Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/94

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En conséquence il les assembla tous et les engagea à se couper la queue, disant que c’était non seulement un enlaidissement, mais encore un poids inutile que cet appendice. Mais un des renards prenant la parole dit : « Hé ! camarade, si ce n’était pas ton intérêt, tu ne nous aurais pas donné ce conseil. »

Cette fable convient à ceux qui donnent des conseils à leur prochain, non par bienveillance, mais par intérêt personnel.

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LE RENARD QUI N’AVAIT JAMAIS VU DE LION


Un renard n’avait jamais vu de lion. Or le hasard le mit un jour en face de ce fauve. Comme il le voyait pour la première fois, il eut une telle frayeur qu’il faillit en mourir. L’ayant rencontré une deuxième fois, il eut peur encore, mais pas autant que la première fois. Mais à la troisième fois qu’il le vit, il s’enhardit jusqu’à s’en approcher et à causer avec lui.

Cette fable montre que l’accoutumance adoucit même les choses effrayantes.

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LE RENARD ET LE MASQUE


Un renard s’étant glissé dans la maison d’un acteur, fouilla successivement toutes ses hardes, et trouva, entre autres objets, une tête de masque artistement travaillée. Il la prit dans ses pattes et dit : « Oh ! quelle tête ! mais elle n’a pas de cervelle. »

Cette fable convient aux hommes magnifiques de corps, mais pauvres de jugement.

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LES DEUX HOMMES QUI DISPUTENT DES DIEUX


Deux hommes disputaient qui des deux dieux, Thésée