Odes (Horace, Leconte de Lisle)/I/25

La bibliothèque libre.
1er siècle av. J.-C.
Traduction Leconte de Lisle, 1873
◄  I, 24 I, 25 I, 26   ►




Ode XXV. — À LYDIA.


Les jeunes hommes insolents frappent de coups moins fréquents tes fenêtres closes et troublent moins ton sommeil, et voici que ta porte aime le seuil,

Elle qui, auparavant, tournait si aisément sur ses gonds. De moins en moins tu entends dire : — « Tandis que je meurs pendant les longues nuits, tu dors, Lydia ! »

Bientôt, tu pleureras les débauchés arrogants, vieille et seule au coin d’une rue, par la nuit sans lune et sous le vent de Thrace.

Alors, l’ardent amour, le désir qui rend les cavales furieuses brûlera tes entrailles ulcérées, et tu te plaindras

Que la jeunesse joyeuse préfère le verdoyant lierre et le sombre myrte, et consacre les feuillages flétris à l’Hébrus, compagnon de l’hiver.