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PARIS. — IMPRIMERIE A. QUANTIN ET C" ANCIENNE MAISON J. CLAYE RUE SAINT-BENOIT �� �

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ŒUVRES COMPLÈTES DE VOLTAIRE NOUVELLE ÉDITION AVEC NOTICES, PRÉFACES, VARIANTES, TABLE ANALYTIQUE LES NOTES DE TOUS LES COMMENTATEURS ET DES NOTES NOUVELLES Conforme pour le texte à l’édition de Beuchot ENRICHIE DES DÉCOUVERTES LES PLUS RÉCENTES ET MISE AU COURANT DES TRAVAUX QUI ONT PARU JUSQU’À CE JOUR PRÉCÉDÉE DE LA VIE DE VOLTAIRE PAR CONDORCET et d’autres études biographiques Ornée d’un portrait en pied d’après la statue du foyer de la Comédie-Française MÉLANGES III PARIS GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS 6, rue des saints-pères, 6 1879

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MÉLANGES MÉMOIRE[1] Ceux qui sont instruits, à Paris, des manœuvres de M. de Maupertuis contre M. de Mairan et d’autres philosophes ne doivent pas être étonnés de sa conduite envers M. Koenig et envers moi. J’avais toujours fait gloire d’avouer que je devais beaucoup aux conseils de M. de Maupertuis, lorsque j’étudiai la physique newtonienne, alors très-peu connue en France : je l’en remerciai publiquement, et je lui payai le tribut de louanges que je pensais lui devoir. Il ne crut apparemment ni le tribut assez fort, ni assez digne de lui : car, lorsque je fus reçu à l’Académie française, il se plaignit vivement à moi que je ne l’eusse pas comparé, dans mon discours, à Platon[2] voyageant chez Denys de Syracuse ; et je fus même étonné, lorsque j’arrivai à Berlin, de trouver plusieurs personnes instruites de ce fait. Il avait voulu, avant de quitter l’Académie de Paris, faire dépouiller M. de Mairan de la place de secrétaire perpétuel, pour la partager avec moi. Il me la fit proposer par M. de Maurepas. Il prenait pour

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lui, comme de raison, toutes les parties de mathématique, et il m’abandonnait la physique et les éloges. On sent bien que c’eût été le partage du lion, qu’il aurait bientôt tout pris pour lui, et que je n’aurais été que son sous-secrétaire. M. de Maurepas et ses amis savent que je ne donnai pas dans ce piège. Je ne connais point la politique en fait de littérature ; je ne connais que l’indépendance et le travail. Ce qui est étrange, c’est que je suis venu chercher ce travail et cette indépendance même à la cour d’un roi ; et, ce qui est encore plus rare, c’est que je les y ai trouvés. J’ai passé près de deux années entières dans ma chambre, uniquement occupé de mes études, ne faisant aucune visite, ne rendant pas même mes devoirs aux reines et aux princes, ne sachant pas les noms des grands officiers de la couronne ni de la plupart des ministres, et ayant soupé, pendant des mois entiers, à la table du roi, avec des personnes dont le nom m’est encore absolument inconnu. Il n’a pas été malaisé de calomnier auprès du roi un homme qui, par cette vie solitaire, s’était privé lui-même de tous les moyens de se défendre. On peut croire qu’une pension très-considérable, quelques distinctions inusitées accordées à ma mauvaise santé, et surtout l’honneur que j’avais de voir de plus près qu’un autre les travaux littéraires dans lesquels le roi se délasse des travaux du gouvernement, on peut croire, dis-je, que tout cela ensemble a excité un peu de jalousie. On sait combien il est aisé, dans une cour, de faire parvenir à l’oreille du prince un mot qui peut intéresser son amour-propre. L’art de nuire sans se compromettre n’est pas un art nouveau, et il n’y a pas grand mérite à le mettre en œuvre ; mais on a beau être savant dans cet art de lancer des traits et de retirer la main, on ne peut pas toujours la retirer si vite qu’elle ne soit aperçue. De tous les artifices que Maupertuis a mis en usage pour me perdre, je choisirai celui-ci, dont la découverte et l’authenticité ne souffrent ni doutes ni réplique : Lettre [3] du sieur La Beaumelle à M. Roques, ministre au pays de Hesse-Hombourg : novembre 1752. « Maupertuis vint chez moi... il me dit qu’un jour, au souper des petits appartements, M. de Voltaire avait parlé d’une manière violente contre moi ; qu’il avait dit au roi que je parlais peu

