Luc/Chapitre X

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Ambert & Cie (p. 71-83).
X

Lucet, donc, prépara ainsi son examen d’entrée au Conservatoire. Il y fut reçu d’emblée. Chaque jour davantage s’affinait la souplesse apparemment ingénue, mais en réalité ravissante et vive de son jeune talent. Déah Swindor le suivait avec intérêt ; ses conseils rehaussaient de leur géniale acuité la science de ses maîtres et son travail assidu. Bientôt Luc devint assez expérimenté pour ne craindre pas de déployer en face d’auditoires restreints ce qu’il amassait de connaissances dans son art.

Et c’étaient les bonnes soirées, celles-ci, présages des grands soirs attendus, où il paraissait chez Mme Marcelot auprès de Nine, avec, dans le salon où sa jeune grâce ne trouvait que des adulateurs, les bons regards de Julien, critique clairvoyant, ami tout dévoué, guide affectueux affectueusement écouté. Entre Nine et Julien, Lucet vivait des heures inoubliables. Il sentait dans la respectueuse déférence où il se tenait un peu distant de Nine l’imprécise floraison de choses qui se fussent — ramilles fleuries de désirs, dorées de soleil et vertes d’espoirs — enlacées autour de la jeune fille, penchées sur son front, sur ses yeux de douce franchise qui lui donnait une allure de jeune garçon libre sans contrainte, camarade presque. Oh ! que Lucet l’eût souhaitée cette camaraderie promise par mille paroles espiègles et d’une liberté plaisante de laisser aller comme aussi d’exquise retenue !

Et Mme Marcelot connaissant Luc presque autant que Julien et que Nine, ménageait sans crainte aux trois enfants, — elle disait encore « enfants » mais l’une avait près de seize ans, l’autre vingt-cinq et le troisième tantôt dix-sept — les joies de ces rencontres du soir autour du thé servi par Jeannine avec cette vivacité un peu garçonnière et très ouverte dont la placide loyauté tranquillisait sa mère. Sa mère voulait choyer autant que Julien lui-même le grand jeune homme que devenait Luc Aubry, et Luc se laissait chérir de tous comme il aimait, avec tout son cœur, avec toute la subtile énergie de ses pensées complexes promptes à deviner, à raisonner, à comprendre les plus fluides délicatesses.

Le son d’un instrument ou d’une voix, les nuances des fleurs ou des étoffes, l’intensité de la lumière sous les vibrations bleues et dorées tendues à travers le ciel, le charmaient et le retenaient à l’égal d’un tableau, profond miroir où se reflètent les sensations aiguës du peintre ; à l’égal d’une statue dont le rythme fait admirer les beaux membres qui le cadencent ; à l’égal des poèmes exaltant son intelligence en faisant courir dans sa chair, mise à nu par une sensibilité presque douloureuse, tous les frissons de la Beauté, de l’Amour, de la Haine… Tous les Poètes dans ses veines, dans les globules rouges de son jeune sang généreux, charriaient des émotions que manifestaient l’étincellement de ses yeux et la langueur délicieuse et mâle de sa voix.


Et Julien retrouvait avec une inquiétude maladive, dans Lucet, ses propres aspirations vers un idéal jamais atteint mais qui, dans le chemin parcouru vers lui, offrait avec abondance les parcelles précieuses de la grande joie qu’eût donnée son insaisissable plénitude. Julien se faisait plus dédaigneux — à mesure que Luc affirmait par l’ascendante beauté de tout son jeune corps sa suprématie sur elles — des veuleries féminines prêtes à se laisser prendre, préparant les aguichements de leurs sourires, les contorsions de leurs hystériques jouissances inaptes à couvrir la nullité d’affections inconstantes, de sentiments artificiels, à fleur de peau, de fantaisies étroites comme la cervelle d’où suppurent, pressées par le rut de la vanité, de la niaiserie et du sexe malade, leurs exigences incohérentes et hargneuses.

