Les Romans de la Table ronde (Paulin Paris)/Livre 4/02

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Léon Techener (volume 2p. 128-142).


II.


invasion des saisnes. — arrivée d’artus en carmelide. — enfance de galeschin, de gauvain, agravain, guirre et gaheriet ; d’yvain le grand et yvain l’avoutre ; de sagremor de constantinople.



Les onze rois, déconfits pour la seconde fois par Artus, avaient recueilli les débris de leur armée dans la ville de Sorhaut, qui appartenait au roi Urien de Galles. Ils y furent reçus par Baudemagus, neveu d’Urien. Mais, à peine arrivés, la nouvelle se répandit de l’entrée des Saisnes dans la Cornouaille et dans l’Orcanie [1]. Ils avaient déjà commencé le siège du château de Vendebieres, sur les marches de Cornouaille. Comment les rois résisteront-ils aux païens et au fils d’Uter-Pendragon ? Comment espérer une paix honorable de la part du suzerain qu’ils ont méconnu ? Les princes sur lesquels ils auraient pu compter étaient eux-mêmes obligés de se défendre dans leurs terres. Ainsi le roi Leodagan de Carmelide soutenait difficilement la guerre contre le puissant roi Rion ; le roi Pelle de Listenois était retenu près du roi Pellinor, son frère ; obligé d’attendre, pour recouvrer la santé, l’arrivée de celui qui devait mettre les aventures du Graal à fin ; son autre frère, Alfarzan, partageait le sort et les lointaines espérances de Pellinor. Quant au roi de Sorelois, à Brangain de l’Ile perdue, à Amadorian et Clamadès, ils avaient grand’peine à se défendre de Galehaut, le fils de la géante des Lointaines Iles, qui réclamait l’hommage de leurs terres.

Mais les regrets ne servaient de rien. Tradelinan, roi de Norgalles, fit aisément comprendre qu’après les récents désastres, ils ne pouvaient penser à livrer une bataille décisive aux Saisnes ; qu’il valait mieux garnir les villes frontières, et de là harceler l’ennemi, l’empêcher de renouveler ses provisions, jusqu’au moment où, la faim venant à les tourmenter, on pourrait les attaquer avec avantage et les contraindre à vider le pays. En conséquence, Ydier, roi de Cornouaille, s’enferma dans Nantes, vers la limite du royaume de Bretagne [2] ; Nantre de Garlot dans Wuidesan, autre frontière de Cornouaille ; Loth dans la ville de Galones ; Clarion de Northumberland dans Bellande ; le Roi des Cent-chevaliers dans Malehaut, qui n’était pas de son domaine, mais appartenait à une gentille dame dont on parlera beaucoup plus tard. Tradelinan défendit sa ville de Norgalles, assez voisine de la Roche-aux-Saisnes, où se tenait Camille, sœur d’Hargodabran, la plus habile magicienne de ce temps, après Morgain, sœur d’Artus, et après Viviane qui devait apprendre de Merlin tous les secrets de la nature. Karadoc se rendit dans Estrangore, également voisine de la Roche-aux-Saisnes, et Aguisel d’Écosse dans Gorenge ou Corenge, grande et riche cité à vingt lieues écossaises du château de Vendebieres [3], qu’assiégeaient les Saisnes. Le duc Escans garnit la ville de Corbenic ou Cambenic, plus rapprochée de la Roche-aux-Saisnes et d’Arondel, que le roi Artus avait déjà mise en bon état de défense. Urien resta dans sa ville de Sorhaus, à dix journées de Vendebieres.

Telle fut la disposition de défense des dix ou onze rois confédérés contre l’invasion des Saisnes, dont ils arrêtèrent la marche, sans même essayer de leur reprendre la Roche-aux-Saisnes, ou de les obliger à lever le siége de Vendebieres.

