Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/210

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dait, tantôt lui léchait les babines. Le lièvre excédé lui dit : « Hé ! toi, cesse ou de me mordre ou de me baiser, afin que je sache si tu es mon ennemi ou mon ami. »

Cette fable s’applique à l’homme équivoque.


183
LE CHIEN ET LE BOUCHER

Un chien, s’étant élancé dans une boucherie, y saisit un cœur, tandis que le boucher était occupé, et prit la fuite. Le boucher s’étant retourné et le voyant fuir, s’écria : « Toi, sache bien que, partout où tu seras, je te tiendrai à l’œil : car ce n’est pas à moi que tu as pris le cœur, bien au contraire tu m’en as donné. »

Cette fable montre que souvent les accidents sont des enseignements pour les hommes.


184
LE CHIEN ENDORMI ET LE LOUP

Un chien dormait devant une ferme. Un loup fondit sur lui, et il allait faire de lui son repas, quand le chien le pria de ne pas l’immoler tout de suite : « À présent, dit-il, je suis mince et maigre ; mais attends quelque temps : mes maîtres vont célébrer des noces ; moi aussi j’y prendrai de bonnes lippées, j’engraisserai et je serai pour toi un manger plus agréable. » Le loup le crut et s’en alla. À quelque temps de là il revint, et trouva le chien endormi dans une pièce haute de la maison ; il s’arrêta en bas et l’appela, lui rappelant leurs conventions. Alors le chien : « Ô loup, dit-il, si à partir d’aujourd’hui tu me vois dormir devant la ferme, n’attends plus de noces. »