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Loin de Paris/12

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Michel Lévy frères, 1865 (pp. 267-282)



CE

QU’ON PEUT VOIR EN SIX JOURS

________

I

LE LAC DE NEUCHÂTEL

Le Français — le Parisien surtout — est si naturellement casanier, qu’il lui faut un prétexte à peu près raisonnable pour partir, comme si le voyage n’était pas à lui seul un but ! Personne n’ose dire : « Je m’en vais afin d’être ailleurs, de ne plus voir les mêmes rues, les mêmes maisons, les mêmes figures. Le lieu où j’irai m’est indifférent, pourvu qu’il soit autre ; mon existence ordinaire m’ennuie comme un drame à salon et à tapis, et il serait temps de changer de décor. » Nous même, bien que nous y mettions plus de franchise, nous avons tâché de motiver à nos propres yeux notre départ soudain, en nous disant qu’on annonçait pour le 23 ou le 24 une exposition de l’industrie à la Haye, et qu’une exposition de l’industrie à la Haye (en hollandais S’gravenhaag) devait être bien curieuse.

Tout chemin mène à Rome : le dicton est vrai de toute autre ville quelconque, et notre itinéraire le prouve victorieusement. Nous aurions voulu rejoindre notre ami About en Italie, que nous n’eussions pas pris une autre route. Seulement, à Dijon, nous laissâmes le convoi filer vers Lyon et la Méditerranée, et, par l’embranchement de Dôle, nous arrivâmes à Salins le soir du même jour.

On s’habitue si vite à ce qui est, qu’en ce siècle de chemins de fer une diligence semble un mastodonte de la carrosserie, un engin de locomotion perdu et retrouvé par hasard sous quelque hangar tertiaire. À la faible clarté du ciel nocturne et aux rayons vacillants de quelques lanternes, nous regardions avec un œil de naturaliste le monstre antédiluvien qui devait nous emporter de Salins à Neuchâtel ; sa structure excitait notre étonnement et nous en faisions l’anatomie comparée. On nous établit d’une façon assez confortable dans une sorte de coupé à trois pans très-bien disposé pour voir, et l’on accrocha à la machine cinq ou six chevaux de poste. — Des chevaux de poste ! il n’y en aura bientôt plus, et, dans quelques années d’ici, lorsque le réseau des voies ferrées aura rejoint ses mailles, on montrera le dernier de la race comme, à Venise, dans l’île de Murano, on montrait un cheval pour de l’argent.

Nous ne regrettons pas la disparition successive des diligences, et nous n’avons pas envie de blasphémer la sainte vapeur ; cependant ces rondes croupes de chevaux à la queue nouée, ces sonneries de grelots, ces claquements de fouet, ces bruits de ferraille, et, dans les nuits fraîches, cette fumée de sueur et d’haleine enveloppant l’attelage en marche, avaient quelque chose de pittoresque, d’animé, de vivant qui n’était pas désagréable. Mais, aujourd’hui, Rossini seul voyage obstinément avec des chevaux, et ne veut point se fier aux hippogriffes d’acier et de cuivre fabriqués par Crampton.

Les premières ondulations des montagnes lointaines multipliaient les montées et les descentes et nécessitaient des relais rapprochés, quelquefois des renforts. Comme il faisait nuit, à peine était-il possible de distinguer à droite et à gauche quelques vagues silhouettes d’escarpements et de collines ; mais, quand on eut dépassé Pontarlier, l’aube frissonnante et pâle se leva dans un ciel froid, grisâtre et brouillé ; des lignes de terrains sombres et dénudés se dessinèrent sur l’horizon blafard. La nature souvent semble éprouver ce malaise du matin connu des travailleurs ou des viveurs nocturnes ; elle a besoin d’étirer ses membres roidis et glacés, d’essuyer ses yeux lourds de sommeil, et de secouer l’épouvante des heures noires ; la vie ne lui revient pas subitement.

