Mémoires historiques/36

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Maisons héréditaires
Sixième maison
Tchen et K'i

CHAPITRE XXXVI

Sixième maison héréditaire

Tchen et K'i


p.169 Man, duc Hou, de Tch’en, était un descendant de Choen, empereur Yu. Autrefois, au temps où Choen était un homme du commun, Yao lui donna en mariage ses deux filles et l’établit au confluent des rivières Koei et Joei (101) ; les descendants (de Choen) en tirèrent leur nom de famille ; leur nom de famille fut Koei. — Quand Choen fut mort, l’empire fut transmis à Yu, et Chang-kiun, fils de Choen, reçut un fief. — Au temps des souverains (de la dynastie) Hia, (les descendants de Choen) tantôt disparurent et tantôt se continuèrent. — Puis, quand le roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, eut vaincu Tcheou, de (la dynastie) Yn, il rechercha derechef un descendant de Choen et trouva Koei Man (102) ; il lui donna en fief (le pays de) Tch’en pour qu’il y accomplît les sacrifices à l’empereur Choen ; ce fut le duc Hou.

A la mort du duc Hou, son fils, Si-heou qui fut le duc p.170 Chen, prit le pouvoir. — A la mort du duc Chen, son frère cadet, Kao-yang, qui fut le duc Siang, prit le pouvoir. — A la mort du duc Siang, on mit sur le trône Tou, fils du duc Chen ; ce fut le duc Hiao. — A la mort du duc Hiao, son fils, Yu-jong, qui fut le duc Chen, prit le pouvoir. Le duc Chen correspond à l’époque du roi Li, de (la dynastie) Tcheou. — A la mort du duc Chen, son fils, Ning, qui fut le duc Yeou, prit le pouvoir. La douzième année (103) (842), le roi Li, de (la dynastie) Tcheou, s’enfuit à Tche. La vingt-troisième année (832), le duc Yeou mourut. Son fils, Hiao, qui fut le duc Hi, prit le pouvoir. — La sixième année (104) (827), le roi Siuen, de (la dynastie) Tcheou, monta sur le trône. La trente-sixième année (796), le duc Hi mourut. Son fils, Ling, qui fut le duc Ou, prit le pouvoir. — Le duc Ou mourut dans la quinzième année de son règne (781). Son fils, Yue, qui fut le duc I, prit le pouvoir. En cette année, le roi Yeou, de (la dynastie) Tcheou, monta sur le trône. — Le duc I mourut dans la troisième année de son règne (778). Son frère cadet, Sie, qui fut le duc P’ing, prit le pouvoir. — La septième année (771) du duc P’ing, le roi Yeou, de (la dynastie) Tcheou, fut tué par les K’iuen-jong ; les Tcheou émigrèrent du côté de l’est ; Ts’in fut pour la première fois mis au rang des seigneurs. La vingt-troisième année (755), le duc P’ing mourut. Son fils, Yu, qui fut le duc Wen, prit le pouvoir. — La première année (754) de son règne, le duc Wen épousa une fille (du prince) de Ts’ai, qui enfanta un fils nommé T’o. La dixième année (745), le duc Wen mourut. L’aîné de ses fils, Pao, qui fut le duc Hoan, prit le pouvoir. — La p.171 vingt-troisième année (722) du duc Hoan, le duc Yn, de Lou, commença à régner. La vingt-sixième année (719), (les gens de) Wei assassinèrent leur prince Tcheou-hiu. La trente-troisième année (712), (les gens de) Lou assassinèrent leur prince, le duc Yn. La trente-huitième année (707), le premier mois, au jour kia-siu ou ki-tch’eou (105), Pao, duc Hoan, de Tch’en, mourut.

T’o (106), frère cadet du duc Hoan, avait pour mère une fille (du prince) de Ts’ai ; c’est pourquoi, les gens de Ts’ai, agissant au profit de T’o, tuèrent Ou-fou, ainsi que Wen, héritier présomptif du duc Hoan, et donnèrent le pouvoir à T’o ; ce fut le duc Li. — Au moment de la maladie du duc Hoan, des troubles s’étaient produits ; les gens de royaume s’étaient divisés et désunis ; p.172 c’est pourquoi on annonça la mort (du duc) à deux (dates différentes) (107).

La deuxième année (705) de son règne, le duc Li engendra un fils, King-tchong Wan. Le grand astrologue des Tcheou ayant passé par (le pays de) Tch’en, le duc Li, de Tch’en, le chargea de consulter les sorts au sujet de son fils par le moyen du I (king) des Tcheou ; dans les hexagrammes, il obtint koan combiné à p’i (108) :

« Cela donne : Contempler l’éclat d’un royaume. Il est avantageux d’être un hôte auprès d’un roi. Cela signifie que cet (enfant), au lieu de Tch’en, aura un royaume ; ce ne sera pas ici, mais dans un royaume étranger ; ce ne sera pas cet (enfant) en personne, mais c’est à ses descendants (qu’écherra cet avantage). Quant au fait que ce sera dans un royaume étranger, ce sera certainement (dans un royaume dont) le nom de clan est Kiang ; le clan Kiang est celui des descendants du grand (chef des quatre) montagnes. Deux choses ne peuvent être également grandes ; quand Tch’en tombera en décadence, c’est alors que celui-ci fleurira (109).

