THÉORIE
DES VARIATIONS PÉRIODIQUES
DES MOUVEMENTS DES PLANÈTES.
(Nouveaux Mémoires de l’Académie royale des Sciences et Belles-Lettres
de Berlin, année 1783.)
Après avoir donné dans la Théorie des variations séculaires la partie la plus importante et la plus difficile du Calcul des perturbations des Planètes, j’ai cru devoir compléter ce Calcul, en donnant aussi l’autre partie qui concerne les variations périodiques.
Plusieurs Géomètres se sont déjà occupés de ce dernier objet ; mais leurs travaux se trouvent épars dans divers Ouvrages, et les résultats de ces travaux, dépendant de méthodes et de données différentes, présentent une variété embarrassante pour les Astronomes qui voudraient en faire usage. D’ailleurs ils n’ont point tenu compte de l’effet des variations séculaires, et, quoique cet effet ne puisse être que très-petit, la rigueur ne permet pas de le négliger, sans avoir auparavant démontré qu’il n’en saurait résulter que des altérations insensibles dans le mouvement des Planètes.
L’Analyse par laquelle nous avons déterminé les variations séculaires donne aussi directement les variations périodiques ; car nous avons commencé par réduire tout l’effet des perturbations à la variation des éléments des orbites ; nous avons ensuite séparé ce qui, dans ces variations, n’était que périodique de ce qui était indépendant des lieux des Planètes et cette dernière Partie nous a donné les variations séculaires qui affectent immédiatement et continuellement les dimensions et la position des orbites elliptiques. Il ne s’agit donc que d’avoir égard à la partie périodique des variations de ces mêmes éléments, et de tenir compte des termes négligés dans le premier calcul. On aura par là les variations totales des éléments des Planètes causées par leur attraction mutuelle ; et, en employant les éléments corrigés par ces variations, on pourra calculer pour chaque instant les lieux des Planètes par les règles ordinaires.
À la vérité, comme les variations périodiques demeurent toujours très-petites et n’ont, pour ainsi dire, qu’un effet passager et alternatif, il est peu important pour l’Astronomie de connaître en particulier les altérations qui en résultent dans chacun des éléments des orbites ; et il suffit d’avoir l’effet total de ces variations sur les lieux des Planètes. Aussi les Astronomes sont-ils dans l’usage de regarder les orbites comme constantes relativement aux variations périodiques, et de ne traiter ces variations que comme des corrections à faire aux lieux elliptiques calculés par les règles ordinaires. Mais après avoir déterminé par nos formules générales la partie périodique des variations des éléments, rien ne sera plus facile que d’en conclure les inégalités du rayon vecteur, de la longitude et de la latitude. Il est vrai qu’on peut calculer ces inégalités d’une manière plus simple, en les déduisant immédiatement des équations différentielles de l’orbite ; mais cette méthode a, d’un autre côté, l’inconvénient de ne donner les variations séculaires qu’indirectement et par des réductions particulières ; et ne doit-il pas être plus satisfaisant de trouver toutes les inégalités du mouvement des Planètes par une même analyse et par des procédés directs et uniformes ?
1. Nous nous proposons donc ici d’appliquer à la détermination des inégalités périodiques des Planètes les formules générales trouvées dans la première Partie de la Théorie des variations séculaires ; mais auparavant il est bon de faire à ces formules un changement qui servira à les rendre plus simples et plus exactes à quelques égards, sans influer d’ailleurs en rien sur les résultats trouvés pour les variations séculaires. Ce changement est relatif à la manière dont nous avons déterminé l’anomalie vraie par l’anomalie moyenne dans une ellipse dont les éléments sont variables ; voici en quoi il consiste.
Après être parvenus dans le no 30 de la Partie citée à l’équation différentielle

dans laquelle
est l’angle du mouvement moyen,
celui du mouvement vrai, et
des coefficients dépendant des éléments de l’ellipse, nous avons intégré le premier membre par approximation, et nous avons obtenu la formule

d’où nous avons ensuite déduit la valeur de
en 
J’ai reconnu depuis qu’au lieu de cette approximation il vaut mieux laisser le premier membre de l’intégrale sous la forme qu’il aurait si les éléments étaient constants, et appliquer à la valeur de
qui constitue le second membre, les corrections résultantes de la variabilité des mêmes éléments.
Ainsi, en faisant

et ajoutant cette équation à l’équation différentielle ci-dessus, on aura, après l’intégration, cette formule

qu’on voit être de la même forme que la précédente, les coefficients 
étant changés en
et la variable
en 
On fera donc ces mêmes changements dans les autres formules dépendantes de celle-ci ; et par conséquent les quantités
et
des nos 38 et suivants se réduiront d’abord à
et
réduction que nous avons faite aussi dans le no 49, mais d’après la considération de la petitesse des forces perturbatrices dont nous avons négligé les carrés. Par cette considération, on pourra donc aussi négliger dans les formules des variations des éléments la quantité, ou du moins la partie périodique de cette quantité, l’autre partie proportionnelle à
se confondant avec le mouvement moyen ; de sorte que les équations différentielles des nos 40 et 50 demeureront les mêmes ; et toute la Théorie des variations séculaires des éléments des orbites planétaires subsistera en son entier.
À l’égard de la quantité
il est clair qu’elle représentera la variation du mouvement moyen due aux forces perturbatrices, variation indépendante du grand axe de l’ellipse, et qu’on pourra rapporter à l’époque du moyen mouvement, laquelle, dans les orbites invariables, contient la sixième constante arbitraire des intégrales, et par conséquent le sixième élément du mouvement elliptique.
2. Pour avoir donc la formule de cette variation, il faut d’abord connaître les valeurs des coefficients,
en
or, par le no 30 de l’Ouvrage cité, on voit que la série

résulte du développement de la fraction
![{\displaystyle \left[g{\sqrt {\mathrm {R} ^{2}+(\mathrm {Q} \sin q-\mathrm {P} \cos q)^{2}}}+\mathrm {C} \sin q-\mathrm {B} \cos q\right]^{-2},}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/9b9cbf8a3c87470d72b31f6cbdff33c84f015a71)
dans laquelle (nos 8, 29)

et

l’on trouve par les méthodes ordinaires, en poussant l’approximation
jusqu’aux troisièmes dimensions de

