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ÉMILE NELLIGAN


Et dormez parmi vos langes,
Ou vous ferez mourir les anges.

Dormez, jusqu’aux gais carillons
Sonnant l’heure des réveillons.


II


Pour nous, fils errants de Bohême,
Ah ! que l’Ennui fait Noël blême !

Jésus ne descend plus pour nous,
Nous avons trop eu de joujoux.

Mais c’est mainte offre nouveau-née
Dans l’infernale cheminée.

Nous avons tant de désespoirs
Que notre sabot en est noir.

Les meurt-de-faim et les artistes
N’ont pour tout bien que leurs cœurs tristes.