Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/344

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L’ARCHER ET LE LION


Un habile archer monta dans la montagne pour y chasser. Tous les animaux s’enfuirent ; seul, le lion le provoqua au combat. L’homme lui lança un trait et l’ayant atteint, lui dit : « Vois quel est mon messager, après quoi j’irai à toi moi aussi. » Le lion blessé se mit à fuir. Cependant un renard lui cria d’avoir confiance et de ne pas fuir. Le lion lui répondit : « Tu ne m’en imposeras pas ; s’il a un messager si amer, quand il viendra lui-même, que ferai-je ? »

C’est au début qu’il faut examiner la fin et dès lors assurer son salut.

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LE BOUC ET LA VIGNE


Au temps où la vigne jette ses pousses, un bouc en broutait les bourgeons. La vigne lui dit : « Pourquoi m’endommages-tu ? N’y a-t-il plus d’herbe verte ? Je n’en fournirai pas moins tout le vin nécessaire, lorsqu’on te sacrifiera. »

Cette fable confond les gens ingrats et qui veulent voler leurs amis.

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LES HYÈNES


Les hyènes, dit-on, changent de nature chaque année et deviennent alternativement mâles et femelles. Or un jour une hyène mâle prit à l’égard d’une hyène femelle une posture contre nature. Celle-ci répondit : « Si tu fais cela, camarade, songe que tu subiras bientôt le même traitement. »

C’est ce que pourrait dire au magistrat en charge celui qui doit lui succéder, s’il avait à souffrir de lui quelque indignité.