L’élévation du lieu refroidissait sensiblement la température ; le vent qui nous arrivait après s’être roulé sur la neige des Alpes rougissait notre figure penchée à la portière. Tout en grelottant, nous nous demandions pourquoi les gens qui furent toujours vertueux aimaient à voir lever l’aurore, et nous avouons n’avoir pas trouvé de réponse satisfaisante à cette question.

Il faisait complétement jour, quoique le soleil n’eût pas encore ôté son bonnet de nuages, quand la diligence arriva aux Bayards, le premier village suisse. On sentait déjà qu’on n’était plus en France ni en pays catholique ; de légères différences de formes, difficiles à faire comprendre par des mots, avertissent les regards les moins attentifs qu’on passe d’une contrée à une autre. Il y a dans les moindres détails quelque chose de net, de propre, de soigné et de méthodique en même temps qui révèle une population protestante.

À partir des Bayards, la route devient très-pittoresque. Elle côtoie, par des pentes habilement ménagées, la montagne qui forme une des parois du val Travers, au fond duquel bouillonne et court la Reuse. Ce torrent, avec son petit air d’indépendance et de fougue, ses détours et ses cascatelles, n’en travaille pas moins comme un bon ouvrier ; ses eaux écumeuses font tourner les roues de moulins et de scieries, sans rien perdre en apparence de leur liberté sauvage. Rien n’est charmant, d’ailleurs, comme ces fabriques vues de haut avec leur grand toit, leur bouquet de verdure et le feston de mousse blanche dont elles brodent le cours rapide de la rivière.

Sur la paroi opposée du vallon, la montagne se marbrait de larges taches d’un bleu noirâtre qu’on eût prises volontiers pour des plaques de mousse, et qui étaient des bois de sapins énormes. Dans les régions plus basses, au feuillage sombre des sapins se mêlaient des touches d’un vert plus tendre, décelant des arbres à feuillage annuel qui ne dépassent pas une certaine élévation.

Nous ne ferons pas une description particulière des Verrières, de Moitiers, de Couvet, traversés au trot de la diligence ; mais nous pouvons dire le sentiment de surprise que nous avons éprouvé à rencontrer dans cette gorge solitaire des groupes d’habitations humaines si riches, si élégantes, si confortables, si bien tenues, et, chose rare, d’une construction originale. Les toits de ces maisons et souvent les étages supérieurs sont couverts de petites tuiles rondes de bois imbriquées et papelonnées comme des écailles de carpes, tandis que le rez-de-chaussée se revêt de carrés de bois simulant la pierre et taillés en pointe de diamant ; aux arêtes des toitures scintillent des chaperons en fer-blanc d’un vif éclat métallique. Les chambranles des croisées et des portes sont rechampis d’un blanc qui tranche sur les couleurs vives des murailles, et, derrière les vitres, la mousseline suisse étale ses larges ramages. Chaque maison a son jardin rempli de fleurs et ombragé de marronniers aux thyrses roses. La Reuse, ou d’autres ruisseaux qui s’y rendent, traverse tout cela, apportant la fraîcheur et l’animation que l’eau donne au paysage, toujours incomplet sans elle. C’est l’horlogerie qui a fait, dit-on, les loisirs et l’opulence de ces bourgs charmants, où il semble qu’on serait heureux de vivre, sans être obligé toutefois de denticuler des roues de montre.

Tout en rampant sur le flanc escarpé du vallon, nous rencontrions de temps à autre le chemin de fer qui doit rejoindre Verrières à Neuchâtel, en train de se frayer une route à travers des obstacles que, dans tout autre siècle que le nôtre, on eût jugés insurmontables ; tantôt c’était un remblai en quartiers de granit, tantôt une arche enjambant un torrent, ou bien la bouche noire d’un tunnel trouant une montagne. Quels immenses travaux pour obtenir l’horizontalité indispensable au railway ! C’est un spectacle vraiment touchant que de voir ce pauvre animalcule humain, vermine parasite d’une planète, se donner tant de peine dans le but de secouer


L’antique pesanteur à tout objet pendante.


