Les délices du Pais de Liége/Idée générale

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LES DÉLICES
DU PAYS
DE LIÉGE.

IDÉE GÉNÉRALE DU PAYS DE LIÉGE.



Le Païs de Liège eſt très-heureuſement ſitué. Il eſt borné à l’Orient par les Duchés de Juliers & de Limbourg ; au Midi par celui de Luxembourg & une partie du Hainaut ; au Couchant par le Brabant Autrichien & le Comté de Namur ; & au Septentrion par le Brabant Holandois.

Sa longueur du Midi au Septentrion eſt de quarante-cinq lieuës, ſur quinze de largeur, prenant de l’Orient à l’Occident.

La Sambre & la Meuſe ſont les deux principales Riviéres qui l’aroſent. Plusieurs autres moins considérables, ne contribuent pas peu à ſa fertilité.

L’on diroit que la Nature a pris plaisir à le favoriſer de ſes dons. Il eſt en éſet peu de Contrées, où l’on en trouve tant de réunis que dans celle-ci.

Les Mines de Cuivre, de Plomb, de Fer, & de Charbon, y ſont très-nombreuſes. L’on y voit une grande quantité de Carriéres de Pierres à bâtir : & celles de Marbre de toute eſpéce n’y ſont guéres moins communes.

L’on y trouve preſque par tout des Mineraux, entre autres de la Couperose & de l’Alun. L’excellence de ſes Eaux[1] eſt connuë de toutes les Nations.

La Terre y eſt extrêmement libérale en excellens Grains. Les Pâturages y sont gras & abondans.

Outre que la Bierre qui s’y ſait eſt meilleure qu’aucune qui se faſſe en Europe de l’aveu même des étrangers ; il y a plusieurs Vignobles qui produiſent du Vin dont la délicateſſe & la bonté ne cedent point aux vins médiocres de Bourgogne & de Champagne.

Prendre dans ſon ſein le Bois propre à la conſtruction des Edifices publics & particuliers, & celui qui eſt néceſſaire pour le chaufage ; n’eſt-ce pas un des grands avantages du plus heureux climat ? L’air y eſt tempéré & très-ſain : & on y voit rarement des maladies populaires & contagieuſes. Il eſt aiſé de conclure de la fertilité de ſes Campagnes, du grand nombre de ſes Forêts, de ſes Houblonniéres & de ſes Vignes, que le Gibier & la Volaille y doivent être d’un gout exquis.

L’ANCIEN ETAT DE CE PAYS.


LOrſque Jules Céſar entra dans les Gaules,[2] la Contrée qui porte aujourd’hui le nom de Païs de Liége, étoit habitée par des Gaulois diviſés en Cantons ou Quartiers, qui avoient chacun leur nom particulier : ils étoient connus ſous le nom collectiſ de Germaniens, qui dénotoit leur origine.[3]

Les Habitans du premier de ces Cantons étoient ſurnommés Eburons. Ceux du deuxiéme Aduaticiens.[4] Ceux du troiſiéme Condruſiens. Ceux du quatriéme Ambivarites. Ceux du cinquiéme Centrons. Ceux du ſixiéme Grudiens. Ceux du ſeptiéme Pémaniens. Ceux du huitiéme Segniens. Et ceux du neuviéme Toxandriens.

Ce Peuple, ſi l’on s’en raporte à Céſar qui le connoiſſoit parfaitement, vivoit à peu près, comme vivent dépuis près de deux Siécles, les Cantons Suiſſes. Il ne compoſoit qu’une ſeule, & même Nation, mais elle n’étoit pas toûjours intimement unie. Chaque Canton n’aiant qu’un nom, n’avoit auſſì qu’un Gouvernement. Ils cherchoient à empiéter l’un ſur l’autre, par un eſprit d’ambition, qui, auſſi ancien que le monde, y a toûjours cultivé l’envie de dominer.

