Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/332

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LA BREBIS TONDUE


Une brebis que l’on tondait maladroitement dit à celui qui la tondait : « Si c’est ma laine que tu veux, coupe plus haut ; si au contraire c’est ma chair que tu désires, tue-moi une fois pour toutes, et cesse de me torturer pièce à pièce. »

Cette fable s’applique à ceux qui sont maladroits dans leur métier.

322


PROMÉTHÉE ET LES HOMMES


Prométhée, sur l’ordre de Zeus, avait modelé les hommes et les bêtes. Mais Zeus, ayant remarqué que les bêtes étaient beaucoup plus nombreuses, lui commanda d’en faire disparaître un certain nombre en les métamorphosant en hommes. Prométhée exécuta cet ordre. Il en résulta que ceux qui n’ont pas reçu la forme humaine dès le début ont bien une forme d’homme, mais une âme de bête.

La fable s’applique aux hommes balourds et brutaux.

323


LA ROSE ET L’AMARANTE


Une amarante qui avait poussé à côté d’une rose lui dit : « Comme tu es belle ! tu fais les délices des dieux et des hommes. Je te félicite de ta beauté et de ton parfum. — Moi, répondit la rose, je ne vis que peu de jours, amarante, et même si l’on ne me cueille pas, je me flétris ; mais toi, tu es toujours en fleur et tu restes toujours aussi jeune. »

Il vaut mieux durer en se contentant de peu que vivre dans le luxe quelque temps, pour subir ensuite un changement de fortune et même la mort.