Et pourtant, par rapport à l’énormité du globe, cette tranchée colossale pour l’homme n’équivaut pas à une égratignure faite avec la plus fine aiguille anglaise sur la peau d’une orange. Les montagnes elles-mêmes ne sont que les rugosités de l’épiderme terrestre.

Malgré ces réflexions, le chemin de fer n’en est pas moins une invention admirable qui sera dans l’avenir l’honneur éternel de notre siècle. Faire courir une locomotive à travers ce chaos de rochers et d’abîmes est une entreprise de Titans ! La route carrossable elle-même ne les franchit qu’à force de pentes, de montées, de zigzags, et encore, à un endroit, est-elle obligée de forer la roche et de passer sous une arcade. Que diront les aigles et les chamois quand ils verront filer un convoi, aigrette de vapeur au front, dans leurs solitudes prétendues inaccessibles ?

Parmi les alternatives de pluie et de soleil, nous avancions toujours, et bientôt, dans le fond d’une espèce de V gigantesque dessiné par les pentes des deux montagnes formant le col de la vallée, apparut au loin le lac de Neuchâtel, miroitant à travers la vapeur avec des teintes de plomb et de vif-argent.

Cette révélation subite, au tournant d’une route, d’une mer ou d’un lac, produit toujours un grand effet. Ici, les deux pans de montagnes formaient par leurs tons sombres d’admirables coulisses à la perspective.

En débouchant de la vallée après Rochefort, la diligence traverse Boudry et longe le lac jusqu’à Neuchâtel, entre de charmantes villas enfouies dans des massifs de rhododendrons et de marronniers roses. — Neuchâtel s’avance vers le lac sur une espèce de promontoire dans une situation admirable ; l’aspect général de la ville est heureux et gai. Les fraîches verdures s’y mêlent dans une agréable proportion aux façades blanchies à l’italienne ou écaillées à la suisse.

À la descente de la diligence nous attendait un ami qui s’est retiré du tourbillon parisien pour se bâtir, au bord du lac de Neuchâtel, une retraite philosophique où nous avions promis de lui rendre visite. Nous voilà tout aussitôt reparti sur un léger phaéton ; car la maison de notre camarade, située à quelque distance de la ville, baigne son pied dans le lac même, et il nous fallait rétrograder au delà de Boudry jusqu’à Bevaux pour descendre vers la rive. Nous nous croisions souvent avec ces petites voitures bizarres, particulières à la Suisse, espèces de chaises à porteurs placées de côté sur quatre roues. Quand on fait face au point de vue, rien de plus commode ; mais on a quelquefois devant le nez une montagne se dressant à pic comme une muraille.

La nature, qui n’est pas soumise à la critique comme la peinture et n’a pas besoin de paraître vraisemblable, se permet parfois de singuliers tableaux. En voici un qu’elle s’était amusée à colorier, ce jour-là, des plus étranges tons de sa palette. Un aquarelliste anglais n’eût pas osé les risquer, et cependant l’exposition des painters of water’s colours montre que les artistes britanniques ne sont pas timides.

Le premier plan se composait d’une large et longue bande de colza en fleur, d’un jaune de soufre ou de chrome aussi éclatant, aussi vif, aussi aveuglant que Colcomb peut le fournir en trochiste ou en vessie ; cette lisière d’or, par l’inclinaison du terrain qui se dérobait, tranchait nettement sur l’eau du lac, sans rupture de ton, sans demi-teinte intermédiaire. Un bleu de ciel vert exactement pareil à celui de la turquoise, teignait toute la région du lac, sur laquelle se détachait la plate-bande de colza ; puis ce bleu allait s’assombrissant et prenait des nuances de burgau ou de plat arabe à vernis métallique. Plus loin, l’eau presque noire ressemblait à de l’ardoise. Un filet de lumière égratignée rayait transversalement cette partie mate, et de petits flots y produisaient par leur clapotis quelques points diamantés. Au delà de cette zone, le lac était violet, lilas, fumée de pipe. La rive opposée se distinguait à peine ; par-dessus la mince ligne du bord, à travers les brumes du lointain mêlées et confondues avec les nuages, les Alpes suisses se glaçaient de brusques touches d’argent. Plus haut, dans un ciel haché de pluie et de rayons, flottaient des archipels de nuées semblables à des œufs à la neige par le côté voisin du bleu, et comme pochées d’encre vers l’horizon.

