Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/158

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camarade, que notre aide ne se donne point par les bras, mais par la voix seule. »

Cette fable montre que, quand on a besoin des bras, les secours en paroles ne servent de rien.

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ZEUS ET LA PUDEUR


Zeus, ayant façonné l’homme, mit aussitôt en lui les diverses inclinations ; mais il oublia d’y mettre la pudeur. Aussi ne sachant par où l’introduire, il lui ordonna d’entrer par le fondement. Elle regimba tout d’abord contre cet ordre qui l’indignait ; enfin sur les instances pressantes de Zeus, elle dit : « Eh bien ! j’entre, mais à condition qu’Éros n’entrera pas par là ; s’il y entre, moi, j’en sortirai aussitôt. » De là vient que depuis lors tous les débauchés sont sans pudeur.

Cette fable montre que ceux qui sont la proie de l’amour en perdent toute pudeur.

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ZEUS ET LE RENARD


Zeus, émerveillé de l’intelligence et de la souplesse d’esprit du renard, lui conféra la royauté des bêtes. Toutefois il voulut savoir si, en changeant de fortune, il avait aussi changé ses habitudes de convoitise ; et, tandis que le nouveau roi passait en litière, il lâcha un escarbot sous ses yeux. Alors, incapable de se tenir, en voyant l’escarbot voltiger autour de sa litière, le renard sauta dehors, et, au mépris de toute convenance, il essaya de l’attraper. Zeus, indigné de sa conduite, le remit dans son ancien état.

Cette fable montre que les gens de rien ont beau prendre des dehors plus brillants, ils ne changent pas de nature.