Quelque méſintelligence avoit engagé les quartiers des Eburons, & des Aduaticiens, à prendre les armes l’un contre l’autre. Lequel des deux avoit donné lieu à la méſintelligence, c’eſt ce que n’aprend pas Céſar : & ce fait, il faut en convenir, eſt très-indiférent.

Il aprend ſeulement, & c’eſt aſſés pour mon ſujet, que le ſort des armes s’étoit déclaré en faveur des Aduaticiens ; que ceux-ci avoient fait les Eburons leurs tributaires ; & que pour s’aſſurer la preſtation annuelle du Tribut, ils avoient exigé des Otages, du nombre deſquels étoient le neveu & le fils d’Ambiorix, l’un des chefs des Eburons.

Céſar, qui dans le deſſein qu’il s’étoit formé de ſoumettre les Gaules à la République Romaine, s’étoit moins propoſé de les ſubjuguer par la force des Armes, que par artifice, & par adreſſe, avoit trouvé en y entrant, les choſes diſpoſées d’une maniére à favoriſer ſon projet.

Il y trouva éfectivement une multitude de Suiſſes, & de Germaniens, qui avoient ravagé une partie de ces riches Provinces, & qui continuoient d’en ravager, & piller quelques autres. Il ne laiſſa pas échaper une ocaſion ſi propre à ſignaler ſon courage, & à ſeconder ſon ambition.

Capitaine généreux, il prit avec chaleur la défenſe des oprimés ; tomba ſur les opreſſeurs ; tailla en piéces une partie des Barbares ; donna la chaſſe a ce qui en reſtoit, les força de retourner dans les Climats d’où ils étoient ſortis, & mit les Provinces qu’ils avoient déſolées ſous la protection des Romains.

Un procédé ſi magnanime en aparence, aquit à Céſar, l’estime, la confiance, le refpect, la vénération, & qui plus eſt, le cœur des Peuples, auxquels il venoit de rendre un ſervice ſi important.

Leur exemple fut un apas ſéducteur pour leurs voiſins. Ils n’atendirent point que Céſar leur ofrît l’amitié & la protection de la République Romaine ; ils ſe firent un honneur, & même un devoir de prévénir ſes généreuſes intentions ; de lui demander avec ſoumiſſion & reſpect, ce qu’il étoit diſpoſé à leur acorder & à leur ofrir avec politeſſe & avec empreſſement.

Ce bien imaginaire & idéal, ou plûtôt cette contagion réelle & éfective, gagna inſenſiblement de Province en Province, & fraïa au Conquérant ruſé un chemin aſſuré à la gloire, & & l’exécution de ſon projet[5] depuis le pied des Alpes, juſqu’aux Provinces voiſines du Rhin.

L’avantage que les habitans du quartier des Aduaticiens avoient eu ſur ceux du quartier des Eburons les aiant ſi fort enorgueillis, leur avoit perſuadé qu’étant vainqueurs de leurs voisins, ils étoient en état de s’opoſer aux progrès des armes des Romains, & de fixer l’Inconſtance, cette aveugle Divinité, qui s’étoit ſi ouvertement déclarée pour Céſar.

Dans cet flateuſe idée, ils refuſérent non ſeulement de fléchir le genoüil devant cette Idole, à laquelle preſque tous les autres Gaulois avoient prodigué leur encens ; mais ils rejetérent avec hauteur l’aliance du Peuple Romain, qui leur fut propoſée, & oferte de ſa part.

Il n’en faloit pas tant pour s’atirer la haine, & l’indignation d’un Général, dont les vûës ambitieuſes étoient ſecondées par la fortune ; il ſût ſe procurer par la force, ce qu’il n’avoit pu obtenir par l’artifice. Il assiégea les Aduaticiens : d’ami qu’il vouloit être, il fut bientót le vainqueur, & le maître abſolu de tous les habitans de ce Canton.

Céſar ne s’endormit pas ſur les Lauriers qu’il venoit de cuëillir avec tant de gloire ; & l’honneur flateur de cette victoire, ne l’empêcha pas d’en tirer de grands avantages.

