Pédagogie sportive/II/I

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Les Éditions G. Crès et Cie (pp. 67-68).

TECHNIQUE DES EXERCICES SPORTIFS

Classification des sports.

Une classification des Exercices sportifs n’est pas inutile à établir ; la théorie s’en trouve clarifiée et la pratique même en peut tirer quelques facilités.

Plusieurs bases de classification se présentent. La physiologie pourtant n’en fournit point de satisfaisantes. La distinction entre les exercices de force et les exercices d’adresse est erronée. La force et l’adresse se combinent dans chaque sport[1] ; le dosage seul diffère. L’origine du mouvement donnerait lieu à un meilleur classement : on peut distinguer à cet égard entre l’automatisme, l’obéissance et l’initiative répétée[2] ; mais les frontières ainsi établies ne sont pas assez précises.

La psychologie suggère une classification établie d’après la nature de l’instinct dominant : équilibre ou combat[3]. Ainsi, non seulement les escrimes mais l’alpinisme, la natation, le foot-ball… sont des sports où domine l’instinct combatif alors qu’en équitation, en cyclisme, en patinage, en course à pied… c’est l’équilibre qui s’affirme ; mais là encore, la distinction demeure trop peu tranchée.

C’est le point de vue utilitaire qui sert de base à la classification la plus complète et la plus exacte. Il permet de répartir les exercices sportifs en trois catégories, selon qu’ils concourent au sauvetage, à la défense et à la locomotion. Le sauvetage à terre comprend ce qu’on a appelé la gamme du sauvetage, c’est-à-dire les sept exercices suivants : courir, sauter, grimper, lancer, attraper, porter, ramper (les trois derniers ne sont point codifiés et commencent seulement d’être pratiqués ça et là, isolément). Le sauvetage dans l’eau comprend les diverses modalités du plongeon et de la natation.

La défense englobe les différentes formes d’escrime : escrime armée (canne, épée, sabre), escrime sans armes (lutte, boxes française et anglaise) — et le tir qu’on peut diviser en : tir de guerre et tir de chasse.

La locomotion, enfin, comprend : la marche, l’équitation, le cyclisme, l’aviron, l’auto, l’aviation, le ski, etc.

Malgré sa supériorité, nous n’adopterons point cette classification. Au point de vue pratique, il paraît préférable, ici, de nous tenir à la division qui est employée aux Jeux Olympiques et de distinguer : les sports athlétiques, les sports gymniques, les sports de défense, les sports équestres, les sports nautiques, les sports combinés, les sports de glace, les sports de tourisme, les jeux.

  1. Le travail des poids, sport de force par excellence, comporte beaucoup d’adresse.
  2. Voir Essais de Psychologie sportive (Payot et Cie).
  3. Voir mes Notes sur l’Éducation publique (Hachette) et la Revue des Deux-Mondes du 1er juillet 1900.