— Le duc p.173 Li avait épousé une fille (du prince) de Ts’ai, qui fomenta des troubles avec les gens de Ts’ai. Le duc Li se rendit à plusieurs reprises dans le pays de Ts’ai pour s’y livrer à la débauche. La septième année (700), (survinrent les événements suivants) : l’héritier présomptif du duc Hoan, Wen, qui avait été mis à mort par le duc Li, avait trois frères cadets, dont l’aîné s’appelait Yo, le second Lin, et le plus jeune Tch’ou-kieou ; (ces trois hommes) s’entendirent pour engager les gens de Ts’ai à attirer le duc Li par l’appât d’une belle femme ; avec l’aide des gens de Ts’ai, ils tuèrent le duc Li, puis ils mirent sur le trône Yo ; ce fut le duc Li (110). Le duc Li était le fils du duc Hoan.

Après cinq mois de règne, le duc Li mourut. On mit sur le trône le second frère cadet, Lin ; ce fut le duc Tchoang. Le duc Tchoang mourut dans la septième année de son règne (693). Le plus jeune frère cadet, Tch’ou-kieou, prit le pouvoir ; ce fut le duc Siuen.

La troisième année (690) du duc Siuen, le roi Ou, de Tch’ou, mourut ; Tch’ou commença à être puissant. — La dix-septième année (676), le roi Hoei, de (la dynastie) Tcheou, épousa une fille (du prince) de Tch’en et en fit la reine. — # La vingt et unième année (672), (survinrent les événements suivants) : le duc Siuen avait eu, postérieurement (à la naissance de son héritier présomptif), une concubine favorite qui enfanta un fils, nommé K’oan ; il voulut lui donner le trône, et c’est pourquoi il tua son p.174 héritier présomptif, Yu-k’eou ; Yu-k’eou était depuis longtemps l’ami du fils du duc Li, (King-tchong) Wan ; (King-tchong) Wan  eut peur que le malheur ne l’atteignît lui-même ; aussi s’enfuit-il dans (le pays de) Ts’i. Le duc Hoan, de Ts’i, voulut conférer à Tch’en Wan le titre de haut dignitaire, mais (Tch’en) Wan dit :

— Moi qui suis un hôte étranger (111), si, par bonheur, j’ai pu éviter d’être accablé de fardeaux, c’est grâce à la bienveillance de Votre Altesse ; mais je ne saurais remplir une haute charge.

Le duc Hoan le nomma directeur des artisans. — I-tchong, (du pays) de Ts’i, voulut donner sa fille en mariage à Tch’en King-tchong et consulta les sorts à ce sujet. [ (112) L’oracle fut le suivant :

« Cela signifie :

Le phénix mâle et le phénix femelle volent ensemble ;

Ils chantent harmonieusement avec un son semblable à celui du jade (113).

Le descendant de la famille Koei sera nourri dans la famille Kiang (114). A la cinquième génération, il sera florissant et il sera au rang d’un haut dignitaire de première catégorie. Après la huitième génération, personne ne sera aussi grand que lui (115).

La trente-septième année (656), le duc Hoan, de Ts’i, p.175 attaqua Ts’ai, et le battit ; allant plus au sud, il envahit (le pays de) Tch’ou et arriva jusqu’à Chao-ling ; à son retour, il traversa (le pays de) Tch’en ; Yuen T’ao-t’ou, grand officier de Tch’en, mécontent de ce qu’il traversait Tch’en, trompa (le duc de) Ts’i et le fit sortir par le chemin oriental ; le duc Hoan, irrité, se saisit de Yuen T’ao-t’ou, (du pays) de Tch’en. — En cette année, le duc Hien, de Tsin, tua son héritier présomptif, Chen-cheng. — La quarante-cinquième année (648), le duc Siuen mourut. Son fils, K’oan, prit le pouvoir ; ce fut le duc Mou.

La cinquième année (643) du duc Mou, le duc Hoan, de Ts’i, mourut. — La seizième année (632), le duc Wen, de Tsin, battit les troupes de Tch’ou à Tch’eng-p’ou. — En cette année, le duc Mou mourut. Son fils, Cho, qui fut le duc Kong, prit le pouvoir.

La sixième année (626) du duc Kong, Chang-tch’en, héritier présomptif de Tch’ou, assassina son père, le roi. Tch’eng, et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le roi Mou. — La onzième année (621), le duc Mou, de Ts’in, mourut. — La dix-huitième année (614), le duc Kong mourut. Son fils, P’ing-kouo, qui fut le duc Ling, prit le pouvoir.

La première année (613) du duc Ling, le roi Tchoang, de Tch’ou, monta sur le trône. — La sixième année (608), Tch’ou attaqua Tch’en. — La dixième année (604), Tch’en et Tch’ou firent la paix. — La quatorzième année (600), (se passèrent les faits suivants) : [(116) le duc Ling et ses grands officiers K’ong Ning et I Hang-fou, avaient tous des relations avec Hia-Ki (117) ; ils se revêtirent de ses vêtements pour s’amuser en pleine cour ; Sie Ye blâma (le duc), disant :

— Si le prince et ses ministres se livrent à p.176 la débauche et aux désordres, quels exemples imitera le peuple ?

