Les Poëmes de l’amour et de la mer/Le vent dans les rochers sifflait et mugissait

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IV.

Le vent dans les rochers sifflait et mugissait ;
Le monde en frissonnant se reprenait à vivre,
Et la mer immortelle au soleil bondissait
Comme un jeune cheval que le grand air enivre.

Secouant sa crinière épaisse vers les cieux,
Elle semblait hennir et se cabrer de joie ;
Et dans la liberté roulaient les flots joyeux
Sous les baisers pourprés du matin qui flamboie.

Et mon cœur s’est levé par ce matin d’été ;
Car une belle enfant était sur le rivage,
Dardant sur moi ses yeux inondés de clarté,
Et sur sa bouche errait un sourire sauvage.


Toi que transfiguraient la jeunesse et l’amour,
Tu m’apparus alors comme l’âme des choses ;
Mon cœur vola vers toi, tu le pris sans retour,
Et du ciel entr’ouvert pleuvaient sur nous des roses.