Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/212

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 Cette fable montre que les hommes sensés, quand ils se sont tirés d’un danger, s’en gardent toute leur vie.


185
LE CHIEN QUI PORTE DE LA VIANDE

Un chien tenant un morceau de viande traversait une rivière. Ayant aperçu son ombre dans l’eau, il crut que c’était un autre chien qui tenait un morceau de viande plus gros. Aussi, lâchant le sien, il s’élança pour enlever celui de son compère. Mais le résultat fut qu’il n’eut ni l’un ni l’autre, l’un se trouvant hors de ses prises, puisqu’il n’existait même pas, et l’autre ayant été entraîné par le courant.

Cette fable s’applique au convoiteux.


186
LE CHIEN À LA SONNETTE

Un chien mordait à la sourdine. Son maître lui pendit une sonnette, pour le signaler à tout le monde. Or lui, secouant sa sonnette, faisait le glorieux sur la place publique. Une vieille chienne lui dit : « Qu’as-tu à te pavaner ? Ce n’est point à cause de ta vertu que tu portes cette sonnette, mais bien pour dénoncer ta méchanceté cachée. »

Les manières glorieuses des fanfarons laissent voir visiblement leur méchanceté secrète.


187
LE CHIEN QUI POURSUIT UN LION ET LE RENARD

Un chien de chasse, ayant aperçu un lion, s’était mis à sa poursuite. Mais le lion se retourna et se mit à rugir. Alors le chien eut peur et rebroussa chemin. Un renard le vit et lui dit : « Pauvre sire, tu poursuivais le lion, et tu n’as même pas pu supporter son rugissement. »