Page:Émilie Toulongeon - Lettres de la Vendée, 1801, II.djvu/153

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apperçut, pas même Maurice. Il est bien loin de craindre de pareilles inquiétudes ; je t’avoue qu’il me seroit affreux d’avoir à rougir avec lui : combien il me trouveroit petite. Le cœur dit tout à l’amitié ; elle peut tout entendre et tout pardonner ; son caractère saint et sublime ne s’altère jamais que par le manque de confiance ; mais il n’en est pas ainsi de l’amour ; sa délicatesse est si grande, qu’une lumière trop vive le blesseroit, si un moment il n’a pas son bandeau ; il faut que le demi jour qui l’éclaire, lui en fasse l’illusion et qu’il ne puisse s’appercevoir de ce qu’il a perdu.

Revenue à moi, tu juges bien qu’Agathe a retrouvé son amie ; avant de nous quitter, elle a repris tous ses droits. Je trouvai du bonheur à lui faire le sacrifice du petit chagrin qu’elle