Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/88

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On pourrait appliquer cette fable aux hommes qui font hautement profession de vertu et en fait se conduisent en coquins.

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LE RENARD ET LE CROCODILE


Le renard et le crocodile contestaient de leur noblesse. Le crocodile s’étendit longuement sur l’illustration de ses aïeux et finit par dire que ses pères avaient été gymnasiarques. « Tu peux t’épargner la peine de le dire, répliqua le renard : ta peau fait assez voir que depuis de longues années tu es rompu aux exercices du gymnase. »

Il en est de même chez les hommes : les menteurs sont confondus par les faits.

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LE RENARD ET LE CHIEN


Un renard s’étant glissé dans un troupeau de moutons, prit un des agneaux à la mamelle et fit semblant de le caresser. Un chien lui demanda : « Que fais-tu là ? — Je le cajole, dit-il, et je joue avec lui. — Lâche-le tout de suite, s’écria le chien ; sinon, je vais te faire des caresses de chien. »

La fable s’applique au fourbe et au voleur maladroit.

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LE RENARD ET LA PANTHÈRE


Le renard et la panthère contestaient de leur beauté. La panthère vantait à tous coups la variété de son pelage. Le renard prenant la parole dit : « Combien je suis plus beau que toi, moi qui suis varié, non de corps, mais d’esprit. »