et faisant

conformément au
no 37 du même Ouvrage,

Après avoir différentié ces valeurs, on y substituera pour 
celles que nous avons données dans les nos 17 et 41 de l’Ouvrage cité ; on aura ainsi les expressions de
qu’il faudra substituer dans celle de
du numéro précédent.
3. Si dans cette expression de
on veut se contenter d’avoir égard aux premières dimensions des quantités
ainsi que nous l’avons fait dans les formules des variations des éléments de l’orbite, il suffira alors d’avoir égard aux secondes dimensions de ces quantités dans les valeurs de
ce qui les réduira à celles-ci


et, comme les valeurs de
et
contiennent déjà les premières dimensions de
et
(ainsi qu’on le voit par les formules du no 39), il est clair qu’on pourra négliger les différences des termes
et
On aura
ainsi, après les substitutions, et en n’employant pour

et

que les valeurs du
no 42 du même Ouvrage,

et il n’y aura plus qu’à faire les autres substitutions de ce dernier numéro, en se souvenant d’y changer
en
et
en 
4. Dénotons par
la valeur moyenne de l’angle
c’est-à-dire la partie indépendante des sinus et cosinus, et proportionnelle au temps ; et par
le demi-grand axe de l’ellipse invariable dans laquelle le mouvement moyen serait
en sorte que l’on ait
il est clair que, dans les termes dus aux forces perturbatrices, on pourra mettre partout
au lieu de
et
au lieu de
demi-grand axe de l’ellipse variable (37), du moins en tant qu’on néglige les carrés de ces forces, comme on l’a toujours pratiqué dans la Théorie des perturbations des corps célestes.
Ainsi les substitutions dont il s’agit se réduiront à faire


![{\displaystyle {\begin{aligned}{\frac {d\Omega }{dq}}=&{\frac {d\Omega }{d{\overline {p}}}}+{\overline {r}}{\frac {d^{2}\Omega }{d{\overline {r}}d{\overline {p}}}}\left(\mathrm {M} \sin {\overline {p}}+\mathrm {N} \cos {\overline {p}}\right)\\&+{\overline {r}}'{\frac {d^{2}\Omega }{d{\overline {r}}'d{\overline {p}}}}\left(\mathrm {M} '\sin {\overline {p}}'+\mathrm {N} '\cos {\overline {p}}'\right)+\ldots \\&+2{\frac {d^{2}\Omega }{d{\overline {p}}^{2}}}\left(\mathrm {M} \cos {\overline {p}}-\mathrm {N} \sin {\overline {p}}\right)\\&+2{\frac {d^{2}\Omega }{d{\overline {p}}d{\overline {p}}'}}\left(\mathrm {M} '\cos {\overline {p}}'-\mathrm {N} '\sin {\overline {p}}'\right)+\ldots ,\\\Omega =&\mathrm {T} '\ \left[{\frac {{\overline {r}}\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)}{{\overline {r}}'^{2}\ }}-{\frac {1}{\sqrt {{\overline {r}}^{2}-2{\overline {r}}{\overline {r}}'\ \cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)+{\overline {r}}'^{2}}}}\right]\\+&\mathrm {T} ''\left[{\frac {{\overline {r}}\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)}{{\overline {r}}''^{2}}}-{\frac {1}{\sqrt {{\overline {r}}^{2}-2{\overline {r}}{\overline {r}}''\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)+{\overline {r}}''^{2}}}}\right]\\+&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/c3d0d0ff6e07aa250755d3ac993b331accec34d6)
Négligeant donc dans ces substitutions les secondes dimensions des quantités
et changeant les lettres
en
ainsi que nous l’avons fait dans le no 50 de l’Ouvrage cité, on aura pour la variation de
cette formule

dans laquelle il ne s’agira plus que de substituer la valeur précédente de 
5. Mais, pour avoir une formule intégrable, il est nécessaire de réduire en série les radicaux qui entrent dans l’expression de
on supposera donc
![{\displaystyle \left[{\overline {r}}^{2}-2{\overline {r}}{\overline {r}}'\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}')+{\overline {r}}'^{2}\right]^{-{\frac {1}{2}}}=\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]+\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/4ab9d05c2bcd3242efd927f43e09be53d4b60782)
![{\displaystyle +\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}\cos 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)+\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}\cos 3\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)+\ldots ,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/a2b85a6d81d32da6e4b554471c61f72ccc4e5c09)
et ainsi des autres radicaux semblables ; alors l’expression de
se trouvera composée de termes tous intégrables, dont les uns, simplement proportionnels à
seront
![{\displaystyle -2\mathrm {T} '{\overline {r}}^{2}{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}']}{d{\overline {r}}'}}d{\overline {p}}-2\mathrm {T} ''{\overline {r}}^{2}{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'']}{d{\overline {r}}''}}d{\overline {p}}-\ldots ,}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/750db2cb8e5e6dc041fe50b6ef07f5932e43538b)
et dont les autres contiendront tous des sinus ou cosinus des angles 
et donneront par conséquent la partié périodique de la valeur de 
Quant aux premiers termes, nous verrons ci-après comment, étant joints à un terme semblable provenant de la valeur de
il en résulte le terme unique
que nous avons supposé représenter la partie uniforme du mouvement moyen
dans l’ellipse variable.
Ainsi, tant qu’on n’a égard qu’aux premières dimensions des excentricités et des inclinaisons, auxquelles les quantités
ou 
sont proportionnelles, on ne trouve point de variation séculaire dans le mouvement moyen des Planètes ; mais, si l’on poussait l’approximation jusqu’aux, secondes dimensions de ces quantités dans l’expression de
on trouverait alors des termes proportionnels à
et indépendants des sinus et cosinus de
lesquels auraient pour coefficients les quantités

ces termes donneraient donc, par la substitution des valeurs de 

relatives à chaque Planète, des variations séculaires dans leur mouvement moyen, variations qui n’affecteraient que le
mouvement circulatoire dans l’ellipse variable, mais nullement le demigrand axe ou la distance moyenne. Comme cet objet est de la plus grande importance dans la Théorie des Planètes, je me propose de le discuter à fond dans une autre occasion
[1].
6. Si dans l’expression de
du no 4 on néglige les termes où se trouvent les quantités
dues aux excentricités des orbites, elle se réduit à celle-ci
![{\displaystyle {\begin{aligned}d\Sigma =&2{\overline {r}}^{2}{\frac {d\Omega }{d{\overline {r}}}}d{\overline {p}}\\=&-2{\overline {r}}^{2}\mathrm {T} '\ \left[{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ ]}{d{\overline {r}}}}+\left({\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ ]_{1}}{d{\overline {r}}}}-{\frac {1}{{\overline {r}}'^{2}\ }}\right)\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.+{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ ]_{2}}{d{\overline {r}}}}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )+\ldots \right]d{\overline {p}}\\=&-2{\overline {r}}^{2}\mathrm {T} ''\ \left[{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'']}{d{\overline {r}}}}+\left({\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'']_{1}}{d{\overline {r}}}}-{\frac {1}{{\overline {r}}''^{2}}}\right)\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'')\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.+{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'']_{2}}{d{\overline {r}}}}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'')+\ldots \right]d{\overline {p}}\\\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/b964311bac5e5dae3c93a48a273ead8cba1e8248)
Soient