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respectueusement de lui dans mon livre ; que je le comparais aux petits princes allemands, et mille faussetés de cette force. Maupertuis me conseilla d’envoyer mon livre au roi, en droiture, avec une lettre qu’il vit et corrigea lui-même, etc., etc... » Je n’examine point si M. de La Beaumelle avait eu tort ou raison de dire, dans son livre intitulé Mes Pensées, édition de Berlin, page 49 : « Le roi de Prusse comble de bienfaits des hommes à talent, précisément par les mêmes principes que les princes d’Allemagne comblent de bienfaits un bouffon et un nain. » Il suffit de faire voir ce que c’est qu’un philosophe, un président d’une académie, qui, au sortir d’un souper particulier avec le roi son maître, court chez un jeune inconnu à peine arrivé à Berlin, et manque au secret qu’il doit, pour nuire à un des convives. Une telle conduite n’est assurément ni philosophe ni chrétienne ; mais ce qui l’était encore moins, c’est que la calomnie était jointe à l’infidélité. Ce n’était pas moi qui avais parlé, à souper, des éloges que La Beaumelle donnait, dans son livre, au roi et aux officiers de sa chambre ; c’était le marquis d’Argens qui le dit en plaisantant. Ce dernier sait que je voulus l’arrêter, et que je lui dis, en propres paroles[4] : Taisez-vous donc, vous révélez le secret de l’église. J’ose prendre le roi à témoin que je ne dis pas un seul mot de ce que Maupertuis m’impute. Il m’a persécuté sans relâche par de tels artifices, tandis que j’étais uniquement occupé, loin de ma patrie, du monument que je voulais élever à sa gloire. Enfin est venue l’affaire de M. Koenig, mon ami et le sien. L’adresse et la violence qu’il a employées pour l’opprimer sont connues de toute l’Europe littéraire. Funeste ressource que l’adresse dans une dispute mathématique ! Il n’a pas aperçu l’erreur où il était tombé, erreur reconnue aujourd’hui par toutes les académies de l’Europe ; et au lieu de corriger cette méprise, ce qui lui était si aisé, ce qui lui aurait fait tant d’honneur ; au lieu de remercier M. Koenig, son ancien ami et le mien, qui avait fait le voyage de la Haye à Berlin uniquement pour en conférer avec lui, il l’a fait condamner comme faussaire, dans une assemblée de l’Académie ; il a intéressé, il a compromis les puissances les plus respectables, dans cette persécution inouïe. Ce n’est pas tout ; M. de Maupertuis a dicté lui-même l’accusation et la sentence, et a porté encore l’art de la vengeance jusques

