Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/304

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LA QUEUE ET LE CORPS DU SERPENT


Un jour la queue du serpent eut la prétention de conduire et de marcher la première. Les autres organes lui dirent : « Comment nous conduiras-tu, toi qui n’a pas d’yeux ni de nez, comme les autres animaux ? » Mais ils ne la persuadèrent pas, et à la fin le bon sens eut le dessous. La queue commanda et conduisit, tirant à l’aveugle tout le corps, tant qu’enfin elle tomba dans un trou plein de pierres, où le serpent se meurtrit l’échine et tout le corps. Alors elle s’adressa, flatteuse et suppliante, à la tête : « Sauve-nous, s’il te plaît, maîtresse ; car j’ai eu tort d’entrer en lutte avec toi. »

Cette fable confond les hommes rusés et pervers qui se révoltent contre leurs maîtres.

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LE SERPENT, LA BELETTE ET LES RATS


Un serpent et une belette se battaient dans une maison. Les rats du logis, toujours dévorés par l’un et par l’autre, les voyant combattre, sortirent tranquillement de leurs trous. A la vue des rats, les combattants, renonçant à s’entrebattre, se tournèrent contre eux.

Il en est de même dans les États : les gens qui s’immiscent dans les querelles des démagogues deviennent sans s’en douter les victimes des deux partis.

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LE SERPENT ET LE CRABE


Un serpent et un crabe séjournaient dans le même endroit. Le crabe se comportait envers le serpent en toute simplicité