les coefficients
étant constants et donnés par les rapports connus des mouvements moyens des Planètes
puisque 

sera
on aura, en substituant pour
ou
ou
une équation intégrable, et dont l’intégrale sera
![{\displaystyle {\begin{aligned}\Sigma =&-2{\overline {r}}^{2}\left(\mathrm {T} '{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}']_{1}}{d{\overline {r}}}}+\mathrm {T} ''{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'']_{1}}{d{\overline {r}}}}+\ldots \right){\overline {p}}\\&-{\frac {2{\overline {r}}^{2}\mathrm {T} '\ }{n'}}\left[\left({\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ ]_{1}}{d{\overline {r}}}}-{\frac {1}{{\overline {r}}'^{2}}}\right)\sin({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.+{\frac {1}{2}}{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ ]_{2}}{d{\overline {r}}}}\sin 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )+\ldots \right]\\&-{\frac {2{\overline {r}}^{2}\mathrm {T} ''\ }{n''}}\left[\left({\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}''\ ]_{1}}{d{\overline {r}}}}-{\frac {1}{{\overline {r}}''^{2}}}\right)\sin({\overline {p}}-{\overline {p}}''\ )\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \left.+{\frac {1}{2}}{\frac {d[{\overline {r}},{\overline {r}}''\ ]_{2}}{d{\overline {r}}}}\sin 2({\overline {p}}-{\overline {p}}''\ )+\ldots \right]\\&-\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/682dece2e794c8e9417056a32debdd3a01347afe)
7. Si l’on voulait aussi tenir compte des excentricités dans la valeur de
il n’y aurait qu’à substituer dans l’expression de
les valeurs de
déterminées dans la Théorie des variations séculaires ; ce qui ne donnerait que des termes en sinus et cosinus d’angles proportionnels à
ou
et par conséquent tous intégrables.
Mais pour simplifier ce calcul on remarquera :
1o Que l’on peut regarder les quantités
comme constantes, puisque leurs différentielles étant de l’ordre des forces perturbatrices doivent être négligées, par la raison que ces quantités se trouvent ici déjà multipliées par la quantité
qui est aussi du même ordre.
2o Qu’à cause de la petitesse des termes dont il s’agit, il suffira d’lavoir égard à ceux qui pourront augmenter beaucoup par l’intégration ; et il est clair que ce sont les termes qui contiendront des sinus ou cosinus d’angles dont la variation sera très-petite vis-à-vis de celle de l’angle
car si, par exemple,
désigne un de ces angles, et que
étant un coefficients fort petit, la première intégration introduira au dénominateur le coefficient
et la seconde y introduira le carré
Comme l’angle
ne peut être composé que de multiples des angles
joints ensemble par les signes
ou
ce n’est que par les rapports connus des mouvements moyens des Planètes qu’on pourra juger dans chaque cas de la valeur du coefficient
il faudra donc un examen particulier pour chaque Planète dont on voudra calculer les perturbations.
3o Que, s’il arrivait que le coefficient
fût très-petit du même ordre que les coefficients de
dans les sinus ou cosinus des valeurs de
il faudrait alors, dans les termes qui contiendraient les sinus ou cosinus de
substituer immédiatement ces valeurs, et intégrer ensuite, après avoir réduit les produits des sinus et cosinus en sinus et cosinus simples. Mais ce cas ne paraît pas pouvoir exister dans notre Système planétaire.
8. Considérons maintenant les variations du demi-grand axe de l’ellipse. Nous avons trouvé, dans le no 35 de la Théorie citée, que ce grand axe est constant, relativement aux variations séculaires ; mais il ne l’est plus lorsqu’on a égard aux variations périodiques. Car la quantité
qui est en raison inverse du demi-grand axe, est telle que

en désignant par
la différentielle partielle de la fonction
relativement aux seules-variables de la Planète troublée ; par conséquent cette quantité sera essentiellement variable, mais ses variations ne seront que périodiques, puisque l’expression de
ne peut contenir que des termes affectés de sinus et cosinus.
Prenons pour un moment
pour dénoter le demi-grand axe de l’ellipse variable dans laquelle
est l’angle du mouvement moyen ; on aura par les nos 34 et 37 de la Théorie citée

Donc : 1o

et, intégrant,

La quantité
est une constante arbitraire qui serait égale à la valeur moyenne de
si l’intégrale
ne contenait aucun terme constant. Mais nous supposerons que cette intégrale contienne encore une petite constante arbitraire, que nous déterminerons en sorte que le mouvement moyen dans l’ellipse qui aurait
pour demi-grand axe soit le même que la partie uniforme
de l’angle
conformément à ce que nous avons supposé dans le no 4.
Si donc on fait
la quantité
exprimant ainsi les variations périodiques du demi-grand axe, et qu’on néglige les secondes puissances de cette quantité, on aura

2o On aura par conséquent

Mais

est la valeur de

qui aurait lieu dans l’ellipse dont le demi-grand axe serait

et que nous avons déjà désignée par

; donc, intégrant,

Donc, si l’on fait
la quantité
exprimant la partie périodique de l’angle
on aura

et il faudra que dans cette expression il n’entre aucun terme proportionnel à
.
9. Il ne s’agit maintenant que d’évaluer la quantité
Or on a vu dans le no 41 de la Théorie citée que cette quantité est réductible à la forme

étant ici le rayon vecteur de l’orbite ; donc, négligeant le terme
parce qu’il contiendrait les secondes puissances des inclinaisons des orbites, et faisant dans les autres les mêmes substitutions et réductions que dans le no 4 ci-dessus, on aura

Et l’on intégrera cette formule d’une manière semblable à celle que nous avons indiquée plus haut pour l’intégration de la différentielle
10. Si l’on néglige les excentricités et par conséquent les quantités
qui en dépendent, on aura simplement