Ah ! Lucet n’était pas tout cela, lui ! Il n’était pas le faux clinquant dont regorgent les bazars ; il était la pièce rare, le joyau, l’unique… et l’intangible ! Celui dont la vue provoque de nouvelles et inlassables joies d’un ordre tellement autre que celui des filles offertes, qu’il tient du sortilège, parce qu’il ne se peut résoudre en aucun profit matériel. Il s’exerce avec une telle véhémence sur l’âme, que cette âme se prend à regretter de n’être pas un corps ; — sur le corps, de telle sorte que celui-ci déplore la complexion des affinités qui l’attirent vers la matière, la douce matière aux formes poignantes desquelles pourtant ne se veut pas déshabituer le rêve…

Et Nine elle-même, mieux que jeune fille déjà, svelte et jolie comme Luc dont, instinctivement, elle s’assimilait la vivacité élégante et l’indépendance gracieuse et jusqu’à l’intonation de certains mots, de certaines phrases affectionnées de Lucet — Nine quintessenciait en elle tous les épanouissements de cette jeunesse adorable qui déborde en la pâleur élégante, en le trouble et l’affectueuse douceur de Luc… Mais elle du moins était la Possible et la Promise, celle qui sera l’Épouse, celle en qui Julien voulait concentrer toutes ses attentions, tous ses espoirs, tant elle se montrait, simple et bonne, si différente des autres, femelles ignares et prétentieuses, courtisanes honteuses masquées de prudes allures… Julien concentrait en elle tous ses espoirs — il ne sentait pas se pencher vers Lucet, peu à peu, son cœur vacillant ; et son âme se livrait, en un vertige impondérable encore, à l’irrésistible emprise de sa beauté charmante…

Pris entre ces deux êtres dont les pensées constantes dégageaient autour de lui comme une atmosphère d’amour, Luc ne se hâtait pas d’aimer. Il savait Nine d’un monde étranger au sien par sa fortune, son origine même — petite fille d’un Villonest — et son éducation raffinée. Et pourtant c’est elle seule qu’il eût préférée à toute autre s’il n’avait craint de blesser la jeune fille en laissant paraître l’affection naissante qui, en outre, eût outragé son grand ami. Il n’e’tait pas nécessaire qu’on fit allusion sans cesse aux puériles fiançailles de Julien et de Nine, chacun savait autour d’eux que leur inclination profonde répondait aux lointains accords conclus entre les parents dès la naissance presque de Jeannine.

L’attachement sincère de la jeune fille et la sollicitude inlassable de Julien, l’incessante communion de leurs âmes comblait la plénitude de ses désirs raisonnables.. Même l’affection de Julien eût été au delà, si rien du grand ami pouvait être pour Luc un superflu. Il ressentait, en retour, une amitié sans bornes pour ce jeune homme dont l’attitude courtoise et enjouée — et comme résignée — semblait lui révéler déjà ce mieux qui troublait parfois exquisément son âme adolescente.

Mais Luc ne dédaignait pas l’exagération d’un sentiment si près de meurtrir son amour-propre en le flattant avec excès. Il aimait l’inquiétude et le charme indécis de cet enfantillage amoureux.


Un jour que Luc était venu s’entretenir de coulisses, de littérature et d’art, comme il avait coutume de le faire, dans l’atelier de Julien, avenue de Villiers, celui-ci qui depuis longtemps, par curiosité d’artiste, rêvait d’un Lucet sans voiles, dans la nudité que ses yeux épris des belles formes devinaient souverainement parfaite et rayonnante — l’invita, avec une discrétion dont la déférente insistance et la noblesse du mobile firent fléchir la résistance de Lucet, à se déshabiller pour lui poser un Daphnis.

