Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/152

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Tirésias et voir s’il était véridique, lui vola ses bœufs à la campagne, puis vint le trouver à la ville, sous la figure d’un mortel, et descendit chez lui. Averti de la perte de son attelage, Tirésias prit avec lui Hermès, se rendit au faubourg pour observer un augure au sujet du vol, et il pria Hermès de lui dire l’oiseau qu’il apercevrait. Hermès vit d’abord un aigle qui passait en volant de gauche à droite, et il le lui dit. Tirésias répondit que cet oiseau ne les concernait pas. À la deuxième fois, le dieu vit une corneille perchée sur un arbre, qui tantôt levait les yeux en haut, tantôt se penchait vers le sol, et il le lui annonça. Le devint reprit alors : « Eh bien ! cette corneille jure par le ciel et la terre qu’il ne tient qu’à toi que je recouvre mes bœufs. »

On pourrait appliquer cette fable à un voleur.

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HERMÈS ET LES ARTISANS


Zeus avait chargé Hermès de verser à tous les artisans le poison du mensonge. Hermès le broya, et faisant la part égale pour chacun, il le leur versa. Mais, comme il ne restait plus que le cordonnier et qu’il y avait encore beaucoup de poison, il prit tout le mortier et le versa sur lui. C’est depuis lors que tous les artisans sont menteurs, mais plus que tous les cordonniers.

Cette fable s’applique à un homme qui tient des propos mensongers.

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LE CHARIOT D’HERMÈS ET LES ARABES


Un jour Hermès conduisait par toute la terre un chariot rempli de mensonges, de fourberies et de tromperies, et dans chaque pays il distribuait une petite portion de son chargement. Mais, quand il fut arrivé dans le pays des Arabes,