Odor di femina/Angélique la bien nommée

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G. Lebaucher, libraire-Éditeur (p. 110-120).

ANGÉLIQUE LA BIEN NOMMÉE


Je me décidai à faire coucher la jolie vendangeuse dans mon lit. J’avais distribué les étrangères dans plusieurs appartements pêle-mêle. Angélique avait un petit lit dans un cabinet isolé qu’elle occupait seule. En se levant de bonne heure le matin, elle pourrait regagner son réduit sans être vue.

Je dus aller la chercher, quand tout le monde fut couché, mais quand elle me vit là, elle fît encore un peu de résistance, redoutant que je ne la misse à mal. Je la rassurai en lui affirmant qu’elle trouverait dans ma chambre tout ce qu’il faut pour détruire tout danger, et elle me suivit dans mon appartement.

Elle avait changé de vêtement et aussi de chemise, je m’en aperçus en la déshabillant ; je m’aperçus aussi qu’elle avait dû se nettoyer des pieds à la tête, elle n’avait pas une trace de vin sur les jambes, quand je la déchaussai, assise dans un fauteuil, malgré la honte pudique que mes attouchements indiscrets lui causaient. Cette jeune fille était propre naturellement, elle avait dû prendre un bain de pieds soigné, et devait en avoir l’habitude, car ils étaient propres et blancs jusqu’au bout des ongles, plus que ne le sont d’ordinaire leurs pareils chez nos paysannes, ils n’avaient pas non plus l’odeur inhérente aux pieds rarement lavés.

On aurait pu les embrasser comme je faisais de ceux de la duchesse Elvire, qui ne sort jamais qu’en voiture, mais je ne voulus pas me compromettre, car une paysanne, pour propres qu’elle les ait, ne prendrait jamais bien ça. Les jambes, les cuisses étaient également d’une propreté remarquable, c’était à croire qu’elle venait de prendre un bain complet. Je voulus, pendant que j’étais à genoux, m’enquérir de l’état des lieux les plus intéressants pour moi, elle se reculait, me repoussait, mais il fallut bien qu’elle cédât et levant ses jupes, je découvris une magnifique toison noire, aux poils longs et soyeux, dans lesquels je faisais glisser mes doigts, et sous laquelle nichait dans un nid de peluche le logis des amours, rose et vermeil, et qui, aussi propre que tes alentours, n’avait pas, à miracle, le moindre fumet qui rappelât les chats mal tenus de nos paysannes.

J’y porte un doigt indiscret, frôlant les environs, pénétrant dans le repaire, pour m’informer de l’état du logis ; elle était ouverte, mais si peu, qu’on devinait que le visiteur ordinaire devait être maigrement pourvu, je portai le doigt sous mon nez, pas le moindre parfum, le lavage, à grande eau, d’eau pure sans mélange, qu’elle devait pratiquer matin et soir. Elle était aussi propre à l’intérieur qu’à l’extérieur cette perle rare. Je ne pus me tenir de lui témoigner ma reconnaissance pour ce logis si bien tenu, en l’embrassant dans ces parages pendant qu’elle s’écriait, surprise de cette façon aventurée de lui souhaiter la bienvenue.

— Oh ! monsieur, qu’est-ce que vous faites-là ?

Je me retirai pour lui dire :

— Ma fille, quand un bijou est propre comme le tien, on peut bien le choyer, l’embrasser, le manger, pour prouver le cas qu’on fait d’un joli con bien tenu. Mais tiens tes jupes que je puisse respirer.

Je reposai mes lèvres sur le charmant bijou, fouillant la grotte jusqu’aux lambris, de ma langue tirée, qui revint sur le gardien de la geôle que je pris dans mes dents. À peine ma langue le frôla, qu’il se raidit, et se mit à frétiller sous la chatouille, s’humectant bien vite, tandis qu’elle glissait sur le bord du fauteuil, venant au-devant de ma bouche, je fus obligé de la retenir, elle semblait obéir à l’influence d’une caresse magnétique, qui l’attirait comme l’aimant attire le fer.

Je la mis debout, son sein battait violemment, je le palpai, le pressant sous ma main refermée sur la toile du corsage qu’il repoussait, le petit bouton raidi s’enfonçait sous mon doigt dans le globe affaissé, repoussé par l’élasticité du sein quand je le lâchais. Il me tardait de découvrir ce joli corps rondelet, je la déshabillai la mettant toute nue en un clin d’œil.