Cette différentielle est intégrable rigoureusement ; car en substituant la valeur de
du no 4 ci-dessus, et faisant comme dans le no 6

on aura
![{\displaystyle {\begin{aligned}\int (d\Omega )&={\frac {\mathrm {T} '}{n'}}\left[{\frac {{\overline {r}}\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)}{{\overline {r}}'^{2}}}-{\frac {1}{\sqrt {{\overline {r}}^{2}-2{\overline {r}}{\overline {r}}'\ \cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)+{\overline {r}}'^{2}}}}\right]\\&+{\frac {\mathrm {T} ''}{n''}}\left[{\frac {{\overline {r}}\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)}{{\overline {r}}''^{2}}}-{\frac {1}{\sqrt {{\overline {r}}^{2}-2{\overline {r}}{\overline {r}}''\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)+{\overline {r}}''^{2}}}}\right]\\&+\ldots +\chi .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/d95d23b227c19d22efe83226d7e4645c9a552c07)
étant une constante arbitraire.
Cette expression multipliée par
et prise négativement donnera la valeur de
c’est-à-dire les variations du demi-grand axe en tant qu’on néglige les excentricités des orbites. Mais pour en déduire ensuite celles du mouvement moyen qui en dépendent, il faudra une nouvelle intégration qui, n’étant pas possible en général, oblige d’avoir recours aux séries. On pourrait, à la vérité, construire l’intégrale par les méthodes connues pour la quadrature arithmétique des courbes, et l’on pourrait en faire de même pour la valeur de
dans ce même cas ; mais on n’aurait pas de cette manière des formules générales qui fassent connaître la marche des variations, et l’on n’aurait pas même une plus grande exactitude que par les séries. Employant donc les séries du no 5 ci-dessus, on aura
![{\displaystyle {\begin{aligned}\int (d\Omega )=&-{\frac {\mathrm {T} '}{n'}}\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]+\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}'^{2}}}\right)\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)\right.\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}\cos 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)+\ldots {\Bigr ]}\\&-{\frac {\mathrm {T} ''}{n''}}\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]+\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}''^{2}}}\right)\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\ \right)\right.\\&\quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{2}\cos 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\ \right)+\ldots {\Bigr ]}\\&-\ldots +\chi .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/7bb0be49c7e1fafc7144dbd43e15bb4497cd2920)
et de là
![{\displaystyle {\begin{aligned}\int d\,{\overline {p}}\int (d\Omega )=&-{\frac {\mathrm {T} '}{n'^{2}}}\left[\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}'^{2}\ }}\right)\sin \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \quad \left.+{\frac {1}{2}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}\sin 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)+\ldots \right]\\&-{\frac {\mathrm {T} ''}{n''^{2}}}\left[\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}''^{2}}}\right)\sin \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\ \right)\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \quad \left.+{\frac {1}{2}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{2}\sin 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\ \right)+\ldots \right]\\&-\ldots +\left(\chi -{\frac {\mathrm {T} '}{n'}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]-{\frac {\mathrm {T} ''}{n''}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]-\ldots \right){\overline {p}}.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/d244d1152c6d6eec4a2f0a4235af993e8b1174cf)
Or il faut (8) que la valeur de
c’est-à-dire

ne contienne aucun terme proportionnel à
égalant donc à zéro la somme des coefficients de ces sortes de termes dans
et dans

on aura l’équation
![{\displaystyle {\begin{aligned}&-2{\overline {r}}^{2}\left(\mathrm {T} '{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]}{d\,{\overline {r}}}}+\mathrm {T} ''{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]}{d\,{\overline {r}}}}+\ldots \right)\\&+3{\overline {r}}\left(\chi -{\frac {\mathrm {T} '}{n'}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]-{\frac {\mathrm {T} ''}{n''}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]-\ldots \right)=0,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/4678891cf12afcf673466b1f60eff4770f71f00c)
d’où l’on tire
![{\displaystyle \chi =\mathrm {T} '\left({\frac {\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]}{n'}}+{\frac {2{\overline {r}}}{3}}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]}{d\,{\overline {r}}}}\right)+\mathrm {T} ''\left({\frac {\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]}{n''}}+{\frac {2{\overline {r}}}{3}}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]}{d\,{\overline {r}}}}\right)+\ldots .}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/684407a4c68237ca69fac66c54f5d1c1c4697476)
Par le moyen de ces substitutions, les expressions de
et de
du no 8 deviendront
![{\displaystyle {\begin{aligned}\rho =&-\mathrm {T} '{\frac {4{\overline {r}}^{2}}{3}}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]}{d\,{\overline {r}}}}-\mathrm {T} ''{\frac {4{\overline {r}}^{2}}{3}}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]}{d\,{\overline {r}}}}-\ldots \\&+2\mathrm {T} '{\frac {{\overline {r}}^{2}\ }{n'}}\left[\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}'^{2}}}\right)\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}')+\ldots {\Bigr ]}\\&+2\mathrm {T} ''{\frac {{\overline {r}}^{2}}{n''}}\left[\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}''^{2}}}\right)\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'')\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{2}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'')+\ldots {\Bigr ]}\\&-\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots .\\\varpi =&\mathrm {T} '\ {\Bigl [}\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\,\right]_{1}\right]\sin \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)+\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}\right]\sin 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)+\ldots {\Bigr ]}\\+&\mathrm {T} ''{\Bigl [}\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{1}\right]\sin \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)+\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{2}\right]\sin 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)+\ldots {\Bigr ]}\\+&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/6480fec13e374cb0b084f5247be8302703e026a9)
en supposant, pour abréger,
![{\displaystyle {\begin{aligned}&\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}\right]={\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}'^{2}}}\left({\frac {3}{n'^{2}}}+{\frac {2}{n'}}\right)-{\frac {3{\overline {r}}}{n'^{2}}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}-{\frac {2{\overline {r}}^{2}}{n'}}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}}{d\,{\overline {r}}}},\\&\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}\right]=-{\frac {3{\overline {r}}}{2n'^{2}}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}-{\frac {2{\overline {r}}^{2}}{2n'}}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}}{d\,{\overline {r}}}},\\&\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}\right]=-{\frac {3{\overline {r}}}{3n'^{2}}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}-{\frac {2{\overline {r}}^{2}}{3n'}}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}}{d\,{\overline {r}}}},\\&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots ,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/61dcf4dc957b442256491f23e0a0ed6d75b6ceef)
et ainsi des autres expressions semblables.
11. Après avoir vu comment on doit déterminer les variations périodiques de la distance moyenne et du mouvement moyen, passons à la recherche de celles des excentricités et des aphélies.
Celles-ci sont contenues dans les formules du no 41 de la Théorie citée, lesquelles donnent les variations des quantités
et
ou
et
car en nommant
l’excentricité,
la longitude de l’aphélie sur le plan de projection et
sa latitude, nous avons supposé

