Les Lettres d’Amabed/Lettre 4a d’Amabed

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Les Lettres d’AmabedGarniertome 21 (p. 441).
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QUATRIÈME LETTRE

D’AMABED À SHASTASID.


Cher ami, cher père, nous partons, la tendre Adaté et moi, pour te demander ta bénédiction. Notre félicité serait imparfaite si nous ne remplissions pas ce devoir de nos cœurs ; mais, le croirais-tu ? nous passons par Goa, dans la compagnie de Coursom, le célèbre marchand, et de sa femme. Fa tutto dit que Goa est devenue la plus belle ville de l’Inde ; que le grand Albuquerque nous recevra comme des ambassadeurs ; qu’il nous donnera un vaisseau à trois voiles pour nous conduire à Maduré[1]. Il a persuadé ma femme, et j’ai voulu le voyage dès qu’elle l’a voulu. Fa tutto nous assure qu’on parle italien plus que portugais à Goa. Charme des yeux brûle d’envie de faire usage d’une langue qu’elle vient d’apprendre : je partage tous ses goûts. On dit qu’il y a des gens qui ont eu deux volontés ; mais Adaté et moi nous n’en avons qu’une, parce que nous n’avons qu’une âme à nous deux. Enfin nous partons demain avec la douce espérance de verser dans tes bras, avant deux mois, des larmes de tendresse et de joie.

  1. Ville située au sud de la presqu’île de l’Inde.