Mœurs des diurnales/1/06

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Loyson-Bridet ()
Mœurs des Diurnales : Traité de journalisme
Société du Mercure de France (p. 110-112).


DE L’ALLUSION


Ayez soin, selon le précepte, de toujours respecter le lecteur français :


Mme de R*** a retenu deux saillies d’Édouard III, l’étalon du vicomte d’Orléans.

(Le Jockey, 10 nov. 1902.)


Andrea est une enfant un peu maladive, petite, le teint mat ; elle ne parlait pas beaucoup, avait un caractère peu facile et faisait quelquefois de petits coups en dessous.

(Le Journal, 20 nov. 1902.)


Elle était si réservée dans son allure, si timide, que je n’aurais jamais cru possible qu’un homme pût entrer dans son intimité.

(Le Temps, 22 nov. 1902.)


… Un vieux bonhomme de prêtre, fort de son expérience, amoureux des humanités qu’il enseigne, paternellement attaché aux gamins qu’il débourre.

(Le Journal, Eug. Melchior de Vogué, de l’Académie française, 17 nov. 1902.)


M. Deval, dans le personnage toujours difficile et aisément ridicule « d’homme entre deux femmes », comme disait Sarcey, s’est tiré d’affaire avec élégance.

(Les Débats, 10 nov. 1902.)


C’était une petite bonne des Batignolles, ou presque, qui samedi soir, sur le coup de huit heures, travaillait de sa langue chez un fruitier de son quartier.

(Le Temps, 29 oct. 1902.)


Lorsque sur la grande ligne frangée d’azur qui va de Marseille à Monte-Carlo vous entendez sonner en gare ce monosyllabe gai : « Luc » ! ouvrez les yeux et regardez quel merveilleux décor vous entoure… À Pioule, c’est dans la plume et le poil que les tireurs trouvent de savoureuses cibles.

(Le Figaro, 30 oct. 1902.)


Il n’y a pas eu en réalité d’accident sérieux. Une jeune femme sur laquelle un gros monsieur s’était affalé se trouva mal pendant quelques instants, et ce fut tout. D’après les premières constatations, l’accident serait dû à une erreur d’aiguillage.

(Les Débats, ier nov. 1902.)

Il la rejoignit et l’embrassa au moment où, toute pantelante, elle se jetait sur la porte de sa maison.

(Écho de Paris, 6 nov. 1902.)


Saint-Simon nous raconte comme quoi la donation d’Eu, au due de Maine, fut un des « gros morceaux » arrachés à Mademoiselle en échange de la liberté de Lauzun.

(Les Débats, 14 nov. 1902.)


Coups sur coups, il interroge les demoiselles d’honneur, pour savoir de qui venait la douce parole imprévue.

(félix duquesnel. — Le Gaulois, 17 déc. 1902.)