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Les Fouteries chantantes/07

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Le Paillard Aristocrate et Démocrate
Les Fouteries chantantes, 1791 - Figure n-23



LE PAILLARD

ARISTOCRATE ET DÉMOCRATE,
OU
DEUX TÊTES
DANS LE MÊME BONNET
CHANSON BURLESQUE.


Air : Tandis que tout ſommeille [ws 1].


De ma triste aventure,
Daignez ouïr le récit :
Je pleure sur mon vit ;
Voyez-en la peinture ;
Oui, c’est, hélas !
Mon embarras,
Et ma peine cruelle ;
Je bande comme un malheureux,
Sans pouvoir contenter mes vœux ;

Est-il un ſort plus rigoureux ?
Oh ! tristesse mortelle !

D’un vit rempli d’audace,
Je foutais autrefois
Mille cons à mon choix,
Sans qu’ils fassent grimace ;
Mais à-présent,
Pour mon argent,
Il n’est pas une gueuse
Qui veuille avec amour, respect,
Me foutre un bon coup de poignet :
Pour un fouteur, ah ! quel regret !
Destinée malheureuse !

Je me branle moi-même
En mon cruel destin ;
Du con de ma Putain
J’ai perdu l’idée même :
Fâcheux tourment !
Pour un Amant,
Montre-toi donc propice ;
Viens procurer à mon engin,
Le doux nectar de son vagin,
Dussai-je un jour, dans son conin,
Gagner la chaude-pisse.


En voyant cet outrage,
Je me repens toujours,
Qu’au mépris des Amours,
J’ai parlé sot langage :
Foutu complot,
Lâche et si sot ;
C’est un Aristocrate,
Entends-je dire en mon malheur ;
Traitons-le en toute rigueur,
Et n’éprouvons que la douceur
D’un gros vit démocrate.

D’avanie sans pareille,
Combien je suis à bout !
Et pour foutre un bon coup,
J’offrirais une oreille :
Mais mon engin,
Qui, sans conin,
Va déserter la place,
M’inspire bien mieux que l’autel.
Je vais courir en un bordel,
Sous l’habit d’un autre mortel,
Et foutre une conasse.


Les Fouteries chantantes, 1791 - Fleuron - Etoile


Notes de Wikisource[modifier]

  1. ndWs. Cf. recueil La clé du caveau, 553.