Or on a vu dans le no 42 qu’en négligeant les carrés des excentricités et des inclinaisons, les formules dont il s’agit se réduisent à celles-ci

Faisant donc dans ces formules les substitutions du no 4 ci-dessus, et changeant
en
on aura des équations de cette forme

dans lesquelles

12. Si maintenant on substitue dans ces expressions de
et
la valeur de
en série (4 et 5), qu’ensuite on développe les différents produits des sinus et cosinus en sinus et cosinus simples, on aura des termes proportionnels à
et
lesquels étant ensuite multipliés par
et
donneront, dans les valeurs de
et
des termes sans sinus ni cosinus ; ce sont ceux que nous avons déterminés à part dans les nos 43 et 49 de la Théorie citée, et auxquels nous avons eu uniquement égard dans les équations différentielles en
et
du no 50, parce que nous faisions alors abstraction des inégalités périodiques. Les autres termes de
et
ne pourront donner dans
et
que des termes affectés de sinus ou cosinus d’angles composés de multiples de
et il faudra maintenant tenir compte aussi de ces termes, pour pouvoir déterminer la partie périodique des valeurs de
et
Désignons, pour abréger, par
la totalité des termes affectés de sinus et cosinus dans la valeur de

et par
la totalité des termes pareils dans la valeur de

il faudra donc ajouter respectivement aux valeurs de
des équations différentielles citées les quantités
de sorte que ces quantités formeront maintenant les seconds membres des deux premières équations différentielles dont il s’agit.
Ainsi, puisque (4)

les équations complètes seront
![{\displaystyle {\begin{aligned}&{\frac {dx}{dt}}-\left((0,1)+(0,2)+\ldots \right)y+[0,1]y'+[0,2]y''+\ldots ={\frac {(\mathrm {X} )}{{\overline {r}}^{\frac {3}{2}}}},\\&{\frac {dy}{dt}}+\left((0,1)+(0,2)+\ldots \right)x-[0,1]x'-[0,2]x''+\ldots ={\frac {(\mathrm {Y} )}{{\overline {r}}^{\frac {3}{2}}}}.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/e6b7a494a1ca419e3202351ea3cc64e9d20c5d76)
De même, en dénotant par
ce que deviennent les expressions de
et
lorsqu’on y change
en
et vice versâ, et par
la totalité des termes affectés de sinus et cosinus dans les valeurs de

on aura les équations
![{\displaystyle {\begin{aligned}&{\frac {dx'}{dt}}-{\Bigl (}(1,0)+(1,2)+\ldots {\Bigr )}y'+[1,0]y+[1,2]y''+\ldots ={\frac {(\mathrm {X} ')}{{\overline {r}}^{\frac {3}{2}}}},\\&{\frac {dy'}{dt}}+{\Bigl (}(1,0)+(1,2)+\ldots {\Bigr )}x'-[1,0]x+[1,2]x''-\ldots ={\frac {(\mathrm {Y} ')}{{\overline {r}}^{\frac {3}{2}}}},\\\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/0068e83a2a852b9ecad4287ebbe62724156bef1f)
et ainsi de suite.
13. Comme dans les premiers membres de ces équations les variations sont linéaires, et que les seconds membres peuvent être regardés comme des fonctions connues de la variable
l’intégration est toujours possible par les méthodes connues. Dans la Théorie précédente nous avons déjà donné les intégrales complètes pour le cas où les seconds membres seraient nuls ; et ces mêmes intégrales, en y faisant varier les constantes arbitraires, donneront celles des équations dont il s’agit par la méthode indiquée dans le no 27 de la même Théorie.
Désignons, en général, par
les expressions de 
trouvées dans cette Théorie (51), et soient 
les valeurs de
dans les équations ci-dessus, en ayant égard à leurs seconds membres ; il est clair qu’en y substituant ces valeurs, les termes en
s’en iront d’eux-mêmes, et que les transformées ne seront autre chose que les mêmes équations, en y changeant
en
et comme les valeurs de
contiennent déjà toutes les constantes arbitraires nécessaires pour l’intégration complète, il suffira que celles de
satisfassent aux équations d’une manière quelconque.
Or les quantités qui forment les seconds membres des équations dont il s’agit étant dues aux forces perturbatrices, on peut supposer que les valeurs des variables
soient très-petites du même ordre, et, dans cette supposition, les termes qui renferment ces mêmes variables sous une forme finie deviendront très-petits de l’ordre des carrés de ces forces, puisque les coefficients
sont eux-mêmes très-petits de l’ordre des mêmes forces. Ainsi, comme nous négligeons dans les recherches présentes les carrés des forces perturbetrices, et toutes les quantités du même ordre, les équations en
se réduiront simplement à

d’où l’on tire, en remettant
pour 

Et il en sera de même pour 
14. Si dans les expressions de
du no 11 on fait d’abord abstraction des excentricités, et que par conséquent on y néglige les termes multipliés par
elles se réduisent aux quantités
et comme par la substitutions de la valeur de
en série il ne vient aucun terme proportionnel à
et
on aura simplement, dans ce cas,

L’intégration de
et
ne présente aucune difficulté, puisqu’on a (6)

mais on peut la simplilier beaucoup en remarquant, en général, que si
est un terme quelconque de
et
le terme correspondant de
étant un angle tel que

ces termes donneront dans l’intégrale de

deux termes de la forme

et dans l’intégrale de
les termes correspondants

En effet, en différentiant et comparant les termes analogues, on parvient aux équations