Les ôtages des Eburons faiſoient partie des dépouilles des Aduaticiens. Le vainqueur les trouva dans les Fers, & leur aiant donné la liberté, il les renvoïa dans leur canton, qu’il déchargea du Tribut, dont ils étoient les cautions.

Cette double générosité produisit l’éſet qu’il s’étoit promis. Les Eburons acceptérent l’aliance du Peuple Romain. Céſar mit dans leur canton une partie de ſes Troupes, pour y paſſer le quartier d’hyver. Les deux Nations furent dès lors étroitement unies,[6] & les nœuds de cette union furent ſerrés par un nouveau bienfait de Céſar.

Une quantité prodigieuſe des Peuples de la Haute Germanie paſſa le Rhin, & ravagea tout le Païs qui est en deça de ce fleuve, juſqu’aux quartiers des Eburons & des Condruſiens.

Le Général Romain, qui avoit toûjours ſon objet préſent, atendit pour ſe déclarer, que ſes aliés fuſſent ménacés du mauvais traitement que leurs voisins venoient d’eſſuïer. Il agit alors avec la célérité & la bravoure, qui lui étoient naturelles. Il fondit ſur les Germaniens, les défit, força le petit nombre qui échapa au glaive, à repaſſer le Rhin, & ſe rendit par ce moïen, maître des cœurs de tous les Peuples qui habitoient le Continent, qui est entre ce fleuve & le Païs de Liége, c’est-à-dire, de toute la Baſſe Allemagne, qu’il mit comme ce Païs ſous la protection, & dans l’aliance du Peuple Romain.

La reconnoiſſance que ces nouveaux Aliés avoient pour leur bienfaiteur, ne les empêcha point d’ouvrir les yeux ſur leur état préſent, & de faire des réflexions ſur l’avenir.

La cohabitation des Romains leur devint ſuſpecte. Ils s’imaginérent que le vengeur de la liberté publique, pourroit en devenir le Tiran, & que Céſar n’avoit purgé les Gaules, de tous les Barbares, qui les avoient ravagées, que dans la vûë d’envahir la domination de tant de Provinces, dont il s’étoit déclaré le protecteur.

Sur les vives remontrances qui furent faites de ces choſes dans une assemblée générale, convoquée par les habitans du Païs de Tréves, il fut réſolu, que tous les cantons voiſins prendroient les armes contre Céſar, qui y fut déclaré l’ennemi commun.

Les Eburons impatiens de voir l’exécution de cette réſolution, qui étoit fort de leur goût, donnérent le premier ſignal de la révolte.

L’amour de la Patrie & de la liberté, fit oublier a Ambiorix un de leurs Cheſs, les obligations générales, & particuliéres, qu’il avoit à Ceſar, & lui fit former le deſſein d’exterminer une Cohorte, & cinq Legions Romaines, qui avoient leur camp dans ſon canton.

Cativulcus, un autre cheſ, s’opoſa vainement à cette entrepriſe. Il remontra inutilement la dificulté du ſuccès, & le péril évident, auquel on s’expoſoit, ſi l’événement n’étoit point conforme à l’atente. L’intrépidité d’Ambiorix fut plus éloquente, & plus perſuaſive que les diſcours de Cativulcus ; le Peuple prit les armes ſous les ordres d’Ambiorix, & alla aſſiéger les Romains dans leur camp.

Le Général Eburon trouva dans cette ataque plus de dificulté, qu’il n’avoit prévû ; mais comme il n’étoit pas moins politique que brave, il eut par ruſe ce qu’il n’auroit oſé ſe promettre par la force.

Il atira les Romains dans une embuſcade, les envelopa, en tua la plus grande partie, & ſorça l’autre, qui avoit précipitamment regagné le camp, à ſe défaire elle-même pendant la nuit ; enſorte que de neuf mille Romains, dont l’Armée étoit compoſée, il en échapa à peine quelques-uns, pour porter aux camps les plus voiſins la triste nouvelle du ſacagement de leur troupe.