La gorge tenait amplement ses promesses, les deux tétons rebondis, d’une élasticité remarquable, étaient durs et fermes, les pointes vermeilles se dressaient vers le ciel, on aurait dit de grosses poires duchesses, sous la peau qui était d’une neige immaculée, et les bouts d’un rouge vif. La belle toison noire, aux longs poils fins et soyeux comme de la peluche, couvrant les trois quarts d’un ventre lisse et blanc.

Je la retournai pour inspecter le revers de la médaille, la chute des reins attira mon attention par la saillie hardie de la croupe, en relief sous la fine taille, divisée en deux globes fièrement rebondis, ronds, dodus, râblés aux chairs pleines et fermes recouverts d’un satin d’une finesse et d’une douceur extrêmes au toucher, les reins souples et vigoureux, des épaules larges, des bras ronds, les cuisses fortes, tout dans le corps admirablement proportionné, indique la vigueur et la souplesse, et explique la façon dont la petite Béarnaise a roulé la grande Rose.

Elle dénoua ses beaux cheveux noirs, qui roulèrent dans les reins, l’enveloppant d’un long manteau de franges noires, rendant plus éclatante sa peau d’ivoire. Je pris ce corps ravissant dans mes bras, je le déposai dans mon lit, où je vins bientôt rejoindre ma compagne tremblante.

Je livrai mon premier assaut dans la posture canonique, ses gros seins rebondis en forme de poires longues, soutenaient ma poitrine sur leurs pointes dressées, tandis que je laissais ma verge entre ses cuisses, appuyant le bout du gland à l’entrée du sanctuaire, l’embrassant sur la bouche, goûtant dans une immobilité parfaite sur cette chair élastique, un plaisir ravissant.

Je sentais l’huis s’entr’ouvrir sous l’insistance du gland, j’essayai de m’y glisser, sans le secours des doigts. Les bords, baillant de plus en plus, le happèrent, je poussai, mais le logis était étroit, je mis assez longtemps pour gagner la sombre voûte et je n’y arrivai que pour y déposer ma décharge, tandis qu’elle se tordait sous moi, son bouton et mon membre étaient au dernier degré de l’impatience après leurs pourparlers à la porte.

Elle essaya de se dégager pour aller prendre la précaution que je lui avait recommandée, mais de même que ventre affamé n’a pas d’oreille, vit qui bande n’entend pas raison, et comme le mien était en état de reprendre la conversation sans coup férir, il se tint dans la place occupée, luttant avec une ardeur qu’on n’aurait pas soupçonnée dans un combattant qui venait de décharger. Elle me seconda admirablement, les jambes croisées sur mes reins, prenant ma langue, l’aspirant comme pour l’arracher, elle m’aida tant et si bien que je la pénétrai de nouveau la menant au ciel avec moi.

Par exemple nous fûmes vite à terre cette fois, elle sur la cuvette, moi à son côté, lui enseignant à s’infuser la précaution que la maladroite n’aurait jamais pu avaler sans ma direction.

Elle fit la gamine à merveille. Je profitai de la glace qui sert de ciel de lit et qui reproduisait l’alléchant tableau car nous étions éclairés à giorno. Elle ne remuait que la croupe, mais quel jeu divin ! Je voyais là-haut ses belles fesses potelées, proéminentes, montant et descendant, semblables à deux vagues mouvantes soulevées par les vents, et dans la glace du pied du lit, le jeu reproduit des petites lèvres, s’ouvrant vermeilles, quand elles vomissaient la colonne, refoulées quand elles l’avalaient. Elle me mordait les lèvres quand nous entrâmes au ciel, et je ne vis pas la fin de la manœuvre.

Elle m’expliqua sa surprenante habileté dans cette posture. Son amant, qui était son futur époux, s’oublia un jour sur elle. Elle en fut quitte pour la peur, bien que le mariage eût réparé l’accident, mais une jeune fille n’aime guère qu’on puisse constater plus tard que le mariage était forcé. Alors elle s’avisa de prendre les dessus, ce qui lui permet de s’enlever à temps de dessus le dangereux injecteur, et de le prendre entre les cuisses pour lui faire achever la danse sans danger.

