de la formule : « avec dessein criminel et contre-révolutionnaire ? » Ce qui lui valut à lui-même son arrestation quelques jours après.

Le président pour la sauver, les jurés pour l’humilier, auraient voulu que le défenseur la présentât comme folle. Il la regarda et lut dans ses yeux ; il la servit comme elle voulait l’être, établissant la longue préméditation, et que pour toute défense elle ne voulait pas être défendue. Jeune et mis au-dessus de lui-même par l’aspect de ce grand courage, il hasarda cette parole (qui touchait de si près l’échafaud) : « Ce calme et cette abnégation, sublimes sous un rapport… »

Après la condamnation, elle se fit conduire au jeune avocat, et lui dit, avec beaucoup de grâce, qu’elle le remerciait de cette défense délicate et généreuse, qu’elle voulait lui donner une preuve de son estime. « Ces messieurs viennent de m’apprendre que mes biens sont confisqués : je dois quelque chose à la prison, je vous charge d’acquitter ma dette. »

Redescendue de la salle par le sombre escalier tournant dans les cachots qui sont dessous, elle sourit à ses compagnons de prison, qui la regardaient passer, et s’excusa près du concierge Richard et de sa femme, avec qui elle avait promis de déjeuner. Elle reçut la visite d’un prêtre qui lui offrait son ministère, et l’éconduisit poliment : « Remerciez pour moi, dit-elle, les personnes qui vous ont envoyé. »

Elle avait remarqué pendant l’audience qu’un peintre essayait de saisir ses traits, et la regardait avec un vif intérêt. Elle s’était tournée vers lui. Elle le fit appeler après le jugement, et lui donna les derniers moments qui lui restaient avant l’exécution. Le peintre, M. Hauer, était commandant en second du bataillon des Cordeliers. Il dut à ce titre peut-être la faveur qu’on lui fit de le laisser près d’elle, sans autre témoin qu’un gendarme. Elle causa fort tranquillement avec lui de choses indifférentes, et aussi de l’événement du jour, de la paix morale qu’elle sentait en elle-même. Elle pria M. Hauer de copier le portrait en petit, et de l’envoyer à sa famille.

Au bout d’une heure et demie, on frappa doucement à une petite porte qui était derrière elle. On ouvrit, le bourreau entra. Charlotte, se retournant, vit les ciseaux et la chemise rouge qu’il portait. Elle ne put se défendre d’une légère émotion, et dit involontairement : « Quoi ! déjà ! » Elle se remit aussitôt, et, s’adressant à M. Hauer « Monsieur, dit-elle, je ne sais comment vous remercier du soin que vous avez pris ; je n’ai que ceci à vous offrir, gardez-le en mémoire de moi. » En même temps elle prit les ciseaux, coupa une belle boucle de ses longs cheveux blond cendré, qui s’échappaient de son bonnet, et la remit à M. Hauer. Les gendarmes et le bourreau étaient très émus.

Au moment où elle monta sur la charrette, où la foule, animée de deux fanatismes contraires, de fureur ou d’admiration, vit sortir de la basse arcade de la Conciergerie la belle et splendide victime dans son manteau rouge ; la nature sembla s’associer à la passion humaine, un violent orage éclata sur Paris. Il dura peu, sembla fuir devant elle, quand elle apparut au Pont-Neuf et qu’elle avançait lentement par la rue Saint-Honoré. Le soleil revint haut et fort ; il n’était pas sept heures du soir (19 juillet). Les reflets de l’étoffe rouge relevaient d’une manière étrange et toute fantastique l’effet de son teint, de ses yeux.

On assure que Robespierre, Danton, Camille Desmoulins se placèrent sur son passage et la regardèrent. Paisible image, mais d’autant plus terrible, de la Némésis révolutionnaire, elle troublait les cœurs, les laissait pleins d’étonnement.

Les observateurs sérieux qui la suivirent jusqu’aux derniers moments, gens de lettres, médecins, furent frappés d’une chose rare ; les condamnés les plus fermes se soutenaient par l’animation, soit par des chants patriotiques, soit par un appel redoutable qu’ils lançaient à leurs ennemis. Elle montra un calme parfait parmi les cris de la foule, une sérénité grave et simple ; elle arriva à la place dans une majesté singulière, et comme transfigurée dans l’auréole du couchant.

Un médecin qui ne la perdait pas de vue dit qu’elle lui sembla un moment pâle, quand elle aperçut le couteau. Mais ses couleurs revinrent, elle monta d’un pas ferme. La jeune fille reparut en elle au moment où le bourreau lui arracha son fichu, sa pudeur en souffrit, elle abrégea, avançant d’elle-même au-devant de la mort.