Si les autres n’eurent pas le même ſort, ce ne fut pas la faute d’Ambiorix. Il ne négligea rien de tout ce qui pouvoit concourir à la pleine & entiére exécution de ce qu’il avoit ſi heureuſement commencé ; mais ſes bonnes intentions ne furent point ſecondées,[7]

A la premiére nouvelle de cette expédition, César, qui avoit pour ſes Troupes l’amour paternel le plus tendre, fut outré de douleur. Les ſentimens que la tendreſſe inſpire en pareils cas, lui peignirent Ambiorix comme un monſtre d’ingratitude & de perfidie. Il en jura la perte, & en meme tems celle de tous les habitans du canton des Eburons, dont il ſe propofa d’éfacer juſques au nom.[8]

Il vola comme un foudre du fond des Gaules, d’où il partoit pour l’Italie, vint fondre ſur ce Canton proſcrit, y mit tout à ſeu & à ſang, y apella des Barbares, pour glaner ce qui avoit pû échaper à la vigilance de ſes moiſſonneurs. Sa vengeance ne fut cependant qu’imparfaite ; ce qui en faiſoit le plus cher objet, échapa à ſa fureur. Malgré tous ſes ſoins, toutes ſes peines, le rival de ſa bravoure & de ſa politique fut conſervé. Ambiorix jugea à propos de ſe retirer.

Quelle fut la destinée de cet illuſtre Chef d’une Nation ſi valeureuſe ? l’Hiſtoire n’en dit rien ; mais elle a conſervé quelques faits, qui ſont dignes de l’atention du Lecteur.

Cativulus, contre l’avis duquel on avoit pris les armes, ne voulant pas ſurvivre à la ruine de ſon Païs, eut aſſés de foiblesse pour ſe détruire. À quel motif attribuer une action ſi lâche & ſi dénaturée ? Eſt-ce à l’amour propre ou à celui de la Patrie ? Belle & ample matiére pour les ſpéculatiſs. Je leur en laisse la déciſion.

La diſgrace d’Ambiorix, loin d’abatre ſon courage, ne ſervit qu’à le relever, & à laisser à la postérité un exemple de ce que peut l’homme ſur l’humanité, lorſqu’il est capable d’en ſurmonter les foiblesses.

La premiére atention de ce grand Capitaine, fut de dépêcher des Couriers à tous ſes Aliés, pour les inſtruire de ſon état, & de la ruine de ſon Païs, & pour les exciter en même tems à ſe précautionner contre les forces & les artifices d’un Etranger, dont les vûës butoient à la domination univerſelle.

Ce premier pas favoriſa inſenſiblement ſon objet principal, qui n’étoit autre que le ſoulévement général des Gaules, contre l’autorité Romaine : & ce que l’on ne peut trop admirer, & que l’on n’admirera jamais aſſés, ce ſecond Prométhée trouva le ſecret de ranimer les cendres de ſon Païs, & de fournir pour ſon contingent trois mille Eburons armés de toutes piéces.

Cette tentative & le ſoulévement général des Gaules ne ſervirent à la vérité qu’á faire éclater les deſſeins cachés de Céfar, qu’à rehauſſer ſa gloire, & à précipiter tant d’opulentes Provinces ſous le joug de la République Romaine ; mais ce ſuccès contraire aux vûës d’Ambiorix, doit-il moins le faire regarder comme un homme, qui dans le Cabinet & parmi les Armes ne céde en rien à Céſar ? A la fortune près, le paralelle paroit aſſés juſte.

Quoiqu’il en ſoit, l’Hiſtoire ne parle plus d’Ambiorix ni des Eburons ; de ſorte que le nom de la Nation s’eſt trouvé enſeveli, avec celui du plus grand Chef qu’elle eut eu juſqu’alors.

