Les Jésuites de la maison professe de Paris en belle humeur/Le Libraire au lecteur

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J. Gay et Fils, Éditeurs (p. 3-4).

Les Jésuites de la maison professe de Paris en belle humeur, Bandeau de début de chapitre


LE LIBRAIRE

AU LECTEUR




Messieurs,

Je donne au public incognito un petit ouvrage ; si vous prenez la peine de le lire, vous y verrez plusieurs commerces galants des jésuites qui vous divertiront. Il m’est tombé entre les mains par un de mes amis, qui en est l’auteur, qui a étudié longtemps au collége royal des jésuites de Paris, et qui a demeuré ensuite quelque temps dans la maison professe de ces révérends pères, qu’il a trouvés aussi sensibles aux débauches que les plus voluptueux du monde. C’est pourquoi ce mien parent, n’ayant pas approuvé la vie libertine de ces religieux, qui n’ont qu’un extérieur de sainteté trompeuse, il s’est détaché d’eux et a renoncé au froc, où l’on ne fait point son salut ; au contraire, il fait connoître que c’est le grand chemin de l’enfer que d’être jésuite ou religieux de quelqu’ordre que ce soit. Il s’est donc proposé de faire secrètement part au public des intrigues d’amour et autres de ces bons pères, et de toutes les ruses dont ils se servent, par l’adresse des esprits infernaux qui sont à leurs gages, et dont ils usent pour surprendre l’innocence des peuples, qu’ils abusent de bonne grâce, en faisant semblant de prier pour eux. C’est là le véritable dessein de l’auteur qui a conçu un mépris extraordinaire pour ces hypocrites dont il décrit le génie ; et c’est par les grandes instances qu’il m’a faites, que je l’ai fait imprimer. Je souhaite qu’il ne m’en coûte rien pour avoir hasardé une chose si dangereuse, ayant affaire aux plus grands vindicatifs du monde.


Les Jésuites de la maison professe de Paris en belle humeur, Vignette de début de chapitre