Que faisait cependant le roi Artus ? Il avait, d’après le conseil de Merlin, quitté sa ville de Logres, et, dans la compagnie des rois Ban et Bohor, il était allé, comme simple chevalier d’aventure, demander des soudées au roi de Carmelide Leodagan, que pressait alors vivement le terrible roi Rion de l’Ile-aux-Géants et de la Terre-aux-Pâtres. L’Ile-aux-Géants, c’est le Danemark, et la Terre-aux-Pasteurs est l’Islande ou la Norwége. Rion, après avoir obligé vingt-neuf rois à lui sacrifier leur barbe dont il avait fourré son manteau royal, tenait à raser le menton de Leodagan, et c’est pour obtenir cette glorieuse toison qu’il avait envahi la Carmelide. À l’exemple du romancier, nous laisserons ici le roi Artus et le roi de Carmelide, pour nous occuper de ses jeunes neveux, appelés, pour la première fois, à paraître sur la scène qu’ils rempliront plus tard de l’éclatante renommée de leurs aventures.

Nous avons dit que le roi Nautre de Garlot avait épousé une des soeurs consanguines d’Artus. Cette dame se nommait Blasine, fille d’Ygierne et du duc Hoel de Tintagel. De leur mariage était né le gentil Galeschin, qui touchait alors à sa seizième année et devait figurer un jour parmi les deux cent cinquante compagnons de la Table ronde. Un beau matin, Galeschin s’en va dire à sa mère : « Belle mère, n’êtes-vous pas fille de la duchesse de Tintagel et sœur de ce roi Artus qui vient de mettre en fuite les onze rois, avec un petit nombre de gens d’armes ? » Blasine répondit en pleurant : « Assurément, beau doux fils ; le roi Artus est votre oncle et mon frère : il est même de la proche parenté de votre père, le roi Nautre, comme je l’ai souvent entendu dire à votre aïeule, la reine Ygierne. — S’il est ainsi, reprit Galeschin, je ferai tant que mon oncle Artus me ceindra lui-même l’épée de chevalier, et j’entends ne jamais me départir de sa compagnie. » Cela dit, l’enfant retourne à sa chambre, mande un messager et le charge d’aller prier de sa part Gauvenet, le fils aîné du roi Loth, de se trouver, le troisième jour de la semaine de Pâques, à la Neuve-Ferté, dans la forêt de Bredigan [4], où il viendra de son côté pour lui parler d’une importante affaire.

Vous savez aussi déjà que le roi Loth avait quatre fils, sans compter Mordret, dont le véritable père vous est également connu. Ces quatre fils, on les nommait Gauvain, Agravain, Guirre et Gaheriet. Un jour revenait de la chasse le jeune Gauvenet, vêtu d’une robe de fort bureau, telle qu’écuyer pouvait la porter en hiver : il conduisait en laisse deux levriers et était suivi de deux brachets. Gauvenet était beau et de haute taille. Écoutez le don qu’il avait reçu en naissant : il se levait un des bons chevaliers du monde ; à six heures sa force doublait, elle quadruplait à neuf heures ; quand sonnait midi, il revenait tel qu’il s’était levé, pour voir ses forces doubler à nones, et redoubler à vêpres, jusqu’au milieu de la nuit. Telle était la nature de Gauvenet.

Sa mère était assise près d’une cheminée devant un grand feu : elle songeait tristement aux barons qui refusaient de reconnaître le roi Artus, à l’invasion des Saisnes, au danger que la terre de Bretagne courait d’être à jamais asservie aux mécréans. Gauvenet, voyant les larmes qui couvraient le visage de sa mère : « Belle mère, » lui dit-il, « pourquoi pleurez-vous ainsi ? – N’en ai-je pas, » reprit la dame, « grand sujet ? Je vous vois le temps user en folie, quand vous devriez être déjà chevaliers et porter les armes à la cour de votre oncle, le roi Artus. Vous ménageriez ainsi la paix entre votre père et votre oncle ; car n’est-ce pas aux barons grand orgueil et grand tort de refuser de reconnaître Artus, pour continuer une guerre que le Seigneur Dieu désapprouve, comme il est aisé de le voir aux malheurs qui en sont venus ? Pendant qu’ils se laissent vaincre par Artus, les Saisnes entrent dans leurs terres et mettent tout en charbon. Et vous, au lieu de chercher à les accorder, perdez votre temps à courre les lièvres dans la plaine.

