ESSAI
SUR
LE PROBLÈME DES TROIS CORPS.
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Lucr.
(Prix de l’Académie Royale des Sciences de Paris, tome IX, 1772.)
AVERTISSEMENT.
Ces Recherches renferment une Méthode pour résoudre le Problème des trois Corps, différente de toutes celles qui ont été données jusqu’à présent. Elle consiste à n’employer dans la détermination de l’orbite de chaque Corps d’autres éléments que les distances entre les trois Corps, c’est-à-dire, le triangle formé par ces Corps à chaque instant. Pour cela, il faut d’abord trouver les équations qui déterminent ces mêmes distances par le temps ; ensuite, en supposant les distances connues, il faut en déduire le mouvement relatif des Corps par rapport à un plan fixe quelconque. On verra, dans le premier Chapitre, comment je m’y suis pris pour remplir ces deux objets, dont le second surtout demande une analyse délicate et assez compliquée. À la fin de ce Chapitre, je rassemble les principales formules que j’ai trouvées, et qui renferment la solution du Problème des trois Corps pris dans toute sa généralité.
Le deuxième Chapitre a pour objet d’examiner comment et dans quels cas les trois Corps pourraient se mouvoir en sorte que leurs distances fussent toujours constantes, ou gardassent au moins entre elles des rapports constants. Je trouve que ces conditions ne peuvent avoir lieu que dans deux cas l’un, lorsque les trois Corps sont rangés dans une même ligne droite, et l’autre, lorsqu’ils forment un triangle équilatéral ; alors chacun des trois Corps décrit autour des deux autres des cercles ou des sections coniques, comme s’il n’y avait que deux Corps. Cette recherche n’est à la vérité que de pure curiosité ; mais j’ai cru qu’elle ne serait pas déplacée dans un Ouvrage qui roule principalement sur le Problème des trois Corps, envisagé dans toute son étendue.
Dans le troisième Chapitre, je suppose que la distance de l’un des trois Corps aux deux autres soit fort grande, et j’applique la solution générale du Chapitre premier à cette hypothèse, qui est, comme l’on sait, celle de la Terre, de la Lune et du Soleil.
Enfin, dans le quatrième Chapitre, je traite en particulier de la Théorie de la Lune ; j’y donne les formules qui renferment cette Théorie, et je fais voir, par un léger essai de calcul, comment on doit se servir de ces formules pour en déduire les inégalités du mouvement de la Lune autour de la Terre.
Le défaut de temps et d’autres occupations indispensables ne m’ont pas permis d’entrer là-dessus dans tout le détail nécessaire pour répondre d’une manière convenable aux principaux points de la question proposée par l’Académie aussi ai-je d’abord hésité si je lui présenterais ces Recherches pour le Concours, et je ne m’y suis déterminé que par l’espérance que cette illustre Compagnie trouvera peut-être ma Méthode pour résoudre le Problème des trois Corps digne de quelque attention, tant par sa nouveauté et sa singularité que par les difficultés considérables de calcul qu’elle renferme.
Si l’Académie daigne honorer mon travail de son suffrage, ce sera un puissant motif pour m’engager à le perfectionner, et je ne désespère pas de pouvoir tirer de ma Méthode une Théorie de la Lune aussi complète qu’on puisse le demander dans l’état d’imperfection où est encore l’Analyse.
I.
Soient
les masses des trois Corps qui s’attirent mutuellement en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances ; soient nommées de plus
les coordonnées rectangles de l’orbite du Corps
autour du Corps
les coordonnées rectangles de l’orbite du Corps
autour du même Corps
coordonnées qu’on suppose toujours parallèles à trois lignes fixes et perpendiculaires entre elles ; enfin soient
les distances entre les Corps
et
et
et
en sorte que l’on ait


On aura, comme on sait, en prenant l’élément du temps
constant, les six équations suivantes
| (A)
|
|
|
| (B)
|
|
|
à l’aide desquelles on pourra déterminer les orbites relatives des Corps

et

autour du Corps
Si l’on fait encore

en sorte que
soient les coordonnées rectangles de l’orbite du Corps
autour de
on aura

et, retranchant respectivement les trois premières équations des trois dernières, on aura ces trois-ci
| (C)
|
|
|
qui exprimeront le mouvement relatif du Corps
autour du Corps 
Il est bon de remarquer l’analogie qu’il y a entre ces neuf équations
c’est que les équations
se changent en les équations
en y changeant seulement
en
en
en
en
en
, et réciproquement ; et que de même ces équations se changent en les équations
en y changeant
en
en
en
en
en
et vice versâ ; et la même analogie aura lieu dans toutes les formules que nous trouverons par la suite.
II.
Qu’on multiplie la première des équations
par
et la seconde par
et qu’ensuite on les retranche l’une de l’autre, on aura

Combinant de même les deux premières des équations
et les deux premières des équations
on aura ces deux-ci

Mais

donc

donc, en ajoutant ensemble les trois équations précédentes, après avoir divisé la première par
la seconde par
et la troisième par
on aura celle-ci

On trouvera de la même manière ces deux autres équations

De sorte qu’on aura, en intégrant,
| (D)
|
|
|
étant des constantes arbitraires.
De plus, si l’on multiplie la première des équations
par
la première des équations
par
et la première des équations
par
et qu’ensuite on les ajoute ensemble, on aura, à cause de

On trouvera de même

Donc, ajoutant ensemble ces trois équations et mettant

on aura une équation intégrable dont l’intégrale sera
| (E)
|
|
|
étant une constante arbitraire.
Ce sont là les seules intégrales exactes qu’on ait pu trouver jusqu’à présent ; or, comme il y a en tout six variables,
il est clair que, si l’on pouvait trouver encore deux autres intégrales, le problème serait réduit aux premières différences ; mais on ne saurait guère se flatter d’y parvenir dans l’état d’imperfection où est encore l’Analyse.
III.
Supposons, pour abréger,

en sorte que

expriment les vitesses relatives des Corps

autour de

et de

autour de

il est clair qu’on aura

Donc, mettant dans ces équations au lieu de

leurs valeurs tirées des équations
et faisant attention que

et


on aura, après avoir fait passer tous les termes du même côté,
| (F)
|
|
|
Donc, si l’on peut avoir les valeurs de
exprimées en
seulement, on aura trois équations entre ces trois dernières variables et le temps
à l’aide desquelles on pourra à chaque instant déterminer la position relative des Corps.
IV.
Or on a, en différentiant les valeurs de

donc, si l’on fait ici les mêmes substitutions que ci-dessus, et qu’on suppose pour un moment

à cause de


on aura

Soit, pour abréger,

et l’on aura

de sorte que les équations
deviendront
| (G)
|
|
|
et il ne restera plus qu’à trouver les valeurs de

Pour cela, je fais

et comme l’on a

on aura, en différentiant,

donc

et ensuite

savoir

Tout se réduit donc maintenant à avoir la valeur de
pour y parvenir, je différentie, et j’ai

je substitue à la place de
les valeurs tirées des équations
et
et faisant les autres substitutions convenables, je trouve


ou bien


V.
Supposons, pour mettre nos formules sous une forme plus simple,

et l’on aura d’abord, pour la détermination de
cette équation
| (H)
|
|
|
On aura ensuite

d’où

Mais

donc

on trouvera de même

de sorte qu’en substituant ces valeurs, et faisant pour plus de simplicité
| (I)
|
|
|
on aura

et de là
| (J)
|
|
|
Maintenant on aura


donc, ajoutant ces deux équations, et mettant
à la place de
on aura

on trouvera de même

donc, faisant toutes ces substitutions dans les équations
ou
des Articles précédents, elles deviendront celles-ci
| (K)
|
|
|
Ainsi l’on pourra, à l’aide de ces trois équations, déterminer les trois rayons
et
en
ce qui donnera pour chaque instant la position relative des Corps entre eux.
Il est bon de remarquer que, si l’on divise la première de ces équations par
la seconde par
et la troisième par
et qu’ensuite on les ajoute ensemble, on aura (à cause de
et par conséquent
) celle-ci
| (L)
|
|
|
laquelle pourra tenir lieu d’une quelconque des trois équations 
VI.
On peut encore mettre les mêmes équations
sous une autre forme que voici.
Je multiplie la première de ces équations par
et je l’intègre ensuite pour avoir


étant une constante arbitraire.
Or

mais

de plus, à cause de 


de sorte que si l’on fait, pour abréger,

on aura on aura, en négligeant la constante
qui peut être censée contenue dans
et divisant toute l’équation par 

Faisant de même

on trouvera par des opérations semblables aux précédentes

Et, si l’on retranche ces équations respectivement des équations
trouvées ci-dessus, qu’ensuite on divise les équations restantes par
on aura ces trois-ci
| (M)
|
|
|
VII.
Nous avons donc réduit les six équations primitives
qui renferment la solution du Problème des trois Corps pris dans toute sa généralité à trois autres équations entre les trois distances
et le temps
Il est vrai que ces réduites renferment chacune deux signes d’intégration (ce qui est évident en substituant les valeurs de
ou de
et de
), et qu’à cet égard elles sont moins simples que les équations primitives ; mais, d’un autre côté, elles ont l’avantage de ne renfermer aucun radical, ce qui me paraît d’une grande importance dans ces sortes de Problèmes.
Supposons donc qu’on ait déterminé par les équations
ou
les trois variables
en
on ne connaîtra encore par là que la position relative des Corps, c’est-à-dire, le triangle que les trois Corps forment à chaque instant ; ainsi il reste à voir comment on pourra déterminer ensuite l’orbite même de chaque Corps, c’est-à-dire, les six variables
VIII.
Pour cet effet, nous remarquerons d’abord qu’en connaissant
on connaîtra aussi
et
par les formules de l’Article V. De sorte qu’on aura
en mettant
à la place de
et
à la place de
les dix équations suivantes

Or, en regardant les quantités
comme autant d’inconnues, il est clair que les équations précédentes ne suffisent pas pour les déterminer, puisqu’on aurait douze inconnues, et seulement dix équations ; mais, si l’on joint à ces équations les trois équations (D) de l’Article II on aura alors une équation de plus qu’il n’y a d’inconnues, et la difficulté ne consistera qu’à résoudre ces équations.
IX.
J’observe, à l’égard des équations de l’Article précédent, qu’elles ne peuvent tenir lieu que de neuf équations, parce que, en éliminant quelques-unes des inconnues, il arrive que les autres s’en vont d’elles-mêmes, de sorte qu’on tombe par ce moyen dans une équation où il n’entre plus que les quantités
Pour le prouver de la manière la plus simple qu’il est possible, je prends d’abord les trois équations

et j’en tire par les règles ordinaires de l’élimination les valeurs de
j’aurai, en faisant, pour abréger,


j’aurai, dis-je,

Or je remarque que l’on a


de sorte que, si l’on carre les trois équations précédentes, et qu’on les ajoute ensuite ensemble, on aura, après avoir multiplié par
et fait les substitutions convenables,
![{\displaystyle {\begin{aligned}\delta ^{2}&\left(dx^{2}+dy^{2}+dz^{2}\right)=\\&\quad \ (rdr)^{2}\left[r'^{2}u'^{2}dt^{2}-(r'dr')^{2}\right]+d\mathrm {V} ^{2}\left(r^{2}u'^{2}dt^{2}-d\mathrm {V} '^{2}\right)\\&+\left(v''dt^{2}\right)^{2}\left(r^{2}r'^{2}-p''^{2}\right)+2rdrd\mathrm {V} \left(r'dr'd\mathrm {V} '-p''u'^{2}dt^{2}\right)\\&+2rdrv''dt^{2}\left(p''r'dr'-r'^{2}d\mathrm {V} '\right)+2d\mathrm {V} v''dt^{2}\left(p''d\mathrm {V} '-r^{2}r'dr'\right).\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/9e8f8a824e81c0d7b974881193746c335799f66c)
De même, si l’on prend les trois équations

et qu’on en tire les valeurs de
et
il est facile de voir qu’on aura pour
les mêmes expressions que l’on a trouvées plus haut pour
en y changeant seulement
en
en
et
en
donc, faisant les mêmes opérations et les mêmes substitutions que ci-dessus, on aura cette autre équation
![{\displaystyle {\begin{aligned}\delta ^{2}&\left(x^{2}+y^{2}+z^{2}\right)=\\&\quad \ r^{4}\left[r'^{2}u'^{2}dt^{2}-(r'dr')^{2}\right]+p''^{2}\left(r^{2}u'^{2}dt^{2}-d\mathrm {V} '^{2}\right)\\&+d\mathrm {V} '^{2}\left(r^{2}r'^{2}-p''^{2}\right)+2r^{2}p''\left(r'dr'd\mathrm {V} '-p''u'^{2}dt^{2}\right)\\&+2r^{2}d\mathrm {V} '\left(p''r'dr'-r'^{2}d\mathrm {V} '\right)+2p''d\mathrm {V} '\left(p''d\mathrm {V} '-r^{2}r'dr'\right).\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/9c1f50569f2e9c5ea1ded95c78a9ef1f96b6711d)
Or on a

donc on aura les deux équations suivantes

D’où, chassant
on aura une équation entre les seules quantités connues
X.
Si l’on tire de la dernière équation la valeur de
on aura, en réduisant et effaçant ce qui se détruit,

et, cette valeur de
étant substituée dans l’autre équation, on aura


ou bien, en ordonnant les termes,
![{\displaystyle {\begin{aligned}&\left(r^{2}r'^{2}-p''^{2}\right)\left(u^{2}u'^{2}-v''^{2}\right)dt^{4}+(rdr.r'dr'-d\mathrm {V} d\mathrm {V} ')^{2}\\&\quad -\left[r^{2}(r'dr')^{2}-2p''r'dr'd\mathrm {V} '+r'^{2}d\mathrm {V} '^{2}\right]u^{2}dt^{2}\\&\quad -\left[r'^{2}(rdr)^{2}-2p''rdrd\mathrm {V} +r^{2}d\mathrm {V} ^{2}\right]u'^{2}dt^{2}\\&\quad -2\left[p''(rdr.r'dr'+d\mathrm {V} d\mathrm {V} ')-r^{2}r'dr'd\mathrm {V} -r'^{2}rdrd\mathrm {V} '\right]v''dt^{2}=0.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/eaef87ca4eb1d4d6c8777e791f1f04bcaeb6f1d9)
Or (Article V)

de plus on a, par les formules du même Article,

et de même

donc, si l’on fait ces substitutions, et qu’on suppose pour plus de simplicité

l’équation suivante deviendra, après avoir été multipliée par 
| (N)
|
|
|
Il faut donc que cette équation ait lieu en même temps que les trois équations
de l’Article V ; de sorte que, comme elle ne contient d’ailleurs que les mêmes variables que les équations
et qu’elle est d’un ordre moins élevé d’une unité que celle-ci, on pourra la regarder comme une intégrale de ces mêmes équations
mais intégrale particulière à cause qu’elle ne renferme aucune nouvelle constante ; ainsi, si l’on intègre les équations
en y ajoutant les constantes nécessaires, ces constantes devront être telles qu’elles satisfassent à l’équation
De sorte que, si l’on ne veut pas se servir de cette dernière équation à la place de l’une des équations
il faudra néanmoins y avoir égard dans la détermination des constantes ; mais pour cela il suffira d’y supposer partout
Au reste nous ferons toujours usage de cette équation pour déterminer la constante qui doit entrer dans la valeur de
résultante de l’intégration de l’équation
de l’Article V.
XI.
Reprenons maintenant les équations (D) de l’Article II et faisant, pour abréger,

