Page:Énault, Feuillet, Ferrier, Labiche - Le chien du capitaine, La fée, Le codicille, Le major Cravachon, 1897.djvu/246

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Scène VII.

MARIE, GASTON.


Marie, à Gaston qui entre. C’est encore vous, mon voisin ?

Gaston, étonné. Encore ?

Marie. Je vous croyais parti.

Gaston. J’étais allé chez moi, seulement, pour expédier un télégramme à Montluel.

Marie. Votre compagnon de voyage.

Gaston. Mon ex-compagnon ! pensez si je l’abandonne !

Marie. Vous avez renoncé à votre tour du monde ?

Gaston. Je n’ai plus de raisons d’aller si loin, n’est-ce pas ?

Marie. En êtes-vous bien sûr ?…

Gaston. Vous m’aviez donné sujet d’espérer…

Marie. D’espérer peu de chose.

Gaston. Oui !

Marie. Je ne m’étais guère engagée, dites ?…

Gaston. Non !… je vous avais demandé de réfléchir…

Marie. Et j’ai réfléchi…

Gaston. Comme vous dites cela !

Marie. J’ai songé… — Me permettez-vous d’être, franche… jusqu’à l’excès ?

Gaston. Je vous en prie.

Marie. J’ai songé qu’il y avait, peut-être, un peu beaucoup de légèreté dans votre caractère ; une insouciance de vos intérêts, un mépris des choses matérielles de la vie, que je serais désolée de rencontrer dans mon mari futur !

Gaston. Je ne comprends pas bien.