Lettres persanes/Lettre 148

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Texte établi par André Lefèvre, A. Lemerre (p. 144).

Lettre 148

Usbek au premier eunuque, au sérail d’Ispahan.

Recevez par cette lettre un pouvoir sans bornes sur tout le sérail : commandez avec autant d’autorité que moi-même. Que la crainte et la terreur marchent avec vous ; courez d’appartements en appartements porter les punitions et les châtiments. Que tout vive dans la consternation ; que tout fonde en larmes devant vous. Interrogez tout le sérail ; commencez par les esclaves. N’épargnez pas mon amour : que tout subisse votre tribunal redoutable. Mettez au jour les secrets les plus cachés. Purifiez ce lieu infâme, et faites-y rentrer la vertu bannie : car, dès ce moment, je mets sur votre tête les moindres fautes qui se commettront. Je soupçonne Zélis d’être celle à qui la lettre que vous avez surprise s’adressait. Examinez cela avec des yeux de lynx.


De***, le 11 de la lune de Zilhagé 1718.