on aura, après avoir multiplié par 
| (O)
|
|
|
Or je trouve, comme plus haut,

et par analogie

je trouve de même

et par analogie

Donc, si l’oia fait, pour plus de simplicité,

et

en sorte que l’on ait

on aura, en carrant les trois équations (0) et les ajoutant ensemble,
| (P)
|
|
|
équation qui est aussi, comme l’on voit, d’un ordre moins élevé d’une unité que les équations
; et comme elle renferme la constante arbitraire
qui ne se trouve point dans les équations
on peut la regarder comme une intégrale complète de ces mêmes équations.
XII.
On pourrait croire que l’équation
(\mathrm E)
que nous avons trouvée dans l’Article II pourrait ainsi, en y substituant les valeurs de
et
donner une nouvelle intégrale, mais il est facile de voir qu’il n’en résulterait qu’une équation identique, car l’équation dont il s’agit se réduit d’abord à

et, mettant pour
et
leurs valeurs tirées des formules
on aura, en rejetant ce qui se détruit,

ce qui ne renferme aucune nouvelle condition, car les quantités
sont déjà d’elles-mêmes telles que
(Article V).
Au reste, si l’on combine l’équation

avec les équations
et
après y avoir substitué les valeurs de
et
on pourra, par le moyen de ces trois équations, déterminer les trois quantités
et
lesquelles ne renfermeront par conséquent que les variables finies
et leurs différentielles premières
avec la quantité
ainsi, substituant ces valeurs dans les équations
on aura trois équations du second ordre entre les variables
et
dans lesquelles il n’y aura plus qu’à substituer la valeur de
Donc, si à l’aide d’une de ces équations on élimine la quantité
des deux autres, on aura d’abord deux équations purement du second ordre entre les variables
et
ensuite, si l’on différentie la valeur de
et qu’on mette la valeur de
dans l’équation
on aura une troisième équation entre les mêmes variables, qui ne sera que du troisième ordre. De sorte que l’on aura, par ce moyen, pour la détermination des variables
et
deux équations différentielles du second ordre et une du troisième ; et ces équations suffiront, comme on le verra dans un momént, pour la solution complète du Problème des trois Corps.
Nous croyons cependant qu’il est encore plus simple et plus commode pour le calcul de substituer dans les équations
les valeurs de
et
tirées des équations
car, quoique les équations résultantes puissent monter à des ordres plus élevés que le second, elles auront toujours ce grand avantage que les variables s’y trouveront peu mêlées entre elles, et que l’analogie qui y règne facilitera beaucoup leur résolution.
XIII.
Des dix équations de l’Article VIII il n’en reste donc plus que neuf, et des trois équations
de l’Article II ou
de l’Article XI il n’en reste plus que deux ; de sorte qu’on n’aura en tout que onze équations pour la détermination des six variables
et de leurs différentielles
d’où l’on voit qu’il est impossible de déterminer ces variables directement et par les seules opérations de l’Algèbre ; mais on pourra en venir à bout au moyen d’une intégration, comme on va le voir.
Je suppose que l’on veuille connaître les valeurs de
on aura d’abord l’équation
| (Q)
|
|
|
Ensuite, multipliant les trois équations
de l’Article XI respectivement par
et les ajoutant ensemble, on aura

ou bien, en faisant les substitutions du même Article,
| (R)
|
|
|
Enfin, multipliant les mêmes équations
respectivement par
et les ajoutant ensemble, on aura

Or il est aisé de voir que l’on a
et que
est la même quantité que nous avons désignée plus haut par
(Article IX) ; donc, puisqu’on a déjà trouvé (Article X)

on aura, en faisant les substitutions du même Article X,
![{\displaystyle (\lambda 'z-\mu 'y+\nu 'x)^{2}=\left[(pp'+pp''+p'p'')u'^{2}-{\frac {\Sigma '}{4}}\right]dt^{2},}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/5ac70331e154a5fbe80717b25350abbc7c9462b5)
et par analogie
![{\displaystyle (\lambda ''z-\mu ''y+\nu ''x)^{2}=\left[(pp'+pp''+p'p'')u''^{2}-{\frac {\Sigma ''}{4}}\right]dt^{2}.}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/458a2d0addcc15f431784cc1f91514da32546ba9)
De sorte que l’équation ci-dessus deviendra
| (S)
|
|
|
Ainsi on aura trois équations
et
à l’aide desquelles on pourra déterminer facilement les valeurs de
dès qu’on connaîtra celles de
et
On peut trouver de semblables formules pour la détermination de
et même, sans faire un nouveau calcul, il suffira de changer dans les précédentes
en
et
en
d’accentuer les lettres qui n’ont point d’accent et d’effacer l’accent de celles qui en ont un, sans toucher à celles qui ont deux accents. Il faut seulement observer que la quantité
ne change point de valeur, mais seulement de signe, lorsqu’on change entre elles les masses
et les lettres accentuées, ce qui se voit clairement par l’équation
de l’Article V.
XIV.
Supposons, pour abréger,

et l’on aura ces trois équations

Comme les constantes
sont arbitraires (Article II) et ne dépendent que de la position du plan de projection des orbites des Corps
et
autour du Corps
il est facile de voir qu’on peut prendre ce plan de manière que l’on ait
et
car pour cela il suffira qu’on ait
et
au commencement du mouvement, c’est-à-dire, lorsque
Supposantdonc
et
on aura

donc

et, à cause de
on aura

donc

de sorte qu’en faisant

on aura

et de là

XV.
Mais si l’on ne veut pas s’astreindre à la supposition de
et
ce qui oblige de prendre le plan de projection d’une manière déterminée, voici comment on pourra déterminer les quantités
avec toute la généralité possible.
Soient

étant des coefficients indéterminés, et
deux nouvelles variables ; on aura


donc, faisant

on aura l’équation (Article XIV)

Supposons maintenant que l’on ait

substituant les valeurs de
et
en
et
et comparant ensuite les termes qui contiennent les mêmes puissances de
et
on aura ces six équations

lesquelles, étant combinées avec les trois précédentes, serviront à déterminer les neuf inconnues 
XVI.
Cela fait, on aura donc, à cause de
l’équation

d’où

donc

Donc, si l’on fait

on aura

Ainsi l’on connaîtra les trois quantités
à l’aide desquelles on pourra déterminer
Pour cela, on prendra les trois équations

et on les ajoutera ensemble après les avoir multipliées respectivement : 1o par
2o par
3o par
on aura sur-lechamp, en vertu des équations de l’Article précédent,

XVII.
Maintenant, comme on a supposé

on aura, en substituant les valeurs de
qu’on vient de trouver, et
comparant les termes homogènes,

et ces équations devront être identiques avec les six qu’on a trouvées ci-dessus (Article XV), et pourront par conséquent être employées à la place de celles-là pour la détermination des inconnues 
Or, comme il faut satisfaire en même temps à ces trois autres équations (Article XV)

je remarque que, si l’on ajoute ensemble ces dernières équations après les avoir multipliées respectivement : 1o par
2o par
on aura ces deux-ci

lesquelles s’accordent avec la cinquième et la sixième des précédentes ; ainsi l’on peut déjà réduire à une seule les trois équations dont il s’agit, et l’on y satisfera par la détermination de l’inconnue
Or, si l’on ajoute ensemble les carrés de ces équations, on aura

en vertu des six équations ci-dessus ; de sorte qu’on aura

Donc il n’y aura plus qu’à satisfaire aux six équations trouvées plus haut c’est ce qu’on pourra exécuter de plusieurs manières à cause qu’il y a plus d’indéterminées que d’équations.
On aura d’abord

ensuite, si l’on chasse
des deux équations

on aura

et, chassant
on aura de même

d’où je conclus qu’on aura

étant une inconnue qu’on déterminera par l’équation

laquelle donnera
![{\displaystyle f\delta ^{2}\left[(cm-bn)^{2}+(an-cl)^{2}+(bl-am)^{2}\right]=1\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/bcf3172af49006948e2fc9dc8b1b1892b1659542)
mais on a


à cause de

par les équations ci-dessus ; donc on aura

et il ne restera qu’à satisfaire à ces deux équations

Supposons, pour plus de simplicité,

On aura

de sorte que

et la seconde des deux équations précédentes deviendra

soit donc

et l’on aura, en faisant pour plus de simplicité 

Donc

donc

et, tirant la racine carrée,

de sorte qu’on aura

et de là on trouvera les valeurs de
par les formules précédentes.
On aura de cette manière

Si l’on substitue ces valeurs dans les expressions de
et
de l’Article XVI, il est facile de voir que les quantités
et
ne sont autre chose que les coordonnées rectangles de la même courbe, qui est représentée par les coordonnées
mais rapportée à un autre plan de projection, dont la position dépend des angles
et
En effet, si l’on considère les deux plans des coordonnées
et des coordonnées
l’angle
sera celui de l’inclinaison de ces deux plans, l’angle
sera celui que la ligne d’interjection de ces plans fait avec l’axe des abscisses
et l’angle
sera celui que l’axe des abscisses
comprend avec la même ligne d’intersection. Or, comme l’expression des coordonnées
et
est plus simple que celle des coordonnées
il est clair que le plan de projection auquel appartiennent les coordonnées
et
est plus propre que tout autre plan pour y rapporter les mouvements des trois Corps, ou plutôt le mouvement relatif de deux de ces Corps autour, du troisième.
On voit donc que la position du plan de projection n’est point du tout indifférente, et que, parmi tous les plans possibles qu’on peut faire passer par le Corps
il y en a un qui doit être choisi de préférence, parce que les mouvements des Corps
et
autour de
sont par rapport à ce plan les plus simples qu’il est possible.
Cette remarque, qui me paraît de quelque importance dans le Problème des trois Corps, n’avait pas encore été faite, parce que personne, que je sache, n’avait jusqu’à présent envisagé ce Problème d’une manière aussi générale que nous venons de le faire.
XVIII.
Nous prendrons donc, à la place des coordonnées
celles-ci
pour représenter le mouvement du Corps
autour de
et comme l’on a, à cause de
(Article XV),


il est clair que
sera l’angle décrit par le Corps
autour de
dans le plan de projection, c’est-à-dire, la longitude du Corps
dans ce même plan ; et que
sera le sinus de la latitude. Ainsi on aura (Article XVI), à cause de 

Pour le Corps
![{\displaystyle {\begin{array}{lll}\mathrm {Rayon\ recteur\ de\ l'orbite\ } \ldots \ldots &r,\\\mathrm {Longitude} \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots &\displaystyle \int {\frac {\mathrm {T} dt}{h\left[r^{2}-\left({\cfrac {\mathrm {Z} }{h}}\right)^{2}\right]}},\\\mathrm {Sinus\ de\ la\ latitude} \ldots \ldots \ldots \ldots &{\cfrac {\mathrm {Z} }{hr}}.\end{array}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/3ff368ddaa430818239a5c6f0d79db6633189118)
Pour le Corps
![{\displaystyle {\begin{array}{lll}\mathrm {Rayon\ recteur\ de\ l'orbite\ } \ldots \ldots &r',\\\mathrm {Longitude} \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots &\displaystyle \int {\cfrac {\mathrm {T} 'dt}{h\left[r'^{2}-\left({\cfrac {\mathrm {Z} '}{h}}\right)^{2}\right]}},\\\mathrm {Sinus\ de\ la\ latitude} \ldots \ldots \ldots \ldots &{\cfrac {\mathrm {Z} '}{hr'}}.\end{array}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/0ca40745b0267e0ea200942f4a69fa1b888d0b0e)
Les valeurs de
et de
sont données par les formules de l’Article XIV, et pour avoir celles de
et
il n’y aura qu’à changer dans celles-là l’accent zéro en
et
en zéro, et ensuite
en
et
en
Quant à la quantité
c’est une constante arbitraire qui dépend du mouvement initial des Corps ; mais il faudra la prendre telle, qu’elle s’accorde avec l’équation
de l’Article XI dans laquelle le second membre est

de sorte qu’il n’y aura qu’à prendre pour
la racine carrée de la valeur du premier membre de cette équation lorsqu’on y fait 
XIX.
Les formules que nous venons de trouver servent à déterminer les orbites des Corps
et
autour du Corps
par rapport à un plan fixe passant par ce même Corps ; mais il faut voir encore comment on peut déterminer, par leur moyen, la position mutuelle de ces orbites. Pour cela, nous commencerons par remarquer que si l’on considère le triangle formé à chaque instant par les trois Corps
et dont les trois côtés sont
et
et qu’on nomme
les trois angles opposés à ces côtés, on aura, comme on le sait, par la Géométrie élémentaire,

Or on a (Article VIII)

donc

étant l’angle formé au centre du Corps
par les rayons recteurs
et
des deux autres corps
et 
Qu’on imagine maintenant deux plans passant, l’un par le Corps
et par les deux points infiniment proches dans lesquels s’est trouvé le Corps
au commencement et à la fin du temps infiniment petit
et l’autre par le même Corps
et par les deux points infiniment proches où le Corps
était au commencement et à la fin du même temps
ces deux plans seront ceux des orbites des Corps
et
autour de
et ils se couperont nécessairement dans une ligne droite passant par le Corps
laquelle sera donc la ligne des nœuds des deux orbites.
Soit
l’inclinaison de ces deux plans l’un à l’autre,
la distance du Corps
à l’intersection des deux plans ou à la ligne des nœuds, c’est-à dire, l’angle compris entre le rayon
et la ligne des nœuds, et
la distance du Corps
à la même ligne des nœuds, c’est-à-dire, l’angle formé par le rayon
et la ligne des nœuds ; si l’on imagine une sphère décrite autour de
comme centre, et que par les points où les deux rayons
et la ligne des nœuds traversent la surface de cette sphère, dont nous supposerons le rayon égal à
on mène des arcs de grands cercles, on aura un triangle sphérique dont les trois côtés seront
et
et dont l’angle opposé au côté
sera
de sorte qu’on aura, par les formules connues,

donc

Supposons maintenant que pendant le temps
le Corps
décrive autour de
l’angle infiniment petit
et que le Corps
décrive l’angle
il est clair que, tandis que les lignes
croissent de leurs différentielles
l’angle
croîtra de
et l’angle
demeurera le même, parce qu’on suppose que la position des plans des orbites des Corps
et
est la même au commencement et à la fin de l’instant
de même, en faisant croître les lignes
de leurs différentielles
il n’y aura que l’angle
qui variera en croissant de
Or, comme l’équation précédente doit être identique et indépendante de la loi des mouvements des Corps
et
il est clair qu’on pourra y faire varier les quantités
et
qui appartiennent au Corps
indépendamment des quantités
et
qui appartiennent au Corps
et vice versâ celles-ci indépendamment de celles-là ; d’où il suit qu’en faisant varier d’abord
et
ensuite
et
enfin les unes et les autres en même temps, on tirera de l’équation dont il s’agit les trois suivantes

Donc, si l’on fait dans toutes ces équations les substitutions de l’Article VIII, on aura ces quatre-ci