« – Comment, belle mère, » reprend Gauvain, « est-il vrai que le roi Artus soit votre frère et notre oncle ? – N’en doutez pas, beau fils. » Et tout de suite elle raconte comment Artus fut conçu, nourri chez Antor, reconnu par Merlin, par Ulfin, par l’archevêque ; comment il accomplit l’épreuve du perron. « Puisqu’il est ainsi, » dit Gauvain, « ne pleurez plus, belle mère ; par la foi que je vous dois, je n’aurai de heaume en tête et d’épée au flanc sinon de la main du roi Artus. Je veux aller à Logres avec mes frères, pour recevoir de lui mes armes et lui porter aide envers et contre tous ceux qui le voudraient abaisser. — Ce n’est pas moi, beau fils, qui vous en détournerai, car mon seul espoir est dans le bon accord du roi mon époux et du roi mon frère. »

Alors entrèrent dans la salle Agravain, Guirre et Gaheriet. La reine leur raconta son entretien avec Gauvenet : « Certes, beau frère, dit Agravain, vous devez avoir ici le premier blâme ; vous êtes notre aîné, c’était à vous de nous présenter à la cour du roi Artus, au lieu de nous conduire à la chasse. Ne nous laissons pas prendre au piége comme les petits oiseaux : les Saisnes sont à une journée d’ici ; comment les chasser de nos terres sans l’aide du roi Artus ? Gauvain ne blâma pas son frère de parler ainsi. « Il n’y a plus, » dit-ii, « qu’à nous préparer ; nous partirons à quinze jours d’ici. — Ne vous embarrassez de rien, beaux enfants, » dit la mère, « je disposerai vos armes et vos chevaux ; vous n’aurez qu’à monter et mouvoir, en la garde et protection du seigneur Dieu. »

Le lendemain de cette grande résolution, Gauvenet reçut le message de son cousin Galeschin lui assignant un rendez-vous à la Neuve-Ferté, dans la forêt de Brédigan. Gauvenet répondit à cet appel, et le troisième jour de la semaine de Pâques, les quatre frères se trouvèrent à la place indiquée. « Beau cousin, » dit Gauvenet à Galeschin, « je n’ai pas voulu manquer à ce que vous désiriez ; cependant j’avais en pensée un autre voyage que j’ai le plus grand désir d’accomplir. — Sire, » dit Galeschin, « où voulez-vous donc aller ? — Je veux, » dit Gauvenet, « aller servir le plus preux, le plus large, le plus franc, le plus doux et le plus prisé de tous les chevaliers du monde. — Oh ! oh ! » reprit Galeschin, « dites-nous le nom de ce chevalier ; par aventure est-il celui dont j’allais vous parler ? — Son nom, » dit Gauvenet, » n’est pas de ceux qu’on craint de prononcer devant prud’hommes ? C’est monseigneur Artus, notre oncle, auquel les barons de cette terre font une si mauvaise querelle. Et sachez que je ne porterai jamais autre épée que celle que je tiendrai de lui. » À ces mots Galeschin court à Gauvenet les bras ouverts : « Le parlement, » dit-il, « que je vous avais demandé n’était à autre fin que de chercher ensemble comment nous pourrions aller trouver le roi Artus et lui demander des armes. » Les enfants, après s’être joyeusement séparés, firent tant, chacun de leur côté, qu’ils parvinrent à réunir sept cents écuyers avec lesquels ils se mirent en marche et arrivèrent sur les terres que les Saisnes commençaient à ravager. À l’entrée du royaume de Logres, ils croisèrent un convoi de provisions que trois mille mécréants conduisaient à la Roche aux Saisnes vers Arondel. Leur parti fut bientôt pris : ils résolurent de mourir ou de reprendre la proie. « Or paraîtra, » dit Gauvenet, « qui preux sera, car nous sommes dans notre héritage, et nous défendons notre droit contre ceux qui gâtent et pillent ce qui est nôtre. »