Que dans la crainte de ſauſſer ſon ſerment Céſar, en la rélation qu’il a donnée de ſes expéditions dans les Gaules, n’ait plus fait mention d’un Chef, & d’un Peuple, dont il avoit juré d’exterminer juſques au nom, & qu’il croïoit avoir réellement exterminé ; il n’y a rien en cela de ſurprenant ; mais il est étonnant que les Hiſtoriens, qui l’ont ſuivi, aient eu la même délicateſſe, ou pour parler plus juſte, qu’ils ſoient tombés dans la même erreur.

Ils n’ont fait ni les uns ni les autres la réflexion qui ſe préſente naturellement à l’eſprit ; ſavoir que Céſar immortaliſant dans ſes Commentaires, le nom du Peuple Romain, & le ſien, il a en même tems immortaliſé celui des Eburons, & celui d’Ambiorix leur Chef.

Tant que le monde ſubsistera, l’on ſaura en éſet, que les habitans de l’un des Cantons du Païs de Liége, gens qui n’avoient pour toute retraite que de miſérables chaumiéres, & pour tous Rempars que quelques Paliſſades formées de terre, & de branches d’arbres, ont eu aſſés d’amour pour la liberté & aſſés de courage pour ataquer neuf mille Romains retranchés dans un camp bien fortifié ; aſſés d’adreſſe pour les en faire ſortir, ne pouvant les y forcer ; & aſſés de valeur pour en paſſer la plus grande partie au fil de l’épée, & mettre le reſte en fuite.[9]

La poſtérité la plus réculée ſera inſtruite, qu’après la ruine totale des peuples de ce Canton, Ambiorix leur Chef fugitif & errant, dont le Conquérant des Gaules avoit mis la tête à prix, eut aſſés d’intrigue dans ſa retraite pour balancer pendant trois ans, la fortune & la gloire du plus grand Capitaine qu’ait eu la République Romaine ; & aſſés de prudence pour ſe ſouſtraire au ſort, que le vainqueur d’une infinité de Nations, le Fondateur de l’Empire Romain ne ſût point éviter.

Le ſort du Canton des Eburons, & des autres Cantons du Païs Liégeois, dont, depuis la conquête des Gaules, l’Hiſtoire ne parle plus que ſous le nom générique d’Aduaticiens ou Tongrois, fut le même que celui de toutes les autres Provinces de ce vaſte Continent.

Tous les Peuples ſubjugués, vêquirent ſous la domination & la loi des vainqueurs : ils ne changérent d’État & de Maître, que lorſque l’Empire Romain, changea de face, enſorte que les Gaules furent ſoumiſes près de ſix ſiécles, à la domination Romaine.

  1. Entre autres celles de Spa, & celles de Chau-Fontaine. En parlant de ces lieux je décrirai les propriétés & les vertus de leurs Eaux.
  2. Ce fut l’an de la Création du monde 3996. de la fondation de Rome le 696. ôt le 57. avant la Naiſſance de J. C.
  3. J’ai ſuivi le P. Foullon. Céfar ne comprend ſous le nom de Germaniens, que les Condruſiens, les Eburons, les Céréſiens & les Pémaniens.
  4. Ce Peuple habitoit une Contrée qui étoit à l’extrémité de celle des Eburons, au Midi, & qui joignoit celle des Nerviens.
  5. Juſqu’aux Nerviens, Peuples qui habitoient la Contrée, qu’on appelle aujourd’hui le Hainaut.
  6. Primâ luce ſic ex caſtris proſiciſcuntur (Romani) ut quibus eſſet perſuaſum non ab hoſte, ſed ab homine amiciſſimo Ambiorige conſilium datum :
  7. Hâc victoriâ ſublatus Ambiorix, ſtatim cum equitatu in Attuaùticos… proficiſcitur… Attuaticiſque concitatis, poſtero die in Nervios pervenit, hortaturque… facilè hâc oratione Nerviis perſuadet… quàm maximas manus poſſunt cogunt.
  8. V. Suetone en la vie de Céſar n. 25. 58. & 67.
  9. Alii œgrè ad noctem oppugnationem ſuſtinent. Noctu ad unum omnes, deſperatâ ſalute, ſeipſi interficiunt.