L’intimité des deux jeunes gens depuis des années était d’une telle franchise et d’une telle droiture que Lucet même ne s’étonna pas de ce qu’il voyait faire couramment autour du jeune peintre. Julien déplorait souvent devant lui l’inaptitude de ces maudits petits Italiens bronzés et sales à lui offrir ce qu’il souhaitait d’un Daphnis imaginé, un peu à l’encontre de Longus, brun mais avec toute sa chair ambrée et claire sous la diaphanéité d’un épiderme qui eût laissé transparaître aussi par tout le corps le réseau estompé des veines bleues telles qu’en montraient les mains fines et les tempes fragiles de Lucet.

Lucet accepta.


Ce fut un émerveillement quand, dans la tiédeur et la solitude engageantes de l’atelier, l’éphèbe sortit nu, statue d’ivoire poli, d’entre les feuillets d’un paravent en velours de Venise. Une lanière de peau de chèvre cachait à peine ses reins éblouissants, contournait la nacre mouvante et satinée de ses hanches et découvrait, jusqu’où l’ombre de la puberté s’accuse, la matité lisse de son ventre plat, la vigueur délicate et les rondeurs unies de ses cuisses.

Le grand jour de l’atelier faisait lumineusement pâle l’irradiation de ce jeune corps robuste et clair sur le fond écarlate des tentures anciennes. Le temps avait amorti les couleurs vives de celles-ci, le même temps qui, d’une patine charmante, avait fleuri la silhouette diaphanéisée de Luc. Parmi l’or vieilli des cadres, des fleurs énormes, roses, pivoines, arums d’albâtre au rigide phallus ouvraient autour de lui leurs corolles grasses et vivantes, blêmes ou rosées, moins parfaites dans la souple fermeté et la magnificence charnelle des pétales gonflés d’essences odorantes, que les belles épaules à peine infléchies et les bras lumineux et blonds de l’adolescent.

Julien ne sut par quels mots exprimer son étonnement et crier son admiration, tellement était imprévu ce consentement de Luc, et simplement exquise cette action dont frissonnait malgré soi le jeune peintre bouleversé de sentir si proche de ses yeux l’harmonie robuste et précieuse de l’intangible nudité.

Pour compléter le fruste habillage de Daphnis, Julien voulut lui-même fixer les sandales de cuir fauve aux pieds de son petit ami ; il le fit asseoir sur une sedia d’ébène inscrustée d’argent et d’ivoire, élevée sur deux degrés de pourpre. Un dais copié sur le dais pontifical de la Sixtine abritait le siège somptueux de ses belles lignes sévères. Le drap d’écarlate écussonné aux armes des Médicis déployait sa noble rigidité contre la haute paroi de l’atelier où s’adossait le trône offert au jouvenceau très pâle et très beau.


Julien se jouait de ce contraste entre la molle, mais toujours élégante sensualité et le sublime parfois âpre et douloureux des œuvres d’art. C’est ainsi que dans son atelier, face à la voluptueuse beauté de l’Apollino, figurait le Francois d’Assise d’Alonzo Cano. Il était sa passion, celui-ci, le saint aussi grand dans la révolte de son intelligence sur son instinct, et la misère éblouissante de ses hardes, que sont bas les plus élevés d’entre nous par la cupidité misérable de leurs petites jouissances et le mauvais goût étriqué de leurs magnificences. L’un colossal et troublant comme ce temple prodigieux d’Assise accrochant en plein roc le mystère meurtri de ses cryptes ; les autres anémiés et repoussants comme la dorure et les plâtres ébréchés des music-halls infâmes.


… Lucet se posa docilement dans la sedia, sur un coussin de velours amande broché de larges fleurs d’or. Ainsi, il écarta ses beaux bras hors du siège ample et les appuya sur les bords du dossier contourné en hémicycle ; ses mains et ses poignets retombaient avec nonchalance, et ses arrière-bras appuyés sur l’ébène, y érigeaient l’albe saillie des muscles. Ses cuisses blondes et lisses, qu’un imperceptible duvet, sur les rondeurs externes, estompait d’une poussière d’or, écrasaient la plénitude de leur chair presque blanche sur le velouté moelleux et les fleurs orfévrées du coussin ; les courbes étaient d’une inégalable splendeur, que déterminait leur volume pesant, et svelte, et ruisselant de lumière, le jeune sillon doux et pâle ouvert entre elles jusqu’au globe méplat du ventre…

Julien s’agenouilla. Lucet le laissa faire, étonné et souriant. Pour le regarder, il baissait les yeux, et les escarboucles vertes de ses prunelles se cachaient sous le voile ombreux des cils.