Or dans le cas présent on a
![{\displaystyle {\begin{aligned}\mathrm {X} =&2{\overline {r}}{\frac {d\Omega }{d\,{\overline {p}}}}\\=&2\mathrm {T} '{\overline {r}}\left[\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}'^{2}}}\right)\sin({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+2\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}\sin 2({\overline {p}}-{\overline {p}}')+\ldots {\Bigr ]}\\=&2\mathrm {T} ''{\overline {r}}\left[\left(\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{1}-{\frac {\overline {r}}{{\overline {r}}''^{2}}}\right)\sin({\overline {p}}-{\overline {p}}'')\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+2\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{2}\sin 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'')+\ldots {\Bigr ]}\\&+\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots ,\\\mathrm {Y} =&{\overline {r}}^{2}{\frac {d\Omega }{d\,{\overline {r}}}}\\=&-\mathrm {T} '{\overline {r}}^{2}\left[{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]}{d\,{\overline {r}}}}+\left({\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{1}}{d\,{\overline {r}}}}-{\frac {1}{{\overline {r}}'^{2}}}\right)\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}}{d\,{\overline {r}}}}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}')+\ldots {\Bigr ]}\\=&-\mathrm {T} ''{\overline {r}}^{2}\left[{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]}{d\,{\overline {r}}}}+\left({\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{1}}{d\,{\overline {r}}}}-{\frac {1}{{\overline {r}}''^{2}}}\right)\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'')\right.\\&\qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad {\Bigl .}+{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{2}}{d\,{\overline {r}}}}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'')+\ldots {\Bigr ]}\\&-\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots ,\\\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/7bd2a07f4f0b0c6111f5d99f39024d33ecd11f6c)
Si donc on fait successivement

et qu’on prenne pour
et
les coefficients respectifs des sinus et cosinus dans les séries précédentes, on aura pour

c’est-à-dire pour

et

des expressions de cette forme

dans lesquelles
![{\displaystyle {\begin{aligned}\Xi =&\mathrm {T} '\ {\Bigl [}\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]\right.\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\,\ \right]\right._{1}\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)+\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}\right.\cos 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)+\ldots {\Bigr ]}\\+&\mathrm {T} ''{\Bigl [}\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\,\right]\right.\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\,\right]\right._{1}\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)+\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\right]_{2}\right.\cos 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)+\ldots {\Bigr ]}\\+&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \\\psi =&\mathrm {T} '\,\ {\Bigl [}\left.\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\,\ \right]\right]_{1}\sin \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \ \right)+\left.\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\ \right]_{2}\right]\sin 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ \right)+\ldots {\Bigr ]}\\+&\mathrm {T} ''\ {\Bigl [}\left.\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\,\right]\right]_{1}\sin \left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\ \right)+\left.\left[{\overline {r}},{\overline {r}}''\ \right]_{2}\right]\sin 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}''\right)+\ldots {\Bigr ]}\\+&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \\\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/0e9ca84d0a27fdb11637bc7ca68e62a880148ff2)
en supposant
![{\displaystyle {\begin{aligned}&\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}\right.={\overline {r}}^{2}{\frac {\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]}{dr}},\\&\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}\right.={\frac {{\overline {r}}^{2}{\cfrac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}}{d\,{\overline {r}}}}+2n'{\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}-{\frac {{\overline {r}}^{2}}{{\overline {r}}'^{2}}}(1+2n')}{1-n'^{2}}},\\&\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}\right.={\frac {{\overline {r}}^{2}{\cfrac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}}{d\,{\overline {r}}}}+2.4n'{\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}}{1-4n'^{2}}},\\&\left[\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}\right.={\frac {{\overline {r}}^{2}{\cfrac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}}{d\,{\overline {r}}}}+2.9n'{\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}}{1-9n'^{2}}},\\&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots ,\\&\left.\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}\right]={\frac {n'{\overline {r}}^{2}{\cfrac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}}{d\,{\overline {r}}}}+2{\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}-{\frac {{\overline {r}}^{2}}{{\overline {r}}'^{2}}}(n'+2)}{1-n'^{2}}},\\&\left.\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}\right]=2{\frac {n'{\overline {r}}^{2}{\cfrac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}}{d\,{\overline {r}}}}+2{\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}}{1-4n'^{2}}},\\&\left.\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}\right]=3{\frac {n'{\overline {r}}^{2}{\cfrac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}}{d\,{\overline {r}}}}+2{\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}}{1-9n'^{2}}},\\&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots ,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/ad8bf26bff11d1ca090dec03370c0a816cbe96bb)
et ainsi des autres fonctions semblables.
On pourra avec la même facilité tenir compte des termes multipliés par les variables
dans les expressions de
et
pour cela on y changera d’abord ces variables en
et l’on y substituera leurs valeurs trouvées dans la Théorie des variations séculaires on n’aura ainsi à intégrer que des termes en sinus et cosinus, et l’on pourra même simplifier beaucoup le calcul par des remarques semblables à celles que nous avons faites (7).
15. Il ne reste plus qu’à déterminer les inégalités des nœuds et des inclinaisons, lesquelles dépendent des équations différentielles du no 39 de la Théorie citée ; mais nous réduirons auparavant ces mêmes équations à une forme plus simple et plus générale à quelques égards.
En supposant, comme nous l’avons fait,

où
représente la tangente de l’inclinaison et
la longitude du nœud ascendant comptée depuis un point fixe, on a

Or

mais

donc

faisant ces substitutions dans les valeurs de

et de

et supposant, pour abréger,
![{\displaystyle {\begin{aligned}\mathrm {Z} =&\mathrm {T} '\ \left({\frac {1}{\rho '^{3}\,}}-{\frac {1}{\sigma '^{3}\,}}\right)\left[(u-u'\ )y'\,-(s-s'\ )x'\ \right]\\+&\mathrm {T} ''\left({\frac {1}{\rho ''^{3}}}-{\frac {1}{\sigma ''^{3}}}\right)\left[(u-u'')y''-(s-s'')x''\right]\\+&\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots ,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/3c2d9587d70149b90720e2b4d844f2fb55c25fe4)
on aura

et il n’y aura plus qu’à mettre pour
leurs valeurs

et pour

les expressions en séries données dans le numéro cité, ensuite substituer partout les valeurs de
en 
En négligeant les quantités du second ordre (
étant regardées comme du premier, ainsi que
) il suffira de changer
en
en
et
en
ainsi, à cause de

