Les Flagellants et les flagellés de Paris/VI

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Charles Carrington (pp. 84-98).
CHAPITRE VI


Un pucelage à la vapeur. — Hortense la blonde. — Sans gifle pas de coup d’État et celui de l’habit noir. — Gras de côtelettes. — Un marmiton d’opéra-comique.



Les femmes, disait George Sand, n’ont pas d’opinions ; elles n’ont que des affections et des passions. Aphorisme très juste, car l’histoire des femmes galantes de ces dernières quarante années, c’est l’histoire de l’amour et de toutes les passions qui sont les dominantes de l’existence de tout être humain.

Vers 1860, Hortense la blonde était une femme à la mode, viveuse émérite. Elle possédait un charmant hôtel rue de Provence, et ses équipages ainsi que ses chevaux faisaient l’admiration des connaisseurs ; elle était renommée pour son esprit à l’emporte-pièce ; pour ses pareilles, elle était d’une férocité sans égale.

Ce n’était point une fausse blonde, elle l’était comme les blés de Musset ; elle était coquette à rendre des points à toutes les Aspasie et à toutes les Laïs des temps passés, présents et futurs.

Ses débuts n’avaient point été banals.

Fille d’un riche meunier d’Étampes, elle fit un jour à l’assemblée (fête d’un village voisin) la connaissance d’un commis de la région. Comme bien on pense, le rat de cave lui fit une cour assidue. C’était pour lui une triple aubaine : elle était jeune, belle et riche.

La demande en mariage au père, il n’y fallait pas songer. Elle eut alors une idée originale.

— Enlevez-moi, lui dit-elle.

Le lendemain, elle avait fait ses préparatifs de départ. Ils se rendirent isolément à la gare d’Étampes et prirent chacun un billet pour l’express de Bordeaux.

L’express arriva en gare ; comme il n’y stationnait qu’une minute ou deux, ils durent sauter dans le premier wagon venu.

C’était un wagon de première classe.

Dans un coin, était installée une vieille dame qui lisait la Gazette de France.

Aussitôt le train en marche, le jeune homme la salua poliment, et lui tint ce langage :

– Madame, j’enlève mademoiselle ; il est certain que ses parents vont s’apercevoir de sa fuite et qu’ils vont télégraphier au commissaire de police d’Orléans, nous allons être infailliblement arrêtés. Comme nous voulons nous marier,je vais l’épouser ici, vous me comprenez, madame, vous serez assez aimable, arrivée à Orléans, d’en témoigner devant le commissaire et de lui dire que le mariage est consommé.

– Mais c’est une infamie, monsieur,comment, là devant moi, sans respect pour mes cheveux blancs !

— Oh ! madame, ils ne rougiront pas, d’ailleurs vous pourrez regarder par la portière, ce sera un véritable mariage à la vapeur.

La dame se retourna dans son coin, se fit de son journal un éventail et ne souffla mot…

N’entendant plus rien, elle se hasarda à regarder. Hortense qui, en un tour de main, rajustait sa toilette et mettait les coussins en place, la remercia, et lui dit audacieusement : — Me voilà madame, décidément ce n’est pas difficile.

Arrivés à Orléans, comme ils l’avaient prévu, le commissaire de police, ceint de son écharpe, les attendait sur le quai de débarquement. Il les fit descendre.

– Je veux bien, dit le jeune homme, mais auparavant, demandez à madame, notre compagne de voyage, ce qui s’est passé dans le compartiment.

La dame raconta la scène et termina en disant : Mademoiselle n’a plus rien à perdre.

On les garda jusqu’à l’arrivée du père à qui le commissaire raconta à son tour les confidences qui lui avaient été faites ; le père, furieux, emmena sa fille, et flanqua son pied au derrière du pauvre commis.

Rentrée au foyer paternel, elle n’eut plus qu’une pensée : filer à Paris, ce qu’elle fit sans se soucier du commis.

Après des hauts et des bas, elle fit, dans un restaurant de nuit, la connaissance d’un jeune comte qui se brûla la cervelle ensuite.

Dix fois, on se battit en duel pour elle. — Si Hortense se forgeait un blason, disait la belle et méchante Sylven, elle pourrait prendre : de gueules à la brochette de cœurs saignants au naturel, avec un franc quartier chargé d’un sautoir d’os de mort, et un chef d’azur semé de besants d’or ; ce serait à coup sûr des armes parlantes.

— Ce n’est pas une femme, répondit Jeanne la vipère.

— Qu’est-ce donc alors ?

— C’est une catacombe !

Ses aventures la rendirent promptement célèbre. Elle devint la maîtresse de M. de M… Ce dernier, qui l’adorait, faisait pour elle toutes les folies imaginables et inimaginables et par-dessus tout des dettes, car alors il ne songeait pas qu’un jour il serait vice-empereur.