Or il est facile de concevoir que le carré du petit espace que parcourt le Corps
dans le temps
est exprimé également par
et par
de sorte qu’on aura

et par conséquent (Articles VIII et XI)

et de même

Ainsi les seconds membres des quatre équations précédentes seront tous donnés, dès qu’on connaîtra
et
en
(Article cité) ; de sorte qu’on aura quatre équations entre les trois inconnues,
et
par lesquelles on pourra non-seulement déterminer ces trois inconnues, mais encore avoir une équation entre les quantités
et cette équation sera la même que celle qu’on a déjà trouvée plus haut (Article X) par une voie bien différente.
XX.
Supposons, pour abréger, que les équations précédentes soient représentées ainsi

en faisant

il est facile de réduire ces quatre équations à ces deux-ci

lesquelles, à cause de l’ambiguïté des signes, équivalent réellement à quatre équations. Élevant ces deux équations au carré, et ensuite les ajoutant ensemble, on a

d’où, à cause de l’ambiguïté des signes, on tire

de sorte qu’éliminant
on aura

Si l’on substitue dans cette équation les valeurs de
comme aussi celles de
et de
on aura une équation qui sera la même que l’équation
de l’Article X ; ce qui peut servir à confirmer la bonté de nos calculs.
L’équation

donnera

ce qui fera connaître l’inclinaison
des deux orbites.
Connaissant
on connaîtra aisément
et
car, en multipliant les deux équations

l’une par l’autre, on aura celle-ci

et de même les deux autres équations

étant multipliées ensemble, donneront

d’où l’on tire

ou bien, en mettant, à la place de

sa valeur

tirée de l’équation trouvée ci-dessus, on aura, à cause de 

d’où l’on tire

c’est-à-dire, en substituant les valeurs de
et faisant attention que 

ou bien (Article XII)

XXI.
Si l’on veut que les trois Corps se meuvent dans un même plan, on aura alors
et par conséquents
et
donc

et par analogie

De sorte que les quantités
et
(Article XIV) seront nulles, et par conséquent les mouvements des trois Corps s’exécuteront dans le même plan que nous avons pris pour le plan de projection (Article XVIII). Or, si l’on substitue les valeurs de
tirées des équations précédentes dans l’équation
de l’Article XI on aura une équation en
et
par laquelle on pourra déterminer cette dernière quantité
substituant ensuite la valeur de
dans celles de
on aura les valeurs de
exprimées en
et
seulement ; ainsi, mettant ces valeurs de
dans les équations
de l’Article III on aura enfin trois équations en
et
lesquelles seront simplement différentielles du second ordre, au lieu que les équations générales
de l’Article V montent au quatrième ordre, lorsqu’on les délivre des signes d’intégration.
Au reste je crois que, dans le cas même dont il s’agit, ces dernières équations seront toujours préférables, parce qu’elles ont l’avantage singulier de ne renfermer aucun radical, ce qui n’aurait point lieu dans les équations où l’on emploierait les valeurs de
déterminées par les équations ci-dessus, valeurs qui renfermeraient nécessairement des radicaux carrés.
récapitulation.
XXII.
Pour résumer ce qui vient d’être démontré dans ce Chapitre, soient nommées :
les masses des trois Corps ;
les distances entre les Corps
et
et
et
et supposant, pour abréger,

on aura, en prenant l’élément du temps

pour constant,
| (H)
|
|
|
| (I)
|
|
|
| (K)
|
|
|
Ces équations serviront à déterminer les valeurs des distances
en
après quoi on pourra trouver directement et sans aucune intégiration les valeurs de tous les autres éléments, d’où dépend la détermination des orbites des Corps
et
autour du Corps
En effet, si l’on nomme

la vitesse du Corps

autour de

on aura d’abord
| (J)
|
|
|
Si l’on nomme ensuite

l’angle parcouru par le Corps

autour de

dans un plan supposé fixe et passant par

c’est-à-dire, la longitude de


l’angle de la latitude de

par rapport à ce même plan,

la longitude de


sa latitude,
et qu’on fasse, pour abréger,

en supposant

on aura sur-le-champ

et

Il faut remarquer que ces formules renferment deux constantes qui ne sont pas arbitraires, mais qui doivent être déterminées par des équations particulières ; ce sont l’une la constante
et l’autre la constante qui peut être ajoutée à la valeur de
déduite de l’équation
par la voie de l’intégration.
Voici donc les équations qui serviront à déterminer ces constantes
| (N)
|
|
|
en supposant

et
| (P)
|
|
|
On pourrait, si l’on voulait, employer ces équations à la place de deux quelconques des équations
; mais, comme elles sont assez compliquées, il vaudra mieux ne s’en servir que dans la détermination des constantes dont il s’agit ; et pour cela il est clair qu’on y pourra supposer partout
.
Or si, pour plus de simplicité, on suppose que, lorsque
on ait
et que de plus les rayons
coïncident, en sorte que l’angle compris entre ces rayons (Article XIX) soit nul, ce qui est toujours permis lorsque cet angle est variable, on aura, à cause de
(Article cité),

donc

de sorte que l’équation

deviendra

mais à cause de
on aura
donc aussi
Ainsi il faudra prendre la valeur de
en sorte qu’elle devienne nulle lorsque
[1].
L’équation
se simplifiera aussi beaucoup par les mêmes suppositions, et elle deviendra
| (P')
|
|
|
où il faudra prendre pour
les valeurs qui répondent à 
Quant aux constantes qui pourront entrer dans les valeurs de
et
elles seront entièrement arbitraires et ne dépendront que des valeurs initiales de
qui sont à volonté.
Enfin, si l’on nomme encore

l’angle élémentaire décrit par le Corps

autour du Corps

dans

l’instant


l’angle correspondant décrit par le corps

autour de


l’inclinaison mutuelle des orbites des Corps

et

autour de


la distance du Corps

au nœud de ces deux orbites,

la distance du Corps

au même nœud,
on aura


CHAPITRE II.
SOLUTION DU PROBLÈME DES TROIS CORPS DANS DIFFÉRENTS CAS.
XXIII.
Nous allons examiner dans ce Chapitre quelques cas particuliers, où le Problème des trois Corps se simplifie beaucoup et admet une solution exacte ou presque exacte ; quoique ces cas n’aient pas lieu dans le Système du monde, nous croyons cependant qu’ils méritent l’attention des Géomètres, parce qu’il en peut résulter des lumières pour la solution générale du Problème des trois Corps.
XXIV.
Le premier cas qui se présente est celui où les trois distances
seraient constantes, en sorte que le triangle formé par ces Corps demeurât toujours le même et ne fît que changer de position.
On aura dans ce cas

et par conséquent aussi

donc les trois équations
deviendront

d’où l’on voit que les quantités
seront pareillement con-
stantes, en sorte qu’on aura

moyennant quoi les équations
se réduiront à celles-ci

lesquelles donneront ou
ou
. Examinons séparément ces deux cas.
XXV.
Soit d’abord

donc

de sorte que le triangle formé par les trois Corps sera équilatère ; les équations
donneront donc

et, ces valeurs étant substituées dans les formules
on aura

Maintenant on aura

donc

de plus l’équation
donnera
par conséquent

étant une constante arbitraire qui doit satisfaire à l’équation 
Or on trouve

de sorte que l’équation dont nous parlons deviendra

c’est-à-dire,

d’où

Ainsi l’on aura satisfait à toutes les équations du Problème ; de sorte que la valeur de
demeurera indéterminée ; d’où il s’ensuit que le système des trois Corps peut se mouvoir de manière que les trois Corps forment toujours un triangle quelconque équilatéral.
Ayant trouvé

on aura

donc

d’où l’on voit que les trois Corps seront toujours nécessairement dans un même plan.
On trouve ensuite


donc, à cause de
et
on aura

mais l’équation
donnera

ou bien

par conséquent

donc

Ainsi les Corps
et
ne feront que tourner autour du Corps
avec une vitesse angulaire constante et égale à
XXVI.
Examinons maintenant l’autre cas, où
sans que
soient nuls, et substituons d’abord dans les équations
les valeurs de
et
tirées des équations
ci-dessus ; on aura

d’où l’on voit que les vitesses relatives des Corps seront aussi constantes, mais non pas égales entre elles comme dans le cas précédent.
Or, puisqu’il faut que
on aura donc aussi
et l’équation
deviendra

Ensuite l’équation
deviendra (à cause de
et
)

savoir

ainsi, en combinant l’une ou l’autre de ces équations avec l’équation précédente

on pourra, par leur moyen, déterminer deux quelconques des trois indéterminées

et le Problème sera résolu.
Supposons d’abord
on aura

donc, puisque
sont supposées positives, on aura ces équations

d’où l’on tire

c’est-à-dire, que l’une des trois distances doit être égale à la somme des deux autres, ce qui montre que les trois Corps doivent être toujours rangés dans une même ligne droite.
Imaginons que les trois Corps
soient rangés de suite dans la même direction, en sorte que l’on ait

et, faisant pour plus de simplicité
il n’y aura qu’à substituer dans l’équation
à la place de
et
à la place de
l’inconnue
s’en ira, et l’on aura une équation qui servira à déterminer
On trouvera donc
![{\displaystyle {\begin{aligned}p\ \,=&{\frac {m^{2}+(m-1)^{2}-1}{2}}r^{2}=\left(m^{2}-m\right)r^{2},\\p'\,=&{\frac {1+(m-1)^{2}-m^{2}}{2}}r^{2}=(1-m)r^{2},\\p''=&{\frac {1+m^{2}-(m-1)^{2}}{2}}r^{2}=mr^{2},\\\\q\ \,=&\left[{\frac {1}{m^{3}}}-{\frac {1}{(m-1)^{3}}}\right]{\frac {1}{r^{3}}}=-{\frac {3m^{2}-3m+1}{m^{3}(m-1)^{3}}}{\frac {1}{r^{3}}},\\q'\,=&\left[1-{\frac {1}{(m-1)^{3}}}\right]{\frac {1}{r^{3}}}={\frac {m^{3}-3m^{2}+3m}{(m-1)^{3}}}{\frac {1}{r^{2}}},\\q''=&\left({\frac {1}{m^{3}}}-1\right){\frac {1}{r^{3}}}={\frac {1-m^{3}}{m^{3}}}{\frac {1}{r^{3}}}\,;\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/29670ed5e6b92cf4ebe352b14da2316e627d28cc)
et, ces substitutions étant faites dans l’équation

, elle deviendra, après avoir été multipliée par

laquelle étant ordonnée par rapport à
montera au cinquième degré, et aura par conséquent toujours une racine réelle.
Il est bon de remarquer ici que, quoique nous ayons supposé
ayons
la solution n’en renfermera pas moins tous les cas possibles, à cause que les distances
étant prises sur une même ligne droite, peuvent être positives ou négatives, suivant la différente position des Corps.
Maintenant, à cause de

on aura

de sorte que, comme on a déjà
on aura

ce qui montre que les trois Corps doivent se mouvoir dans un plan fixe.
XXVII.
Supposons maintenant l’autre facteur
égal à zéro, on aura

Or les équations
donnent

d’où, en multipliant par
et mettant à la place de
et
leurs valeurs
et
on aura, à cause de 

mais

par l’équation
donc on aura simplement

et l’on trouvera de même par analogie

d’où il est facile de tirer

et par conséquent

donc

et de là, à cause de 
![{\displaystyle {\begin{aligned}\mathrm {U} =u^{2}u'^{2}-v''^{2}=&{\frac {\mathrm {P} }{r^{2}r'^{2}}}\left[u^{2}u'^{2}-p''\left(\mathrm {B} q'u^{2}+\mathrm {C} qu'^{2}\right)-\mathrm {BC} qq'\mathrm {P} \right]\\=&{\frac {\mathrm {P} }{r^{2}r'^{2}}}\left[\left(u^{2}-\mathrm {C} qp''\right)\left(u'^{2}-\mathrm {B} q'p''\right)-\mathrm {BC} r^{2}r'^{2}qq'\right].\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/1e1973abe8adfcaa18306f5b67759d25a5fa4ecd)
Mais les mêmes équations
donnent

donc, en substituant ces valeurs aussi bien que celles de
et
on aura
![{\displaystyle \mathrm {U=P} \left[\left({\frac {\mathrm {A+B} }{r^{3}}}+{\frac {\mathrm {C} }{r''^{3}}}\right)\left({\frac {\mathrm {A+C} }{r'^{3}}}+{\frac {\mathrm {B} }{r''^{3}}}\right)-\mathrm {BC} \left({\frac {1}{r^{3}}}-{\frac {1}{r''^{3}}}\right)\left({\frac {1}{r'^{3}}}-{\frac {1}{r''^{3}}}\right)\right],}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/8f6b710d393b4cc63c052e7185d5e0045951fb8c)
ou bien

![{\displaystyle \left.+{\frac {\mathrm {AB} }{r^{3}}}\left({\frac {1}{r'^{3}}}+{\frac {1}{r''^{3}}}\right)+{\frac {\mathrm {AC} }{r'^{3}}}\left({\frac {1}{r^{3}}}+{\frac {1}{r''^{3}}}\right)+{\frac {\mathrm {BC} }{r''^{3}}}\left({\frac {1}{r^{3}}}+{\frac {1}{r'^{3}}}\right)\right].}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/d67565646776cb18b9b9d835fce4664950e0ad68)
D’où l’on voit que l’équation
ne peut donner que celle-ci
l’autre facteur de
ne pouvant jamais devenir nul, à cause que les rayons
et les masses
sont des quantités positives.
XXVIII.
L’équation
étant donc la seule qui puisse satisfaire au cas que nous examinons, ce cas n’aura lieu, comme nous l’avons vu plus haut, que lorsque les trois Corps seront rangés dans une même ligne droite, et que leurs distances seront dans le rapport exprimé par l’équation
.
Or nous avons déjà trouvé que les trois Corps doivent se mouvoir dans un plan fixe ; de sorte que, connaissant la vitesse
du Corps
autour de
il n’y aura qu’à la diviser par
pour avoir la vitesse angulaire des Corps
et
mais, si l’on veut faire usage des formules générales de l’Article XXII on remarquera qu’à cause de
on a (Article XXVII)

mais les équations
donnent

donc, substituant les valeurs précédentes de
et
et faisant, pour abréger,

on aura

donc aussi

Ainsi on aura (Article XXII)

mais, à cause de
on a

donc

donc l’équation
deviendra

d’où

ensuite, à cause de
et 

XXIX.
Nous avons supposé ci-dessus que les rayons
étaient constants, et nous avons vu que cela ne peut avoir lieu que dans deux cas, savoir lorsque ces trois rayons sont égaux entre eux, et lorsque l’un d’eux est égal à la somme des deux autres. Supposons maintenant que ces trois rayons soient seulement dans un rapport constant entre eux, et voyons dans quel cas cette condition pourra avoir lieu. Soit donc


et

étant des quantités constantes, et l’on aura d’abord (Article XXII)

en faisant, pour abréger,


Donc l’équation
deviendra

ou bien, en faisant

pour abréger,

et intégrant

étant une constante arbitraire égale à la valeur de
lorsque 
Ensuite on aura

donc, en intégrant,

et
étant des constantes arbitraires.
Faisant toutes ces substitutions dans les équations
et divisant ensuite la seconde par
et la troisième par
elles deviendront celles-ci
![{\displaystyle {\begin{aligned}{\frac {d^{2}\left(r^{2}\right)}{2dt^{2}}}&-{\frac {\mathrm {A+B+C} (1-\mu '\varpi '+\mu ''\varpi '')}{r}}\\&\qquad \qquad \qquad +\mathrm {C} \varpi \int \left(\alpha -\lambda \int {\frac {dt}{r}}\right){\frac {dt}{r^{3}}}-\mathrm {C} k=0,\\{\frac {d^{2}\left(r^{2}\right)}{2dt^{2}}}&-{\frac {\mathrm {A+C+B} \left[1-(\mu \varpi +\mu ''\varpi '')m\right]}{m^{3}r}}\\&\qquad \qquad \qquad -{\frac {\mathrm {B} \varpi '}{m^{2}}}\int \left(\alpha -\lambda \int {\frac {dt}{r}}\right){\frac {dt}{r^{3}}}-{\frac {\mathrm {B} k'}{m^{2}}}=0,\\{\frac {d^{2}\left(r^{2}\right)}{2dt^{2}}}&-{\frac {\mathrm {B+C+A} \left[1+(\mu \varpi +\mu '\varpi ')n\right]}{n^{3}r}}\\&\qquad \qquad \qquad -{\frac {\mathrm {A} \varpi ''}{n^{2}}}\int \left(\alpha -\lambda \int {\frac {dt}{r}}\right){\frac {dt}{r^{3}}}-{\frac {\mathrm {A} k''}{n^{2}}}=0,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/72b653b0d414a73abfbc51c9d331fea149f1b03a)
lesquelles devront être identiques ; de sorte qu’on aura ces conditions à remplir
1
o![{\displaystyle \quad \mathrm {A+B+C} (1-\mu '\varpi '+\mu ''\varpi '')={\frac {\mathrm {A+C+B} \left[1-(\mu \varpi +\mu ''\varpi '')m\right]}{m^{3}}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/634c48eed3c3843e147d9497abb617ac0a38be53)
![{\displaystyle ={\frac {\mathrm {B+C+A} \left[1+(\mu \varpi +\mu '\varpi ')n\right]}{n^{3}}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/25ed733947a2c62ba14961991b78215865df36ef)
2
o
3
o
Ces deux dernières conditions peuvent toujours se remplir par le moyen des constantes indéterminées
et
; ainsi la difficulté ne consiste qu’à satisfaire à celles des groupes 1o et 2o.
Or, si l’on fait, pour abréger,


on pourra réduire les deux équations du groupe 1
o à celles-ci, par des transformations analogues à celles de l’Article XXVII

