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LA BELETTE ET LA LIME


Une belette, s’étant glissée dans l’atelier d’un forgeron, se mit à lécher la lime qui s’y trouvait. Or il arriva que, sa langue s’usant, il en coula beaucoup de sang ; et elle s’en réjouissait, s’imaginant qu’elle enlevait quelque chose au fer, tant qu’enfin elle perdit la langue.

Cette fable vise les gens qui, en querellant les autres, se font tort à eux-mêmes.

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LE VIEILLARD ET LA MORT


Un jour un vieillard ayant coupé du bois, le chargea sur son dos. Il avait un long trajet à faire. Fatigué par la marche, il déposa son fardeau et il appela la Mort. La Mort parut et lui demanda pour quel motif il l’appelait. Le vieillard répondit : « C’est pour que tu me soulèves mon fardeau… »

Cette fable montre que tous les hommes sont attachés à l’existence, même s’ils ont une vie misérable.

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LE LABOUREUR ET L’AIGLE


Un laboureur, ayant trouvé un aigle pris au filet, fut si frappé de sa beauté qu’il le délivra et lui donna la liberté. L’aigle ne se montra pas ingrat envers son bienfaiteur ; mais le voyant assis au pied d’un mur qui menaçait ruine, il vola vers lui et enleva dans ses griffes le bandeau qui lui ceignait la tête. L’homme se leva et se mit à sa poursuite. L’aigle laissa tomber le bandeau. Le laboureur le ramassa, et reve-