Le duc Ling rapporta ces paroles aux deux officiers qui lui demandèrent l’autorisation de tuer Sie Ye ; le duc ne s’y opposa pas ; ils tuèrent donc Sie Ye.

La quinzième année (599), [(118) le duc Ling et ses deux officiers buvaient dans la maison de la famille Hia ; le duc, pour railler ses deux officiers, leur dit :

— Tcheng-chou (119) vous ressemble.

Les deux officiers répliquèrent :

— Il ressemble aussi au duc. 

Tcheng-chou en conçut de la colère. Quand le duc Ling eut fini de boire et sortit, Tcheng-chou, qui avait caché une arbalète à la porte de l’écurie, tira sur le duc Ling et le tua. K’ong Ning et I Hang-fou s’enfuirent tous deux dans (le pays de) Tch’ou. ] Ou, héritier présomptif du duc Ling, s’enfuit dans (le pays de) Tsin. Tcheng-chou s’arrogea le pouvoir et devint prince de Tch’en. Tcheng-chou était auparavant un grand officier de Tch’en ; Hia-Ki était la femme de Yu-chou et la mère de (Tcheng-)chou.

La première année (598) du duc Tch’eng, en hiver, le roi Tchoang, de Tch’ou, sous le prétexte que Hia Tcheng-chou avait tué le duc Ling, se mit à la tête des seigneurs pour attaquer Tch’en ; il dit (aux gens de) Tch’en :

— Ne vous effrayez pas ; je ferai périr Tcheng-chou et ce sera tout.

Quand il eut tué Tcheng-chou, il fit de Tch’en une préfecture (du pays de Tch’ou) et le posséda ; tous ses ministres sans exception l’en félicitèrent. Chen Chou se trouvait alors en mission dans (le pays de Ts’in) ; à son retour, quand il vint, il fut seul à ne pas féliciter (le roi) ; le roi Tchoang lui en demanda la raison ; il dit :

— Il y a un dicton populaire ainsi conçu : En tirant derrière lui son bœuf, il traversa le champ d’un homme ; p.177 le maître du champ lui enleva son bœuf. Traverser (le champ), c’était commettre une faute ; mais lui enlever son bœuf, n’était-ce pas cependant exagéré ? Maintenant, ô roi, considérant que Tcheng-chou avait criminellement mis à mort son prince, pour cette raison vous avez appelé aux armes les seigneurs ; c’est au nom de la justice que vous l’avez attaqué. Mais ensuite vous vous emparez (de ce pays) afin de tirer profit de son territoire. Dorénavant donc, comment commanderez-vous à l’empire ? Voilà pourquoi je ne vous ai pas félicité.

Le roi Tchoang dit :

— Très bien.

Alors il alla chercher, dans (le pays de) Tsin, Ou, héritier présomptif du duc Ling, et le mit sur le trône ; il le fit de nouveau régner sur (le pays de) Tch’en, comme auparavant ; ce fut le duc Tch’eng. Lorsque K’ong-tse lut les mémoires des historiens (120) et qu’il arriva (au passage où on raconte comment) Tch’ou rétablit le royaume de) Tch’en, il dit :

— C’était un sage, le roi Tchoang de Tch’ou ; il fit peu de cas d’un royaume de mille chars de guerre (121) et attacha de l’importance à une seule parole (122).

La vingt-huitième année (123) (591), le roi Tchoang, de Tch’ou, mourut. — La vingt-neuvième année (570), Tch’en viola la convention faite avec Tch’ou. — La trentième année (569), le roi Kong, de Tch’ou, attaqua Tch’en. En cette année, le duc Tch’eng mourut. Son fils, Jo (124), qui fut le duc Ngai, prit le pouvoir. (Le roi de) Tch’ou, tenant compte du deuil de Tch’en, licencia ses soldats et s’en alla.

p.178 La troisième année (566) du duc Ngai, (le roi de) Tch’ou assiégea (la capitale de) Tch’en ; puis il lui rendit la liberté. — La vingt-huitième année (541), Wei, kong-tse de Tch’ou, assassina son prince Kia-ngao ; il s’arrogea le pouvoir et fut le roi Ling. — La trente-quatrième année (125) (535), (se passèrent les faits suivants) : auparavant, le duc Ngai avait épousé (deux filles du prince de) Tcheng ; l’aînée Ki (126) avait enfanté l’héritier présomptif Che (dont le nom posthume fut) Tao ; la cadette Ki avait enfanté Yen. (Le duc Ngai avait en outre) deux concubines favorites ; l’aînée avait enfanté Lieou ; la cadette avait enfanté Cheng. Lieou était le favori du duc Ngai qui l’avait confié à son frère cadet, Tchao, ministre de l’instruction. Le duc Ngai étant tombé malade, le troisième mois, Tchao tua l’héritier présomptif Tao et nomma Lieou héritier présomptif ; le duc Ngai, irrité, voulut faire périr Tchao ; Tchao envoya des soldats cerner et garder le (palais du) prince Ngai ; le prince Ngai mourut en se coupant la gorge. Tchao, en définitive, nomma Lieou prince de Tch’en. Le quatrième mois, (le prince de) Tch’en envoya des ambassadeurs annoncer la mort (du duc Ngai) à Tch’ou ; le roi Ling, de Tch’ou, apprenant quels avaient été les troubles de Tch’en, fit périr les ambassadeurs de Tch’en et chargea le kong-tse K’i-tsi d’entrer en campagne pour attaquer Tch’en. Lieou, prince de Tch’en, s’enfuit (dans le pays de) Tcheng. Le p.179 neuvième mois, (le roi de) Tch’ou assiégea (la capitale de) Tch’en ; le onzième mois, il anéantit Tch’en et nomma K’i-tsi duc de Tch’en.

