Les Hautes Montagnes/7

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7. Catastrophe dans les biscuits de Foudoulis

7. Catastrophe dans les biscuits de Foudoulis

Sur sa mule, Foudoulis avance comme un fardeau et pas comme un cavalier. Et il est très songeur. Personne ne parle de manger, et à plusieurs reprises l’appétit de Foudoulis a sonné midi.

Il enfonça la main dans sa sacoche et y trouva quelque chose. Il n’avait ressenti une si agréable sensation qu’une seule fois, quand il avait attrapé des œufs dans un nid.

C’étaient les biscuits que lui avait préparés sa mère, avec la recommandation d’être raisonnable, c’est-à-dire de n’en manger que deux chaque matin.


Comme il mettait la main dessus, Foudoulis comprenait que leur vie serait brève.

Il en mangea deux. « Autant en manger deux autres ! se dit-il. Le vent est rudement frais ! » Ça en fait quatre. Bientôt six. Maintenant, il a enfoui la main dans la sacoche et caresse ceux qui subsistent.

« Quand est-ce qu’on va manger ? » demanda-t-il au muletier.

M. Stéphane l’entendit, et se tournant demanda aux enfants :

« Quel est celui qui a plus faim que les autres et ne peut pas attendre ? »

Toute la compagnie se tourna et regarda Foudoulis ; Lui, il fit celui qui regarde en bas et s’émerveille de toute cette eau. Et, dans un mouvement de honte, il retira sa main des biscuits. Toutefois ses pensées restèrent dans la sacoche.