Les trois mille Saisnes ne résistèrent pas à la furie des sept cents écuyers. Gauvenet, armé d’une hache, car il n’avait pas encore le droit de porter épée, répandit partout devant lui la terreur. Les Saisnes furent tous tués, sauf quelques fuyards qui portèrent au camp la nouvelle du désastre : aussitôt les païens s’armèrent et accoururent sur le champ de bataille ; ce fut pour compléter le triomphe des cinq jouvenceaux. Le récit de ce double combat prend dans le roman tout le développement que méritait le premier exploit de Gauvain, présage de tout ce qu’on devait attendre par la suite de lui, de ses frères et de leur cousin Galeschin. Les citoyens de Logres, survenus à temps pour achever îa déroute des Saisnes, ramenèrent les enfants en triomphe ; et Gauvenet, ne trouvant pas dans la ville le roi Artus, qu’ils y venaient chercher, pensa que le mieux était d’y séjourner pour la mettre à l’abri de toute entreprise et harceler les Saisnes répandus dans la campagne.

Pendant ce temps, un autre neveu d’Artus prenait une résolution pareille à celle de ses cousins. C’était Je jeune Yvain, fils aîné du roi Urien et d’Hermesant, autre sœur du roi Artus. Yvain avait un frère, bon chevalier, mais plus orgueilleux et moins prud’homme ; il se nommait Meleagant, et le livre de Lancelot en parlera longuement. Le roi, leur père, en tenant la campagne contre les Saisnes, les avait chargés de défendre la ville de Sorhaus, de concert avec un autre Yvain surnommé l’avoutre, que le roi Urien avait engendré de la femme de son sénéchal. Cette dame avait été de grande beauté : tel avait été l’amour du roi pour elle qu’il était demeuré cinq ans séparé de la reine sa femme et que, pour l’obliger à la reprendre, la terre avait été mise en interdit. Il lui fallut donc abandonner la femme de son sénéchal ; mais il ne perdit pas de vue l’enfant qu’elle avait mis au monde, et, le voyant croître en valeur et beauté, il l’avait fait nourrir avec son fils aîné, et lui avait donné de bonnes terres, desservies par une nombreuse mesnie. Pour le premier Yvain, qu’on distinguait de son frère avoutre ou bâtard, par le surnom de Grand, il était de beauté et déjà de force merveilleuses : dès qu’il avait entendu parler des prouesses de son oncle Artus, il avait refusé de prendre des armes de la main de son père et de tout autre, et souvent il lui arrivait de dire à son frère Yvonet l’avoutre qu’il ne porterait jamais d’épée s’il ne la tenait d’Artus. Les nouvelles arrivèrent alors de la chevauchée de Gauvenet avec ses frères et Galeschin ; de la proie qu’ils avaient enlevée aux Saisnes et de leur séjour dans la ville de Logres. Yvonet le grand alla trouver aussitôt la reine Hermesant « Belle mère, » dit-il, « voilà mes cousins qui sont allés à la cour du roi Artus pour demander des soudées. S’il vous plaisait, je suivrais leur exemple et tâcherais de les rejoindre. Vous savez que mon père s’est engagé à donner la terre qui venait de lui à son neveu Baudemagus ; celle que vous lui avez apportée en mariage doit me revenir : laissez-moi je vous prie, belle mère, joindre mes cousins, et tenter comme eux de combattre les mortels ennemis que nous ne pouvons espérer de chasser sans l’aide du roi Artus. Mais quoi qu’il puisse arriver, belle mère, je ne ferai rien contre votre volonté et s’il vous en pèse. »