Après que Tchao eut tué l’héritier présomptif Tao, le nommé Ou, fils de l’héritier présomptif, sortit (du pays de Tch’en) et s’enfuit dans (le pays de) Tsin. Le duc P’ing, de Tsin, [(127) demanda au grand astrologue Tchao :

Tch’en va-t-il donc disparaître ?

Il répondit :

— Tch’en est de la famille de Tchoan-hiu (128) ; quand la famille Tch’en aura obtenu le gouvernement dans (le pays de) Ts’i, alors (le royaume de Tch’en) en définitive disparaîtra (129). Depuis Mo jusqu’à Kou-seou (130), il n’est aucun (des représentants de cette famille) qui se soit opposé au décret (du Ciel) ; Choen redoubla (les mérites de cette famille) par sa brillante vertu ; on arrive (ensuite) à Soei (131) ; de génération en génération (ses descendants) gardèrent (leur fief) ; quand vint le duc Hou, (le roi de la dynastie) p.180 Tcheou lui conféra un nom de famille (132) et le chargea de sacrifier à Yu, l’empereur (133). Les descendants (d’un homme) d’une vertu accomplie sont assurés de (pouvoir faire) leurs sacrifices pendant cent générations ; les générations (qui doivent suivre) Yu ne sont pas encore épuisées (134) ; c’est dans (le pays de) Ts’i qu’elles se trouveront.

Cinq ans (529) après que le roi Ling, de Tch’ou, eut anéanti Tch’en, le kong-tse de Tch’ou, K’i-tsi, assassina le roi Ling et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le roi P’ing. Au début de son règne, le roi P’ing voulut obtenir l’amitié des seigneurs ; il rechercha donc Ou, fils de Che, ex-héritier présomptif Tao, de Tch’en, et le nomma prince de Tch’en ; ce fut le duc Hoei. Quand le duc Hoei fut monté sur le trône, il prit, pour en faire la première année de son règne et pour la continuer, l’année de l’époque où le duc Ngai était mort ; il enregistra à vide cinq années (135). — La septième année (527), Tch’en souffrit d’incendies. — La quinzième année (519), le roi de Ou, Leao, envoya le kong-tse Koang attaquer Tch’en ; après avoir pris Hou et Chen (136), il se retira. — La vingt-huitième p.181 année (506), le roi de Ou, Ho-lu, en compagnie de (Ou) Tse-siu, battit (le roi de) Tch’ou et entra dans Yng. — En cette année, le duc Hoei mourut. Son fils, Lieou, qui fut le duc Hoai, prit le pouvoir.

La première année (505) du duc Hoai, Ou écrasa Tch’ou et, se trouvant à Yng, manda le prince de Tch’en ; le prince de Tch’en voulait y aller ; ses grands officiers lui dirent :

— Ou vient d’obtenir l’objet de ses désirs, mais, quoique le roi de Ou soit en fuite, il a eu d’anciennes relations d’amitié avec Tch’en ; vous ne sauriez vous révolter contre lui.

Alors le duc Hoai prétexta une maladie pour s’excuser auprès de Ou. — La quatrième année (502), Ou manda de nouveau le duc Hoai ; le duc Hoai eut peur et se rendit (dans le pays de) Ou ; (le roi de) Ou, irrité de ce que, auparavant, il n’était pas venu, le retint et ainsi il mourut (dans le pays de) Ou. (Les gens de) Tch’en mirent alors sur le trône Yue, fils du duc Hoai ; ce fut le duc Min.

La sixième année (496) du duc Min, K’ong-tse alla (dans le pays de) Tch’en. — Le roi de Ou, Fou-tch’ai, attaqua Tch’en ; il lui prit trois villes, puis se retira. — La treizième année (489), Ou vint de nouveau attaquer Tch’en ; Tch’en déclara à Tch’ou le danger dans lequel il se trouvait ; le roi Tchao, de Tch’ou, vint à son secours ; il campa à Tch’eng-fou (137) ; les soldats de Ou se retirèrent. p.182 En cette année, le roi Tchao, de Tch’ou, mourut à Tch’eng-fou. En ce temps, K’ong-tse était dans (le pays de) Tch’en (138). — La quinzième année (487), Song anéantit Ts’ao. — La seizième année (486), le roi de Ou, Fou-tch’ai, attaqua Ts’i et le battit à Ngai-ling (139). Il envoya des gens mander le prince de Tch’en ; le prince de Tch’en eut peur et se rendit dans (le pays de) Ou. Tch’ou attaqua Tch’en. — La vingt et unième année (481), T’ien Tch’ang, (du pays) de Ts’i, assassina son prince, le duc Kien. — La vingt-troisième année (479), Cheng, gouverneur (140) de Po (141), (du pays) de Tch’ou, tua les hauts dignitaires Tse-si et Tse-k’i et attaqua à l’improviste le roi Hoei ; le gouverneur de Che (142) attaqua et battit le gouverneur de Po, qui se suicida. — La vingt-quatrième année (143) (478), le roi Hoei, de Tch’ou, recouvra son royaume ; à la tête de ses soldats, il dirigea une expédition du côté du nord ; il tua le duc Min, de Tch’en ; il anéantit alors Tch’en et le posséda. En cette année, K’ong-tse mourut.