Ainsi il n’y aura qu’à combiner ces deux équations avec celles du groupe 2o, savoir

ce qui fait deux cas que nous allons examiner séparément.
XXX.
Soit d’abord

donc

mais on a (Article XXIX)

donc

savoir

Or il est visible que la quantité
ne saurait jamais devenir nulle, à cause que les masses
sont des quantités positives ; ainsi il faudra que l’on ait
et par conséquent aussi
or, dans ce cas, on aura
et les deux équations
ci-dessus auront lieu d’elles-mêmes ; de sorte que toutes les conditions se trouveront remplies, et le Problème des trois Corps sera résoluble exactement dans l’hypothèse de

ce qui donnera

et par conséquent

c’est-à-dire, les distances entre les Corps égales entre elles, comme dans le cas de l’Article XIV ; mais avec cette différence, que dans le cas présent elles peuvent être variables.
Pour connaître le mouvement des Corps dans ce cas, on reprendra les équations différentielles de l’Article XXIX lesquelles, en faisant

se réduisent à cette équation unique

Multipliant par
et intégrant ensuite, on aura
![{\displaystyle \left[{\frac {d\left(r^{2}\right)}{2dt}}\right]^{2}-2(\mathrm {A+B+C} )r-fr^{2}=\mathrm {H} ,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/e9651f087815dd6c668b34ea1531707505fc5d53)
étant une constante arbitraire ; et de là

moyennant quoi on connaîtra
en
et vice versâ,
en 
Maintenant, puisque
on aura

donc (Article XXII)

De plus, ayant
on aura

et cette constante

devra être déterminée en sorte qu’elle satisfasse à l’équation

on peut donner pour cela à

telle valeur qu’on voudra ; mais, en ne faisant aucune supposition particulière, l’équation

devra être identique avec celle que nous avons trouvée ci-dessus pour la détermination de

et leur comparaison donnera la valeur de
En effet, à cause de
on aura

donc

et de même, à cause de
on aura

donc

ensuite

et l’équation
deviendra
![{\displaystyle 9r^{4}u^{4}-6u^{2}\left[3r^{2}\left({\frac {rdr}{dt}}\right)^{2}+r^{2}\alpha ^{2}\right]+\left[3\left({\frac {rdr}{dt}}\right)^{2}+\alpha ^{2}\right]^{2}=0,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/1ac3b3cf0ee3efce8b16b1c5f13027a71ea57251)
ou bien
![{\displaystyle \left[3r^{2}u^{2}-3\left({\frac {rdr}{dt}}\right)^{2}-\alpha ^{2}\right]^{2}=0\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/8bc3e2dfc4dae1c633d6b24e1ff4ed6a59fd72d2)
d’où l’on tire

Or on a déjà trouvé

donc, substituant cette valeur et résolvant l’équation, il viendra

Comparant donc cette équation avec la précédente, on aura

et par conséquent

d’où l’on voit que
doit être nécessairement une quantité négative.
On aura ensuite

et

donc l’équation
deviendra

d’où l’on tire

Or, puisqu’on a déjà trouvé

et que

on aura

d’ailleurs on a

donc on aura

et par conséquent

c’est-à-dire,

ce qui montre que les Corps
et
doivent se mouvoir dans un même plan fixe passant par le Corps 
Maintenant, si l’on substitue dans les expressions de
et
les valeurs de
et de
trouvées ci-dessus, on aura

et par conséquent, en substituant la valeur ci-dessus de 

qui est l’équation polaire d’une section conique rapportée au foyer, et dans laquelle
est le grand axe et
le paramètre.
Ainsi les Corps
et
décriront dans ce cas autour du Corps
deux sections coniques semblables et égales, dont l’espèce et la forme dépendront des quantités arbitraires
et
lesquelles pourront se déterminer par les équations

en donnant à
et
les valeurs qui conviennent au premier instant.
XXXI.
Reste à examiner le cas où
et
or la supposition de
réduit d’abord les équations
à celles-ci

lesquelles donnent ou

ou bien

c’est-à-dire,

Or j’observe d’abord que ces deux dernières équations sont inutiles ; car on aurait d’abord
ensuite, à cause de
on aurait
de sorte que l’équation
deviendrait
ce qui donnera
on aurait donc
ce qui rentre dans le cas que nous avons examiné ci-dessus.
Il faut donc faire
de sorte que la solution du Problème sera renfermée dans ces trois équations

La première donnera (Article XXIX)

donc

et par conséquent

c’est-à-dire, que l’une des trois distances
doit être égale à la somme des deux autres, et conséquemment que les trois Corps doivent être toujours rangés dans une même ligne droite.
Ce cas est donc analogue à celui de l’Article XXVI mais il est plus général, en ce que les distances entre les Corps peuvent être variables, pourvu que leurs rapports soient constants.
On déterminera ces rapports par l’équation
et pour cela on pourra supposer, comme dans l’Article cité, que les trois Corps
soient disposés de suite dans une même ligne droite, en sorte que
ce qui donnera
on substituera donc cette valeur de
dans l’expression de
de l’Article XXIX et l’on aura une équation en
qui sera la même que l’équation
de l’Article XXVI. Mais il faut voir encore si la condition de
peut avoir lieu ; et comme la constante
doit être déterminée par l’équation
, tout se réduit à savoir si cette équation peut subsister en y faisant
c’est-à-dire,
à cause de
(Article XXIX) et de
Or, en supposant
et substituant pour
et
leurs valeurs (Article cité), on aura


mais, par la nature des quantités
on a

de plus, on a, en vertu de l’équation 

donc on aura aussi

de sorte que toutes les quantités précédentes

seront nulles, et conséquemment l’équation

se trouvera vérifiée d’elle-même.
XXXII.
Maintenant il est clair qu’à cause de
et
les trois équations différentielles de l’Article XXIX se réduiront à celle-ci

en faisant, pour abréger,


Cette équation étant donc multipliée par
et ensuite intégrée, donnera

étant une constante arbitraire ; d’où l’on tire

moyennant quoi on déterminera
en
et par conséquent
en 
De plus, si dans les équations
de l’Article XXII on substitue les valeurs de
de l’Article XXIX on aura, en vertu des équations du groupe 1o du même Article,

donc

De là on trouvera
![{\displaystyle {\begin{aligned}\Pi \ \,=&2\mathrm {F} r+fr^{2}-\left({\frac {rdr}{dt}}\right)^{2}=-\mathrm {H} ,\\\Pi '\,=&m^{4}\left[2\mathrm {F} r+fr^{2}-\left({\frac {rdr}{dt}}\right)^{2}\right]=-\mathrm {H} m^{4},\\\Pi ''=&-\mathrm {H} n^{4},\\\\\Psi \ \,=&\mu ^{2}\left[2\mathrm {F} r+fr^{2}-\left({\frac {rdr}{dt}}\right)^{2}\right]=-\mathrm {H} \mu ^{2}=-\mathrm {H} m^{2}n^{2},\\\Psi '\,=&-\mathrm {H} \mu '^{2}\,=-\mathrm {H} n^{2},\\\Psi ''=&-\mathrm {H} \mu ''^{2}=-\mathrm {H} m^{2},\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/e534e61d7ba0636e91819cec3ac9e601b766e194)
à cause de

et par conséquent

Donc, si l’on substitue ces valeurs dans l’équation
, elle deviendra

d’où

d’où l’on voit que
doit être une quantité négative.
Or, à cause de
et de
on aura

ce qui montre que les deux Corps
et
doivent se mouvoir dans un même plan fixe passant par le Corps
et l’on trouvera ensuite pour les angles de rotation

Et, si l’on substitue la valeur de

trouvée ci-dessus, on aura

équation polaire d’une section conique, rapportée au foyer, dans laquelle
sera le grand axe et
le paramètre.
XXXIII.
Nous venons donc de voir que le Problème des trois Corps est résoluble exactement, soit que les distances entre les trois Corps soient constantes, ou qu’elles gardent seulement entre elles des rapports constants, et cela dans deux cas, savoir lorsque les trois distances sont égales entre elles, en sorte que les trois Corps forment toujours un triangle équilatère, et lorsque l’une des distances est égale à la somme ou à la différence des deux autres, en sorte que les trois Corps se trouvent toujours rangés en ligne droite.
Or, si l’on suppose que les distances
soient variables, mais de manière que leurs valeurs ne s’écartent que très-peu de celles qu’elles devraient avoir pour que l’un des cas précédents eût lieu, il est clair que le Problème sera résoluble à très-peu près, et par les méthodes connues d’approximation ; mais nous n’entrerons pas ici dans ce détail, qui nous écarterait trop de notre objet principal.
J’avoue, au reste, qu’on pourrait résoudre les Problèmes précédents d’une manière plus simple par les formules ordinaires du Problème des trois Corps entre les rayons vecteurs et les angles décrits par ces rayons, si l’on voulait se borner d’abord à l’hypothèse que les Corps se meuvent dans un même plan fixe ; mais il ne serait pas aisé, ce me semble, d’en venir à bout par les mêmes formules, si l’on supposait, comme nous l’avons fait, que les Corps pussent se mouvoir dans des plans différents.
XXXIV.
Le cas que nous allons examiner a lieu dans le Système du monde, par rapport à ces trois Planètes, le Soleil, la Terre et la Lune, dont les deux dernières sont beaucoup plus éloignées de la première qu’elles ne le sont l’une de l’autre ; mais nous ne considérons ici le cas dont il s’agit que d’une manière générale, et seulement pour voir quelles modifications cette supposition doit apporter aux formules générales de l’Article XXII.
Supposons donc que le Corps
soit beaucoup plus éloigné des Corps
et
que ceux-ci ne le sont entre eux, en sorte que les quantités
et
soient fort grandes par rapport à la quantité
pour cela nous prendrons une quantité
que nous supposerons constante et très-petite, et nous ferons

en sorte que
et
soient des quantités finies et comparables à
Or, si l’on nomme, comme dans l’Article XIX,
l’angle formé au centre du Corps
par les rayons vecteurs
et
des Corps
et
on aura

d’où

ou bien

Donc, si l’on fait

on aura

donc

De là on aura

Donc (Article XXII)

et de là

Or, comme
est une quantité très-petite de l’ordre de
et que
sont des quantités fort grandes de l’ordre de
il est clair qu’en substituant les valeurs de ces quantités dans l’équation
les termes
ne pourront être homogènes, à moins que la masse
ne soit infiniment grande de l’ordre
vis-à-vis des deux autres.
Supposons donc
et l’équation
de l’Article XXII deviendra, après les substitutions,
![{\displaystyle {\frac {d^{2}\rho }{dt^{2}}}+{\frac {1}{i}}\left[{\frac {\mathrm {(A+B)R} }{r^{3}}}-\mathrm {\frac {3D}{R^{2}}} \right]z-{\frac {\mathrm {B} }{r}}-{\frac {\mathrm {D} \left(9z^{2}-3r^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{3}}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/4a4263d3466eabf8743917f541d0b6b98e9d3722)

d’où l’on voit que la quantité
est de l’ordre de
de sorte que la quantité
sera aussi du même ordre.
Donc, si l’on fait, pour abréger,
![{\displaystyle (f)\quad {\frac {d\sigma }{dt}}=\left[{\frac {\mathrm {(A+B)R} }{r^{3}}}-\mathrm {\frac {3D}{R^{2}}} \right]z-i\left[{\frac {\mathrm {B} }{r}}+{\frac {3\mathrm {D} \left(3z^{2}-r^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{3}}}\right]}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/7e5f69c231a19256d84ae8b97c32c09d40071f88)
![{\displaystyle -i^{2}\left[{\frac {\mathrm {D} \left(10z^{3}-6zr^{2}\right)}{\mathrm {R} ^{4}}}\right]-\ldots ,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/ccd63d96f05b6ca6a2eae91357fefd711bfa86a8)
on aura

et il faudra prendre la valeur de
telle, qu’elle soit nulle lorsque
.
XXXV.
![{\displaystyle {\begin{aligned}qdp\ \ \ =&-{\frac {6i^{2}zd\mathrm {R} }{\mathrm {R} ^{3}}}-{\frac {i^{3}\left[\left(15z^{2}-3r^{2}\right)d\mathrm {R} -3zd(\mathrm {R} z)\right]}{\mathrm {R} ^{4}}}-\ldots \\q'\,dp'\,=&-{\frac {d(\mathrm {R} z)}{ir^{3}}}+{\frac {2dr}{r^{2}}}+{\frac {i^{2}d(\mathrm {R} z)}{\mathrm {R} ^{3}}}+{\frac {i^{3}\left[3z(d\mathrm {R} z)-\mathrm {R} d\left(r^{2}\right)\right]}{\mathrm {R} ^{4}}}\\&+{\frac {i^{4}\left[\left(15z^{2}-3r^{2}\right)d(\mathrm {R} z)-6\mathrm {R} zd\left(r^{2}\right)\right]}{2\mathrm {R} ^{5}}}\\&+{\frac {i^{5}\left[\left(35z^{3}-15zr^{2}\right)d(\mathrm {R} z)-\left(15z^{2}-3r^{2}\right)\mathrm {R} d\left(r^{2}\right)\right]}{2\mathrm {R} ^{6}}}+\ldots ,\\q''dp''=&-{\frac {d(\mathrm {R} z)}{ir^{3}}}+{\frac {i^{2}d(\mathrm {R} z)}{\mathrm {R} ^{3}}}.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/d62480a497ecd390df519a161e68a3cdc1ed6c44)
De sorte que les valeurs de

