Nouveaux contes berbères (Basset)/80

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Ernest Leroux, éditeur (Collection de contes et de chansons populaires, XXIIIp. 38-39).

80

Le lièvre, le chacal et l’iguane (152).
(Zénaga).

On raconte que le chacal possédait un taureau et le lièvre une vache : chacun d’eux les faisait paître alternativement dans la journée. Un jour, la vache du lièvre mit bas pendant que le chacal la gardait. Il prit la membrane de la vache, la mit à la queue de son taureau et à la nuit, lorsqu’il les ramena, il dit au lièvre : « Mon taureau a mis bas un veau. — Ce n’est pas vrai, dit l’autre, c’est ma vache : du reste elle était sur le point de mettre bas. — Pas du tout : j’étais là à les faire paître : c’est mon taureau, » repartit le chacal.

Ils finirent par dire : « Allons plaider devant l’iguane ; chacun s’adresse à lui. » Ils allèrent le trouver et lui racontèrent le sujet de leur dispute. « Aujourd’hui, dit l’iguane, je ne suis pas bien, » et il rentra dans son trou. « Ne rentre pas, crièrent-ils : qu’est-ce que tu as ! — Je vais mettre bas. » Le chacal reprit : « As-tu jamais vu un mâle mettre bas ? — Donc, reprit l’iguane, ce n’est pas ton taureau qui a mis bas un veau (153).