Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/330

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


les habitants du village à son secours, en criant que les loups attaquaient ses moutons. Deux ou trois fois les gens du village s’effrayèrent et sortirent précipitamment, puis ils s’en retournèrent mystifiés. Mais à la fin il arriva que des loups se présentèrent réellement. Tandis qu’ils saccageaient le troupeau, le berger appelait au secours les villageois ; mais ceux-ci, s’imaginant qu’il plaisantait comme d’habitude, se soucièrent peu de lui. Il arriva ainsi qu’il perdit ses moutons.

Cette fable montre que les menteurs ne gagnent qu’une chose, c’est de n’être pas crus, même lorsqu’ils disent la vérité.

319


LE DIEU DE LA GUERRE ET LA VIOLENCE


Tous les dieux ayant décidé de se marier, chacun prit la femme que le sort lui assignait. Le dieu de la guerre, étant resté pour le dernier tirage, ne trouva plus que la Violence. Il s’en éprit follement et l’épousa. Voilà pourquoi il l’accompagne partout ou elle va.

Partout où paraît la violence, dans une cité ou parmi les nations, la guerre et les combats marchent aussitôt après elle.

320


LA RIVIERE ET LA PEAU


Une rivière, apercevant une peau de bœuf qu’elle charriait dans ses eaux, lui demanda son nom. « Je m’appelle Dure », répondit-elle. Alors précipitant son courant sur elle : « Cherche un autre nom, dit-elle ; car je t’aurai vite rendue molle. »

Souvent les audacieux et les orgueilleux sont terrassés par les malheurs de la vie.