et

deviendront
![{\displaystyle {\begin{aligned}d\mathrm {Q} \ \,=&{\frac {2dr}{r^{2}}}+i^{3}\left[-{\frac {d\left(r^{2}\right)}{\mathrm {R} ^{3}}}+{\frac {3z\left[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt\right]}{\mathrm {R} ^{4}}}\right]\\&+i^{4}\left[-{\frac {3zd\left(r^{2}\right)}{\mathrm {R} ^{4}}}+{\frac {\left(15z^{2}-3r^{2}\right)[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt]}{2\mathrm {R} ^{5}}}\right]\\&+i^{5}\left[-{\frac {\left(15z^{2}-3r^{2}\right)d\left(r^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{5}}}+{\frac {\left(35z^{3}-15zr^{2}\right)[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt]}{2\mathrm {R} ^{6}}}\right]+\ldots ,\\\\d\mathrm {Q} '\,=&-{\frac {1}{i}}\left[{\frac {d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{r^{3}}}\right]+i^{2}\left[{\frac {-6zd\mathrm {R} +d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{\mathrm {R} ^{3}}}\right]+\ldots ,\\d\mathrm {Q} ''=&{\frac {1}{i}}\left[{\frac {d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{r^{3}}}\right]-{\frac {2dr}{r^{2}}}-i^{2}\left[{\frac {-6zd\mathrm {R} +d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{\mathrm {R} ^{3}}}\right]+\ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/03b375a59f3263f655f9d98b83034a57670ec1ec)
Donc, faisant toutes ces substitutions dans les équations
elles deviendront
![{\displaystyle (g)\left\{{\begin{aligned}&{\frac {d^{2}\left(r^{2}\right)}{2dt^{2}}}\\&-{\frac {\mathrm {A+B} }{r}}-\mathrm {D} \left[{\frac {3z^{2}-r^{2}}{\mathrm {R} ^{3}}}+\int \left(-{\frac {d\left(r^{2}\right)}{\mathrm {R} ^{3}}}+{\frac {3z[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt]}{\mathrm {R} ^{4}}}\right)\right]\\&-i\ \mathrm {D} \left[{\frac {15z^{3}-9r^{2}z}{2\mathrm {R} ^{4}}}+\int \left(-{\frac {3zd\left(r^{2}\right)}{\mathrm {R} ^{4}}}+{\frac {\left(15z^{2}-3r^{2}\right)[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt]}{2\mathrm {R} ^{5}}}\right)\right]\\&-i^{2}\mathrm {D} \left[{\frac {35z^{4}-30z^{2}r^{2}+3r^{4}}{2\mathrm {R} ^{5}}}\right.\\&\qquad \left.+\int \left(-{\frac {\left(15z^{2}-3r^{2}\right)d\left(r^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{5}}}+{\frac {\left(35z^{3}-15zr^{2}\right)\left[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt\right]}{2\mathrm {R} ^{6}}}\right)\right]-\ldots =\mathrm {const} .,\end{aligned}}\right.}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/cf91bbf1f63734ff530d6fabca0c98265a1a7ab8)
![{\displaystyle {\begin{aligned}{\frac {d^{2}\left(\mathrm {R} ^{2}\right)}{2i^{2}dt^{2}}}&-{\frac {\mathrm {D} }{i^{2}\mathrm {R} }}+{\frac {\mathrm {B} }{i}}\left[{\frac {\mathrm {R} z}{r^{3}}}+\int {\frac {d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{r^{3}}}\right]-{\frac {i(\mathrm {A+B} )}{\mathrm {R} }}-\ldots =\mathrm {const} .,\\\\{\frac {d^{2}\left(\mathrm {R} ^{2}\right)}{2i^{2}dt^{2}}}&-{\frac {d^{2}(\mathrm {R} z)}{idt^{2}}}+{\frac {d^{2}\left(r^{2}\right)}{2dt^{2}}}-{\frac {\mathrm {D} }{i^{2}\mathrm {R} }}\\&-{\frac {1}{i}}\left[{\frac {\mathrm {D} z}{\mathrm {R} ^{2}}}+\mathrm {A} {\frac {\mathrm {R} z}{r^{3}}}+\mathrm {A} \int {\frac {d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{r^{3}}}\right]\\&-{\frac {\mathrm {D} \left(3z^{2}-r^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{3}}}-{\frac {\mathrm {A} }{r}}-i\left[{\frac {\mathrm {D} \left(5z^{3}-3zr^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{4}}}+{\frac {\mathrm {A+B} }{\mathrm {R} }}\right]-\ldots =\mathrm {const} .,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/69a048cc7c2f5808b426b69a862567697d02b360)
dont les deux dernières se réduisent à celles-ci
![{\displaystyle (h)\quad {\frac {d^{2}\left(\mathrm {R} ^{2}\right)}{2dt^{2}}}-{\frac {\mathrm {D} }{\mathrm {R} }}+i\mathrm {B} \left[{\frac {\mathrm {R} z}{r^{3}}}+\int {\frac {d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{r^{3}}}\right]-{\frac {i^{3}(\mathrm {A+B} )}{\mathrm {R} }}+\ldots =\mathrm {const} .,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/c40bc466ce66e7fe52ae09beccc9bf4a5d36956d)
![{\displaystyle (i)\left\{{\begin{aligned}&{\frac {d^{2}(\mathrm {R} z)}{dt^{2}}}\\&+{\frac {\mathrm {D} z}{\mathrm {R} ^{2}}}+(\mathrm {A+B} )\left[{\frac {\mathrm {R} z}{r^{3}}}+\int {\frac {d(\mathrm {R} z)+\sigma dt}{r^{3}}}\right]\\&-i\left[{\frac {\mathrm {B} }{r}}+{\frac {\mathrm {D} \left(3z^{2}-r^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{2}}}+\mathrm {D} \int \left(-{\frac {d\left(r^{2}\right)}{\mathrm {R} ^{3}}}+{\frac {3z[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt]}{\mathrm {R} ^{4}}}\right)\right]\\&-i^{2}\mathrm {D} \left[{\frac {5z^{3}-3zr^{2}}{\mathrm {R} ^{4}}}+\int \left(-{\frac {3zd\left(r^{2}\right)}{\mathrm {R} ^{4}}}+{\frac {\left(15z^{2}-3r^{2}\right)\left[d(\mathrm {R} z)-\sigma dt\right]}{2\mathrm {R} ^{5}}}\right)\right]-\ldots \\&\qquad =\mathrm {const} .,\end{aligned}}\right.}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/31239fb4d42ed6eaec51cc9c256d20fe178cd757)
Ainsi l’on aura, à la place des équations
de l’Article XXII les trois équations
et
dans lesquelles on n’a négligé que les quantités très-petites de l’ordre de
et des ordres suivants, et ces équations serviront à trouver les valeurs de
et
en
moyennant quoi le Problème sera résolu dans toute sa généralité, puisqu’il ne s’agira plus ensuite que de substituer ces valeurs dans les formules qui donnent les latitudes et les longitudes des Corps
et
(Article XXII). Or, comme la supposition de
très-petit simplifie aussi beaucoup les substitutions dont il s’agit, nous allons donner encore les valeurs de
et de
exprimées en
et
mais nous ne pousserons pas la précision au delà des quantités de l’ordre de
.
XXXVI.
Pour cela nous commencerions par chercher les valeurs des vitesses
or, si dans les équations
on substitue, à la place des quantités
leurs valeurs tirées des équations
on a, en général,

Donc, faisant ici les mêmes substitutions que ci-dessus, et supposant, pour abréger,

on aura
![{\displaystyle {\begin{aligned}u^{2}\ \,=&\mathrm {L} -{\frac {i\mathrm {D} \left(15z^{3}-9r^{2}z\right)}{2\mathrm {R} ^{4}}}-\ldots ,\\u'^{2}\,=&{\frac {\mathrm {M} }{i^{2}}}+{\frac {\mathrm {BR} z}{ir^{3}}}+\ldots ,\\u'^{2}=&{\frac {\mathrm {M} }{i^{2}}}+{\frac {1}{i}}\left({\frac {\mathrm {BR} z}{r^{3}}}-\mathrm {N} \right)+\left[\mathrm {L} -{\frac {\mathrm {B} }{r}}+{\frac {3\mathrm {D} \left(3z^{2}-r^{2}\right)}{2\mathrm {R} ^{3}}}\right]+\ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/0727b404804f6276c2fa703bec6d7651c523273c)
Or on a

donc

De plus, en faisant, pour abréger,
![{\displaystyle {\begin{aligned}\Gamma =&{\frac {\mathrm {R} ^{2}\left[d\left(r^{2}\right)\right]^{2}+r^{2}\left[d(\mathrm {R} z)\right]^{2}-2\mathrm {R} zd(\mathrm {R} z)d\left(r^{2}\right)}{dt^{2}}}\\&\ \ \quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad +{\frac {2\sigma \left[\mathrm {R} zd\left(r^{2}\right)-r^{2}d(\mathrm {R} z)\right]}{dt}}+r^{2}\sigma ^{2},\\\Delta =&{\frac {\mathrm {R} ^{2}\left[d\left(\mathrm {R} z\right)\right]^{2}+r^{2}\left[d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)\right]^{2}-2\mathrm {R} zd(\mathrm {R} z)d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)}{dt^{2}}}\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad +{\frac {2\sigma \left[\mathrm {R} ^{2}d(\mathrm {R} z)-\mathrm {R} zd\left(\mathrm {R} ^{2}\right)\right]}{dt}}+\mathrm {R} ^{2}\sigma ^{2},\\\Lambda =&{\frac {\mathrm {R} z\left[d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)d\left(r^{2}\right)+[d(\mathrm {R} z)]^{2}\right]-d(\mathrm {R} z)d\left(\mathrm {R} ^{2}r^{2}\right)}{dt^{2}}}\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad -{\frac {\sigma \left[\mathrm {R} ^{2}d\left(r^{2}\right)-r^{2}d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)\right]}{dt}}-\mathrm {R} z\sigma ^{2},\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/26e0c17f889eed1265f901b690de5a1a69f82304)
on aura

donc, substituant ces valeurs dans les expressions de
et
(Article XXII), et faisant encore

on aura, aux quantités de l’ordre
près,

ou bien

la quantité
étant une constante qu’on déterminera par l’équation
comme on le verra ci-dessous.
Ainsi l’on connaîtra par ces formules les latitudes
et
des Corps
et
par rapport à un plan fixe passant par
On voit par là qu’on aura à très-peu près

ce qui donne un rapport bien simple et très-remarquable entre les latitudes des Corps
et 
XXXVII.
On trouvera ensuite
![{\displaystyle {\begin{aligned}\mathrm {H} \ \,=&\mathrm {L} r^{2}-\left({\frac {d\left(r^{2}\right)}{2dt}}\right)^{2}-{\frac {i\mathrm {D} \left(15z^{3}-9r^{2}z\right)r^{2}}{2\mathrm {R} ^{4}}}-\ldots ,\\\mathrm {H} '\,=&{\frac {1}{i^{4}}}\left[\mathrm {MR} ^{2}-\left({\frac {d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)}{2dt}}\right)^{2}\right]+\ldots ,\\\mathrm {H} ''=&{\frac {1}{i^{4}}}\left[\mathrm {MR} ^{2}-\left({\frac {d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)}{2dt}}\right)^{2}\right]\\&+{\frac {1}{i^{3}}}\left({\frac {\mathrm {BR} ^{3}z}{r^{3}}}-\mathrm {NR^{2}-2MR} z+{\frac {d(\mathrm {R} ^{2})d(\mathrm {R} z)}{dt^{2}}}\right)+\ldots ,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/358e5bf6d2693e06ddba36649bed59c70c094b32)
et, à cause de

on aura de même (Article XXII)
![{\displaystyle {\begin{aligned}\Psi \ \,=&{\frac {1}{i^{4}}}\left[\mathrm {MR} ^{2}-\left({\frac {d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)}{2dt}}\right)^{2}\right]\\&+{\frac {1}{i^{3}}}\left[{\frac {\mathrm {BR} ^{3}z}{r^{3}}}-\mathrm {{\frac {NR^{2}}{2}}-MR} z+{\frac {d\left(\mathrm {R} ^{2}\right)d(\mathrm {R} z)}{dt^{2}}}\right]+\ldots ,\\\Psi '\,=&{\frac {1}{i^{2}}}\left[{\frac {\mathrm {NR} z}{2}}-\left({\frac {d(\mathrm {R} z)}{2dt}}\right)^{2}+{\frac {\sigma ^{2}}{4}}\right]\\&+{\frac {1}{i}}\left[-\left(\mathrm {L} -{\frac {\mathrm {B} }{2r}}+{\frac {3\mathrm {D} \left(3z^{2}-r^{2}\right)}{4\mathrm {R} ^{3}}}\right)\mathrm {R} z-{\frac {\mathrm {N} r^{2}}{2}}+{\frac {d(\mathrm {R} z)d\left(r^{2}\right)}{2dt^{2}}}\right]+\ldots ,\\\Psi ''=&{\frac {1}{i^{2}}}\left[{\frac {\mathrm {NR} z}{2}}-\left({\frac {d(\mathrm {R} z)}{2dt}}\right)^{2}+{\frac {\sigma ^{2}}{4}}\right]+{\frac {1}{i}}\left({\frac {\mathrm {B} }{2r}}-{\frac {3\mathrm {D} \left(3z^{2}-r^{2}\right)}{4\mathrm {R} ^{3}}}\right)\mathrm {R} z+\ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/918c5e01073885b28a6cde7e6910b22589553259)
Donc, si l’on substitue ces valeurs dans les expressions de
et
et que l’on fasse, pour abréger,

on aura

XXXVIII.
Voyons maintenant comment on doit déterminer la constante
et les autres constantes du Problème. Pour cela, on supposera, comme dans l’Article XXII que, lorsque
on ait

par conséquent

à cause de
et l’équation
de l’Article cité donnera

d’où l’on tirera aisément la valeur de

en ayant soin de rapporter les valeurs de

et de

au point où
De plus on se souviendra que la valeur de
doit être prise en sorte qu’elle soit nulle lorsque
.
XXXIX.
Au reste il est bon de remarquer que, dès que l’on aura trouvé les latitudes
et
on pourra avoir aisément les valeurs des vitesses en longitude
et
par le moyen des vitesses réelles
et
En effet, nommant
l’angle décrit par le rayon
dans le temps
on aura, comme nous l’avons vu dans l’Article XIX

or il est facile de voir que

donc

donc

donc, en substituant les valeurs de
et
on aura

Ces formules peuvent quelquefois être plus commodes que les précédentes, surtout lorsque les quantités

varient très-peu, et que les latitudes

sont fort petites.
CHAPITRE IV.
DE LA THÉORIE DE LA LUNE.
§ I. — Application des formules des Chapitre précèdent
à cette Théorie.
XL.
Pour faire cette application, il n’y a qu’à imaginer que le Corps
que nous avons regardé comme immobile et auquel nous avons rapporté les mouvements des deux autres, soit la Terre, que le Corps
soit la Lune, et que le Corps
que nous avons supposé beaucoup plus éloigné du Corps
que ne l’est le Corps
soit le Soleil, dont la distance à la Terre est en effet très-grande par rapport à la distance entre la Terre et la Lune. Ainsi
sera le rayon vecteur de l’orbite de la Lune autour de la Terre,
le rayon vecteur de l’orbite apparente du Soleil, et
sera la distance rectiligne entre le Soleil et la Lune.
De plus
représentera la latitude de la Lune par rapport à un plan fixe que nous prendrons pour l’écliptique, et
représentera la latitude du Soleil ;
sera la longitude de la Lune et
celle du Soleil, comptées à l’ordinaire dans l’écliptique.
Pour savoir quel est ce plan que nous prenons ici pour l’écliptique, et que nous avons vu dans le Chapitre I être celui par rapport auquel les mouvements des Corps
et
sont les plus simples qu’il est possible, nous remarquerons que, d’après les suppositions de l’Article XXXVIII, on trouve, lorsque

