Page:Énault, Feuillet, Ferrier, Labiche - Le chien du capitaine, La fée, Le codicille, Le major Cravachon, 1897.djvu/238

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Marie. J’acceptai les roses, les greffes… plus tard, une bourriche de gibier…

Gaston. Un lièvre, trois faisans et sept cailles.

Marie. Je m’en souviens.

Gaston. Je m’en souviendrai éternellement !

Marie. Puis d’autres graines, d’autres roses… d’autres bourriches… avec quantité de visites…

Gaston. Cent onze.

Marie. Cent onze !…

Gaston. J’en ai tenu note !… Ça paraît beaucoup, en un an ! mais entre voisins… à la campagne !

Marie. Bref, petit à petit, nous devînmes inséparables ! Je vous jugeai franc, loyal, sans arrière-pensée, et rien dans vos allures ou vos discours, ne m’ayant autorisée à me défier de la sincérité de votre amitié, je cédai ingénument à l’impulsion de la mienne.

Gaston. Je vous vois venir, allez !

Marie. N’est-ce pas ?

Gaston. Et je pourrais achever : “ Vous vous êtes présenté en ami, on vous a fait accueil en ami ; si vous sortez de votre rôle ?… ”

Marie. En ce cas, mon voisin… Mais vous partez… et pour les Indes !

Gaston. Oui ! je pars pour les Indes !… et j’en suis bien aise, parce que les Indes, c’était à peine assez loin à mon gré ! Parce que de rester dans mon rôle d’ami, il n’y fallait plus compter ! parce que, luttant depuis trois mois contre l’envie de jeter le masque, tempérée par la crainte de vous déplaire, l’émotion de cet adieu pouvait seule me donner le courage de parler !…

Marie. Monsieur de Morières ! assez !… Plus un mot ! vous vous perdez !…