Comme c’était une femme à outrance, elle avait, en même temps que le duc, pris pour amant de cœur, un jeune avocat, secrétaire d’un député de l’opposition.

Malgré que M. de M… fût jeune et élégant, spirituel, elle le subissait comme ses pareilles celui qui paye, elle disait cyniquement :

— Je ne lui ai pas juré fidélité, il satisfait ma gueule, mais le reste ?…

Le reste, c’était la part de Jules. Aussi, chaque fois qu’elle en avait l’occasion, elle s’en payait à cœur joie, discrètement toutefois, car elle voulait bien tromper le duc, mais ne pas le perdre.

Une nuit, le duc de M… oublia son portefeuille dans la chambre à coucher d’Hortense. Quand le lendemain, sa femme de chambre le lui remit, son premier soin fut de l’ouvrir et de lire les papiers qu’il contenait.

Parmi ces papiers, il y avait une longue lettre de Napoléon III donnant à M. de M… ses dernières instructions pour le coup d’État du 2 Décembre, qui devait s’accomplir le lendemain.

Hortense, qui était d’une intelligence rare, comprit immédiatement l’importance de sa découverte. Aussitôt elle songea à son Jules, le jeune avocat : s’il allait lui arriver malheur ?

Sans perdre une seconde, elle fit appeler son amant, et lui donna rendez-vous au cabaret du Pied de Mouton, un cabaret de la rue de Vauvilliers, qui était alors perdu au milieu de rues inextricables, car les Halles centrales n’existaient pas encore.

Elle arriva au rendez-vous en retard d’une demi-heure ; Jules l’attendait impatiemment, furieux, il lui reprocha grossièrement de l’avoir fait poser.

— Sans doute que ton duc, lui dit-il, est venu te servir de femme de chambre, il t’a essayé des jarretières neuves.

Hortense, qui n’était pas patiente et avait la langue bien pendue, répondit durement :

— Dans tous les cas c’est lui qui les paye, car avec toi, si je me plaisais dans la misère, tu me ferais un sort heureux.

— Tu comptes donc pour rien la satisfaction que je te donne.

— Belle affaire, le premier charbonnier venu en ferait autant que toi, tu fais l’amour à la papa, tandis que le duc est un raffiné.

— Oui, il lui faut toutes les herbes de la Saint-Jean, des hors-d’œuvre variés ; la patte d’araignée…

— Pourquoi pas la diligence de Lyon ?

— Ce n’est pas possible.

— Mon vieux, tu te fourres le doigt dans l’œil, jusqu’au coude.

— Toi, il te le fourre ailleurs.

Emporté par un accès de colère, sous cette insulte, il flanqua à Hortense une gifle formidable.

Elle la lui rendit et une bataille s’engagea ; sans réparer le désordre de sa toilette, elle descendit rapidement l’escalier, sauta dans un fiacre qui passait à vide, et se fit conduire chez M. de M… Ce dernier qui ne s’était pas aperçu de la disparition de son portefeuille, se disposait à sortir ; il fut fort étonné de la venue d’Hortense, et il le fut encore davantage quand, sans mot dire, elle lui remit le fameux portefeuille.

Il le prit, l’ouvrit, s’assura qu’il ne manquait aucun papier, puis il enferma tranquillement sa maîtresse et courut chez son frère adultérin, sans toutefois lui raconter l’aventure.

Il ne rendit la liberté à Hortense que lorsque le dernier acte du coup d’État fut joué.

Si les petits effets produisent de grandes causes, les grandes causes peuvent, en revanche, avorter par de petits effets. Sans la malencontreuse gifle, peut-être n’aurions-nous pas eu le coup d’État du 2 Décembre.

Mais que pouvait donc bien faire la belle Hortense à ce raffiné de plaisirs, pour qu’il tienne tant à elle, malgré ses frasques retentissantes connues du tout Paris mondain ?

La vicomtesse va nous le dire :

Le noble duc se déshabillait entièrement, il revêtait son habit noir surchargé de décorations exotiques, il se chaussait de chaussettes en filoselle de soie, à jour, et d’escarpins vernis ; dans cet équipage, il enfourchait un grand cheval mécanique.

Hortense n’avait pour tout vêtement qu’une élégante veste de postillon garnie de rubans multicolores, tout comme Montaubry dans le postillon de Lonjumeau, elle tenait dans sa main droite un fouet, à lanières de buffle.

Aussitôt que le duc mettait son cheval en mouvement, au moyen d’une manivelle, elle se mettait à cingler vigoureusement.

Ils faisaient ainsi cinq ou six fois le tour du salon,il était alors à point, il descendait de cheval et Hortense, à son tour, remplissait le rôle de la jument.