de sorte qu’on aura aussi [Article XXXVI formule
]

donc, puisqu’on a en même temps (Article XXXVIII)

il s’ensuit que le plan dont il s’agit est celui dans lequel le Soleil et la Lune se trouvent en même temps, lorsqu’ils sont à la fois en conjonction et dans leurs apsides.
Maintenant, puisque nous avons fait (Article XXXIV)

on aura

de sorte que, si l’on suppose (ce qui est permis) que les valeurs moyennes de
et de
soient égales à l’unité, on aura
égal à la valeur moyenne de
c’est-à-dire,

or, en prenant
pour la parallaxe horizontale moyenne de la Lune et pour celle du Soleil, on aurait
à très-peu près ; d’où l’on voit que la quantité
sera en effet très-petite.
Or, comme les observations nous apprennent que les orbites de la Lune et du Soleil sont presque circulaires, il est clair que les variations-des quantités
et
devront être fort petites ; de sorte que, si l’on fait


et

devront être des quantités assez petites par rapport à l’unité ; et de plus elles ne devront contenir aucun terme constant ; autrement les valeurs moyennes de

et

ne seraient plus égales à

contre l’hypothèse.
Donc le carré de la vitesse angulaire de la Lune
sera à peu près égal à
ou égal à

et le carré de la vitesse angulaire du Soleil autour de la Terre sera à peu près égal à
ou égal à
(Article XXXVI).
Mais on sait que la vitesse angulaire de la Lune est à celle du Soleil environ comme
à
de sorte que leurs carrés sont à peu près entre eux comme
à
d’où l’on voit que la quantité
doit être beaucoup plus petite que la quantité
et cela dans une raison peu différente de
à
Donc, si l’on suppose, ce qui est permis,

et que l’on fasse

on aura
environ, et
sera presque égal à
en sorte que l’on pourra regarder les quantités
et
comme du même ordre.
De plus on a, comme on sait,

le nombre
étant, par la Théorie de la précession des équinoxes de M. d’Alembert, égal à environ
et par celle des marées de M. Daniel Bernoulli égal à
donc, puisque (Article XXXIV)

on aura

ainsi les quantités
et
seront à peu près du même ordre
.
Au reste, pour ce qui regarde la vraie valeur de
il faudra la déterminer par le rapport connu entre le mouvement moyen du Soleil et celui de la Lune, rapport qui est, suivant les nouvelles Tables de M. Mayer, de

à

Quant au coefficient
qui est encore assez incertain, comme il se trouve partout multiplié par les coefficients très-petits
et
il suffira de le connaître à peu près, puisque l’erreur qui en pourrait résulter ne serait que de l’ordre de 
XLI.
On fera donc toutes ces substitutions dans les formules
du Chapitre précédent, et, mettant pour plus de simplicité
il la place de
on aura
![{\displaystyle {\begin{aligned}(p)\ \ \quad {\frac {d\sigma }{dt}}=&\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {5}{2}}}-3\alpha ^{2}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}\\&-i\alpha ^{2}\left[{\text{ϐ}}(1+\mathrm {x} )^{-{\frac {1}{2}}}+{\frac {9}{2}}\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}-{\frac {3}{2}}(1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}\right]\\&-i^{2}\alpha ^{2}\left[10\scriptstyle \mathrm {Y} ^{3}\displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {7}{2}}}-6\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}\right]-\ldots ,\\\\(q)\quad {\frac {d^{2}\mathrm {x} }{2dt^{2}}}-&(1+\mathrm {x} )^{-{\frac {1}{2}}}\\-&\ \alpha ^{2}\ \left\{{\begin{aligned}&3\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}-(1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}\\&-\int (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}d\mathrm {x} +3\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\end{aligned}}\right\}\\-&i\alpha ^{2}\left\{{\begin{aligned}&{\frac {15}{2}}\scriptstyle \mathrm {Y} ^{3}\displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {7}{2}}}-{\frac {9}{2}}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}\\&-3\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}d\mathrm {x} +{\frac {15}{2}}\int \scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\\&-{\frac {3}{2}}\int (1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\end{aligned}}\right\}\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/ac063314cd18bc23be612393e0ba4a8e9da0989a)

![{\displaystyle {\begin{aligned}(r)\quad {\frac {d^{2}\mathrm {X} }{2dt^{2}}}&-\alpha ^{2}(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {1}{2}}}\\&+i\alpha ^{2}{\text{ϐ}}\left[\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}+\int (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\right]+\ldots =\mathrm {const} .,\\(s)\quad {\frac {d^{2}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt^{2}}}&+\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}+\int (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\\&+\alpha ^{2}y(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}\\&-\ i\alpha ^{2}\left\{{\begin{aligned}&{\text{ϐ}}(1+\mathrm {x} )^{-{\frac {1}{2}}}+{\frac {3}{2}}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle ^{2}(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}-{\frac {1}{2}}(1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}\\&-\int (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}d\mathrm {x} +3\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\end{aligned}}\right\}\\\\&-i^{2}\alpha ^{2}\left\{{\begin{aligned}&5\scriptstyle \mathrm {Y} ^{3}\displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {7}{2}}}-3\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}\\&-3\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}d\mathrm {x} +{\frac {15}{2}}\int \scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {7}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\\&-{\frac {3}{2}}\int (1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\end{aligned}}\right\}\\&-\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots =\mathrm {const} .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/0aba25801a4b330ee63e1539875c4ed7ad2075af)
Or, comme les quantités
et
sont assez petites, on aura assez exactement


De sorte qu’en substituant ces valeurs dans les équations précédentes, et mettant de plus dans les trois dernières la valeur de
irée de la première par l’intégration, on aura trois équations en
et
qui seront intégrables, du moins par approximation, par les méthodes connues, puisque les variables
seront toutes sous une forme rationnelle et entière.
XLII.
Ensuite on aura (Article XXXVI)
![{\displaystyle {\begin{aligned}\mathrm {L} \ =&{\frac {d^{2}\mathrm {x} }{2dt^{2}}}+(1+\mathrm {x} )^{-{\frac {1}{2}}}-\alpha ^{2}\left[3\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}-(1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}}\right],\\\mathrm {M} =&{\frac {d^{2}\mathrm {X} }{2dt^{2}}}+\alpha ^{2}(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {1}{2}}},\\\mathrm {N} \ =&{\frac {d^{2}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt^{2}}}+\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}-\alpha ^{2}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {3}{2}}},\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/c372916856c2d88ad2699e0c06d64524bc0428c9)
et de là
![{\displaystyle {\begin{aligned}\lambda =&\mathrm {M} \left[(1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )-\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle \right]-{\frac {1}{4}}(1+\mathrm {X} )\left({\frac {d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt}}+\sigma \right)^{2}\\&+{\frac {1}{2}}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle {\frac {d\mathrm {X} }{dt}}\left({\frac {d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt}}+\sigma \right)-{\frac {1}{4}}(1+\mathrm {x} ){\frac {d^{2}\mathrm {X} ^{2}}{dt^{2}}}\\&+i{\text{ϐ}}\alpha ^{2}\left[\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {1}{2}}}(1+\mathrm {X} )-\scriptstyle \mathrm {Y} ^{3}\displaystyle (1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}\right],\\\mu =&\mathrm {N} \left[(1+\mathrm {x} )(1+\mathrm {X} )-\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle \right]-{\frac {\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{2}}\left(\sigma ^{2}+{\frac {d\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle }{dt^{2}}}-{\frac {d\mathrm {x} d\mathrm {X} }{dt^{2}}}\right)\\&-{\frac {1}{2}}(1+\mathrm {X} ){\frac {d\mathrm {x} }{dt}}\left({\frac {d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt}}+\sigma \right)-{\frac {1}{2}}(1+\mathrm {x} ){\frac {d\mathrm {X} }{dt}}\left({\frac {d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt}}-\sigma \right)\,;\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/29e92e0dfa4afb63498e54d17e6e683c3f9e1e4d)
moyennant quoi on aura

enfin les formules de l’Article XXXIX donneront
![{\displaystyle (u)\left\{{\begin{aligned}{\frac {d\varphi }{dt}}\,=&{\frac {1}{\cos \psi }}{\sqrt {\begin{aligned}&\mathrm {L} (1+\mathrm {x} )^{-1}-(1+\mathrm {x} )^{-2}{\frac {d\mathrm {x} ^{2}}{4dt^{2}}}-{\frac {d\psi ^{2}}{dt^{2}}}\\&-i\alpha ^{2}\left[{\frac {15}{2}}\scriptstyle \mathrm {Y} ^{3}\displaystyle (1+\mathrm {x} )^{-1}(1+\mathrm {X} )^{-{\frac {7}{2}}}-{\frac {9}{2}}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-{\frac {5}{2}}}\right],\end{aligned}}}\\{\frac {d\varphi '}{dt}}=&{\frac {1}{\cos \psi '}}{\sqrt {\begin{aligned}&\mathrm {M} (1+\mathrm {X} )^{-1}-(1+\mathrm {X} )^{-2}{\frac {d\mathrm {X} ^{2}}{4dt^{2}}}-{\frac {d\psi '^{2}}{dt^{2}}}\\&+i{\text{ϐ}}\alpha ^{2}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (1+\mathrm {X} )^{-1}(1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}\,;\end{aligned}}}\end{aligned}}\right.}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/347038011769a4e06f122497b665be9b3dccb428)
et quant à la constante
on la déterminera par l’équation
![{\displaystyle (x)\quad k^{2}=\mathrm {M} \left(1+\mathrm {X} -2\alpha ^{2}{\text{ϐ}}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \right)+i\alpha ^{2}{\text{ϐ}}(1+\mathrm {X} )\left[(1+\mathrm {x} )^{-{\frac {3}{2}}}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\mathrm {N} \right],}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/889ea9dc0601a4776304d4ac065eaa582018a64d)
en y faisant 
On se souviendra au reste que les valeurs de
et
doivent être prises en sorte que
soient nulles lorsque
et que
devienne alors

de plus il faudra aussi que la valeur de
irée par l’intégration de l’équation
soit telle, qu’elle s’évanouisse lorsque 
§ II. — De l’intégration des équations qui donnent les mouvements
de la Lune et du Soleil.
XLIII.
Le Problème des mouvements de la Lune et du Soleil se réduit à la recherche des quantités
et
lesquelles dépendent de l’intégration des équations
de l’Article XLI, à quoi il faut joindre l’équation
comme subsidiaire. Si les variables
ne se trouvaient dans les équations que sous la forme linéaire, l’intégration serait facile par les méthodes connues ; or il est aisé de voir que les termes où ces variables se trouvent multipliées entre elles sont tous fort petits, à cause que les coefficients
et
sont très-petits et que les variables
et
sont aussi supposées fort petites ; ainsi l’on pourra d’abord négliger les termes dont nous venons de parler, pour pouvoir trouver les premières valeurs approchées des variables, et ces valeurs serviront ensuite a en trouver d’autres plus exactes, et ainsi de suite.
Pour donner un essai du calcul qu’il faudra faire pour cet objet, nous rejetterons d’abord dans-les équations du paragraphe précédent tous les termes multipliés par
et qui dépendent de la parallaxe du Soleil ; l’erreur sera d’autant plus petite que ces termes sont en même temps multipliés par la quantité très-petite
De cette manière, les équations
deviendront

où il n’y aura plus qu’à réduire en série les puissances de
et 
XLIV.
Négligeons encore les produits de deux ou de plusieurs dimensions de
et
on aura, à la place des équations précédentes, celles-ci
![{\displaystyle {\begin{aligned}{\frac {d\sigma }{dt}}=&\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \left(1-3\alpha ^{2}-{\frac {3\mathrm {x} }{2}}+{\frac {9\alpha ^{2}\mathrm {X} }{2}}\right),\\\\{\frac {d^{2}\mathrm {x} }{dt^{2}}}&+\left(1+4\alpha ^{2}\right)\mathrm {x} -{\frac {3\mathrm {x} ^{2}}{4}}\\&-2\alpha ^{2}\left[3\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle \left(1-{\frac {5\mathrm {X} }{2}}\right)+{\frac {3\mathrm {X} }{2}}+3\int \left(1-{\frac {5\mathrm {X} }{2}}\right)\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle (d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -\sigma dt)\right]=\mathrm {const} .,\\\\{\frac {d^{2}\mathrm {X} }{dt^{2}}}&+\alpha ^{2}\mathrm {X} =\mathrm {const} .,\\\\{\frac {d^{2}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt^{2}}}&+\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \left(1+\alpha ^{2}-{\frac {3\mathrm {x} }{2}}-{\frac {3\alpha ^{2}\mathrm {X} }{2}}\right)+\int \left(1-{\frac {3\mathrm {x} }{2}}\right)(d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle +\sigma dt)=\mathrm {const} .,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/2c2dd87b69387b649cb6fc897ed0a5cabbb3240d)
lesquelles, en substituant la valeur de
se réduisent à ces trois-ci

![{\displaystyle (\zeta )\left\{{\begin{aligned}{\frac {d^{2}\mathrm {x} }{dt^{2}}}&+\left(1+4\alpha ^{2}\right)\mathrm {x} -{\frac {3\mathrm {x} ^{2}}{2}}\\&-3\alpha ^{2}\left[3\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle -\left(1-3\alpha ^{2}\right)\left(\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\right)^{2}+3\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \mathrm {x} dt\right]\\&+3\alpha ^{2}\left\{{\begin{aligned}&\left(5\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle -1\right)\mathrm {X} +5\int \mathrm {X} \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle +9\alpha ^{2}\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \mathrm {X} dt\\&\quad -5\left(1-3\alpha ^{2}\right)\int \mathrm {X} \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\end{aligned}}\right\}=\mathrm {const} .,\end{aligned}}\right.}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/ac5f04b6c095f0fa97c8db610b5de1be7652080b)
![{\displaystyle (\eta )\left\{{\begin{aligned}{\frac {d^{2}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle }{dt^{2}}}&+\left(2+\alpha ^{2}\right)\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle +\left(1-3\alpha ^{2}\right)\int dt\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\\&-{\frac {3}{2}}\left[\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \mathrm {x} +\int \mathrm {x} d\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle +\int dt\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \mathrm {x} dt+\left(1-3\alpha ^{2}\right)\int \mathrm {x} dt\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\right]\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad -{\frac {3\alpha ^{2}}{2}}\left(\mathrm {X} \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle -3\int dt\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle \mathrm {X} dt\right)=\mathrm {const} .\end{aligned}}\right.}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/55e3b75c4033a60d736dcca5d2899e693d189bdb)
XLV.
Comme les variables
et
sont supposées fort petites vis-à-vis de la variable
\scriptstyle\mathrm Y\displaystyle
qui est finie, on peut d’abord négliger dans l’équation
les termes qui renferment
et
on aura ainsi cette première équation approchée

laquelle étant différentiée deux fois devient

qui est intégrable par les méthodes connues.
Pour en trouver l’intégrale, il n’y a qu’à supposer
ou bien, puisqu’on veut que
lorsque
on fera simplement

et l’on aura, après les substitutions, cette équation en 

d’où l’on tire

ou bien, en négligeant les puissances de
plus hautes que la seconde,

et

Donc, dénotant par
l’une de ces valeurs et par
l’autre, on aura

et
étant des constantes indéterminées qui doivent être telles, que lorsque
on ait
ce qui donne 
Cherchons maintenant, d’après cette première valeur approchée de
celle de
par les formules
de l’Article XLII ; on aura
en négligeant les quantités
et
donc aussi
et
[équation
] : donc,

et

Or

donc

en négligeant les puissances supérieures de
donc
![{\displaystyle {\begin{aligned}\lambda &=\alpha ^{2}\left[1-(f\cos pt+g\cos qt)^{2}-(f\sin pt-g\sin qt)^{2}\right]\\&=\alpha ^{2}\left[1-f^{2}-g^{2}-2fg(\cos pt\cos qt-\sin pt\sin qt)\right]\\&=\alpha ^{2}\left[1-f^{2}-g^{2}-2fg\cos(p+q)t\right]\,;\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/ffd590acbb2d769b8874b9edb003433259e77457)
mais

donc

donc
![{\displaystyle \lambda =2\alpha ^{2}fg\left[1-\cos(p+q)t\right]=4\alpha ^{2}fg\sin ^{2}\left({\frac {p+q}{2}}t\right),}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/e51d3786e4654e046a4e4359032cf34852e5dc3a)
donc enfin

