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Méditation sur le saint temps de carême/Le Jardin des olives

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VIII.

LE JARDIN DES OLIVES.


Comme sainte Thérèse en contemplation,
Ce qui trouble mon cœur de plus d’émotion,
Ce qui lui fait subir les douleurs les plus vives,
C’est la sueur du sang du jardin des Olives.
Seigneur, vous aviez vu notre endurcissement.
Et notre ingratitude et notre aveuglement ;
Et malgré les tourmens où votre âme est livrée,
L’Enfer encor puissant sur la terre égarée :
Hélas ! voilà pourquoi sortait à flots le sang
De ce front accablé, de ce cœur innocent !
Et pourquoi vous disiez au milieu du supplice :
« Mon Père, oh ! s’il se peut, détournez ce calice ;
Cependant, qu’il soit fait ainsi que vous voulez ! »
Tout-à-coup vos regards par l’ange consolés,

Ont vu de Jéhova l’ineffable mystère,
Et tous les saints déjà passés sur notre terre,
Abel, Jacob, Joseph attendant votre jour
Pour aller dans le sein de l’immortel amour !
Les justes à venir sur la route d’épines,
Souffrant, pleurant, mourant pour vos leçons divines !
Les larmes ont tari, la sueur a séché,
Tout le ciel s’est ouvert, et vous avez marché.
Le reste n’est plus rien ! les juges, la sentence,
Les fouets et la croix, (douce et forte innocence !)
Vous allez tout souffrir sans murmure et sans pleurs ;
C’est à Jérusalem à pleurer ses malheurs.
Que vous font les bourreaux, que vous font les tortures ?
Vous avez supporté des souffrances plus dures !
Le baiser de Judas sur ce front est resté ;
Le disciple est muet et le coq a chanté.