(K’I (144))


p.183 Le duc Tong-leou (145), de K’i, était un descendant éloigné de Yu, prince de Hia. A l’époque de (la dynastie) Yn, (ses ancêtres) tantôt avaient possédé un fief, tantôt avaient cessé d’en avoir. Lorsque le roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, eut vaincu Tcheou, de (la dynastie) Yn, il rechercha un descendant de Yu et trouva le duc Tong-leou ; il lui conféra le fief de K’i pour qu’il s’acquittât des sacrifices au prince de Hia.

Le duc Tong-leou engendra le duc Si-leou. Le duc Si-leou engendra le duc T’i. Le duc T’i engendra le duc Meou-ts’iu ; le duc Meou-ts’iu vivait à l’époque du roi Li (146), de (la dynastie) Tcheou. Le duc Meou-ts’iu p.184 engendra le duc Ou. Le duc Ou mourut dans la quarante-septième année de son règne. Son fils, le duc Tsing, prit le pouvoir ; il mourut dans la vingt-troisième année de son règne. Son fils, le duc Kong, prit le pouvoir ; il mourut dans la huitième année de son règne. Son fils, le duc  (147), prit le pouvoir ; il mourut dans la dix-huitième année de son règne. Son frère cadet, Kou-yong, qui fut le duc Hoan, prit le pouvoir ; il mourut dans la dix-septième année de son règne. Son fils, Kai, qui fut le duc Hiao, prit le pouvoir ; il mourut dans la dix-septième année de son règne. Son frère cadet, I-kou, qui fut le duc Wen, prit le pouvoir ; il mourut dans la quatorzième année de son règne. Son frère cadet, Yu, qui fut le duc P’ing, prit le pouvoir ; il mourut dans la dix-huitième année de son règne. Son fils, Tch’eng, qui fut le duc Tao, prit le pouvoir ; il mourut dans la douzième année de son règne. Son fils, K’i, qui fut le duc Yn, prit le pouvoir ; le septième mois de son règne, Soei, frère cadet du duc Yn, l’assassina et s’arrogea le pouvoir ; ce fut le duc Hi ; le duc Hi mourut dans la dix-neuvième année de son règne. Son fils, Wei, qui fut le duc Min, prit le pouvoir ; la quinzième année du duc Min, le roi Hoei, de Tch’ou, anéantit Tch’en (479) ; la seizième année, Ngo-lou, frère cadet du duc Min, l’assassina et prit le pouvoir à sa place ; ce fut le duc Ngai. Le duc Ngai mourut, dans la dixième année de son règne. Chouo, fils du duc p.185 Min, prit le pouvoir ; ce fut le duc Tch’ou ; le duc Tch’ou mourut dans la douzième année de son règne. Son fils, Tch’oen, qui fut le duc Kien, prit le pouvoir ; un an après qu’il fut monté sur le trône, le roi Hoei, de Tch’ou, qui était dans la quarante-quatrième année de son règne (445), anéantit K’i. K’i disparut trente-quatre années après Tch’en.

K’i fut (un État) petit et peu important ; les événements qui le concernent ne valent pas la peine d’être racontés.