Au moment où la tête tomba, un charpentier maratiste qui servait d’aide au bourreau l’empoigna brutalement, et, la montrant au peuple, eut la férocité indigne de la souffleter. Un frisson d’horreur, un murmure parcourut la place. On crut voir la tête rougir. Simple effet d’optique peut-être : la foule troublée à ce moment avait dans les yeux les rouges rayons du soleil qui perçait les arbres des Champs-Élysées.

La commune de Paris et le tribunal donnèrent satisfaction au sentiment public en mettant l’homme en prison.

Parmi les cris des maratistes, infiniment peu nombreux, l’impression générale avait été violente d’admiration et de douleur. On peut en juger par l’audace qu’eut la Chronique de Paris, dans cette grande servitude de la presse, d’imprimer un éloge, presque sans restriction, de Charlotte Corday.

Beaucoup d’hommes restèrent frappés au cœur, et n’en sont jamais revenus. On a vu l’émotion du président, son effort pour la sauver, l’émotion de l’avocat, jeune homme timide qui, cette fois, fut au-dessus de lui-même. Celle du peintre ne fut pas moins grande. Il exposa cette année un portrait de Marat, peut-être pour s’excuser d’avoir peint Charlotte Corday. Mais son nom ne paraît plus dans aucune exposition. Il semble n’avoir plus peint depuis cette œuvre fatale.

L’effet de cette mort fut terrible : ce fut de faire aimer la mort.

Son exemple, cette calme intrépidité d’une fille charmante, eut un effet d’attraction. Plus d’un qui l’avait entrevue mit une volupté sombre à la suivre, à la chercher dans les mondes inconnus. Un jeune Allemand, Adam Lux, envoyé à Paris pour demander la réunion de Mayence à la France, imprima une brochure où il demande à mourir pour rejoindre Charlotte Corday. Cet infortuné, venu ici le cœur plein d’enthousiasme, croyant contempler face à face dans la Révolution française le pur idéal de la régénération humaine, ne pouvait supporter l’obscurcissement précoce de cet idéal ; il ne comprenait pas les trop cruelles épreuves qu’entraîne un tel enfantement. Dans ses pensées mélancoliques, quand la liberté lui semblait perdue, il la voit, c’est Charlotte Corday. Il la voit au tribunal, touchante, admirable d’intrépidité il la voit majestueuse et reine sur l’échafaud… Elle lui apparut deux fois… Assez ! il a bu la mort.

« Je croyais bien à son courage, dit-il, mais que devins-je quand je vis toute sa douceur parmi les hurlements barbares, ce regard pénétrant, ces vives et humides étincelles jaillissant de ces beaux yeux, où parlait une âme tendre autant qu’intrépide !… Ô souvenir immortel ! émotions douces et amères que je n’avais jamais connues !… Elles soutiennent en moi l’amour de cette Patrie pour laquelle elle voulut mourir, et dont, par adoption, moi aussi je suis le fils. Qu’ils m’honorent maintenant de leur guillotine, elle n’est plus qu’un autel ! »

Âme pure et sainte, cœur mystique, il adore Charlotte Corday, et il n’adore point le meurtre.

« On a droit sans doute, dit-il, de tuer l’usurpateur et le tyran, mais tel n’était point Marat. »

Remarquable douceur d’âme. Elle contraste fortement avec la violence d’un grand peuple qui devint amoureux de l’assassinat. Je parle du peuple girondin, et même des royalistes. Leur fureur avait besoin d’un saint, et d’une légende. Charlotte était un bien autre souvenir, d’une tout autre poésie, que celui de Louis XVI, vulgaire martyr, qui n’eut d’intéressant que son malheur.

Une religion se fonde dans le sang de Charlotte Corday la religion du poignard.

André Chénier écrit un hymne à la divinité nouvelle :

Ô vertu ! le poignard, seul espoir de la terre,
Est ton arme sacrée !

Cet hymne, incessamment refait en tout âge et dans tout pays, reparaît au bout de l’Europe, dans l’Hymne au poignard, de Pouchkine.

Le vieux patron des meurtres héroïques, Brutus, pâle, souvenir d’une lointaine Antiquité, se trouve transformé désormais dans une divinité nouvelle plus puissante et plus séduisante. Le jeune homme qui rêve un grand coup, qu’il s’appelle Alibaud ou Sand, de qui rêve-t-il maintenant ? Qui voit-il dans ses rêves ? est-ce le fantôme de Brutus ? Non, la ravissante Charlotte, telle qu’elle fut dans la splendeur sinistre du manteau rouge, dans l’auréole sanglante du soleil de juillet, dans la pourpre du soir.