Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 1.djvu/452

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de tels résultats pourraient-ils être balancés dans votre esprit par une simple difficulté d’exécution, qui ne vous a pas arrêtés pour le thé, et que d’ailleurs vous n’évitez pas par le système mixte ?





UNE QUESTION SOUMISE AUX CONSEILS GÉNÉRAUX


DE L’AGRICULTURE, DES MANUFACTURES ET DU COMMERCE[1].


Faut-il, dans l’intérêt de notre marine, admettre en franchise de droits les fers destinés à la construction des navires engagés dans la navigation internationale ?

Cette question n’aurait-elle pas été convenablement suivie de cette autre :

Faut-il, dans l’intérêt de nos voies de communication, admettre en franchise de droits les fers destinés à la construction des railways ?

Et de cette autre encore :

Faut-il, dans l’intérêt de nos estomacs, admettre en franchise de droits les fers destinés au labourage des terres, et par là à la production des subsistances ?

Quoi qu’il en soit, restreignons-nous à la proposition du ministre.

Remarquons d’abord comment elle est posée.

Il ne s’agit pas de recevoir du fer étranger pour construire toute sorte de navires, mais seulement les navires destinés à la navigation internationale. Pourquoi cela ? La raison en est simple. Il y a deux sortes de navigation, celle qui se fait

  1. Par une circulaire de 1845, M. Cunin-Gridaine, ministre du commerce, interrogeait les Conseils généraux sur diverses modifications à introduire dans nos lois. L’une des questions posées était relative à l’importation du fer. C’est à l’occasion de celle-ci que F. Bastiat publia les réflexions suivantes dans le n° de décembre 1845 du Journal des Économistes. (Note de l’éditeur.)