Le descendant de Choen reçut du roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, le fief de Tch’en ; (ce royaume) dura jusqu’au roi Hoei, de Tch’ou, qui l’anéantit (479) ; il y a une Maison héréditaire (148) qui en parle. — Le descendant de Yu reçut du roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, le fief de K’i ; le roi Hoei, de Tch’ou, anéantit (cette principauté) (445) ; il y a une Maison héréditaire (149) qui en parle. — Les descendants de Sie formèrent (la dynastie) Yn ; pour (la dynastie) Yn, il y a des Annales principales (150) qui en parlent. — Quand les Yn eurent été écrasés, (le roi de la dynastie) Tcheou conféra à leur descendant le fief de Song ; le roi Min, de Ts’i, anéantit (cette principauté) (286) ; il y a une Maison héréditaire (151) qui en parle. — Les descendants de Heou-tsi formèrent (la dynastie) Tcheou ; le roi Tchao, de Ts’in, l’anéantit (249) ; il y a des Annales principales (152) qui en parlent. — Parmi les descendants de Kao-yao, il y en eut qui reçurent en fief Yng et Leou (153) ; le roi p.186 Mou (625-614), de Tch’ou, anéantit (ces principautés) ; on n’en a pas fait la chronique. — Le descendant de Po-i, à l’époque du roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, reçut de nouveau le fief de Ts’i ; il s’appelle T’ai-kong-wang ; la famille Tch’en anéantit (ses descendants) ; il y a une Maison héréditaire (154) qui en parle. — Le descendant de Po-i, à l’époque du roi P’ing, de (la dynastie) Tcheou, reçut un fief et devint (prince de) Ts’in ; Hiang Yu anéantit (ce royaume) ; il y a des Annales principales (155) qui en parlent. — Quant aux descendants de Choei, I, K’oei et Long (156), on ne sait quels fiefs ils reçurent ; ils n’apparaissent pas (dans l’histoire). — Les onze hommes qui viennent d’être nommés sont tous des ministres célèbres et bien méritants de l’époque de T’ang (Yao) et de Yu (Choen) ; les descendants de cinq d’entre eux parvinrent tous à être empereurs ou rois ; les autres furent des seigneurs illustres. Quant à T’eng, Sie et Tseou (157), ce furent p.187 des fiefs au temps des Hia, des Yn et des Tcheou ; mais ils furent petits et ne sont pas dignes d’être mentionnés à part ; nous n’en avons pas traité (dans cet ouvrage). Dès l’époque du roi Ou, de (la dynastie) Tcheou, il y avait plus de mille seigneurs et chefs ; puis, après (les rois) Yeou et Li, les seigneurs s’attaquèrent par la violence et s’annexèrent les territoires les uns des autres ; (les principautés) telles que Kiang, Hoang (158), Hou et Chen (159) furent innombrables ; c’est pourquoi nous ne les avons pas recueillies pour en parler dans notre récit.

Le duc grand astrologue dit : La vertu de Choen peut être appelée extrême ; il céda le trône aux Hia ; mais ses descendants jouirent du sang et de la nourriture (160) durant les trois dynasties ; puis, quand Tch’ou anéantit Tch’en, T’ien Tch’ang obtint le gouvernement dans (le pays de) Ts’i et en définitive fut le fondateur d’un royaume. Pendant cent générations il n’y eut pas d’interruption ; les descendants (de Choen) se multiplièrent abondamment et ceux qui possédaient un territoire (161) ne p.188 firent pas défaut. — Quant à Yu, à l’époque des Tcheou, (ses descendants reçurent le fief de) K’i, qui fut fort petit et n’est pas digne qu’on en parle en détail ; quand le roi Hoei, de Tch’ou, eut anéantit K’i, le descendant (de Yu), Keou-tsien, roi de Yue, fut puissant (162).




Notes


(101. ) Cf. tome I, n. 01.209.

(102. ) Cf. tome I, p. 239.

(103. ) Il faut lire « la treizième année ».

(104. ) Il faut lire « la cinquième année ». Les dates que nous indiquons ici entre parenthèses sont les dates exactes.

(105. ) D’après les commentateurs chinois, les troubles qui bouleversaient alors le pays de Tch’en furent cause qu’on annonça la mort du duc Hoan à deux dates différentes. Legge serait disposé à considérer le texte comme corrompu et à supprimer les mots kia-siu (C. C., vol. V, p. 45). Le jour kia-siu est le onzième, et le jour ki-tch’eou le vingt-sixième du cycle.

(106. ) Il y a ici une divergence notable entre Se-ma Ts’ien et le Tso tchoan (5e année du duc Hoan et 22e année du duc Tchoang) D’après le Tso tchoan, T’o et Ou-fou sont un seul et même personnage ; il était fils du duc Wen et s’empara du pouvoir en assassinant Wen, fils du duc Hoan ; il ne resta même pas un an sur le trône et c’est pourquoi on ne lui donna pas de nom posthume ; il fut assassiné par Yo, qui était soutenu par les gens de Ts’ai auxquels il était apparenté par sa mère ; c’est Yo qui est le nom posthume de duc Li. — D’après Se-ma Ts’ien, au contraire ; c’est T’o qui eut le nom posthume de duc Li et qui était apparenté au prince de Ts’ai par sa mère ; Yo, qui lui enleva le trône, eut le nom posthume de duc Li ; quant à Ou-fou, ce serait un troisième personnage. — Se-ma Tcheng donne raison au Tso tchoan.

(107. ) Cf. n. 105.

(108. ) Cf. Tso tchoan, 22e année du duc Tchoang (672). — Koan est le 20e hexagramme, qui se compose, en commençant par le bas, de quatre lignes divisées et de deux lignes pleines ; p’i est le 12e hexagramme, qui se compose de trois lignes brisées et de trois lignes pleines ; le sort ayant fourni ces deux hexagrammes, le devin devait tirer son horoscope du texte qui, dans le 20e hexagramme, correspondait à la quatrième ligne à partir du bas, puisque c’est cette ligne qui était différente dans le 20e et dans le 12e hexagrammes et qui, par conséquent, était indiquée par la combinaison des deux figures. Si nous nous reportons au texte du I king, nous trouvons en effet assignées au quatrième trait du 20e hexagramme les deux phrases citées ici par le devin (cf. Legge, S. B. E., vol. XVI, p. 100). Ce passage du Tso tchoan et de Se-ma Ts’ien est important en ce qu’il nous montre que, dès le VIIIe siècle avant notre ère, le texte du I king était disposé exactement comme aujourd’hui.