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au point de vouloir paraître modéré et clément, dans le temps qu’il opprimait son adversaire, ou plutôt son ami, par une sentence flétrissante. Il demanda sa grâce à l’Académie par une lettre ; il affecta de ne point paraître au jugement qu’il avait dicté. Il est vrai qu’il n’y eut aucune délibération, aucune signature. Personne n’osa parler, hors un professeur nommé M. Sulzer[5] qui protesta hautement contre un procédé si inouï. Le secrétaire de l’Académie même[6], tout dépendant qu’il était de Maupertuis, fut trois jours sans signer cette sentence odieuse. M. de Maupertuis ne se contenta pas de ce cruel triomphe ; il écrivit lettres sur lettres à Mme la princesse d’Orange, à laquelle M. Koenig a l’honneur d’être attaché. Il le poursuivit jusque dans cet asile ; il eut l’audace de prier cette princesse de lier les mains à son conseiller, tandis qu’il le perçait de coups ; et, dans la noire profondeur de cette vengeance, il ne manquait pas d’avertir Son Altesse Royale des ménagements extrêmes qu’il avait eus pour M. Koenig. « Ma seule modération, dit-il dans une de ses lettres, lui a épargné l’affront d’une peine académique. » M. Koenig garda longtemps le silence, et j’avoue que moi-même, trompé par les apparences, je le crus coupable. Il n’est pas étonnant que le roi ait pensé de même, après un jugement qui paraissait si solennel, et lorsque tout conspirait avec le silence de M. Koenig pour induire le public en erreur. Enfin l’Appel au public parut, et l’Europe littéraire fut détrompée. Presque tous les académiciens de Berlin avouèrent que cet ouvrage était victorieux. M. Koenig me l’envoya ; j’en fus frappé comme de la plus vive lumière. Tous les philosophes d’Allemagne, de Paris et de Londres, sans exception, jugèrent en faveur de M. Koenig, pour le fond et pour la forme, et tous les lecteurs, aussi sans exception, justifièrent son innocence, si violemment persécutée et si injustement flétrie. Ce fut, et c’est encore le cri général. C’est un grand malheur que cet Appel au public n’ait pas été lu par Sa Majesté ; Maupertuis ne l’aurait pas compromise comme il a fait. Dans ce temps-là il fit imprimer ses Lettres, ouvrage

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singulier, par lequel il croyait mettre le sceau à sa réputation et ajouter un nouveau triomphe à la victoire qu’il s’imaginait avoir remportée sur M. Koenig. En effet, le sceau a été mis à sa réputation par cet écrit, où les hommes les moins éclairés ont été en état de juger des lumières de M. de Maupertuis. Il n’y a pas eu deux voix sur cet ouvrage rare. Je crus être en droit de dire mon avis. Je crus qu’un livre jugé ridicule par tout le monde ne méritait pas d’être réfuté sérieusement. J’ai déplu en cela au roi, qui alors n’était aucunement informé de ce que je viens de dire. J’espère que, quand il le sera, il me rendra la justice qui m’est due, et qu’un homme tel que lui, capable d’éclairer l’Europe sur bien des choses, jugera au moins comme elle en cette affaire. FIN DU MÉMOIRE.

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  1. Ce Mémoire, attribué à Voltaire dans le temps où il en circula des copies à Paris, est bien certainement de lui. Il fut composé vers le moment ou Frédéric II se disposait à faire brûler la Diatribe du docteur Akakia par la main du bourreau, sur la place des Gens-d’Armes à Berlin (24 décembre 1752), et quelques jours avant que le philosophe-chambellan renvoyât au Salomon du Nord les grelots et la marotte dont le prince l’avait décoré : ce qui fixe la date dudit Mémoire à la seconde moitié de décembre 1752. La seule copie que je connaisse de cette pièce inédite (mai 1834) se trouve dans la bibliothèque cantonale de Lausanne, où M. Monnard, conservateur de ce dépôt littéraire, voulut bien me permettre d’en prendre communication, le 30 septembre 1825. Cette copie, qui n’est ni de la main de Voltaire ni de celle de Colini, fait partie des manuscrits possédés autrefois par Clavel de Brenles, l’un des correspondants de Voltaire. (Cl.)

    — Ce morceau se trouve dans l’édition de Beuchot, au tome L, page 614.

  2. Voyez la lettre du 3 juillet 1746, à Maupertuis.
  3. Un fragment plus considérable de cette lettre se trouve dans un autre mémoire de Voltaire, du 27 janvier 1753, tome XV, page 95.
  4. Voyez le second alinéa de la lettre à M. Roques, année 1752.
  5. Jean-George Sulzer (on prononce Soulzer), né en 1720 à Winterthur, canton de Zurich ; nommé membre de l’Académie des sciences de Berlin vers 1750, mort dans cette dernière ville en 1779, après y avoir été successivement professeur de mathématiques et de philosophie pendant plus de trente ans. (Cl.)
  6. C’était Formey. « Je ne laissais pas, dit-il dans ses Souvenirs (I, 183), de gémir en secret de l’incompétence du jugement qui fut rendu, et de plusieurs fausses démarches que la passion fit faire à M. de Maupertuis. » (B.)


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