Or, comme on doit avoir
on peut supposer

et l’on aura

l’angle
étant arbitraire et dépendant de l’inclinaison primitive de l’orbite de la Lune en effet, il est clair que la plus grande valeur de
sera
de sorte que
exprimera la plus grande latitude, c’est-à-dire, l’inclinaison de l’orbite ; donc, puisqu’on sait par les observations que l’inclinaison de l’orbite lunaire est assez petite, et d’environ
la constante
sera toujours très-petite et la constante
presque égale à l’unité ; car on aura à peu près

environ

de sorte que la quantité
est encore plus petite que la quantité
qui exprime le rapport des parallaxes de la Lune et du Soleil ; d’où il s’ensuit que l’on pourra négliger sans scrupule les termes qui se trouveront multipliés par le carré et les puissances plus hautes de
.
XLVI.
Il est facile de voir, par l’expression de
qu’on vient de trouver, que l’angle
n’est autre chose que la distance de la Lune au nœud, c’est-à-dire, l’argument de latitude ; d’où il s’ensuit que, si l’on retranche cet angle de la longitude de la Lune dans son orbite, on aura la longitude du nœud. Donc, si
dénote la longitude moyenne de la Lune, on aura
pour la longitude moyenne du nœud ; or, les longitudes moyennes étant à peu près les mêmes dans les orbites des planètes et dans l’écliptique,
sera la valeur moyenne de
et
sera par conséquent égale à ce qu’il doit y avoir de constant dans la valeur de
Or les formules de l’Article XLII donnent, en rejetant
et

et, à cause de
on aura

à peu près.
Mais on a aussi

d’où l’on voit que la position du nœud est fixe, du moins par cette première approximation ; ce qui ne doit pas paraître surprenant, vu que les valeurs de
et
ne peuvent tout au plus être censées exactes qu’aux quantités de l’ordre de
près.
Pour savoir maintenant laquelle des deux valeurs

doit être prise pour
on remarquera qu’en supposant l’inclinaison de l’orbite nulle on a

mais on a (Articles XXXIV et XLI)

donc

puisque
n’est autre chose que l’angle compris entre les deux rayons
et
donc

en nommant
et
les valeurs moyennes de
et de
or on a déjà trouvé
et, pour avoir
on prendra la partie constante de 
qui est

de sorte que

et par conséquent

donc

Ainsi il faudra toujours avoir soin dans la suite de prendre pour
une valeur telle, que ses deux premiers termes soient
et pour
une valeur dont les deux premiers termes soient
cette remarque est d’autant plus importante que les quantités
et
seront données dorénavant par des équations particulières dont chacune montera cependant au quatrième degré, comme on le verra ci-après.
XLVII.
Ayant trouvé la première valeur approchée de
on la substituera dans l’équation
qui donne la valeur de
en y négligeant d’abord les termes où
et
sont mêlés ; ce qui la réduit à celle-ci
![{\displaystyle {\frac {d^{2}\mathrm {x} }{dt^{2}}}+\left(1+4\alpha ^{2}\right)\mathrm {x} -\alpha ^{2}\left[9\scriptstyle \mathrm {Y} ^{2}\displaystyle -3\left(\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\right)^{2}\right]=\mathrm {const} .\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/b8c836b3be3ff0ab8bb5e59b26add490ff7c07a9)
or, puisque

on aura, en négligeant les 
![{\displaystyle {\begin{aligned}\scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle =&f^{2}\cos ^{2}pt+2fg\cos pt\cos qt\\=&{\frac {1}{2}}f^{2}(1+\cos 2pt)+fg\left[\cos(p+q)t+\cos(p-q)t\right],\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/dec4dbaa90abe0b9425d2bd217287a89f68954d6)
et
![{\displaystyle {\begin{aligned}\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt=&{\frac {f\sin pt}{p}}+{\frac {g\sin qt}{q}},\\\left(\int \scriptstyle \mathrm {Y} \displaystyle dt\right)^{2}=&{\frac {f^{2}}{p^{2}}}\sin ^{2}pt+{\frac {2fg}{pq}}\sin pt\sin qt\\=&{\frac {f^{2}}{2p^{2}}}(1-\cos 2pt)-{\frac {fg}{pq}}\left[\cos(p+q)t-\cos(p-q)t\right]\,;\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/4710c034e60499cb282f60fbfe4ec94dc3613ac9)
donc, substituant ces valeurs, et rejetant tous les termes constants, à cause qu’il ne doit y en avoir aucun dans la valeur de

par l’hypothèse, on aura
![{\displaystyle {\begin{aligned}{\frac {d^{2}\mathrm {x} }{dt^{2}}}&+\left(1+4\alpha ^{2}\right)\mathrm {x} -{\frac {3\alpha ^{2}f^{2}\left(3p^{2}+1\right)}{2p^{2}}}\cos 2pt\\&-{\frac {3\alpha ^{2}fg}{pq}}\left[(3pq+1)\cos(p+q)t+(3pq-1)\cos(p-q)t\right]=0.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/b9229a87ecaa2c7187d65d3ebd76c127f579885e)
Ainsi la valeur de
sera de cette forme
![{\displaystyle \mathrm {x} =a\cos mt+\alpha ^{2}f^{2}A\cos 2pt+\alpha ^{2}fg\left[B\cos(p+q)t+B_{1}\cos(p-q)t\right],}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/067116f11895554c4cff96cbc99fc4c6fc8c6dd8)
et, la substitution faite, on aura
![{\displaystyle {\begin{aligned}a&\cos mt.\left(-m^{2}+1+4\alpha ^{2}\right)\\&+\alpha ^{2}f^{2}\cos 2pt\left[A\left(-4p^{2}+1+4\alpha ^{2}\right)-{\frac {3\left(3p^{2}+1\right)}{2p^{2}}}\right]\\&+\alpha ^{2}fg\cos(p+q)t\left[B\ \left[-(p+q)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]-{\frac {3\left(3pq+1\right)}{pq}}\right]\\&+\alpha ^{2}fg\cos(p-q)t\left[B_{1}\left[-(p-q)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]-{\frac {3\left(3pq-1\right)}{pq}}\right]=0.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/463ceed39f187680effec5d92f04ca84a08919a0)
Donc, égalant à zéro les coefficients de chaque cosinus, on aura les équations suivantes
![{\displaystyle {\begin{aligned}&-m^{2}+1+4\alpha ^{2}=0,\\&A\ \left[-4p^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]-{\frac {3\left(3p^{2}+1\right)}{2p^{2}}}=0,\\&B\ \left[-(p+q)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]-{\frac {3\left(3pq+1\right)}{pq}}=0,\\&B_{1}\left[-(p-q)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]-{\frac {3\left(3pq-1\right)}{pq}}=0,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/47eb371cb76d1a7142ad9b0f4cbba2a2dc98fac6)
d’où l’on tire
![{\displaystyle {\begin{aligned}m\ &={\sqrt {1+4\alpha ^{2}}},\\A\ &={\frac {3\left(3p^{2}+1\right)}{2p^{2}\left(-4p^{2}+1+4\alpha ^{2}\right)}}=-2\quad \mathrm {{\grave {a}}\ peu\ pr{\grave {e}}s} ,\\B\ &={\frac {3\left(3pq+1\right)}{pq\left[-(p+q)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]}}=-4,\\B_{1}&={\frac {3\left(3pq-1\right)}{pq\left[-(p-q)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]}}=6.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/70c9269b07d591aba177490bc783ad09f92c9a8e)
La constante
qui est demeurée indéterminée, dépend de l’excentricité de l’orbite lunaire, et doit par conséquent être fixée par les observations.
Ainsi l’angle
représentera l’anomalie moyenne de la Lune, c’est-à-dire, sa distance à l’apogée ; de sorte que
sera la longitude moyenne de l’apogée,
étant, comme plus haut, celle du lieu de la Lune mais, comme nous avons négligé dans l’équation
des termes où
se trouve multiplié par
on doit s’attendre à ce que la valeur de
ne sera exacte qu’aux quantités de l’ordre de
près ; c’est pourquoi on aura dans cette première approximation
et
en rejetant les
ce qui donnerait les apsides fixes.
Venons maintenant à l’équation
qui donne la valeur de
et comme cette quantité ne doit contenir aucun terme tout constant, il est clair qu’on aura simplement

et que la valeur de
sera de cette forme

d’où l’on trouvera, par la substitution,

Le coefficient indéterminé
dépend de l’excentricité de l’orbite du Soleil, et
est par conséquent l’angle de l’anomalie moyenne : de sorte que
sera la longitude de l’apogée du Soleil, qui est ici nulle à cause que
XLVIII.
Puisque l’on connaît déjà la forme des premiers termes des valeurs
et
on pourra aisément trouver les suivants et rectifier en même temps les coefficients de ceux qu’on a déjà trouvés ; pour cela, il n’y aura qu’à substituer dans les termes négligés des équations proposées les valeurs qu’on vient de trouver, et l’on aura la forme des termes qu’il faudra introduire dans les nouvelles valeurs de
et
on donnera à tous les termes des coefficients indéterminés, et, la substitution faite, on fera égaux à zéro les termes analogues, c’est-à-dire, ceux qui renferment les mêmes cosinus ; on aura par là autant d’équations qu’il en faudra pour la détermination de tous les coefficients.
Ainsi, reprenant l’équation
et substituant dans les termes qui renferment
et
les valeurs de
et
trouvées ci-dessus, il viendra des termes de la forme

on supposera donc

et, prenant pour
et
les expressions de l’Article XLVII on aura l’équation suivante, dans laquelle j’ai négligé les quantités affectées de
de
et de
à cause que l’on a négligé dans l’équation
les termes
où

se trouvait à la seconde dimension,
![{\displaystyle {\begin{aligned}&\cos pt\left[f\left(-p^{2}+2+\alpha ^{2}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{p^{2}}}\right)-{\frac {3\alpha ^{2}f^{3}A}{4}}\left(1-1-{\frac {1}{p^{2}}}+{\frac {1-3\alpha ^{2}}{p^{2}}}\right)\right]\\+&\cos qt\left[g\left(-q^{2}+2+\alpha ^{2}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{q^{2}}}\right)-{\frac {3\alpha ^{2}f^{2}gB}{4}}\left(1-{\frac {p}{q}}-{\frac {1}{q^{2}}}+{\frac {1-3\alpha ^{2}}{pq}}\right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3\alpha ^{2}f^{2}gB_{1}}{4}}\left(1+{\frac {p}{q}}-{\frac {1}{q^{2}}}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{pq}}\right)\right]\\+&\cos(p+m)t\left[afP\ \left(-(p+m)^{2}+2+\alpha ^{2}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{(p+m)^{2}}}\right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3af}{4}}\left(1+{\frac {p}{p+m}}-{\frac {1}{(p+m)^{2}}}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{p(p+m)}}\right)\right]\\+&\cos(p-m)t\left[afP_{1}\left(-(p-m)^{2}+2+\alpha ^{2}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{(p-m)^{2}}}\right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3af}{4}}\left(1+{\frac {p}{p-m}}-{\frac {1}{(p-m)^{2}}}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{p(p-m)}}\right)\right]\\+&\cos(q+m)t\left[agQ\ \left(-(q+m)^{2}+2+\alpha ^{2}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{(q+m)^{2}}}\right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3ag}{4}}\left(1+{\frac {q}{q+m}}-{\frac {1}{(q+m)^{2}}}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{q(q+m)}}\right)\right]\\+&\cos(q-m)t\left[agQ_{1}\left(-(q-m)^{2}+2+\alpha ^{2}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{(q-m)^{2}}}\right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3ag}{4}}\left(1+{\frac {q}{q-m}}-{\frac {1}{(q-m)^{2}}}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{(q-m)^{2}}}\right)\right]+\ldots =0.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/6367c26a7d9f8319dca1994e94f17a6f4f83ccbd)
On égalera donc à zéro les coefficients de ces différents cosinus, et l’on aura :
1o
équation d’où l’on tirera la même valeur de
que ci-dessus (Article XLV), de sorte qu’on aura

et l’on sera maintenant assuré que cette valeur est exacte jusqu’aux quantités de l’ordre de
inclusivement ;
2o

or, comme nous négligeons les quantités de l’ordre de
on aura (en mettant pour
et
leurs valeurs approchées)

de sorte que, à cause de

et

(Article
XLVII), l’équation précédente se réduira à

ou bien

d’où l’on tire d’abord, aux quantités de l’ordre
près, en ayant égard à la remarque de l’Article XLVI,

et de là

on aura donc ici

par conséquent le mouvement moyen du nœud qui est représenté par
(Article XLVI) sera
ce qui s’accorde avec les observations ;
3o
![{\displaystyle -{\frac {3}{4}}\left[1+{\frac {p}{p+m}}-{\frac {1}{(p+m)^{2}}}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{p(p+m)}}\right]=0\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/3563a17f44dd81d71b81f92059e44661eed3f369)
4o
![{\displaystyle -{\frac {3}{4}}\left[1+{\frac {p}{p-m}}-{\frac {1}{(p-m)^{2}}}-{\frac {1-3\alpha ^{2}}{p(p-m)}}\right]=0\,;}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/1f7f04578308ce6e22c9f8d80c60333df10eb8d5)
5o
d’où l’on tire à peu près