La dame, en entendant ainsi parler son fils, ne put retenir ses larmes de tendresse et de joie. « Cher Yvonet, beau fils, » dit-elle, « où avez-vous pris le cœur et la volonté de me délaisser, pour un homme que vous ne connaissez pas ? — Ah mère ! tout ce qu’en disent les prud’hommes m’avait déja averti que le roi Artus est votre frère et mon oncle ; je serais donc bien avili si je restais dans une terre où je ne puis tenter la moindre prouesse, quand mes cousins combattent les Saisnes et défendent la terre de Logres. — Eh bien, je consens à votre depart ; mais agissez secrètement, et que votre père n’en sache rien. « Avisez à vous procurer des compagnons ; et je me chargerai de vos robes, de vos chevaux, de vos armes et des deniers dont vous pourrez avoir besoin. — Grand merci, belle mère ! » fit Yvonet ; sans perdre temps il s’en va trouver Yvonet l’avoutre et le voit heureux de l’accompagner. Le départ est remis à huitaine, et cependant ils réunissent trois cents écuyers disposés à former leur mesnie. Le jour venu, ils se lèvent après le premier somme, à l’heure de minuit, et se mettent à la voie dans la direction de Logres où nous ne tarderons pas à les retrouver.

On ne manquera pas de remarquer ici que tous nos jonvenceaux sont inspirés de l’âme et du cœur de leurs mères ; que celles-ci ont la souveraine influence sur leurs résolutions. Il est vrai qu’elles sont les sœurs d’Artus, quand même un secret lien plus puissant ne les attache pas à lui. Mais il n’en faut pas moins reconnaître la part d’influence que les femmes avaient alors dans leur maison et sur leurs enfants. Quant à l’histoire du sénéchal du roi Urien et de la mère d’Yvonet l’avoutre, c’est apparemment une sorte de variante du lai primitif qui sera bientôt développé, en faveur de la sénéchale de Carmelide et de sa fille, la seconde Genievre.

Un autre jouvenceau destiné à d’aussi grandes aventures se mettait dans le même temps en chemin pour obtenir d’Artus l’adoubement de chevalerie. C’était l’héritier de l’empire de Constantinople, le petit-fils de l’empereur Adrian, dont il devait recueillir le grand héritage. Adrian n’avait eu que deux filles : l’une, épouse du roi Brangore, l’autre, veuve d’un roi de Hongrie et de Valachie, qui lui avait laissé un fils d’excellente beauté et de grand cœur. Sagremor, ainsi l’appelait-on, ayant entendu parler de l’avénement, de l’élection et des premières victoires d’Artus, s’était dit que, si un tel prince lui donnait ses armes, il le rendrait nécessairement plus preux, plus loyal et plus hardi. Dès lors, sourd à toutes les instances de son aïeul, l’empereur Adrian, il avait déclaré vouloir passer la mer, aborder en Grande-Bretagne et recevoir l’accolade de la main du roi Artus. Il fallut céder : une nef de grande richesse fut équipée, l’enfant Sagremor prit congé de la reine sa mère et de l’empereur. Après une traversée favorable, il atteignit le rivage breton au moment où Galeschin, Gauvain et ses frères faisaient leurs premières armes contre les Saisnes, ainsi que nous venons de le raconter. Nous les laisserons les uns à la descente du vaisseau, les autres dans les hôtels de la ville de Logres, jusqu’à ce que l’occasion se présente de les remettre en scène. Passons en Carmelide, où viennent d’arriver trois écuyers dont personne ne devine le nom ni le rang, et qui ne sont rien moins que les trois rois Artus de Logres, Ban de Benoyc, et Bohor de Gannes.



  1. Les Saisnes ou Saxons étaient conduits par les rois Brangore, Morgan et Hardibran ou Hargodabran, anciens vassaux de Hengist.
  2. Il est impossible de ne pas voir dans ces indications si confuses des lieux une nouvelle preuve des remaniements qui ont entièrement fait perdre la trace de ces localités. Comment Loth, est-il en même temps roi d’Orcanie, de Léonois et d’une partie de Cornouaille ; comment dans la Cornouaille une ville de Nantes en Bretagne ? Il faut renoncer à démêler ces écheveaux, et se contenter de répéter que les légendes de l’Armorique croisent constamment dans nos récits celles de l’île de Bretagne.
  3. Au folio 112, Vendebieres est en Cornouaille, ce qui ne s’accorde guère avec les distances assignées.
  4. Le manuscrit 747, f° 107 v°, écrit Broceliande ; c’est peut-être une erreur, ou plutôt une suite de la confusion des traditions gallo-bretonnes et armorico-bretonnes.