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Les Fouteries chantantes/06

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Les Fouteries chantantes, 1791 - Figure n-20



LES MYSTIFICATIONS

DE
L’ABBÉ MAURY.
ROMANCE.


Air des Pendus[ws 1].


OR, écoutez, petits et grands,
Mes malheurs et mes accidens ;
La chose est bien facile à croire ;
C’est à la place de Victoire
Que je fus un jour raccroché,
Pour me punir de mon péché.

Je sentis redresser mon vit ;
Je m’en fus droit où l’on me dit.
Allons, mon cher Abbé, de grace,
Me dit cette bougre de Garce,
Suis la maxime du bordel,
Tout Prêtre vit de son Autel.


Or sus, sans me faire prier,
À mon gousset je fus fouiller,
Et tout aussi-tôt ma coquine,
D’un coup de main flatta ma pine,
Et puis levant son cotillon,
M’exposa sa motte et son con.

L’Abbé, dites-moi votre goût ;
Monsieur branle-t-il, ou s’il fout ?
J’ai le poignet d’une Princesse ;
Je sais branler à la Duchesse.
Si vous voulez me foutre en cul,
C’est encore un petit écu.

Ce jour-là de mauvaise humeur,
Je choisis le con, par malheur.
Hélas ! pour près d’une pistole,
Je m’en fus avec la vérole.
Que maudit soit mon noir destin,
Et qu’au foutre soit la Putain.

« Reviens me voir sans danger ;
» Dis-moi, fais-je bien décharger ?
» Là, que dis-tu de ma croupière,
» Du mouvement de ma charnière ?

» Non, tu n’oublieras pas ce lieu :
» L’Abbé, tu fouts tout comme un Dieu ».

Ah ! que la gueuse avait raison !
Je n’ai point oublié son con,
Et dans cette affreuse matrice,
J’ai donc puisé la chaude-pisse !
Je le dis à tous en secret,
J’en suis pour trois mois au creuset.

Desormais tâtant du garçon,
Pour un cul laissant-là le con,
Dans ce trou glisserai ma pine,
Au risque de la crystalline ;
Si l’on le sait, je répondrai,
Que je peux foutre où je voudrai.


Les Fouteries chantantes, 1791 - Fleuron - Medaillon


Notes de Wikisource[modifier]

  1. ndWs. Cf. recueil La clé du caveau, 728.