Julien s’agenouilla.

Il prit dans sa main l’opale bleuté d’un pied menu, glissa la semelle d’une sandale sous le talon d’ambre translucide, écarta les orteils frais pour joindre aux boucles supérieures un mince linéament de cuir serré contre le pouce, le fit passer dans des anneaux de métal sur le cou de pied, le renvoya à la cheville pour l’attacher aux talonnières d’où s’élevaient en spirales croisées des courroies qu’il fixa haut sur la jambe tiède, où naissent et s’évasent les courbes élégantes du mollet. Quand le second pied fut ainsi captif en les entrelacs des courroies et les anneaux de métal, l’adolescent se leva, blanc dans sa chair pâle à peine meurtrie sous quelques liens de cuir.

Pendant que Luc tenait sa pose dans le somptueux atelier de Julien Bréard, celui-ci, par les exigences mêmes de son art, était contraint de détailler avec un soin minutieux cette jeune nudité à lui révélée dans son éclat total. Il s’efforçait de maîtriser le trouble et l’ardente admiration que suscitait ce corps d’éphèbe offert à ses inquisitions sans arrière-pensée.

Certes, jamais aucun des modèles réputés de l’Ecole des Beaux-Arts n’avait exercé sur lui ce pouvoir. Les femmes, rarement accomplies, toujours par quelque tare dépréciaient l’ensemble de leur beauté. Les jeunes hommes râblés et robustes, aux membres d’un séduisant équilibre de proportions, compromettaient irrémédiablement leur grâce par une décourageante grossièreté d’allures maintes fois partagée du reste avec les femmes. Même il arrivait que le moins imparfait de ces modèles n’éveillait aucun enthousiasme et restait une chose inerte, banale, à la portée de qui la désire.

Le travail suivi sur leur beauté vénale était calme. Aucune communion n’était possible entre eux et l’artiste contraint de les détailler sans plus de joie qu’un beau moulage ou qu’un superbe animal ; ils n’avaient pas, ces modèles, l’âme brûlante qui avive sa flamme au foyer splendide d’un jeune corps.

Tandis que Luc Aubry !…

Julien s’ingéniait — en flattant avec adresse la fierté de son jeune ami, en lui démontrant la nécessité évidente d’étudier ses gestes et sa démarche pour le théâtre — à obtenir de lui de vives sensations d’art… Il jetait sur ses belles épaules droites une chlaède drapée à l’antique, retenue sur le col par une agrafe d’argent mat ocellée de turquoises ; ou bien une large pièce de soie aux tonalités amorties ; une tunique de lin transparent rehaussée d’étranges broderies et dont les manches ouvertes depuis l’épaule, étaient fermées en trois endroits par trois fibules d’or. Entre ces minces épinglettes paraissait la chair souple des bras pris en des spires d’électrum et des bracelets de vermeil lourds de cabochons. Parfois Julien ceignait son front doucement ondulé, de bandelettes de laine blanche ou de lauriers étincelants d’émaux translucides ; au cou de Luc pendaient de précieuses amulettes, des scarabées de lapis ou d’émeraudes, et des perles… Des cnémides d’airain martelé montaient de ses jambes vers les genoux. Des entraves de bronze reliées entre elles par des chaînettes, contenaient ses longues cuisses fuselées suivant le galbe lisse et pâle de tubéreuses près d’éclore. Des ceinturons ciselés avivaient le modelé flexible et fin du torse. Des temporaux d’or et de corail maintenaient sur ses tempes, dans ses cheveux, des roses roses, de gras nénuphars blancs et de rouges pavots… Il était guerrier, prêtre de Bacchus ou d’Isis, Camille, pocillateur, martyr ou prostitué infâme, légionnaire de Rome, mercenaire de Carthage — et l’inaccessible Salammbô eût offert sa couche à la beauté sans égale de cet enfant, tandis que Messaline se fût pâmée sous la virilité de son corps d’éphèbe vierge… Il était la vaillance et la douceur ; la passion irrésistible et l’invincible vertu ; la sérénité juvénile du philosophe futur et la majesté de la chair désirable et désirée ; Sophocle, Antinoüs, Ganymède, Elagabale, César, Pharaon, Basileus…