Un petit bateau à vapeur, son panache de fumée rabattu par le vent, pataugeait dans la bande éclairée comme une fourmi tombée sur du mercure.

Pendant que nous notions dans notre cervelle cette gamme de tons à désorienter tous les coloristes, car jamais on n’a fait un premier plan jaune serin, la voiture, quittant la route, nous menait par un petit chemin de traverse à l’ermitage de notre ami.

Figurez-vous une maison très-simple, à toit de tuiles, à murailles blanches, à fenêtres tournées vers le lac, se composant d’un rez-de-chaussée et d’un étage, avec un hangar pour le bûcher et une cabane de bois pour les filets ou engins de pêche. Ce n’est point le cottage prétentieux d’un philistin enrichi, c’est la retraite d’un jeune homme d’esprit, qui, après avoir mené une grande existence, a reconnu combien il faut peu d’outils et de place pour vivre heureux ; cette science ne lui a guère coûté que deux ou trois millions. Ce n’est pas cher !

Une source limpide et claire bouillonne à deux pas et va se perdre dans le lac.

Trois barques d’une forme particulière, sans quille pour atterrir par les eaux basses, étaient échouées sur le rivage. Elles font partie de l’équipage de pêche de notre hôte, et sont graduées de force, selon le poids et la grandeur des filets dont on les charge ; elles se manœuvrent au moyen d’une pelle assez semblable à la pagaie des sauvages. — D’après cet outillage formidable, vous croyez peut-être que le repas qu’on nous offrit avec une cordialité charmante consistait en truites, saumons, anguilles, écrevisses et autres produits aquatiques. En aucune manière. On a pris du poisson une fois, du temps de Jésus-Christ, et ce phénomène s’est appelé la pêche miraculeuse. Raphaël n’a pas dédaigné d’en faire une composition magnifique, dont le carton se voit à Hampton-Court. En revanche, les côtelettes, le jambon et le filet de bœuf étaient excellents. Notre paradoxe : « Les poissons n’existent que dans l’Ichthyologie de M. de Lacépède », reçut une fois de plus une éclatante confirmation.

La rapidité extrême que nous imposait le peu de temps accordé à notre voyage nous fit repartir aussitôt pour Neuchâtel, où nous frétâmes une voiture, dont les chevaux, sous le fouet de notre compagnon de route, habitué à rouler vite, prirent une allure tout à fait inaccoutumée en Suisse. Il s’agissait d’être à Berne avant la nuit. La voiture était légère, le chemin pas trop montueux, le temps tout à fait tourné au beau, et nous courions la poste à travers des horizons splendides, comme au temps où il n’y avait pas de chemins de fer. À droite, miroitait le lac de Morat ; au-dessus, dans ce lointain des pays montagneux dont on ne peut calculer la distance, des crêtes et des pics noyés de vapeurs à la base ébauchaient leurs sommets glacés et leurs flancs striés de neige aux lueurs du couchant. Nous ne saurions mieux les comparer qu’à des gazes bleues chiffonnées et lamées d’argent où le paillon s’allume par place sous un rayon de lumière.

On ne devait relayer qu’une fois, et nous laissâmes souffler les chevaux à une grande auberge en forme de chalet, où l’on nous présenta sur un plateau de cette eau de merises (kirschenwasser) claire comme le diamant, froide comme la glace, et qui a un petit goût d’acide prussique ; c’est l’eau-de-vie locale.

