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Lettre du 12 février 1676 (Sévigné)

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502. — DE LA PETITE PERSONNE[1], SOUS LA DICTÉE DE MADAME DE SÉVIGNÉ, À MADAME DE GRIGNAN.
Aux Rochers, mercredi 12e février.

Ma fille, il n’est plus question de moi, je me porte bien, c’est-à-dire autant que l’on se porte bien de la queue d’un rhumatisme ; car ces enflures s’en vont si lentement, que l’on perdroit fort bien patience, si l’on ne sortoit d’un état qui fait trouver celui-là fort heureux. Est-il vrai que le chevalier de Grignan se soit trouvé 1676depuis dans le même embarras ? Je ne comprends point ce qu’un petit glorieux peut faire d’un mal qui commence d’abord à vous soumettre, pieds et poings liés, à son empire. On dit aussi que le cardinal de Bouillon n’est pas exempt de cette petite humiliation. Oh, le bon mal ! et que c’est bien fait de le voir un peu jeté parmi les courtisans ! Mon fils est allé à Vitré pour une affaire : c’est pourquoi je donne sa charge de secrétaire à une petite personne dont je vous ai souvent parlé, et qui vous prie de trouver bon qu’elle vous baise respectueusement les mains. Hélène sera ici dans quatre jours : j’ai compris que je ne pourrois m’en passer, voyant bien que mon fils me va ôter Larmechin. Il y a tant d’incommodité dans la santé qui suit la guérison d’un rhumatisme, qu’on ne sauroit se passer d’être bien servie.

Voilà une lettre que la bonne princesse vient de m’envoyer pour vous : savez-vous bien que je suis touchée de l’extrême politesse et de la tendre amitié qu’il y a dans ce procédé ? Je ne suis pas en peine de la façon dont vous y ferez réponse.



  1. LETTRE 502. — Voyez la lettre des 15 et 25 décembre et du 12 janvier précédents, p. 283, 296 et 334.