(109. ) En 479, le roi Hoei, de Tch’ou, tue le duc de Min, de Tch’en, et met fin au royaume de Tch’en. Deux ans plus tôt, en 481, le duc Kien, de Ts’i, avait été assassiné par Tien Tch’ang qui devint ainsi toutpuissant dans le pays de Ts’i ; or T’ien Tch’ang était un descendant de King-tchong Wan.

(110. ) D’après le Tso tchoan, il n’y aurait point eu de duc de Tch’en dont le titre posthume soit Li. Cf. n. 106.

(111. ) [] est ici l’équivalent phonétique de [] = auberge, logement temporaire. [], c’est donc « celui qui vit à l’auberge ».

(112. ) Citation du Tso tchoan, 22e année du duc Tchang.

(113. ) Ces deux vers prédisent le bonheur qui accompagnera le mariage de King-tchong avec la fille de I-tchong. Le phénix mâle et le phénix femelle symbolisent les deux époux.

(114. ) King-tchong appartenait à la famille princière de Tch’en dont le nom de famille était Koei : il était venu se réfugier auprès du prince de Ts’i dont le nom de famille était Kiang.

(115. ) Le descendant de King-tchong à la huitième génération est Tien Tch’ang ; cf. Mém. hist., chap. XLVI.

(116. ) Citation du Tso tchoan, 9e année du duc Siuen.

(117. ) D’après Tou Yu, Hia-Ki était une fille du duc Mou, de Tcheng.

(118. ) Citation du Tso tchoan, 10e année du duc Siuen.

(119. ) Hia Tcheng-chou était le fils de Hia-Ki.

(120. ) Cf. Introduction, n. 175.

(121. ) Cf. tome II, n. 06.463.

(122. ) Cf. Kia yu.

(123. ) Il faut lire « la huitième », et non « la vingt-huitième année ».

(124. ) Appelé Ni par le Tso tchoan (8e année du duc Tchao).

(125. ) Les événements dont il va être question se rapportent en réalité à l’an 534.

(126. ) Le prince de Tcheng appartenait au clan Ki, et par conséquent ses filles sont désignées sous ce nom de famille. D’après le Tso tchoan (8e année du duc Tchao), il n’y avait qu’une seule épouse du duc Ngai qui était fille du prince de Tcheng, et les enfants appelés Che et Yen par Se-ma Ts’ien sont un seul et même personnage, à savoir l’héritier présomptif Yen-che.

(127. ) Citation du Tso tchoan, 8e année du duc Tchao.

(128. ) L’empereur Tchoan-hiu est regardé comme un ancêtre de l’empereur Choen (cf. tome I, p. 71) ; les princes de Tch’en étant des descendants de Choen se rattachent donc aussi à Tchoan-hiu. Dans le texte du Tso tchoan, le nom de Tchoan-hiu est amené pour justifier une prédiction chronologique dont le sens devient clair si l’on se reporte à l’ancien cycle de Jupiter (cf. tome III, Appendice III, p. 658-659) ; suivant cette prédiction, les princes de Tch’en, étant descendants de Tchoan-hiu mort en une année choen-ho, ne pouvaient eux-mêmes être anéantis qu’en une année choen-ho ; choen-ho correspond dans la notation actuelle au signe hai ; or l’année 478 avant J.-C., date de l’extinction du royaume de Tch’en, est bien marquée des signes koei-hai, ce qui justifie la prédiction.

(129. ) Cf. n. 109.

(130. ) Mo doit être un ancêtre de l’empereur Choen, mais il ne paraît pas être cité ailleurs. Kou-seou est le père de Choen.

(131. ) Yu soei fut le premier des descendants de Choen qui reçut en fief le pays de Tch’en. — Suivant d’autres commentateurs Soei est ici le nom de la petite principauté qui se trouvait à 30 li au nord-ouest de la sous-préfecture de Ning-yang, préfecture de Yen-tcheou, province de Chan-tong, et qui fut détruite en 681 avant J.-C. par le duc de Ts’i ; les princes de Soei passaient pour être, eux aussi, des descendants de Choen.

(132. ) Le nom de famille Koei. Cf. p. 169.

(133. ) L’empereur Choen.

(134. ) Il n’y a pas encore eu cent générations qui se soient succédé depuis la mort de Choen ; les sacrifices ne peuvent donc être interrompus et la famille doit subsister pour les accomplir.

(135. ) En d’autres termes, le duc Hoei, au lieu de compter comme la première année de son règne l’année 529, la compta comme la cinquième et reporta artificiellement le début de son règne à l’année 533.

(136. ) Hou et Chen étaient deux petites principautés qui dépendaient du royaume de Tch’en ; les princes de Hou appartenaient au clan Koei ; les princes de Chen appartenaient au clan Ki ; leur ville se trouvait au nord de l’ancienne sous-préfecture de P’ing-yu, laquelle était situé à 60 li au sud-ouest de la ville préfectorale de Jou-ning, province de Ho-nan.

(137. ) Le vrai nom de cette ville est Fou-tch’eng, et non Tch’eng-fou. Fou-tch’eng signifie « la ville du père » ; c’est, en effet, le roi P’ing (528-516), de Tch’ou, qui en avait bâti le rempart pour y installer son héritier présomptif. Cette ville appartenait au royaume de Tch’ou ; elle était au sud-est de la préfecture secondaire actuelle de Jou, province de Ho-nan.