XLIX.
On repassera présentement à l’équation
pour trouver une valeur de
plus exacte que celle de l’Article XLVII.
Pour cet effet, on commencera par substituer dans les termes de cette dernière équation qui suivent les deux premiers, à la place de
et
leurs valeurs trouvées dans les Articles précédents, et négligeant les quantités de l’ordre de
aussi bien que celles qui seraient affectées de
multipliée par
et
à cause que nous avons rejeté dans la même équation les termes de l’ordre
dans lesquels
et
pouvaient former ensemble des produits de deux dimensions, on aura par ces substitutions des termes de la forme

c’est pourquoi on supposera

et substituant cette valeur de

aussi bien que celles de

et

des Articles précédents, on aura, en négligeant ce qu’on doit négliger,
![{\displaystyle {\begin{aligned}a&\cos mt\left[-m^{2}+1+4\alpha ^{2}-{\frac {9\alpha ^{2}f^{2}}{2\left(p^{2}-m^{2}\right)}}-9\alpha ^{2}f^{2}(P+P_{1})\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.+{\frac {3\alpha ^{2}f^{2}}{p}}\left({\frac {P}{p+m}}+{\frac {P_{1}}{p-m}}\right)+\ldots \right]\\&+\alpha ^{2}\cos 2pt\left[f^{2}A\left(-4p^{2}+1+4\alpha ^{2}-{\frac {9\alpha ^{2}f^{2}}{2\left(p^{2}-4p^{2}\right)}}\right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {9f^{2}}{2}}-{\frac {3\left(1-3\alpha ^{2}\right)f^{2}}{2p^{2}}}+\ldots \right]\\&+\alpha ^{2}\cos(p+q)t\left[fgB\ \left(-(p+q)^{2}+1+4\alpha ^{2}-{\frac {9\alpha ^{2}f^{2}}{2\left[p^{2}-(p+q)^{2}\right]}}\right)\right.\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3\alpha ^{2}f^{2}gAB_{1}}{4}}-9fg-{\frac {3fg\left(1-3\alpha ^{2}\right)}{pq}}+\ldots \right]\\&+\alpha ^{2}\cos(p-q)t\left[fgB_{1}\left(-(p-q)^{2}+1+4\alpha ^{2}-{\frac {9\alpha ^{2}f^{2}}{2\left[p^{2}-(p-q)^{2}\right]}}\right)\right.\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3\alpha ^{2}f^{3}gAB}{4}}-9fg+{\frac {3fg\left(1-3\alpha ^{2}\right)}{pq}}+\ldots \right]\\&+\alpha ^{2}a\cos(2p+m)t\left[f^{2}C\ \left[-(2p+m)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]-{\frac {3f^{2}A}{4}}-9f^{2}P\right.\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3f^{2}P}{p(p+m)}}+{\frac {9f^{2}}{4(p+m)(2p+m)}}+\ldots \right]\\&+\alpha ^{2}a\cos(2p-m)t\left[f^{2}C_{1}\left[-(2p-m)^{2}+1+4\alpha ^{2}\right]-{\frac {3f^{2}A}{4}}-9f^{2}P_{1}\right.\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.-{\frac {3f^{2}P_{1}}{p(p-m)}}+{\frac {9f^{2}}{4(p-m)(2p-m)}}+\ldots \right].\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/dcdb3a7d26efe618d3cc5c02e6b0b47e3defe595)
Ainsi il n’y aura plus qu’à égaler à zéro les coefficients de ces différents cosinus, pour déterminer les inconnues
Le coefficient de
donnera la valeur de
exacte jusqu’aux quantités de l’ordre de
inclusivement, et l’on aura, à cause de
et
(Article précédent), l’équation

ou bien

d’où, en mettant pour
et
leurs valeurs approchées
on tire

de sorte que le mouvement de l’apogée
deviendra
à cause de 
Comme notre dessein n’est point de donner ici une Théorie complète de la Lune, nous nous contenterons de ce léger essai, qui peut suffire pour donner une idée de la méthode qu’il faudra suivre dans l’intégration des équations différentielles de l’Article XLI auxquelles nous avons réduit le Problème des mouvements de la Lune et du Soleil autour de la Terre.
Quand on aura trouvé les valeurs de
et
en
c’est-à-dire, de
et
on aura d’abord les latitudes
et
par les formules
de l’Article XLII, et ensuite on aura les longitudes
et
par les formules
du même Article ; ou bien, comme
en connaissant
et
on connaîtra

or
est l’angle qui exprime la distance de la Lune au Soleil, de sorte que, comme la latitude du Soleil est très-petite et peut par conséquent être négligée, on aura, par la propriété connue des triangles sphériques rectangles,
et par conséquent

Ainsi l’on aura par ce moyen la distance
de la Lune au Soleil comptée sur l’écliptique ; mais la longitude
du Soleil est assez connue par la loi de Kepler, que cet astre suit assez exactement, puisque les dérangements que la Lune pourrait y produire ne seraient que de l’ordre de
ou de
comme on le voit par l’équation
de l’Article XLI ; donc, en ajoutant cette longitude à la distance
des deux astres, on aura la longitude
de la Lune comptée à l’ordinaire dans l’écliptique.
Le Chapitre premier du Mémoire qu’on vient de lire mérite d’être compté parmi les travaux les plus importants de l’illustre Auteur. Les équations différentielles du Problème des trois Corps, lorsqu’on ne considère, ce qui est permis, que des mouvements relatifs, constituent un système du douzième ordre, et la solution complète exige, on conséquence, douze intégrations les seules intégrales connues étaient celle des forces vives et les trois que fournit le principe des aires : il en restait donc huit à découvrir. En réduisant à sept le nombre des intégrations nécessaires pour l’achèvement de la solution, Lagrange a fait faire à la question un pas considérable, et les géomètres qui se sont occupés après lui du Problème des trois Corps ne sont pas allés au delà. Leurs efforts, cependant, n’ont pas été inutiles des méthodes nouvelles et ingénieuses ont été proposées, comme, par exemple, celle que Jacobi a développée dans son célèbre Mémoire sur l’élimination des nœuds dans le Problème des trois Corps ; mais ces méthodes, comme celle de Lagrange, font dépendre la solution du Problème de sept intégrations.
La méthode de Lagrange est des plus remarquables ; elle montre que la solution complète du Problème exige seulement que l’on connaisse à chaque instant les côtés du triangle formé par les trois Corps ; les coordonnées de chaque Corps se déterminent effectivement ensuite sans aucune difficulté. Quant à la recherche du triangle des trois Corps, elle dépend de trois équations différentielles, parmi lesquelles deux sont du deuxième ordre et la troisième du troisième ordre ; ces équations renferment deux constantes arbitraires introduites, l’une par le principe des forces vives, l’autre par celui des aires, en sorte que les distances des Corps sont des fonctions du temps et de neuf constantes arbitraires seulement. Parmi les douze arbitraires que l’intégration complète doit introduire, il y en a donc trois qui ne figurent pas dans les expressions des distances, circonstance que l’examen des conditions du Problème permet d’ailleurs de mettre en évidence à priori.
Préoccupé assurément de l’application qu’il voulait faire de sa nouvelle méthode à la Théorie de la Lune, application qui fait l’objet du Chapitre IV de son mémoire, Lagrange a négligé d’introduire dans ses formules la symétrie que comportait son analyse, symétrie qu’un trèsléger changement dans les notations permet de rétablir. Les masses des trois Corps étant représentées par
Lagrange étudie les mouvements relatifs de
et
autour de
et il est bientôt amené à introduire en outre, dans ses formules, les quantités qui se rapportent au mouvement relatif du Corps
autour de
Une telle direction des calculs est incontestablement défectueuse, au point de vue de l’élégance mathématique, en ce sens que les coordonnées des trois orbites relatives considérées ne figurent pas symétriquement dans les formules ; mais, pour éviter cet inconvénient, il suffit, comme nous venons de le dire, d’une simple modification dans les notations de l’illustre Auteur, et cette modification revient à introduire, au lieu des mouvements considérés 1o le mouvement relatif du Corps
autour de
2o celui de
autour de
3o celui de
autour de
Un habile géomètre allemand, M. Otto Hesse, a repris récemment l’analyse de Lagrange en se plaçant au point de vue que nous venons d’indiquer, et il a publié son travail dans le tome LXXIV du Journal de Crelle (imprimé à Berlin en 1872). M. Hesse ne considère que ce qu’il nomme le Problème restreint, c’est-à-dire, celui qui a pour objet de déterminer il chaque instant le triangle des trois Corps ; c’est à ce Problème restreint que Lagrange a ramené d’ailleurs, comme nous l’avons dit plus haut, le Problème général. M. Hesse, malgré son incontestable talent, n’a pas réussi à perfectionner l’analyse rigoureuse que nous devons à Lagrange, car une inadvertance l’a fait tomber dans une erreur grave, que nous indiquerons plus loin, et qui infirme absolument sa conclusion. Ajoutons que la notation particulière dont le géomètre allemand fait usage, pour abréger l’écriture des formules, ne paraît pas préférable à celle de son illustre devancier.
Pour justifier les remarques qui précèdent, il est nécessaire d’entrer dans quelques détails ; nous le ferons d’une manière succincte, en introduisant dans l’analyse de Lagrange les modifications nécessaires pour rétablir la symétrie des formules, et en dégageant la solution de tout ce qui n’est qu’accessoire.
1. Soient
les coordonnées rectangles du Corps
par rapport à
celles du Corps
par rapport à
celles de
par rapport à
on aura
| (1)
|
|
|
Soient aussi
| (2)
|
|
|
Les équations différentielles du mouvement forment trois groupes dont l’un est
| (3)
|
|
|
et dont les deux autres se déduisent du précédent en changeant
en
et en
À cause des formules (1), les équations de chaque groupe peuvent être réduites à deux distinctes ; ces équations coïncideraient avec les équations
de Lagrange, si l’on y faisait le simple changement de
en 
Du groupe (3) et des deux groupes analogues on déduit

équation qui subsiste quand on exécute la substitution circulaire
et qu’on répète cette substitution. On conclut de là les trois intégrales des aires, savoir
| (4)
|
|
|
étant trois constantes arbitraires.
Ensuite, si l’on fait
(5)


et que l’on ajoute ensemble les équations du groupe (3) et des deux analogues, après avoir multiplié ces équations respectivement par

on aura
| (6)
|
|
|
ce qui donne, par l’intégration, l’équation des forces vives, savoir
| (7)
|
|
|
étant une constante arbitraire.
2. Posons
| (8)
|
|
|
ou, ce qui revient au même,
| (9)
|
|
|
on aura
| (10)
|
|
|
faisons en outre
| (11)
|
|
|
ce qui donnera
| (12)
|
|
|
Si l’on différentie deux fois la promière équation (2), après l’avoir élevée au carré, on aura

et cette formule subsiste quand on y remplace
par
ou par
Si donc on multiplie les équations (3) par
respectivement, et qu’on ajoute ensuite chacune des équations résultantes avec celles qu’on en déduit par le changement de
en
et en
on aura, en vertu de la formule précédente,
| (13)
|
|
|
Ces formules (13) répondent aux formules (F) de Lagrange, ou, ce qui revient au même, aux, formules (K), en tenant compte des formules, (J) de l’Auteur.
Ajoutons les quatre équations (13) et (7), après avoir divisé les trois premières par
respectivement ; on aura
| (14)
|
|
|
Cette équation coïncide avec l’équation (L) de Lagrange, quand on y permute les lettres
et
c’est une transformée de l’intégrale des forces vives ; elle ne renferme que les seules distances
3. D’après les formules (1), les trois quantités

sont égales entre elles. Si l’on désigne par
leur valeur, on aura, par le moyen des formules (8)
| (15)
|
|
|
La quantité auxiliaire
que nous introduisons n’est autre chose que celle qui est désignée par
dans le Mémoire de Lagrange ; il est évident que cette quantité peut être exprimée en fonction des vitesses
des distances
et de leurs différentielles
En effet, considérons quatre directions respectivement parallèles à celles des rayons
et des vitesses
soient
les cosinus des angles formés par la direction de
avec les directions de
les cosinus des angles formés par les directions de
et
de
et
de
et
On aura entre ces six cosinus la relation connue
| (16)
|
|
|
On a d’ailleurs, par les formules précédentes,
| (17)
|
|
|
Faisons, pour abréger, avec Lagrange,
| (18)
|
|
|
d’où
| (19)
|
|
|
et
| (20)
|
|
|
l’équation (16) deviendra, après la substitution des valeurs (17),
| (21)
|
|
|
c’est précisément l’équation (N) de Lagrange. Si l’on suppose que
y soient remplacées par leurs valeurs tirées des équations (12), la quantité auxiliaire
ne dépendra que des distances
et de leurs différentielles du premier et du deuxième ordre.
4. Puisque l’on a

il s’ensuit, par la différentiation.

et, si l’on élimine les différentielles secondes des coordonnées au moyen des équations (3) et de celles qui s’en déduisent par le changement de
en
et en
on aura
| (22)
|
|
|
cette équation n’est autre que l’équation (H) de Lagrange, en tenant compte du changement de notation.
5. Revenons maintenant aux équations (4) on a identiquement




et, cette formules subsiste quand on écrit
ou
au lieu de
ou bien
ou
au lieu de
D’après cela, si l’on fait

et que l’on ajoute les équations (4), après les avoir élevées au carré, on aura, en faisant usage de la précédente formule, ainsi que des formules (2), (5), (15) et (18),
| (23)
|
|
|
ce qui est l’équation (P) de Lagrange.
Si maintenant on suppose que
soient remplacés partout par les valeurs tirées des formules (13), et que, par le moyen de l’équation (21),
soit éliminé des équations (22) et (23), celles-ci ne contiendront plus que les distances
la première sera du troisième ordre et l’autre du deuxième ; en les joignant à l’équation (14), on obtiendra le système différentiel indiqué par Lagrange. Ce qui précède résume la partie essentielle du Mémoire de l’Auteur.
6. Différentions les équations (5) et remplaçons ensuite les différentielles secondes par les valeurs tirées des équations (3) et des analogues on aura, en faisant usage des formules précédentes,
| (24)
|
|
|
Ces formules coïncident avec les équations (I) de Lagrange, quand on tient compte des équations (J) de l’Auteur. M. Hesse leur substitue les trois combinaisons obtenues quand on les ajoute entre elles, après les avoir multipliées respectivement par
puis par
puis enfin par
La première combinaison n’est autre chose que l’équation (6) ; la deuxième combinaison donne, en se servant des formules (12),
| (25)
|
|
|
enfin la dernière combinaison, qui seule contient
est, en faisant usage de l’équation (22),
| (26)
|
|
|
Supposons que l’on différentie l’équation (23), ce qui fera disparaître l’arbitraire
et que de l’équation résultante on tire la valeur de
pour la substituer dans l’équation (26). Alors, comme
représentent les valeurs fournies par les équations (13), les équations (6), (25) et (26), qui sont toutes du troisième ordre et ne renferment aucune arbitraire, constitueront, d’après M. Hesse, le système différentiel duquel dépendent les distances
quand on ne fait pas intervenir les principes des forces vives et des aires. Enfin, si des mêmes équations (6), (25) et (26) on tire les valeurs de
pour les porter dans l’une des équations (24), celle-ci donnera, d’après le même géomètre, une valeur de
qui sera seulement du deuxième ordre en portant cette valeur dans l’équation (23) et enjoignant ensuite cette équation aux équations (14) et (26), on obtiendra un système composé de deux équations du deuxième ordre et d’une du troisième ordre, dans lequel figureront les deux constantes arbitraires
et
Telle est la solution que M. Hesse propose dans son Mémoire. Cette solution paraît, à première vue, beaucoup plus simple que celle de Lagrange, mais il n’est pas difficile de reconnaître l’inexactitude de la conclusion de M. Hesse. Effectivement l’équation (26), après qu’on en a éliminé
par l’équation (23) différentiée, n’est pas autre chose que l’équation (6) multipliée par le facteur
les trois équations du troisième ordre qui composent le premier système de M. Hesse ne sont donc pas distinctes. Le deuxième système du même géomètre ne saurait, en conséquence, avoir d’existence réelle, puisque les équations du premier système sont impropres à fournir les valeurs des différentielles du troisième ordre, ou, ce qui revient au même, les valeurs des différentielles
On ne saurait se dispenser, dans la recherche dont nous nous occupons, de tenir compte de l’équation (21), comme Lagrange a eu soin de le faire.
(Note de l’Éditeur.)