on aura alors simplement

et
![{\displaystyle {\begin{aligned}\mathrm {Z} &=\mathrm {T} '\ {\overline {r}}'\,\left[(u-u'\,)\sin {\overline {p}}'-(s-s'\ )\cos {\overline {p}}'\ \right]\\&\quad \times \left[{\frac {1}{{\overline {r}}'^{2}}}-({\overline {r}},{\overline {r}}'\ )-({\overline {r}},{\overline {r}}'\ )_{1}\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'\,)-({\overline {r}},{\overline {r}}'\ )_{2}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'\ )-\ldots \right]\\&+\mathrm {T} ''{\overline {r}}''\left[(u-u'')\sin {\overline {p}}''-(s-s'')\cos {\overline {p}}''\right]\\&\quad \times \left[{\frac {1}{{\overline {r}}''^{2}}}-({\overline {r}},{\overline {r}}'')-({\overline {r}},{\overline {r}}'')_{1}\cos({\overline {p}}-{\overline {p}}'')-({\overline {r}},{\overline {r}}'')_{2}\cos 2({\overline {p}}-{\overline {p}}'')-\ldots \right]\\&+\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots ,\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/dda2be7377e0ea43aa3f9042b04eb86f93b8c8b2)
les quantités
étant les coefficients de la série
qui représente le radical
![{\displaystyle \left[{\overline {r}}^{2}-2{\overline {r}}{\overline {r}}'\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)+{\overline {r}}'^{2}\right]^{-{\frac {3}{2}}},}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/f41257ade3f0eed51dc55dee8ba68061618a4d1b)
et ainsi des autres fonctions semblables.
16. Si dans cette expression de
on développe les produits des sinus et cosinus, il viendra des termes proportionnels à
et
lesquels donneront par conséquent, dans les valeurs de
et
des termes exempts de sinus et cosinus. Ce seront les mêmes que nous avons trouvés dans l’endroit cité de la Théorie des variations séculaires, et qui nous ont donné les équations pour les variations séculaires de
et
et comme l’analyse précédente est indépendante de la condition
que nous avions employée dans le même endroit, il s’ensuit que les équations dont il s’agit auraient également lieu quand même le grand axe de l’orbite serait aussi sujet à des variations séculaires ; qu’ainsi notre Théorie des nœuds et des inclinaisons des orbites planétaires subsiste indépendamment de l’inaltérabilité des distances moyennes.
À l’égard des autres termes, ils ne pourront donner que des sinus et \inftysinus dans les valeurs de
et
nous les avons négligés dans les équations du no 40 de la Théorie citée, parce qu’il n’était question alors que des variations séculaires ; mais, pour avoir maintenant les valeurs complètes de
et
il faudra ajouter ces termes aux équations dont il s’agit.
Désignons par
la totalité des termes en sinus et cosinus de la valeur de
et par
la totalité des termes pareils dans la valeur de
il faudra donc ajouter respectivement aux valeurs de 
les quantités
de sorte que ces quantités formeront les seconds inembres des équations du numéro cité, lesquelles deviendront de cette manière

et ainsi des autres équations semblables.
17. On appliquera à ces équations ce que nous avons dit (13) relativement aux équations en
et
et l’on en conclura que si
désignent les valeurs de
déterminées dans la Théorie des variations séculaires, et qu’on suppose

on aura avec assez d’exactitude

et ainsi de 
Au reste, comme la quantité
du no 15 ne contient que des termes déjà multipliés par
il s’ensuit qu’en faisant abstraction, dans l’effet des forces perturbatrices, des inclinaisons des orbites, les quantités dont il s’agit seront nulles ; par conséquent on aura aussi dans cette hypothèse
et
nuls, et de là

et de même

Lorsqu’on voudra pousser l’exactitude plus loin, ce qui cependant ne paraît guère nécessaire dans la Théorie du système planétaire, il n’y aura qu’à substituer dans
pour
les valeurs déjà connues 
et intégrer les différents termes qui en proviendront, suivant les méthodes ordinaires. Sur quoi voyez ce que nous avons dit (7).
18. La pratique ordinaire des Astronomes dans le calcul des Planètes est de chercher d’abord le lieu dans l’orbite, et de le réduire ensuite à l’écliptique. Ce lieu dépend de la longitude moyenne
et des éléments de l’orbite, c’est-à-dire du demi-grand axe
de l’excentricité
et de la longitude de l’aphélie ; or, quoique dans les orbites peu inclinées, comme celles des Planètes, la longitude de l’aphélie dans l’orbite soit presque la même que sa longitude dans l’écliptique, que nous avons désignée par
si l’on voulait néanmoins la déterminer rigoureusement par nos formules, il faudrait faire attention que,
étant la longitude du nœud dans le plan de projection, sa longitude doit être exprimée par
étant l’angle d’inclinaison ; car il est évident que, tandis que le nœud avance de l’angle
dans le plan de projection, il n’avance dans le plan de l’orbite que de l’angle
qui est le côté adjacent à l’angle
dans le triangle rectangle dont
est l’hypoténuse.
Ainsi, nommant
la longitude
du nœud dans l’orbite,
la longitude de l’aphélie dans la même orbite, et
la latitude de cet aphélie comme dans le no 9 de la Théorie des variations séculaires, et considérant le triangle sphérique rectangle dont
est l’hypoténuse,
les deux côtés, et
l’angle opposé au côté
on aura par les formules connues

faisant les substitutions du numéro cité, on aura

Or

donc, puisque

la première équation deviendra

laquelle, étant combinée avec la seconde, donnera

En ajoutant ensemble les carrés de ces équations, on aura

comme cela doit être d’après nos formules primitives, et en les divisant l’une par l’autre on aura la valeur de
en quantités toutes connues, puisque les angles
et
sont donnés par les formules

Si l’on voulait au contraire déterminer les valeurs de
en 
ce qui pourrait être utile dans quelques occasions, on trouverait par les formules précédentes
![{\displaystyle {\begin{aligned}\mathrm {N} \ =&\lambda \left[\cos(\Phi -\Omega )\cos \omega -\sin(\Phi -\Omega )\sin \omega \cos i\right],\\\mathrm {M} =&\lambda \left[\cos(\Phi -\Omega )\sin \omega +\sin(\Phi -\Omega )\cos \omega \cos i\right],\\\mathrm {L} \ =&\lambda \sin(\Phi -\Omega )\sin i.\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/8afadbbdd90b8311cfe06e521a7331749c4c26e7)
19. Comme l’objet final des observations et des calculs astronomiques relativement aux Planètes se réduit toujours à la détermination de leurs lieux rapportés à l’écliptique, et que cette détermination ne dépend que de trois éléments, de la distance accourcie au rayon vecteur de l’orbite projetée, de la longitude vraie ou angle de ce rayon avec une ligne fixe, et de la latitude ou angle du rayon vecteur de l’orbite vraie avec celui de l’orbite projetée, il suffira de connaître les altérations que ces éléments doivent subir par l’effet des variations périodiques que nous avons déterminées.
Cet effet consiste à changer les éléments de l’orbite