Ce n’était pas difficile, mais pour arriver au résultat espéré et attendu, il fallait qu’elle frappât à la même place, ce qu’elle ne manquait pas de faire avec soin, car les cris de douleur qu’elle arrachait au duc, dans son esprit, la vengeaient des humiliations et des dédains que ce grand seigneur lui faisait subir chaque jour.

Gras de Côtelettes, voilà un nom qui n’est guère poétique, c’est toutefois moins ambitieux que de se faire appeler Émilienne d’Alençon ou Liane de Pougy.

Ces temps derniers, au marché aux veaux que dans le monde entier, on connaît sous le nom de Moulin-Rouge, claquedent aussi célèbre aujourd’hui, qu’autrefois l’était le bal Mabille, ou la Closerie des lilas, un quadrille échevelé était fort en vogue, il ne faisait pourtant pas oublier le fameux pas de Chicard dans les chameaux en détresse et la tulipe orageuse, ni les illustres clodoches et la belle Normande ; ce quadrille était dansé par quatre femmes qui se faisaient vis à vis : la Goulue, Grille d’Égoût, la Môme Fromage, et la Môme Caca.

C’était sale, ignoble, dégoûtant, sans esprit, mais ce quadrille avait le privilège d’attirer la foule, hommes et femmes ; chaque soir, les vieux marcheurs et les jeunes vannés, venaient se repaître à la vue de ces orgies d’épaules, de cuisses, de fesses et de tétons.

Les vieux, comme le savoyard, mangeaient leur pain à la fumée et les jeunes attendaient l’inspiration, qui ne venait que rarement.

La Goulue, grande, forte, déhanchée, pour ainsi dire désarticulée, par son audace,ses gestes canailles montrait tout, même ce qu’elle nommait son prospectus. Un jour qu’elle était plus en verve qu’à l’ordinaire le père la Pudeur, pas M. Bérenger, lui dit :

— Tu sais, ma vieille, tu fais un peu trop de réclame, ce soir.

— Va donc te baigner, andouille, lui répondit-elle, mon médecin m’a ordonné de lui faire prendre l’air.

La Goulue accaparait donc seule le succès, ce que voyant, les autres danseuses refusèrent de figurer avec elle dans le quadrille ; elle était bien embarrassée et ne savait plus à quels saints se vouer ; lorsque, un soir, dans le public qui faisait cercle, attendant le commencement de l’ouverture de l’orchestre, elle avisa une jolie fille de taille moyenne, bien prise, mais l’air gauche, dépaysée, au milieu du troupeau de filles et du luxe de toilette des tendeurs. La Goulue l’interpella : « Viens me faire vis à vis, toi, la môme. » En même temps, elle envoya le Désossé lui prendre le bras, il la plaça devant elle ; la pauvre fille, confuse, rougissante, ne savait quelle contenance tenir. Au premier coup d’archet, les danseuses s’ébranlèrent, elle, n’osait ni avancer, ni reculer. « Grouille-toi donc, eh ! dinde, lui cria la Goulue, y vont pas te bouffer, y n’aiment pas le torchon. » Enfin, elle se décida à esquisser un pas, si cocasse, si naïf, que la foule crut à une chose entendue et qu’elle se mit à applaudir avec fureur la ballerine malgré elle.

Les soirs, les Lesbiennes se l’arrachaient ; en tête, était la célèbre Béatrice (la tête de cheval) qui s’intitule pompeusement «professeur de dressage et de ravalement ». Les hommes la voulaient aussi, enfin ce fut un succès éclatant auquel la malheureuse ne comprenait rien.

Elle n’alla avec personne, ce furent les camarades jalouses de la Goulue qui l’emmenèrent souper. À table, on leur servit un immense plat de côtelettes. Aucune d’elles n’aimait le gras,elles le laissaient sur leur assiette ; elle, avec sa fourchette, s’en emparait aussitôt. Comme on ignorait son nom, elle fut immédiatement baptisée Gras de Côtelettes. Aucune de ses marraines ne prononça la fameuse formule : Vade retro Satanas, mais elles l’ondoyèrent avec des flots de champagne.

Le lendemain, elle revint au Moulin-Rouge, son succès fut si grand qu’elle fut engagée ; puis, un beau jour, elle disparut comme une étoile filante.

D’où venait Gras de Côtelettes ?

Son histoire n’est pas banale et démontre jusqu’à l’évidence, ce que vaut la morale des vieux messieurs qui veulent réformer la licence des mœurs et celle de la rue.

Fille d’un ouvrier cordonnier, comme les pauvres gens n’avaient qu’une seule pièce, elle couchait avec son frère âgé de seize ans, trois de plus qu’elle. Ce que cette promiscuité amena, on le devine : à seize ans on n’a point besoin de flagellation pour être viril.