Tout en s’extasiant sur la façon de conduire de notre compagnon, le maître de la voiture nous racontait ses petites affaires, et comme quoi il avait été guéri d’une maladie de foie par un empirique des plus singuliers. Cet empirique était un paysan du village de Lyss. Il demandait aux consultants leur nom, leur âge, et ne leur adressait, du reste, aucune question sur leur maladie. Cette formalité remplie, il ouvrait un volet de bois au fond de la chambre, donnant sur un verger, et regardait fixement la campagne. Après une contemplation muette, il se retournait vers le malade et lui dictait une ordonnance d’un effet infaillible ; souvent même, quoiqu’il ne l’eût jamais vu, il lui disait des particularités secrètes sur sa vie ou celle de ses proches. En ouvrant cette fenêtre, ce médecin d’une nouvelle espèce s’adressait-il à quelque esprit familier, invoquait-il les forces mystérieuses de la nature, priait-il seulement Dieu de lui donner l’intuition du mal et du remède ? C’est ce que nous ne saurions décider ; toujours est-il que ce guérisseur inspire une foi aveugle à sa clientèle. C’est peut-être là tout son secret.

Au train dont nous allions, nous eûmes bientôt gagné Aarberg, petite ville très-pittoresque sur l’Aar, où nous devions relayer. On y entre et on en sort par un pont couvert en charpentes enchevêtrées soutenant un long toit. La rivière, sur laquelle nous jetâmes les yeux à travers les madriers, emmenait à la dérive des pièces de bois flotté que le courant pousse jusqu’à un certain endroit où on les repêche. Chaque bûche est timbrée de la marque du propriétaire et le tri s’en fait aisément.

Au milieu de la place d’Aarberg, entourée de maisons dans le vieux style suisse, s’élève une sorte de hangar en grosses poutres surmonté d’un beffroi ; un char à bœufs y était remisé, et les pauvres bêtes, levant leurs mufles humides, poussaient de longs et doux beuglements, ennuyées d’attendre leur maître, buvant sans doute dans quelque cabaret. Les bœufs semblent avoir le rêve et la nostalgie, sentiment qui manque aux chevaux.

C’est sur cette même place d’Aarberg que nous vîmes pour la première fois le costume national faire son apparition. — Un costume caractéristique est si rare maintenant, que c’est pour le voyageur une joie enfantine d’en rencontrer ailleurs qu’à l’Opéra. Ce costume consiste en une robe noire ou bleu foncé, courte de taille, et découpée sur la gorge de manière à laisser paraître comme une plaque blanche la chemise plissée et bouffante. Le corsage se referme à la base du col et produit l’effet d’une cravate. Le vêtement des hommes consiste en une veste, un gilet et un pantalon d’une étoffe qu’on appelle mi-laine dans le pays, et qui ressemble tellement à de l’amadou, qu’on n’oserait pas battre le briquet près de ceux qui la portent. Notons encore un autre détail. En passant près d’un chalet, nous remarquâmes que le chien de garde était attaché à une longue chaîne glissant au moyen d’un anneau sur une corde fixée près du toit de la maison, dont il pouvait ainsi faire le tour sans avoir pourtant la liberté de s’éloigner. Cette précaution, nous dit notre loueur de voiture, était inspirée par la crainte des incendiaires.

Quoique notre second relais ne marchât pas si bien que le premier, nous arrivâmes à Berne au commencement de la nuit, en longeant un magnifique bois de sapins, dont les fûts filaient à travers l’ombre comme des mâts de navire ou des nervures de piliers gothiques, et rappelaient cette étrange forêt que Gustave Doré fait parcourir au Juif errant ; en feuilletant ces bizarres illustrations, nous avions trouvé les arbres crayonnés par le dessinateur trop pareils à des tuyaux d’orgue ; nous nous empressons aujourd’hui de retirer notre critique. Doré avait raison. La nature justifie toujours l’art.


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