(138. ) Il ne paraît pas probable que Confucius se soit trouvé dans le pays de Tch’en en 489.

(139. ) Localité du pays de Ts’i, à 60 li au sud de la sous-préfecture de T’ai-ngan, qui fait partie de la ville préfectorale de T’ai-ngan, province de Chan-tong.

(140. ) Sur cette valeur du mot, cf. tome II, n. 08.136.

(141. ) Ville du pays de Tch’ou, à l’est de la sous-préfecture de Si, préfecture secondaire de Koang, province de Ho-nan. — Sur ces événements, cf. Mém. hist., chap. XL et Tso tchoan, 16e année du duc Ngai.

(142. ) Cf. tome II, n. 07.321.

(143. ) C’est aussi à l’année 478 que le Tso tchoan rapporte l’anéantissement du royaume de Tch’en, mais cette date est postérieure d’un an à celle de la mort de Confucius, et le synchronisme indiqué quelques lignes plus bas par l’historien serait donc inexact. Les Tableaux chronologiques assignent l’anéantissement de Tch’en à l’an 479, date qui est celle de la mort de Confucius.

(144. ) Le fief que les princes de K’i reçurent du roi Ou passe pour correspondre à la sous-préfecture actuelle de K’i, préfecture de K’ai-fong, province de Ho-nan. Mais, dès que K’i apparaît dans l’histoire, il est situé beaucoup plus à l’est ; avant 646, sa capitale est Choen-yu (sur le territoire de la sous-préfecture de Ngan-k’ieou, préfecture de Ts’ing-tcheou, province de Chan-tong) ; en 646, d’après le Tso tchoan, le prince de K’i se transporte à Yuen-ling (à 70 li au sud-est de la sous-préfecture de Tch’ang-lo, préfecture de Ts’ing-tcheou) ; en 544, la capitale de K’i redevient Choen-yu. — Les princes de K’i, prétendant se rattacher à la dynastie Hia, avaient pour nom de clan Se. — Quoique les durées des règnes de ces princes soient indiquées par Se-ma Ts’ien à partir de l’époque du roi Li (d. 842 av. J.-C.), il est impossible de concilier ces indications avec les synchronismes que l’historien signale d’autre part.

(145. ) D’après Se-ma Tcheng, Tong-leou serait un nom posthume. Mais Tong-leou Kong signifie « le duc de la tour orientale » et le fils et successeur de ce duc s’appelle Si-leou Kong, c’est-à-dire « le duc de la tour occidentale ». Il semble bien que ce soient là de simples surnoms.

(146. ) Mort en 842 avant J.-C.

(147. ) Le Che pen et Ts’iao Tcheou appellent ce duc le duc Hoei ; ils lui donnent deux fils qui régnèrent successivement ; l’aîné, le duc Tch’eng, régna 18 ans ; le second, le duc Hoan, régna 17 ans. Le duc Tch’eng est mentionné dans le Tso tchoan qui rapporte sa mort à l’an 637. Se-ma Ts’ien est donc ici fort inexact.

(148. ) Mém. hist., chap. XXXVI.

(149. ) Mém. hist., chap. XXXVI.

(150. ) Mém. hist., chap. III.

(151. ) Mém. hist., chap. XXXVIII.

(152. ) Mém. hist., chap. IV.

(153. ) Yng ou Yng-che était à l’ouest de la préfecture secondaire de Leou-ngan, province de Ngan-hoei. — Leou correspond à la préfecture secondaire de Leou-ngan. — Au lieu de Yng, un texte donne la leçon Leao ; la principauté de Leao était au nord-est de la sous-préfecture de Kou-che, préfecture secondaire de Koang, province de Ho-nan. — Les descendants de Kao-yao appartenaient au clan Yen.

(154. ) Mém. hist., chap. XXXII.

(155. ) Mém. hist., chap. V et VI.

(156. ) Cf. tome I, notes 01.298 et 01.299. Dans ce texte, I est bien nettement distinct de Po-i avec qui on l’a parfois identifié.

(157. ) T’eng était à 15 li au sud-ouest de la sous-préfecture de T’eng, préfecture de Yen-tcheou, province de Chan-tong. — Sie était à 10 li au sud-ouest de cette même sous-préfecture de T’eng. — Sur Tseou, ou Tchou, cf. n. 31.209. .

(158. ) Kiang et Hoang sont deux principautés voisines dont les chefs appartenaient au clan Yng (cf. tome II, p. 99) ; Kiang était à 80 li au sud-ouest de la sous-préfecture de Si, et Hoang était à l’ouest de la préfecture secondaire de Koang, dans la province de Ho-nan.

(159. ) Cf. n. 136.

(160. ) C’est-à-dire que les sacrifices en leur honneur ne furent pas interrompus ; cf. tome III, n. 28.289.

(161. ) Et qui par conséquent étaient qualifiés pour s’acquitter des sacrifices à leurs ancêtres.

(162. ) Ainsi la destruction de la principauté de K’i n’entraîna pas l’interruption des sacrifices en l’honneur de Yu.