Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/324

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C’est ainsi que certains hommes, poussés par l’intérêt, n’hésitent pas à trafiquer des malheurs d’autrui.

311


LE BERGER ET LA MER


Un berger qui paissait un troupeau sur le bord de la mer, en voyant le calme des flots, se mit en tête de naviguer pour faire du commerce. En conséquence il vendit ses moutons, acheta des dattes et mit à la voile. Mais une violente tempête survint, et, le vaisseau risquant de sombrer, il jeta à la mer toute sa cargaison, et se sauva à grand’peine avec son vaisseau vide. Assez longtemps après, un homme vint à passer. Comme il admirait le calme de la mer, qui était en effet tranquille à ce moment, notre berger, prenant la parole, lui dit : « Ah ! mon brave, elle a encore envie de dattes, à ce qu’il paraît : c’est pour cela qu’elle se montre tranquille. »

Cette fable montre que les accidents sont des leçons pour les hommes.

312


LE BERGER ET LE CHIEN QUI CARESSE LES BREBIS


Un berger qui avait un très gros chien avait l’habitude de lui jeter les agneaux mort-nés et les moutons qui venaient à mourir. Or un jour que le troupeau était resté à l’étable, le berger vit son chien qui s’approchait des brebis et les caressait. « Hé ! toi, lui cria-t-il, puisse le sort que tu souhaites à celles-ci retomber sur ta tête ! »

Cette fable est à l’adresse des flatteurs.

313


LE BERGER ET LES LOUVETEAUX


Un berger ayant trouvé des louveteaux les nourrit avec