Ainsi vêtu, quand les bijoux froids plaquaient de joailleries la juvénilité tiède de son corps à peine caché sous de légers voiles, Julien exigeait qu’il scandât les vers des Poèmes Antiques et des Poèmes Barbares, et Musset, et Hugo, et Baudelaire…

À l’abri du feuillage et des fleurs et des herbes,
          D’huile syrienne embaumé
Il repose, le Dieu brillant, le Bien-aimé,
          Le jeune Homme aux lèvres imberbes.
Autour de lui sur des trépieds étincelants,
          Vainqueurs des nocturnes Puissances,
Brûlent des feux mêlés à de vives essences,
          Qui colorent ses membres blancs ;
Et sous l’anis flexible et le safran sauvage,
          Des Eros, au vol diligent,
Dont le corps est d’ébène et la plume d’argent,
          Rafraîchissent son clair visage.
Sois heureuse, ô Kypris, puisqu’il est revenu,
          Celui qui dore les nuées !
Et vous, Vierges, chantez, ceintures dénouées,
          Cheveux épars et le sein nu.
Près de la mer stérile, et dès l’aube première,
          Joyeuses et dansant en rond,
Chantez l’Enfant divin qui sort de l’Akhérôn,
          Vêtu de gloire et de lumière !

(Poëmes antiques).

La voix délicieuse de Luc, nue comme Adonis, et ruisselante, eût-on dit, des mêmes orfèvreries dont était l’albe tiédeur de sa chair caressée, la voix adolescente s’épandait en fluides harmonies, s’infléchissait et, sous la vague lumineuse des mots, scintillait de gouttelettes éparses… et le beau mouvement du corps, jusque dans les ondes musicales du verbe adolescent, affirmait son ineffable splendeur…

L’un par l’autre les jeunes hommes s’enivraient de beauté, se grisaient de l’inspiration sacrée des poètes, de la gloire rythmée des vers, du parfum des fleurs, de la morbide hallucination des formes adorables de la chair, de leur propre jeunesse…

Le roulement sourd d’une voiture sur l’avenue de Villiers les rappelait de leur extase ; leurs sensations alors se décuplaient dans la félicité de s’extérioriser ainsi des banales ambiances et de vivre des minutes, des heures, où leur esprit atteignait les limites ultimes du ravissement en la divine beauté…


· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·


Quand, avant de se rhabiller, Luc rejetait les vêtements qui l’avaient fait un instant demi-dieu, il restait nu avec les bracelets précieux serrés à ses beaux bras de clair ivoire que les veines injectaient d’azur. Ses pieds se moulaient en les indécentes sycionias des Romains efféminés, la pourpre molle dont elles étaient faites, lamellée d’or, adhérait aux jambes dont la rondeur était, sur le cercle de cuir écarlate fermé par un camée, d’une absolue pureté. Des fleurs saillaient encore à ses tempes caressées de boucles en désordre. Ses yeux d’eau verte étincelaient en leurs larges alvéoles. Julien le voyait et, dans le silence de l’atelier drapé de brocarts étoilés d’or, la beauté du jeune homme, en lui, tumultueusement se résolvait dans une joie sans égale…