Un jour la mère mourut ; par l’intermédiaire d’une sainte association de dames patronnesses, elle fut placée chez un vieux magistrat réputé au Palais et dans le monde pour son austérité et sa sévérité à condamner les coupables d’atteintes à la morale publique. Les premiers jours, la petite était heureuse comme un coq en pâte. Je dois dire que le vieux magistrat était célibataire et que l’on lui montait ses repas tout préparés d’un restaurant voisin ; la petite le servait à table. Un soir le vieux satyre prit son masque le plus hypocrite, celui qui lui servait pour ses audiences, il la fit asseoir sur ses genoux et lui tint ce langage.

— Es-tu contente ? Oui, sans doute, tu es loin du tire-pied de ton père, et des brutalités de ton frère ; veux-tu rester avec moi ?

— Oh ! oui, répondit-elle.

— Alors rien de plus facile, mais il faut que tu fasses ce que je vais te demander.

Sur un fauteuil, était un paquet dans une enveloppe de soie,il le déplia.

— Déshabille-toi, lui dit-il.

— Complètement,

— Oui, ôte même tes bas et tes souliers, je vais te montrer le costume que tu revêtiras pour me servir à table, à déjeuner et à dîner.

Quand elle fut absolument nue, il lui enfila aux jambes des bas de soie blancs qu’il lui attacha au dessus du genou ; il la chaussa de souliers de satin de même couleur que les bas, à haut talons Louis XV, et lui ganta les mains de mitaines en filoselle blanche qui dépassaient le coude,il lui mit un mignon tablier de batiste serré à la taille par une ceinture de satin qui tenait aux épaules par des bretelles de soie garnies de guipures, à la mode suisse, enfin il la coiffa d’un coquet béret de velours blanc relevé sur un côté par un bouton d’argent qui soutenait une plume d’autruche ; quand cette toilette virginale fut terminée, il lui dit de se regarder dans la glace ; elle ne pouvait en croire ses yeux, elle ne se reconnaissait pas tant elle était ravissante, un véritable marmiton d’opéra-comique.

Le lendemain, revêtue de son costume fantaisiste, elle servit le vieux monsieur à déjeuner. À côté de lui, il y avait un plat de crème fouettée et une de ces petites verges dont se servent les cuisinières pour faire la crème ; au dessert, il mit la tête de la petite sous son bras, trempa la poignée de verges dans la crème et se mit à la fouetter doucement ; quand ses petites fesses furent barbouillées de crème, il se mit à genoux et la lécha entièrement.

Ce manège dura plusieurs années ; fatiguée de cet exercice, car elle était devenue grande et forte, ses fesses copieuses n’étaient plus une assiette à dessert mais un joli plat, elle lâcha le vieux magistrat ; c’est à ce moment, que, cherchant une place, elle s’égara au Moulin-Rouge.

Sa disparition du Harem cosmopolite du Boulevard de Clichy fut expliquée : elle s’était laissée séduire par les offres trompeuses d’un rastaquouère qui avait l’arrière-pensée de la faire travailler ; cet homme était souteneur et voleur à la fois. Pincée avec une bande de ses pareilles, la pauvre enfant, bien innocente, fut arrêtée et enfermée à la prison de Saint-Lazare sous la prévention de complicité de vol et de racolage, elle fut traduite en cour d’assises. Le hasard est un grand maître, le conseiller qui présidait, était précisément le magistrat à la crème. On peut juger de leur stupéfaction mutuelle lorsqu’ils se reconnurent tous deux.

Que dut-il se passer dans le cœur de cet homme ? Pas grand’chose, car pas un muscle de son visage ne broncha et c’est avec une sérénité parfaite qu’il l’interrogea : on la sentait condamnée à l’avance, elle le fut malgré une plaidoirie remarquable.

Il y aurait des réflexions philosophiques à tirer de cette histoire, car le cas n’est pas isolé. Tout le monde se souvient du fameux président Delesvaux qui occupait à la neuvième chambre du Tribunal correctionnel de Paris, lequel, en 1871 fut trouvé chez lui, rue d’Amsterdam la tête fracassée d’une balle, il passait aussi pour un foudre d’austérité. Il avait débauché une jeune blanchisseuse à qui il avait inculqué tousses vices, la malheureuse abandonnée par lui tomba dans la misère, elle fut compromise dans un vol de diamants, elle passa en police correctionnelle précisément devant la chambre présidée par Delesvaux, elle était défendue par notre ami Clément Laurier. Jamais on ne vit à une audience un pareil cynisme et une pareille partialité de la part d’un magistrat ; la pauvre fille n’osait parler, elle se contentait de joindre les mains et de jeter un regard suppliant à l’homme qui était cause qu’elle était assise sur le banc d’infamie. Lui, impassible, lui lut froidement le jugement qui la condamnait à trois ans !

Avant de songer à réprimer les mœurs des autres, messieurs les magistrats, réformez donc les vôtres, et donnez-nous l’exemple !

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