Avec moi elle absorbait la dose sans crainte, sachant qu’il y avait là un préservatif tout près. Et puis, si à force d’aller à l’eau, la cruche se casse, elle saura bien s’arranger là-bas, pour garder tout la première fois, sans avoir l’air de le faire exprès, le galant n’aurait rien à dire, l’intervalle ne serait pas appréciable.

Je la pris à la paresseuse avant de nous endormir, gardant la levrette pour le lendemain, habillée, sur le bord du lit, c’est plus piquant.

Quelle délicieuse union que cet entrelacement, qu’on appelle la paresseuse. Nos deux corps sont collés, s’insinuant comme l’onde au corps du baigneur, la chair contre la chair, les cuisses enlacées, mes bras entourant son buste, un téton dans chaque main, mais surtout, ah ! surtout, ce vaste champ de chair ferme, ces belles fesses potelées, si douces et si dures à la fois, si rebondies, si élastiques, qu’Angélique appuie contre mon ventre, si délicieusement, jouant, se tortillant, se frottant lascivement, jouissant sans fatigue dans une voluptueuse paresse, longuement, mes lèvres sur ses lèvres, qu’elle m’apporte en tordant son cou.

Nous nous endormîmes ainsi, en trois plis collés de la tête aux pieds, son gros postérieur rebondi contre mon ventre, ma verge logée sous le creux formé par les fesses bombées et la sente des cuisses, dans un nid bien chaud, mes deux mains refermées sur ses gros tétons.

Quand je me réveillai, au plus matin, toujours collé à ces chairs moites, mon membre allongé démesurément dépassait le nid, le gland était dans la toison.

Je n’eus pas le courage de garder mes forces pour la prendre en levrette, nous étions si bien ainsi collés l’un à l’autre dans une tiède moiteur, que mon membre réoccupa tout seul le gîte qui baillait grand ouvert, et lentement, limant le repaire, dans un va-et-vient qui durait une minute, m’enfonçant peu à peu jusqu’aux combles, restant ainsi, me retirant lentement jusqu’au gland repoussant l’engin, voluptueusement collé aux chairs palpitantes des fesses mouillées, les mains toujours pressant les seins, je menai paresseusement l’affaire.

La fouille dura délicieuse une demi-heure, m’arrêtant quand ça menaçait de partir, reprenant, toujours avec une lenteur qui nous ravissait. Enfin il fallût en finir, et alors ce fut une volupté ineffable, indicible, tout le temps que mirent nos réservoirs à se vider, lentement comme on avait pompé. Angélique n’avait pas le courage d’aller prendre sa précaution.

Je voulais la dispenser de sa corvée, mais elle fut la première à vouloir s’y rendre pour qu’on ne pût pas se douter de la cause de son abstention.

Je ne la pris en levrette, que la veille de son départ, car tous les matins nous recommencions le jeu si voluptueux mené paresseusement. Quand je la découvris cette belle lune blanche, en plein jour, je croyais la voir pour la première fois ; sous les jupes troussées, elle paraissait encore plus volumineuse.

Je ne pouvais me lasser de l’admirer, de la manger de caresses, et toute la journée, car je l’avais obligée à se déclarer souffrante, pour l’avoir tout le temps sous la main, je découvris, j’embrassai, je maniai cette superbe mappemonde, avant de passer sous cette belle voûte de chair fraîche, pour planter l’étendard dans le giron voisin.

Avant de nous séparer le lendemain, nous nous fîmes nos adieux d’une façon bizarre qu’elle ne connaissait pas. Je l’installai sur moi à l’envers, son chat sur mon nez, elle avait ainsi naturellement sa bouche au-dessus du sire, elle le prit dans ses lèvres, devinant en amoureuse intelligente, pourquoi je lui faisais minette aujourd’hui dans une autre posture que tous les jours, et pour une novice, elle s’en tira fort bien, ma foi, car je faillis lâcher l’ouvrage, quand elle me tira la dernière goutte du robinet pressuré.

Elle partit les larmes aux yeux, bien que chargée de présents, qui lui permettront d’épouser son galant quand elle voudra, même si c’était pressé, ce que je ne désire, et ce que je ne crains pas d’ailleurs.

Si je vous disais que je la regrette toujours, cette incomparable fille, malgré les jolis cons et les beaux culs qui m’entourent, et qui s’emploient sans y arriver à me la faire oublier.

  1. Aurait été imprimé en réalité à Paris, mais inscrit Montréal en contrefaçon. Voir Histoire du livre et de l’imprimé au Canada