en

et la longitude moyenne
en
ainsi il n’y aura qu’à faire ces changements dans les expressions connues de la longitude vraie, du rayon vecteur et de la latitude, calculées pour une ellipse invariable. Par conséquent, si
est la longitude vraie,
le rayon vecteur,
Ia tangente de
la latitude, ces quantités étant exprimées par l’angle

du mouvement moyen, et par les éléments

supposés constants, on aura, en négligeant les carrés des corrections

dues aux forces perturbatrices,
Correction de la longitude

Correction du rayon vecteur

Correction de la tangente de latitude

20. Les expressions de
en
peuvent se déduire immédiatement des formules de la Théorie citée (29 et suivants). Car, en n’ayant égard qu’aux quantités très-petites du premier et du second ordre, ce qui suffit dans la recherche présente, on aura

où

de sorte qu’en faisant les substitutions du no 2, et changeant
en
on aura

Pour le rayon vecteur
de l’orbite projetée, on aura d’abord cette série en

![{\displaystyle \left.+\left({\overline {x}}{\overline {y}}+{\frac {{\overline {s}}{\overline {u}}}{2}}\right)\sin 2q-{\frac {{\overline {x}}^{2}+{\overline {y}}^{2}}{2}}-{\frac {{\overline {s}}^{2}+{\overline {u}}^{2}}{4}}\right],}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/eb29b7ac4dc596746c8a0d35f3eeb45b79f6499a)
laquelle par la substitution de la valeur précédente de
en
donnera

![{\displaystyle \left.-\left({\overline {x}}{\overline {y}}+{\frac {{\overline {s}}{\overline {u}}}{2}}\right)\sin 2{\overline {p}}+{\frac {{\overline {x}}^{2}+{\overline {y}}^{2}}{2}}-{\frac {{\overline {s}}^{2}+{\overline {u}}^{2}}{4}}\right].}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/e9d4645c97d58a076f2ec78d6d0ded81312b0ec9)
Enfin, pour la tangente de la latitude, on a l’expression

de sorte qu’en substituant aussi la valeur de
en
on aura

Ainsi l’on trouvera par des différentiations partielles les valeurs des quantités d’où dépendent les corrections cherchées.
21. Si dans ces corrections on néglige d’abord les excentricités et les inclinaisons des orbites, on aura simplement par les formules précédentes

et toutes les autres différences partielles seront nulles.
Donc
1o La correction de la longitude deviendra

et, mettant pour
et
les valeurs trouvées dans le no 14, elle se réduira à 
2o La correction de la latitude sera nulle, puisque les quantités
et
deviennent nulles dans le cas dont il s’agit (17) ;
3o La correction du rayon vecteur sera

laquelle par la substitution des valeurs de
et
se réduit à 
Les valeurs de
ont été données dans les nos 10, 14 ; en les réunissant, on aura ces formules très-simples
Correction de la longitude
![{\displaystyle {\begin{aligned}&-\mathrm {T} '\left[{\frac {2}{n'}}{\overline {r}}^{2}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}}{d{\overline {r}}}}+\left(1+{\frac {3}{n'^{2}}}\right){\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}-\left(1+{\frac {2}{n'}}+{\frac {3}{n'^{2}}}\right){\frac {{\overline {r}}^{2}}{{\overline {r}}'^{2}}}\right]\\&\ \ \quad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \times {\frac {\sin \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)}{1-n'^{2}}}\\&-\mathrm {T} '\left[{\frac {2}{2n'}}{\overline {r}}^{2}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}}{d{\overline {r}}}}+\left(2+{\frac {3}{2n'^{2}}}\right){\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}\right]{\frac {\sin 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)}{1-4n'^{2}}}\\&-\mathrm {T} '\left[{\frac {2}{3n'}}{\overline {r}}^{2}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}}{d{\overline {r}}}}+\left(3+{\frac {3}{3n'^{2}}}\right){\overline {r}}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}\right]{\frac {\sin 3\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)}{1-9n'^{2}}}\\&+\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/d98422d33f8acd71ff954dbe4b71fce0c9de524f)
Correction du rayon vecteur
![{\displaystyle {\begin{aligned}-\mathrm {T} '{\overline {r}}^{3}{\frac {1}{3}}{\frac {\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]}{\overline {r}}}&+\mathrm {T} '\left[{\overline {r}}^{3}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}}{d{\overline {r}}}}+{\frac {2}{n'}}{\overline {r}}^{2}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{1}-\left(1+{\frac {2}{n'}}\right){\frac {{\overline {r}}^{3}}{{\overline {r}}'^{2}}}\right]\\&\ \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \qquad \times {\frac {\cos \left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)}{1-n'^{2}}}\\&+\mathrm {T} '\left({\overline {r}}^{3}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}}{d{\overline {r}}}}+{\frac {2}{n'}}{\overline {r}}^{2}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{2}\right){\frac {\cos 2\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)}{1-4n'^{2}}}\\&+\mathrm {T} '\left({\overline {r}}^{3}{\frac {d\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}}{d{\overline {r}}}}+{\frac {2}{n'}}{\overline {r}}^{2}\left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right]_{3}\right){\frac {\cos 3\left({\overline {p}}-{\overline {p}}'\right)}{1-9n'^{2}}}\\&+\ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots \ldots .\end{aligned}}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/19c215370cd50ce1943c286e078f1e8957c2e032)
Ces formules représentent les inégalités périodiques d’une Planète quelconque
troublée par une autre Planète
la masse du Soleil étant prise pour l’unité ; chaque Planète perturbatrice en donnera de pareilles, et leur somme exprimera l’effet total des perturbations, en tant qu’on fait abstraction des excentricités et des inclinaisons des orbites ; ce qui suffit dans la plupart des cas. Le calcul ne sera pas plus difficile, mais seulement un peu plus long, lorsqu’on voudra tenir cornpte aussi des termes dus aux excentricités et aux inclinaisons.
Quant à l’application de ces formules aux Planètes, elle n’aura d’autre difficulté que celle qui consiste dans l’évaluation des fonctions ![{\displaystyle \left[{\overline {r}},{\overline {r}}'\right],}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/c619ac470080600fd7bab415cc749873c37ded43)
et de leurs différences ; et nous avons aussi déjà donné tous les secours nécessaires pour ce calcul dans la Théorie des variations séculaires, à laquelle nous renvoyons.